Aider une personne happée par une secte

SORTIR D'UNE SECTE ET S'EN SORTIR

Le seul conseil est de ne jamais entrer en opposition avec votre proche engagé dans une secte. Même si son point de vue vous apparaît totalitaire, laisser votre porte ouverte; le rejeter, c’est entrer dans le jeu de la secte qui n’attend que cela.

Maurice Champion, novembre 2008

Comment aider les victimes de dérives sectaires (TSR - 30 janvier 2010)

Video: Me Daniel Picotin répond aux questions posées par les proches d'une personne happée par un mouvement sectaire (tvdroit.fr - 20 decembre 2011)

Sortir d’une secte et s’en sortir (sos-sectes.org - 2003)

Un guide pour aider une personne séduite par les beaux discours d'un escroc (CIS - mai 2010)

Philippe-Jean Parquet (psychiatre): Sortie de secte (BULLES 86 - 2005)

Quelques conseils si un de vos proches a été happé par une secte (info-sectes.ch - 2004)

Dr. Ronald Bodmer: Comment aider une victime d'un mouvement sectaire (Genève - 26 août 1992)

Que peuvent faire les parents et éducateurs pour prévenir que les jeunes ne succombent aux promesses de «paradis» (24Heures - 5 janvier 1993)

Que faire si un de vos proches est scientologue ? (info-sectes.ch - 2004)

Recommandations de Tom Voltz pour les parents et proches d'un scientologue (Editions Walter - 1995)

Nos conseils pour répondre à un scientologue (info-sectes.ch - 2004)

Quelques articles sur le sujet de la dépendance

AIDER LES VICTIMES

Vidéo: Quelle thérapie pour les victimes ?
Interview de Franceline James, psychiatre (Genève)

La psychiatre genevoise Franceline James fait un parallèle fort intéressant entre les patients migrants - qui se représentent les choses d'après leur culture d'origine - et les victimes de sectes qui sont aux prises avec des pensées qui leur ont été inculquées.

Extrait de l'émission "Faut pas Croire" - 30 janvier 2010
(Télévision suisse romande TSR)

QUE PEUT FAIRE LA JUSTICE ?

Video: L'avocat Me Daniel Picotin répond aux questions posées
par les proches d'une personne happée par un mouvement sectaire

Si un proche a été happé par un mouvement sectaire, quelle est l'attitude à adopter ? Peut-on le forcer à la quitter ? Peut-on poursuivre un tel mouvement en justice ? Maître Daniel Picotin, spécialiste en droit des dérives sectaires en France, donne ses conseils,

Source: tvdroit.fr - 20 décembre 2011

Pour les ex-adeptes il n’est pas toujours facile de retrouver une vie «normale»

Extrait d'une brochure réalisée par Jean-Claude Maes, psychologue, psychothérapeute familial à la Maison Médicale Marconi et président fondateur de SOS-Sectes (Belgique)

Dénouer l’emprise

Il leur reste un certain nombre d’automatismes de pensées et de comportements susceptibles de les mettre en porte-à-faux vis-à-vis de gens qui n’ont pas vécu la même expérience. Y compris, d’ailleurs, vis-à-vis des «professionnels de la santé mentale» qu’ils pourraient être amenés à consulter, si ceux-ci ne croient pas à la possibilité de la manipulation mentale. Il leur faut donc commencer par repérer les automatismes implantés par la secte.

Guérir les phobies

Il peut leur rester une (ou des) phobie(s) tenace(s) qu’il convient de débloquer avec les autres automatismes, en remontant à leur source. Précisons qu’il est impossible de changer la personnalité de quelqu’un... Par manipulation mentale, il faut entendre une modification de la perception du monde. Ce type de modification peut s’inverser assez rapidement, à condition de trouver la clé. Dans la plupart des cas, lire l’un ou l’autre livre sur les techniques de manipulation et/ou sur le groupe sectaire considéré peut suffire à dégager l’ex-adepte de l’emprise dont il était l’objet. Rencontrer d’autres exadeptes peut s’avérer indispensable. Il n’y a pas de honte à demander de l’aide à des intervenants spécialisés.

