- Buts d'Info-sectes
- Nous voulons faire connaître
les degrés de la manipulation pour mieux prévenir
les dérives sectaires.
- Nous voulons aider nos concitoyens
à faire la différence entre une banale manipulation
et celles, nettement plus dangereuses, d'un groupe
nuisible comme l'Eglise de scientologie.
- Nous voulons mettre fin au
laxisme des Eglises officielles et de nos autorités.
Il en va de nos valeurs et de nos libertés fondamentales.
Info-sectes,
26 décembre 2005
Nombreuses
dérives sectaires
Le renouveau spirituel, l'intérêt actuel pour les thérapies et les
groupes de paroles peuvent entraîner certaines dérives. Dans la quête du mieux
être et de la paix intérieure, des individus, peut-être plus fragiles que
d'autres, se jettent dans les filets des sectes. Et ce n'est pas si simple de
faire le tri.
Le mot secte
est issu du
latin "sequi", qui veut dire suivre, et secare (couper). Appartenir à une secte,
c'est donc à la fois suivre un enseignement, une personne, et se couper de son
environ- nement. A partir du XIXe siècle, ce terme est employé de manière
péjorative et signifie l'intolé rance d'esprit, avec nombre de dangers
potentiels.
Certains critères ne trompent pas, L'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de
l'Individu (Unadfi), les a regroupés en quatre grands thèmes:
Manipulation financière
Quand l'autonomie du gourou semble reposer en grande partie sur votre apport
financier, Méfiance! Dans une secte, la plupart du temps les tarifs sont
exorbitants et dépassent largement la valeur de l'enseignement, ou d'un week-end
de thérapie. La participation n'est pas libre, mais imposée et les montants sont
disproportionnés. Certains vont même jusqu'à s'endetter. Vous pouvez aussi être
amené à participer à l'achat de différents biens pour le gourou. Mais où va
réellement cet argent? En cas d'excès, il est nécessaire de vérifier
la transparence dans la tenue des comptes. Il y a une différence entre
participer à la réparation du toit du lieu d'accueil à la campagne, et payer les
vacances du gourou ...
Manipulation sexuelle
Sous couvert de soins énergétiques, les gourous imposent des
pratiques parfois sexuelles. Ils peuvent soit vous choisir un partenaire ou bien exiger
un rapport, pour selon eux "réveiller les chakras" ou encore "faire monter la
Kundalini (une des énergies du yoga)". Les pratiques manuelles sont également
fréquentes et le plus souvent déviantes. Par ailleurs, être choisi par le gourou
est un très grand honneur, refuser ses avances est non seulement difficile et
mais de plus mal vu par le groupe. "Toute proposition sexuelle doit éveiller
votre méfiance, quelle qu'elle soit. Il s'agit tout
simplement d'abus sexuels qui en aucuns cas ne participent à votre
épanouissement.
Pressions physiques
Fatigue, jeûnes, réveils nocturnes
... sont préconisés par le gourou. Au
final, l'ensemble de ces pratiques visent à affaiblir physiquement les "adeptes"
dont les capacités de résistance et de réaction sont alors amoindries. Dans
certaines sectes, vous devez vous réveiller la nuit pour méditer, les repas sont
plutôt frugaux quand ce ne sont pas des jeûnes, et il arrive même que vous
participiez à un travail communautaire épuisant. Pour asseoir son pouvoir,
le gourou agit sur le physique, vous êtes ainsi plus malléable et apathique.
Perte des repères
Rupture avec
l'environnement d'origine. La manipulation peut aller jusqu'à la rupture avec le noyau
familial. La nouvelle famille, c'est le
groupe !
Adoption
de la
pensée du groupe, de ses lectures et tous ses choix culturels.
Plus
le temps de réléchir.
Peu à peu, la secte occupe davantage de votre temps.
En dehors des séances de groupe, vous avez des rendez-vous réguliers et
obligatoires avec un autre "adepte".
Prosélytisme
obligatoire.
Les sectes comportent des systèmes de parrainages, des soirées où vous devez
amener un proche. Vous parlez avec vos amis beaucoup de votre activité, d'ailleurs ils feraient bien d'essayer.
- Une secte
nocive, qu'est-ce que c'est ?
-
- «Une secte
nocive est une personne morale à but philosophique, spirituel ou religieux
- dont
les organes ou représentants commettent, pour son compte,
- des infractions
pénales en tant qu'auteurs ou complices». (*)
-
-
(*)
Arnaud Palisson
: Grande enquête sur la Scientologie.
