Alerte
aux sectes en ces temps de crise
- Source:
swissinfo
- 30 juillet 2009
- [Texte
intégral]
En
Suisse comme ailleurs, le paysage religieux se transforme
et les Eglises traditionnelles perdent du terrain au
profit de nouveaux mouvements spirituels. Un constat
fait début juillet à Genève à
l'occasion d'une conférence internationale d'études
sur les cultes.
La
globalisation est certainement un facteur favorisant
l'émergence de nouveaux groupes religieux. De
même, la crise économique pourrait participer
à ce phénomène, car beaucoup de
gens sont à la recherche de croyances qui pourraient
les aider à trouver des solutions à leurs
problèmes.
Un
nombre croissant de personnes en Suisse se montrent
concernées par la progression de l'islam, mais
les chercheurs, eux, mettent en garde contre les dangers
méconnus de nouvelles sectes et cultes.
Selon
les experts, la Suisse compte environ
1000 nouveaux
groupes ésotériques, chrétiens
ou de nouvelles religions, qui sont actifs parallèlement
aux Eglises officielles.
Et environ
200 d'entre eux posent problème en raison de
leurs méthodes de recrutement et de fonctionnement.
«La
diversité est peut-être le caractère
le plus marquant de la situation qui prévaut
en ce moment en Suisse dans ce domaine», déclare
Brigitte Knobel, directrice du Centre intercantonal
d'information sur les croyances, basé à
Genève.
«La
globalisation facilite la libre circulation des croyances,
comme n'importe quel bien de consommation, a-t-elle
expliqué en marge de la conférence de
l'Association internationale d'études sur les
cultes, au début juillet à Genève.
L'autre explication de cette diversité relève
du fait que les gens se sentent plus libres pour se
choisir une religion sur mesure.»
Il
n'existe pas de statistiques dans ce domaine et le dernier
recensement de 2000 ne fournit de chiffres qu'en ce
qui concerne les religions officielles de Suisse.
Mais
les experts estiment que le nombre de nouveaux groupes
spirituels tend à augmenter, en même temps
que les demandes d'information, que ce soit de la part
de personnes préoccupées du sort d'un
membre de leur famille qui aurait rejoint une secte
ou de gens soucieux de se renseigner avant de rejoindre
un groupe religieux.
Un
climat de peur
Hugo
Stamm, journaliste au Tages Anzeiger, auteur de recherches
et d'articles sur les sectes et les cultes de ces trente
dernières années, est considéré
comme l'un des meilleurs experts en la matière.
«La crise économique et la grippe porcine
contribuent à l'actuelle montée en force
des sectes et autres cultes, lesquels exploitent la
peur», a-t-il récemment écrit. Et
d'ajouter pour swissinfo.ch qu'il est actuellement plus
sollicité que d'habitude par le public, avec
une vingtaine de téléphones ou de mails
par semaine.
Georg
Schmid, ancien pasteur de l'Eglise réformée,
dirige Relinfo, un centre d'information sur les religions,
les Eglises et les sectes. Lui aussi a observé
une légère augmentation des demandes d'information
ces derniers temps, soit environ 200 par mois.
Selon
ce dernier, de plus en plus de petits groupes se constituent,
souvent autour d'un chef spirituel ou d'un guérisseur.
«Ces derniers, à la fois ésotériques
et chrétiens, sont très tendance en ce
moment. Quiconque est en mesure de soigner est considéré
comme un juste.»
Exploiter
la faiblesse d'autrui
Le
besoin d'aide peut être si fort que certaines
personnes perdent tout jugement, affirme l'ancien pasteur.
«Il ne reste qu'à exploiter leur faiblesse.
Les gens en difficulté sont prêts à
entendre n'importe quel message religieux.» Les
plus vulnérables sont les jeunes adultes, les
adultes en crise de milieu de vie et les personnes âgées,
précise-t-il.
«J'ai
eu une longue conversation avec une femme très
rationnelle qui avait rencontré un homme – disons
que c'est le gourou d'une secte – qui dégageait
du charme et l'impression qu'il pouvait résoudre
n'importe quel problème. Elle-même n'avait
pas de gros problèmes mais, ayant atteint l'âge
mûr, elle avait l'impression de ne pas avoir encore
trouvé sa voie», raconte Georg Schmid.