Retrouver une temporalité

Pendant qu’ils étaient «en secte», le cours normal de leur histoire s’est interrompu. Il leur faut se réinsérer dans une histoire qui n’est ni ce qu’elle était au moment de l’interruption, ni évidemment l’histoire dans le groupe sectaire. C’est toute une reconstruction, qui demande beaucoup de créativité, à la fois pour faire la synthèse, potentialiser tous les possibles et faire le deuil de ce qui serait devenu impossible. Il leur faut, entre autres, remplir l’immense vide laissé dans leurs loisirs, aussi bien que dans leur vie spirituelle, ou encore dans leur tissu relationnel, etc.

Renouer les liens à l’extérieur du groupe

Il leur faut affronter les proches qui auraient été blessés par l’épisode sectaire, dépasser le sentiment de culpa- bilité (inutile aussi bien qu’injustifié) pour arriver à une position responsable, c’est-à-dire prendre sur soi de réparer ce qui peut l’être et tirer le positif de son expérience. Cette étape est souvent la plus difficile, en ce sens qu’elle réclame énormément d’énergie à des personnes qui, souvent, sont déçues, déprimées, fatiguées, etc.

Eviter l’amertume

Il reste le problème des proches qu’on laisse derrière soi dans le groupe sectaire, et avec lesquels, trop souvent, le contact devient difficile, voire se rompt. Il convient de déterminer ce qui est le plus important, de l’affection qu'on a gardé vis-à-vis d’eux et de la haine qu’on a développée pour le système dans lequel ils sont pris. Il arrive régulièrement que la rupture ne soit pas imputable au désir de l’adepte ou à une manoeuvre du groupe, mais à la colère qui se développe de part et d’autre, du fait de comportements «anti-sectes». Ceci dit, il ne faut pas tomber dans l’excès contraire consistant à nier qu’il y ait un problème.

Source: http://www.sos-sectes.org/index.htm

SORTIE DE SECTE

Résumé d'une conférence donnée à rennes en octobre 2004 par Philippe-Jean Parquet, professeur de psychiatrie à l'Université de Lille, membre du Conseil d'Orientation de la MIVILUDES et président de l'Observatoire des drogues et de la toxicomanie.

L’appartenance à une secte est à considérer comme une des diverses formes d’addiction (dépendance). C’est l'équivalent d’une appétence contraignante, qui fait négliger tout le reste. Quand un adepte quitte une secte, il vit un moment douloureux de rupture ; il s’ensuit chez lui un sentiment de manque, de vide qui se double d’un vertige devant la redécouverte de l’autonomie qui s’offre à lui. On pourrait rapprocher cet état de celui d’un otage qui, se sentant abandonné, peut être tenté de sympathiser avec ses geôliers (syndrome dit de Stockholm), d'autant plus que la secte ne manque pas de relancer sa victime en la culpabilisant et en la menaçant des pires catastrophes. On a pu aussi constater des cas d’ex-adeptes qui se réfugient à nouveau dans une autre secte, incapables qu’ils sont de supporter leur autonomie.

L’accompagnement

Devant de telles situations, un accompagnement s’impose: accompagnement par des bénévoles et des profes- sionnels spécialistes (psychologues, juristes…). Bénévoles et professionnels doivent travailler ensemble et chacun doit avoir un rôle identifié pour une même stratégie. Il s’agit de faire comprendre au sujet que le fait de quitter la secte n’est pas aussi dangereux pour lui et son entourage que la secte a voulu le lui faire croire, et qu’il ne s’agit pas seulement de quitter, mais d’aller vers un état futur. Tout en accompagnant ce mouvement, il faut toujours avoir à l’esprit que l’histoire de la personne comporte deux phases: avant et pendant la secte.

Avant la secte elle avait acquis des compétences dans divers domaines, elle avait vécu dans une société ouverte, s’était construit une personnalité singulière, originale, qui justement s’oppose au mode de pensée unique des sectes. Il faut raviver le singulier au lieu du clone.

Patiemment, sans stigmatiser «le temps sectaire» et même en respectant l’expérience faite dans la secte, il faut faire comprendre que ce que le sujet a vécu là n’est pas satisfaisant, qu’il a été «uniformisé». Notons au passage que pour quelqu’un né dans la secte, l’acquisition de compétences ayant été pauvre, la possibilité de sortie est plus faible – l’aide devra être constante. Quoi qu’il en soit, le travail d’accompagnement qui fera preuve de beaucoup d’humilité, est long et procède par petites touches sans prétention à l’instantanéité, encore qu’il faille être attentif aux « déclics » éventuels.

