Institut Sophia Analyse

Institut de Sophia Analyse est une association de malfaiteurs

BRUXELLES 10/05 (BELGA)
[Texte intégral]
 
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné jeudi Dominique Lippens, 51 ans, à 14 mois de prison, dont 10 fermes, et à une amende 19.250 euros, Luis Aquino Benitez (61 ans), son mari, à 1 an de prison, dont mois fermes et à 11.000 euros d'amende et Benoît De Coster, 58 ans, à 14 mois de prison avec sursis et à 19.250 euros d'amende. Les principaux animateurs de l'Institut de Sophia-Analyse de Bruxelles ont ainsi été reconnus coupables de participation à une association de malfaiteurs, de faux et de détournements.
 
En fait, Lippens et De Coster sont les seuls coupables du détournement à leur profit de quelque 1,34 million d'euros. Les faits se sont déroulés entre le 09/03/90 et le 29/03/2004.
 
L'Institut, sis initialement rue Franklin, à Bruxelles-Ville, proposait des psychothérapies payantes et dispensait des cours - avec minervals pour les étudiants -, selon les principes de la "Sophia Analyse". Les prévenus n'ont que cette seule formation dans le domaine psychologique ou psychanalytique.
 
L'objet social de cette ASBL est de développer la recherche "dans le domaine des psychothérapies et de l'anthropologie existentielle" et de former des psychothérapeutes. Luis Aquino Benitez s'était fait inscrire comme "homme de ménage", lorsqu'il s'est installé en Belgique. Selon lui, il est le garant, dans notre pays, de la conduite du courant philosophique Sophia Analyse.
 
Pendant le procès proprement dit, ce prévenu avait avoué à la présidente Annick Baudri qui l'interrogeait qu'il n'avait qu'un diplôme d'études secondaires. Après avoir commencé à étudier la philosophie à l'université, il dit avoir été formé à la Sophia Analyse à Rome par son fondateur, Antonio Mercurio. Leurs excellents rapports ont conduit ce dernier à déléguer Aquino Benitez, d'origine paraguayenne, à la direction de l'Institut à Genève, à Paris et à Bruxelles.
 
Plusieurs membres de l'Institut se sont sentis dans une dépendance complète par rapport aux principaux animateurs de la Sophia Analyse, l'enseignement n'étant dispensé que pour ceux qui avaient suivi au moins 2 ans de psychothérapie. A l'audience, Aquino Benitez avait indiqué qu'il n'était pas nécessaire de rappeler à quel point les transferts sont importants entre un patient et son psychanalyste.
 
Dominique Lippens, kinésithérapeute de formation, avait expliqué qu'elle s'occupait de la "gestion affective de l'association", soulignant que beaucoup de patients étaient en dépression quand ils arrivaient à l'Institut. Benoît De Coster avait concédé, pour sa part, qu'il avait agi avec beaucoup de légèreté dans la gestion administrative de l'ASBL, mais avait contesté toute malversation financière.
 
"Beaucoup d'opérations se faisaient de la main à la main. Le principe général était la confiance", avait insisté ce troisième prévenu.
 
Lippens et De Coster se voient confisquer 127.000 euros sur leur patrimoine
 
ITU/MPA