«Le
gourou est arrivé tout auréolé
d'amour et de compréhension, au point que cette
femme plutôt critique est tombée sous sa
coupe pendant un ou deux ans. Résultat: il l'a
maltraitée, volée et exploitée»,
poursuit-il.
Dangers
bien réels
Nos
deux experts sont convaincus que beaucoup de gens sous-estiment
les dangers représentés par les sectes
et autres cultes, notamment parce que ces groupes adoptent
un profil bas sur la scène médiatique.
Georg
Schmid cite l'exemple de la scientologie. Selon lui,
cette secte pratiquait dans le passé une tactique
agressive qui consistait à distribuer des brochures
et à encourager les passants à acheter
ses livres ou à se soumettre à un test
de personnalité. Ces procédés controversés
ont été dénoncés à
maintes reprises dans les journaux.
«Actuellement,
ils offrent leur aide, explique l'ancien pasteur. Par
exemple, ils ont un stand à la Bahnhofstrasse
de Zurich, avec une petite tente dans laquelle ils proposent
des massages. Ils se montrent désormais très
amicaux et c'est ce qui rend les choses difficiles.»
«Mais
sur le fond, la scientologie n'a pas changé pour
autant, poursuit-il. Son but est toujours de soutirer
de l'argent. Dès que vous êtes membre,
vous perdez votre liberté. Les jeunes ne se rendent
plus compte des dangers.»
Jürg
Stettler, porte-parole de l'Eglise de scientologie,
répond que sa religion est injustement critiquée.
«Toute Eglise rencontre des difficultés
à ses débuts. Ainsi, il y a cent cinquante
ans, l'Armée du Salut était considérée
comme la secte la plus dangereuse de Suisse et était
en butte à une énorme hostilité.»
«Beaucoup
de ce qui s'est dit sur nous est tout simplement faux,
biaisé ou mal interprété. Je dirais
que, parfois, c'est de la pure mauvaise foi. Certaines
personnes tentent de donner une image négative
de nous», conclut le porte-parole.
Remarque
du CIS: Cette
comparaison avec l'armée du salut n'est pas
acceptable. Il y a dans le monde des centaines
de victimes qui témoignent des abus de la
scientologie et ce sont toujours les mêmes
méthodes abusives qui sont appliquées
!
De
son côté, Georg Schmid remarque qu'en Suisse,
on ne parle des sectes qu'en cas de gros problème.
«Le nombre de demandes d'information augmenterait
de manière dramatique en cas de nouveau drame.
Ce que bien sûr, nous ne souhaitons pas.»
En
Suisse, le dernier drame majeur survenu au sein d'un
culte remonte à quinze ans, lorsque 48 adeptes
de l'Ordre du temple solaire ont été trouvés
morts. Les victimes, dont la majorité avait été
abattue par balle, comptaient plusieurs enfants.
Morven
McLean, swissinfo.ch
(Traduction
de l'anglais: Isabelle Eichenberger)
Commentaire
du centre Info-sectes
- Source:
swissinfo
- 30 juillet 2009
- [Texte
intégral]
Les
nombreux témoignages que notre Centre a recueillis cette année montrent
que la secte de scientologie, contrairement aux affirmations
de son porte-parole M. Jürg Stettler, n'a aucunement
changé ses méthodes.
Plus
grave: la thérapie qu'impose toujours la secte
à ses patients (adeptes ?) présente toujours
les mêmes dangers pour les personnes affaiblies
ou immatures, sans compter que des diagnostiques de santé
sont effectués sans avoir la moindre compétence
médicale.
Pour
ce qui est du respect des personnes la scientologie
continue ses campagnes de propagande noire à
l'encontre de ceux qui osent critiquer ses abus. Par
exemple récemment la porte-parole de la
scientologie de Genève a prétendu à un journaliste
que "le président
de l'Association d'aide aux victimes de la scientologie
(AVDS) n'avait pour but que de se faire de l'argent
!" (sic)
Depuis
ses premières condamnations nos autorités
auraient dû établir un contrôle des
méthodes et de la thérapie de scientologie
(une pseudo-thérapie psychiatrique invasive et
culpabilisante).
Dans
ce but il serait temps de mettre en place un comité
indépendant d'experts médecins car: de
Lausanne à Zurich, en passant pas Basel ou Luzern,
ses méthodes et sa thérapie d
présentent les mêmes dangers.
Centre
info-sectes du canton du Jura
30
juillet 2009
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