La question qui se pose est donc de donner une représentation de «l’après». Le propre des sectes étant d'immobiliser le temps, il est nécessaire de réintroduire la notion de changement, la représentation du futur, alors que dans les sectes millénaristes, chez les Témoins de Jéhovah par exemple, la fin du monde est programmée, c'est le refus du vieillissement et parfois le blocage sur une date (Harmaguédon). La notion de temps comme cadre de vie, c’est une redécouverte.

Et enfin le maître mot sera sans doute la confiance: faire confiance à ces personnes et reconnaître leurs compé- tences et leur faculté à les enrichir. Il n’y a pas d’autonomie si il n’y a pas de confiance en soi.

Sources: ADFI revue BULLES 86 - 3ème trimestre 2005

FAMILLES, GARDEZ LE CONTACT !

Quand quelqu'un adhère à un mouvement sectaire, les membres de sa famille sont en général surpris et destabilisés par la transformation qu'ils constatent chez celui ou celle qu'ils semblaient pourtant bien connaître. Ils ne le retrouvent plus, ne le comprennent plus, ils ont beau essayer de le raisonner, de discuter, de se fâcher, ils ne le reconnaissent plus. Il est devenu comme inaccessible et étranger. Cette attitude peut être perçue comme rejetante et blesse souvent les proches. Ils le croient définitivement perdu et peuvent être tentés de couper les ponts.

Quelques conseils

  • Ne pas culpabiliser et s'efforcer de garder le contact.
  • Ne jamais envoyer d'argent et montrer son affection par d'autres petites attentions.
  • Ne pas se décourager, écrire un journal des événements qui se déroulent dans la famille ou l'entourage pour permettre au sortant de savoir ce qui s'est passé pendant son absence.
  • L'aider à se réapproprier l'histoire familiale et à se relier à sa vie d'avant.
  • Toutes critiques venant de l'extérieur mettent en oeuvre des résistances. Pour la personne, membre du mouvement, cela va même renforcer son adhésion et lui faire en tout cas penser, et peut-être dire: «Mais si tu me dis ça, c'est que tu ne comprends rien, tu n'en fais pas partie, tu ne sais pas ce que je vis, tu n'as pas reçu de révélation et c'est donc normal que tu sois critique.»
  • Le dialogue est ainsi vite interrompu. C'est donc négatif de prendre les choses de front et même déconseillé. Cela ne produit aucun résultat positif, bien au contraire.

  • Enfin, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Quand une famille, désemparée par l'attitude de l'un des siens, ne comprend plus ses choix, ne le reconnaît plus dans ce qu'il est, et qu'elle reçoit ces conseils, ceux-là peuvent vraiment l'aider à mieux dissocier l'être aimé de la doctrine. Sa personnalité propre est tapie quelque part au fond de lui. Je la comparerais à un arbrisseau sec dans le désert, il suffit d'une pluie pour qu'il refleurisse. Cette pluie peut être l'amour et le non jugement des proches qui l'aimeront et l'accepteront malgré tout.

UN GUIDE POUR AIDER LES VICTIMES DE SECTES

 

Table des matière

Préface
Mot de l'éditeur - Introduction
1. Secte, un mot, des définitions, une réalité
 
2. Le gourou: un dieu ou un leader ?
 
3. Sur la piste... ou comment trouver des renseignements sur une secte
 
4. La relation d'aide
 
5. Les ex-adeptes ou la vie après la secte 
 
6. Et si ça ne marche pas ?

Les sectes, Guide pour aider les victimes se veut un outil pour venir en aide aux victimes des sectes. Bien docu- menté, rédigé dans un langage simple par un spécialiste des sectes, s'appuyant sur des témoignages de première main, ce petit guide sans prétention est à la portée de tous.

S'adressant en particulier aux familles et aux proches des victimes de sectes, il trace les grandes étapes d'une relation d'aide qui prend en compte leurs véritables besoins Il donne les armes nécessaires afin de lutter efficacement contre la manipulation des sectes.
 

Préface

Pas un jour ne passe sans que les médias nous rapportent les effets dévastateurs de certaines sectes sur leurs adhérents. Le phénomène des sectes n'est pas nouveau dans l'histoire. Ce qui étonne, c'est l'ampleur qu'il semble avoir pris au cours des dernières décennies. Il y aurait en effet plus de 800 sectes au Québec et le nombre de personnes membres d'une secte a quadruplé entre 1981 et 1991. Ce qui surprend souvent c'est que nul ne semble à l'abri. En effet, les membres des sectes sont en général plus instruits que la moyenne des gens et plus du quart d'entre eux ont un diplôme universitaire.

