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Le
prêtre pepédophile était un abuseur
en série
L'étau
se ressere autour du capucin pédophile
- ENQUÊTE
24Heures
- le 4 novembre 2008 - par Patrick
Chuard
- [Texte
intégral]
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Broyes.
Juillet 1987
Directeur
de colonies de vacances. En poste
à Lully (Fribourg), le prêtre
a dirigé des camps de vacancesdurant
quatres étés. En 1989
après des rumeurs et des soupçons,
il quittait précipitamment la
Broyes. Hier, la commission d'investigation
mise en place par l'Évêché
de Fribourg a relevé qu'il a
violé ou tenté de violer
24 garçons
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Durant
quarante ans, le capucin aurait abusé d'au moins
24
garçons
Il pourrait répondre de ses actes
devant la justice, pour affaire
qui n'est pas tombée sous le coup de la prescription.
Le
prêtre vaudois aurait abusé d'au
moins 24 garçons. Il
devrait répondre de
ses actes devant la justice, pour
une affaire qui remonte à
1995. Un procureur de Grenoble
reprend le dossier.
Un
abuseur en série. C'est le
portrait de Père François*
qui ressort de l'enquête
menée par la juge d'instruction
fribourgeoise Yvonne Gendre:
le capucin aurait abusé d'au moins
24 garçons. «Lorsque l'enquête
avait débuté, en janvier 2008,
nous n'avions connaissance que
de cinq cas», a rappelé la magistrate
en livrant ses conclusions,
hier matin. Deux de ces affaires
ont été signalées récemment
par la commission SOS Prévention,
créée par l'évêché,
qui communiquera
ses résultats en fin
de semaine.
La
plupart des abus dont est soupçonné
Père François tombent
sous le coup de la prescription.
Sauf deux. Le premier concerne
son propre neveu, qui avait subi
ses attouchements en France,
au début des années 90. Le
deuxième aurait été commis sur
un garçon de 11 ans, en 1995, dans
la région de Grenoble.
Yvonne
Gendre a transmis le dossier
à un procureur français, pour qu'il
l'instruise. La magistrate souhaite
que le dossier soit renvoyé
par la suite en Suisse, afin que
le prêtre soit poursuivi pénalement.
Père
François ne s'attaquait qu'à
des garçons de 9 à 14 ans. «Dans
presque tous les cas, il profitait
de la détresse morale d'enfants
en quête d'affection», dit
Laurent Eggertswyler, enquêteur
de la police fribour- geoise. Dans
trois cas, les victimes étaient handicapées.
Le religieux vaudois aurait
commis ses premiers attouchements
en 1958, en Valais. Puis à
Fribourg, entre 1968 et 1970, lorsqu'il
résidait au couvent des capucins
(2 cas). Puis à Lully, dans la
Broye fribourgeoise, entre 1981 et
1989 (8 cas). Il a récidivé en France
à plusieurs reprises, jusqu'en
1995 au moins.
Jusqu'à
cinq ans d'abus
Toutes
les victimes ont décrit des
séances de masturbation, parfois
des fellations. «Dans quatre cas,
les témoignages parlent de tentative
de sodomie ou de sodomie»,
précise la police. Certains enfants
ont subi des agressions uniques.
Dans d'autres cas, les actes
se sont répétés sur des durées
de deux à cinq ans.
Laurent Eggerstwyler:
«Nos investigations ont
fait ressortir un passé douloureux
pour les victimes. Certaines ont
expliqué avoir réussi à vivre avec,
alors que quelques-unes ont vu
leur vie détruite.»
- «Il
profitait de la
détresse morale d'enfants
en quête d'affection»
Laurent
Eggertswyler, police fribourgeoise
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Père
François a, selon les enquêteurs,
souvent invoqué une «mémoire
défaillante». Il a «minimisé»
les faits de façon «systématique».
Aujourd'hui, ce religieux
de 68 ans, qui souffre de diabète
et d'angine de poitrine, a «entrepris
un traitement psychologique»,
signale Yvonne Gendre.
La
magistrate a demandé «aux autorités
de tutelle un traitement psychiatrique,
compte tenu de son
passé criminel et du risque encouru
par la population». «Il se
pose évidemment la question de
savoir comment il a pu agir impunément
durant toutes ces années»,
estime Yvonne Gendre.
L'instruction
a permis d'éclaircir en
partie ces questions: le prêtre a
eu des employeurs différents, en
Suisse et en France. Il bénéficiait
d'une réputation d'intellectuel.
Les
capucins qui lui ont donné refuge
en Suisse, en 2005, lorsqu'il
était sous enquête en France, pourraient-ils
être poursuivis ? Yvonne
Gendre évoque une possible
«entrave à l'action pénale»
et renvoie
cette question aux autorités
judiciaires françaises.
La
juge d'instruction a enquêté sur
quatre autres cas de prêtres pédophiles
présumés. Dans un seul
cas, la justice pourrait poursuivre
un prêtre pour abus de détresse
ou contrainte sexuelle. Cette
affaire se serait déroulée en 2000
ou en 2001, à Neuchâtel.
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Nom connu de la rédaction
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