Une secte hors la loi
-
- En cas de doute, n'hésitez pas à
nous contacter pour ne
-
pas tomber en de mauvaises mains.
Info-sectes
- stopsectes@yahoo.fr
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- Qui
sont vraiment les victimes des
sectes
?
-
- Jean-Luc
Swertvaegher, psychologue et
responsable de consultation
d'aide thérapeutique aux victimes
de sectes au Centre Georges
Devereux à Paris :
«En
trois ans de travail avec
des sortants, nous avons
constaté que les gens que
nous avons rencontrés ne
sont en tout cas pas plus
fragiles psychologiquement
que d'autres et qu'au contraire,
c'étaient des personnes
qui étaient très dynamiques,
qui avaient un idéal, qui
poursuivaient cet idéal
et c'est souvent plutôt
la recherche d'un idéal
qui les a fait entrer dans
un mouvement sectaire et
non pas une faiblesse. Il
y a certes une demande de
changement et d'amélioration
de soi, et les sectes accrochent
aussi beaucoup de gens en
faisant des propositions
dans ce sens-là. mais d'une
manière générale, les gens
qui rentrent dans des sectes
sont plutôt des gens curieux,
des chercheurs, des aventuriers
qui ont le souci de transformer
le monde et de se transformer
eux-mêmes et non pas des
personnes défaillantes et
psychologiquement faibles.
C'est un cliché qu'il faut
combattre.» Source: Radio Suisse Romande, "Comment
peut-on repérer l'appartenance
à une secte", Mordicus, 3 février 2003.
Jean-Claude
Maes, psychologue et président fondateur
de SOS-Sectes à Bruxelles :
«L'idée
fréquente selon laquelle les sectes
charrieraient une population d'individus
psychique- ment fragiles est peu convaincante.»
Source: "Santé mentale et phénomène sectaire"
nº 16, Bruxelles,
2001, p.31
Janine
Tavernier, ancienne présidente de l'ADFI
en France (Association de défense de
la famille et de l'individu):
«Les sortants de sectes, loin de l'image qu'on peut s'en faire, a priori, étaient sensibles, pacifiques, intelligents et d'agréable compagnie.»
Source: "20 ans de lutte contre les
sectes"; Editions Michel Lafon,
2003, p. 175.
- Familles,
gardez le contact !
Quand quelqu'un adhère à un mouvement sectaire, les membres de sa famille sont en général surpris et destabilisés par la transformation qu'ils constatent chez celui ou celle qu'ils semblaient pourtant bien connaître. Ils ne le retrouvent plus, ne le comprennent plus, ils ont beau essayer de le raisonner, de discuter, de se fâcher, ils ne le reconnaissent plus. Il est devenu comme inaccessible et étranger. Cette attitude peut être perçue comme rejetante et blesse souvent les proches. Ils le croient définitivement perdu et peuvent être tentés de couper les ponts.
- Quelques
conseils
Ne pas culpabiliser et s'efforcer de garder le contact.
Ne
jamais envoyer d'argent et montrer son
affection par d'autres petites attentions.
Ne pas se décourager, écrire un journal des événements qui se déroulent dans
la famille ou l'entou- rage pour permettre
au sortant de savoir ce qui s'est passé
pendant son absence.
L'aider
à se réapproprier l'histoire familiale
et à se relier à sa vie d'avant.
Toutes critiques venant de l'extérieur mettent en oeuvre des résistances. Pour la personne,
membre du mouvement, cela va même renforcer
son adhésion et lui faire en tout cas
penser, et peut-être dire :
«Mais
si tu me dis ça, c'est que tu ne
comprends rien, tu n'en fais pas
partie, tu ne sais pas ce que je
vis, tu n'as pas reçu de révélation
et c'est donc normal que tu sois
critique.»
Le
dialogue est ainsi vite interrompu.
C'est donc négatif de prendre les choses
de front et même déconseillé. Cela ne
produit aucun résultat positif, bien
au contraire. Enfin, il ne faut pas hésiter à demander de
l'aide. Quand une famille, désemparée
par l'attitude de l'un des siens, ne
comprend plus ses choix, ne le reconnaît
plus dans ce qu'il est, et qu'elle reçoit
ces conseils, ceux-là peuvent vraiment
l'aider à mieux dissocier l'être aimé
de la doctrine. Sa personnalité propre
est tapie quelque part au fond de lui.
Je la comparerais à un arbrisseau sec
dans le désert, il suffit d'une pluie
pour qu'il refleurisse. Cette pluie
peut être l'amour et le non jugement
des proches qui l'aimeront et l'accepteront
malgré tout.
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