Malgré l'ampleur du phénomène, les proches des adhérents sont souvent très démunis lorsque vient le moment de venir en aide à une victime potentielle ou actuelle d'un de ces mouvements. Or ce sont eux qui sont les intervenants privilégiés.

En se basant sur sa longue expérience dans le domaine, Yves Casgrain leur offre des moyens concrets d'identifier les risques potentiels et une démarche concrète de relation d'aide susceptible à court, moyen ou long terme d'aider l'adhérent à y voir plus clair. Contrairement à certaines démarches plus radicales qui ont déjà été utilisées (ex. enlèvement et déprogrammation forcée de la victime), celle que propose M. Casgrain respecte la victime et ses proches et ne prône pas l'utilisation des mêmes techniques coercitives que l'on reproche aux sectes d'utiliser.

C'est là une approche que je partage. Lorsque l'on veut réapprendre à quelqu'un à faire des choix libres, on ne doit pas utiliser des techniques qui sont dans leur essence même la négation de l'objectif poursuivi.

L'ouvrage de M. Casgrain devrait aussi être une lecture obligatoire pour tous les professionnels de la santé qui auront à intervenir dans ce domaine. En effet, la victime d'une secte représente un cas particulier où le professionnel qui intervient pour aider à réparer les dégâts doit avoir plus que des connaissances de base en psychologie clinique ou en psychiatrie. Il doit en effet très bien connaître le phénomène des sectes et les techniques de manipulation et de contrôle que ces dernières utilisent, ainsi que les effets de ces techniques et la façon de les contrer. Le volume de M. Casgrain fournit des informations essentielles pour tous les intervenants sur celles qui sont utilisées par les sectes et sur la façon dont il faut aborder ceux et celles qui en sont victimes.

En terminant, je me permets de rappeler que, quelle que soit la compétence des proches ou des profession- nels qui interviennent dans ce domaine, le choix final doit toujours être celui de l'adhérent. On ne peut con- traindre quelqu'un à être libre car, ce faisant, on en fait un esclave.

Luc Granger, Ph.D.Psychologue
Professeur titulaire du département de psychologie, Université de Montréal

Extraits d'articles de presse:

«Le volume de M. Casgrain fournit des informations essentielles pour tous les intervenants sur les techniques utilisées par les sectes et sur la façon dont il faut aborder ceux et celles qui en sont victimes.» -Luc Granger, Ph. D., psychologue, Université de Montréal

«(Un livre) essentiel et que lui seul pouvait écrire (…)» - Stéphane Baillargeon, Le Devoir

«Ce petit guide de 142 pages nous introduit d’une façon simple et concrète dans l’univers des sectes. Il précise les mots et les définitions. Il cerne une réalité en montrant comment le gourou exerce un pouvoir qui tend a se confondre avec la vérité. Il livre des informations pertinentes sur les techniques utilisées par les sectes et sur les approches à privilégier pour aborder les victimes. (…) Ce guide à la portée de tous peut être un outil très utile dans les milieux préoccupés par le phénomène des sectes.» - Jean Périgny, Relations

Autres articles de presse:

critique1.pdf - critique2.pdf - critique3a.pdf - critique3b.pdf

Commander le livre:

Vous pouvez contacter directement son auteur à l'adresse: lesectes@hotmail.com

Comment aider une victime d'un mouvement sectaire
par le Dr. Ronald Bodmer (Genève)

I. Psychothérapie de déconditionnement

  • Poser des questions

    Demander le pourquoi de ci ou ça (par ex: signification de la couleur jaune, des usages vestimentaires ou alimentaires, etc.)

  • Faire ressortir les contradictions, ce qui amène la personne à s'affirmer elle-même
  • Ne pas oublier la dimension du sentiment (tristesse, chagrin)
  • Répertorier les contradictions
Les relever par écrit
Les reprendre les unes après les autres en entourant la personne, en étant chaleureux
  • Savoir que la notion de culpabilité est cruciale (l'adepte se sent coupable vis-à-vis de la secte, qui exige de lui une loyauté totale)
  • Décupalbiliser la personne

II. Psychothérapie d'accompagnement

  • Retourner à la situation initiale
  • Trouver la cause d'entrée de la personne dans la secte (échec professionnel, divorce, phase difficile)

  • Faire passer la personne par une phase d'association d'idées, qui se déroule alors selon une dynamique propre à la personne et lui permet de retrouver sa propre personnalité

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Question du langage à utiliser

Lorsqu'on a affaire à un adepte de sectes sataniques, utiliser un langage religieux en mettant l'accent sur une théologie normale. Dire d'où sortent, dans une religion normale, les démons et petits esprits en tous genres. Montrer comment la doctrine de la secte est une déviation d'une religion normale.

S'il s'agit d'une secte orientale, montrer quel est le sens réel de "châkra" et autres termes spécifiques de cette religion. Il est par exemple idiot de parler de "redresser" un châkra.

S'il s'agit de la scientologie, utiliser le langage de la psychologie.

26 août 1992


Témoignage du docteur Ronald Bodmer

Le docteur Ronald Bodmer peut venir en aide aux victimes de sectes car il connait parfaitement les manipulations mentales de ces mouvements. Dans sa jeunesse, jeune étudiant à New-York, il a lui-même été happé par un mouvement sectaire soufi. Le Dr Bodmer a publié un témoignage à ce sujet sur le net: Frithjof Schuon: Child molestation and Obstructi on of Justice (4th, 1991, Dr. Ronald Bodmer made out an affidavit)
Bodmer Ronald spéc. FMH
rue Prévost-Martin 21
1205 Genève
phone: 022.231.26.90
Comment prévenir que les jeunes ne succombent aux promesses de «paradis»
 
24Heures - 5 janvier 1993
[Extrait]
 

C'est le rôle des parents et des éducateurs de prévenir que les jeunes ne succombent aux promesses de «paradis». Pour cela, les auteurs du livre «Le paradis peut attendre» (*) préconisent, entre autres, de les entraîner à vivre les difficultés qui peuvent se présenter dans notre société pluraliste et multiculturelle. Notamment en leur enseignant à ne pas cataloguer trop vite ceux qui pensent autrement, et à essayer de les comprendre.

Et il faut les encourager à ne pas éviter les conflits, à les affronter ouvertement.

Il s'agit aussi de développer leur autonomie et leur maturité. Les auteurs conseillent également d'éviter les «manques» que les prometteurs de paradis se proposent de combler - amour, dialogue, confiance, sentiment de sécurité.

Enfin, les éducateurs doivent montrer qu'ils croient en l'avenir, malgré les problèmes qu'il comporte, et qu'ils ne sont pas résignés.

 
(*) Présentation du livre: «Das Paradies kann warten» (Werdverlag - 1993)

Que faire si un de vos proches est scientologue ?

Quelques conseils

Ne coupez pas les liens. Dites-lui que c'est sa personne, LUI-MÊME, qui continue à vous intéresser et non sa secte ou ses croyances.

Intéressez-vous à ses projets, ses problèmes, ses but, ses relations et activités en dehors de la secte. Par exemple intéressez-vous à ses prochaines vacances. (Les scientologues ruinés par des vendeurs peu scrupuleux n'en ont généralement plus les moyens !)

Expliquez-lui les limites de votre tolérance au prosélytisme d'une quelconque croyance. Expliquez-lui que les théories et révélations de Ron Hubbard doivent rester du domaine de la sphère privée.

Si vous savez qu'il a commis certains dérapages prosélytes (distribution de tract de propagande sur son lieu de travail par exemple), dites-lui les conséquences que peuvent entraîner de tels actes. (Perte d'emploi, rejet de la part de CEUX QUI NE SAVENT COMMENT RÉAGIR EN POSANT DES LIMITES PRÉCISES AUX PROSÉLYTES, scientologues ou autres...).

La secte de scientologie n'hésitant pas à exiger une coupure des liens avec toutes personnes hostiles ou critiques, ne faite pas de démarches visant à l'exclure davantage de ses amis ou parents, ni de son entreprise.

Un jour, ayant gardé un excellent contact et surtout ayant manifesté UN SINCÈRE ET RÉEL INTÉRÊT POUR SA PERSONNE, vous pourrez lui faire lire qui est vraiment son Maître à penser («Le gourou démasqué» par Russel Miller - fichier pdf 220 pages) ou même lui faire rencontrer des ex-adeptes.

N'oubliez pas que la scientologie a pu déclencher avec sa thérapie des psychoses et que les rituels scientologues peuvent induire une paranoïa qui nécessite l'aide d'un psycho-thérapeute spécialisé.

La scientologie avec ses techniques manipulatrices crée une dépendance qu'il faut comparer à une drogue. Des mécanismes mentaux pour faire face au stress de la secte se sont enclenchés. (Refoulement, inhibition, peur, paranoïa, automatismes, refuge dans une "IMAGE DE RÊVE", etc.)

Une victime de manipulations sectaires emporte avec lui une part des conditionnements et des rituels. Pour prendre conscience que les réponses de sa secte étaient simplistes ou sans valeur cela pourra prendre des années avant de les ABANDONNER TOTALEMENT. Soyez donc très patient.

Recommandations pour les proches d'un adepte de la Scientologie
 
 
Tom Voltz - 1995 «Scientology und (k)ein Ende»
 
(Editions Walter - Düsseldorf - 1995)

Extrait: (p.266)

1.- NE CRITIQUEZ PAS AVEUGLEMENT L'ADEPTE

Cherchez plutôt les raisons personnelles pour lesquelles il est entré dans ce groupe...

2.- ESSAYEZ DE COMPRENDRE CE QUE L'ADEPTE CHERCHE

Demandez-lui ce qui s'est amélioré dans sa vie...

3.- POSEZ-LUI DES QUESTIONS SI VOUS NE COMPRENEZ PAS

Les scientologues ont leur proie jargon

4.- SOYEZ TOUJOURS UN INTERLOCUTEUR OUVERT ET HONNÊTE

Veillez à ce que l'adepte parle son propre langage sans répéter des propos appris. Parlez-lui des craintes que vous avez à son sujet.

5.- L'ADEPTE EST AUSSI TROUBLÉ ET REMIS EN QUESTION QUE VOUS

Si le scientologue se dit heureux dans son groupe, ne le niez pas. Parlez-lui des autres groupes où les gens sont tout aussi heureux, même en dehors de la scientologie.

6.- VOTRE AMOUR PEUT ÊTRE DÉCISIF

Vous lui montrez votre attachement en tenant bon tant que l'adepte a besoin de vous...

7.- NE LUI ACCORDEZ AUCUN CRÉDIT, DON OU PART D'HÉRITAGE

8.- SOYEZ LA QUAND LA VICTIME À BESOIN DE VOUS

Au besoin demandez l'aide d'un avocat qui connaît la scientologie, s'il s'agit de faire rembourser les cours payés non donnés.

9.- RECONNAISSEZ CE QUI EST BON

Si vous relevez ce qui est bon en scientologie, vous serez aussi crédible quand vous y relevez ce qui est mauvais.

10.- N'EXTRAYEZ PAS L'ADEPTE DE SON GROUPE PAR LA VIOLENCE

"N'essayez JAMAIS de faire sortir l'adepte par la violence de la scientologie. Sans parler des limites légales que vous risqueriez de dépasser, vous ne faites que déchirer le lien qui vous unit encore aujourd'hui. Accordez la confiance à cette personne. Donnez-lui la force: car ce n'est que par la force que son don d'observation peut être éduqué. Il doit savoir que chez vous il peut défendre son point de vue personnel et qu'il doit le défendre."

11.- N'INTERROMPEZ JAMAIS VOTRE RELATION AVEC L'ADEPTE

12.- POSEZ-LUI DES QUESTIONS, CRITIQUES MAIS NON AGRESSIVES

Parlez-lui de tout votre coeur... N'acceptez pas les réponses stéréotypées.

Présentation du livre de Tom Voltz

Nos conseils pour répondre à un scientologue

Le scientologue vous dit: «la presse ne dit que des mensonges»

Faites remarquer à l'adepte qu'un mensonge est une falsification de la réalité et que les journalistes n'ont pas le droit de raconter des mensonges. S'il le font, on peut leur intenter un procès pour diffamation ou calomnie.

Aussi les journalistes se gardent-ils bien d'inventer ou de falsifier des faits. Ce qui est discutable dans leurs articles, c'est l'interprétation qu'ils donnent des faits, non les faits eux-mêmes.

Les journalistes ne sont pas tenus d'être entièrement et parfaitement objectifs, Ils ont droit de sélectionner tel fait plutôt que tel autre, d'avoir leurs opinions et de donner leurs interprétations. En revanche, ils sont absolument tenus de rapporter les faits de façon précise (date, lieu, déroulement, chiffres exacts). En aucun cas, ils ne peuvent rapporter des faits inexistants, inventés, ou falsifiés.

Remarque:

La scientologie à Lausanne a intenté un procès en diffamation au Reader's Digest, le juge chargé d'instruire l'affaire l'a tranchée en faveur du Reader's Digest, car ce dernier a pu prouver que les faits rapportés dans l'article incriminé étaient exacts.

Le scientologue vous dit: «c'est un complot d'Interpol»

Demandez à l'adepte d'où il tient un tel renseignement. Quelles sont ses sources d'information ? Quelle preuve a-t-il de l'existence d'un tel complot ? Certainement, il tient cette information de ses amis scientologues. Mais qu'en sait-il lui même ? Qu'a-t-il vu lui-même. Qu'en savent-ils eux-mêmes ? Qu'ont-ils vus eux-mêmes ?

Ne font-ils pas que répéter ce qu'ils ont entendu dire par d'autres, comme l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ?

Le scientologue vous dit: «c'est scientifique»

Demandez à l'adepte ce qu'il entend par «scientifique» Faites-lui observer qu'il ne suffit pas de dire qu'une chose est scientifique pour qu'elle le soit. Est scientifique ce qui peut être vérifié et résiste à toutes les objections qu'on pourrait apporter.

Quelle est vraiment la procédure scientifique ?

Lorsqu'un chercheur fait une découverte, il ne la garde pas secrètement pour lui-même. Tout au contraire, il la publie au grand jour afin que ses confrères puissent en prendre connaissance et tester sa nouvelle théorie. Qui est vraiment habilité à se prononcer sur la validité d'une nouvelle théorie ?

Des jeunes gens ? Des étudiants ? N'importe qui ? Assurément non. Seuls sont habilités à se prononcer ceux qui sont d'éminents spécialistes de la branche considérée. Ces derniers testent la solidité de la nouvelle théorie en lui opposant toutes les objections qu'ils peuvent. C'est seulement lorsque toutes les tentatives de prendre la nouvelle théorie en défaut ont échoués que les spécialistes s'inclinent devant elle.

Il a fallu au moins 10 ans d'âpres controverses pour que la théorie d'Einstein soit admise.L'adepte aurait avantage à étudier l'histoire des sciences.

Remarques:

L'adepte devrait se rendre compte qu'une adhésion à des idées nouvelles n'est pas une vérification, qu'il ne faut pas confondre foi et science. La foi n'implique pas une vérification, mais une croyance. Tout un chacun est libre d'adhérer aux croyances de son choix, mais doit être conscient qu'une croyance n'est pas une vérité scientifique.

L'adepte pourrait objecter que la scientologie est une science nouvelle et ne peut donc être vérifiée que par des scientologues, lesquels sont tous unanimes sur son excellence.

A cela, vous pouvez répondre que la scientologie n'est pas toute seule à être une science nouvelle. Notre siècle en a vu apparaître beaucoup d'autres, dont l'astrophysique et le génie génétique, mais ces sciences ne sortent pas de rien. Elles sont le prolongement de sciences traditionnelles, auxquelles elles apportent de nouveaux développements. L'astrophysique implique que l'on soit d'abord physicien, le génie génétique que l'on soit d'abord biologiste.

Question:

De quelle science traditionnelle la scientologie tire-t-elle ses racines ?

Sachez que Ron Hubbard tire une bonne partie de son inspiration de la psychanalyse freudienne, grossièrement simplifiée et accommodée à sa sauce.

L'adepte peut-il citer des noms et des ouvrages d'experts qui se seraient prononcés en la matière ? Il vous répondra probablement que de nombreux scientifiques se sont montrés élogieux (réponse toute faite). Demandez lesquels. L'adepte sera bien embarrassé car Ron Hubbard n'indique jamais aucun nom ni aucun ouvrage autre que les siens à l'appui de ses dires. Il procède uniquement par affirmations.

Faites remarquer à l'adepte qu'une affirmation n'est pas une preuve. Pour que preuve il y ait, il faut indiquer des références exactes (nom des auteurs ayant publié des articles élogieux, titre des articles et ouvrages publiés, date de leur publication).

Il faudrait également savoir qui sont les auteurs en question, si ce sont des spécialistes renommés ou d'illustres inconnus. Enfin une fois toutes ces données rassemblées (et elles ne peuvent l'être, car il n'y en a pas), vous souhaiteriez vivement vous procurer quelques articles et ouvrages (inexistants) traitant des découvertes de Ron Hubbard afin de pouvoir vous en faire une idée objective.

Bref, montrez à l'adepte que la scientologie ne se prête à aucune vérification d'ordre scientifique mais seulement à une expérience subjective, laquelle n'a rien de «scientifique»

Le scientologue vous dit: «tu devrais aussi en faire»

Réclamez-vous de la liberté de conscience.Tout un chacun a le droit d'adhérer aux croyances de son choix. Vous respectez ses convictions, qu'il respecte donc les vôtres !

Si de violentes querelles ont déjà éclaté entre l'adepte et vous, excusez-vous des paroles dures que vous aviez prononcées. Dites que vous n'en aviez pas à ses convictions, mais au fait que l'adepte ne respectait pas votre liberté de conscience.

Si vous même ne pouvez vous réclamer de solides convictions religieuses, vous vous trouverez dans une situation assez difficile vis-à-vis de l'adepte, car ce dernier, croyant le terrain libre, pense avoir de bonnes chances de vous convertir, pour votre bien.

Gardez en tête que l'adepte est sincère, c'est précisément parce qu'il vous apprécie qu'il veut vous apporter la lumière. Faites-lui observer que la liberté de conscience implique le droit de n'adhérer à aucune religion, que vous avez la conviction de n'avoir aucun besoin de ces choses-là. Mais ne vous sentez par pour autant en droit de l'empêcher d'adhérer aux croyances de son choix. Et lui n'a aucun droit de vous les imposer. Dans tous les cas prêchez la tolérance et le respect mutuel.

Le scientologue fait l'éloge de Ron Hubbard

Mettez en doute l'infaillibilité de son leader.
Quand on commence à avoir un doute, un jour le déclic se fera.
 
Ron Hubbard fumait.
N'est-ce pas contraire à l'éthique scientologue et au programme de purification ?
Ron Hubbard était gros.
Connaissait-il la diététique ? Que préconise la scientologie comme alimentation ?

Le scientologue ne cesse son prosélytisme

Procédez toujours avec gentillesse, tact et ménagement.

Il faut absolument éviter les affrontements qui pourraient déboucher sur une rupture. Si vous faites un drame de la scientologie, elle ne tardera pas à le devenir. En revanche, rien n'est perdu tant que vous restez patient et tolérant.

Utilisez vos arguments à doses homéopathiques, c'est-à-dire à très petites doses, de façon à introduire des doutes dans l'esprit de l'adepte. Lâchez simplement quelques remarques en passant, calmement et sans insister, puis déviez la conversation sur autre chose.

Renforcez les liens affectifs, cultivez les centres d'intérêts que l'adepte avait avant de connaître la scientologie ou la dianétique. Bref, faites comme si c'était une chose parmi d'autres, que vous ne vous en formalisez pas, n'en voulez aucunement à l'adepte de penser autrement que vous.
 

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Comment aider une personne happée par une secte ?

Comment éviter une secte

Comment aider une victime happée par une secte ?

La liste des symptômes et caractéristiques d'un groupe pour établir un diagnostic de dangerosité

Quelques conseils juridiques

Les conseils juridiques de Ralf Bernd Abel (Berlin - 1994)

Existe-t-il des protections légales face aux sectes ? Les réponses de Bernard Corboz, juge à la Cour de cassation pénale du Tribunal fédéral (Le Matin - 1993 ?)

Comment obtenir l'assistance judiciaire (Centre Info-sectes - 1 janvier 2008)

Vidéo: En Suisse quel est l'appareil légal pour stopper les abus de la scientologie ? Interview de Me François Bellanger, professeur de droit (TSR - mai 2009)

Quelques articles sur le sujet de la dépendance

Michel Abittan, psychiatre: "Quand ça s'arrête, c'est comme une sorte de deuil" (Echo des savanes)

Analyse scientifique: Comment fonctionnne le mécanisme de la dépendance à la nicotine et aux drogues

«Après la secte Bhagwan» par le psychiatre James S. Gordon (BULLES du 2ème trimestre 1989)


Comment se reconstruire après un viol

Un endoctrinement sectaire peut se comparer à un viol. Voici donc deux articles pour donner des pistes de réflexions et aider les victimes à reprendre pied.

Dr psychiatre Robert Neuburger: Comment surmonter le traumatisme d'un abus sexuel (Illustré - 4.9.02)

Les conseils de Doris Dillmann aux victimes d'abus sexuels (L'Illustré - 4 septembre 2002)