Le "dualisme de la pensée sectaire totalitaire"

La pensée sectaire en noir/blanc (Review Center 2.0 - 2001)

Quelques astuces pour aider une victime de secte à reprendre pied (Review Center 2.0 - 2001)

Il n'y a jamais de place pour le pluralisme (Review Center 2.0 - 2001)

Dieu n'a pas créé que le blanc et le noir, mais un nombre considérable de couleurs (Review Center 2.0 - 2001)

La paranoïa des groupes sectaires (Review Center 2.0 - 2001)

Les caractéristiques pathologiques du leader d'un groupe sectaire (Review Center 2.0 - 2001)

Des chrétiens sectaires qui pensent détenir la vérité (Review Center 2.0 - 2001)

Quelques opinions grinçantes à propos du christianisme

[Alain - Aragon - Bakounine - Bernhard - Gwinett Bierce - Cavanna - Cioran - Condorcet - Darwin - Declerck - Dubuc - Feuerbach - Flaubert - Anatole France - Gide - de Gourmont - Helvétius - Hume - Jaurès - Jouhandeau - Krog - Lenoir - Loisy - Malraux - Marat - Mertz - Meslier - baron d'Holbach - Stuart Mill - Montaigne - Mordillat - Prieur - Nietzsche - Onfray - Renard - Riboni - Russell - Sade - Schopenhauer - Scutenaire - Solignac - de Staël - Stendhal - Vaudet - Vigny - Voltaire - Weil - Zola]

Le "dualisme de la pensée sectaire totalitaire"

par Pascal Zivi

Pascal Zivi habite au Japon depuis 23 ans. Il est chrétien. Depuis seize ans il travaille sur le phénomène des groupes sectaires totalitaires et de leurs manipulations. Il a écrit en mai 2002 un livre (en japonais) "L'abus spirituel".

La pensée sectaire en noir/blanc

Parmi les différentes manipulations qui sont utilisées par ces groupes, je voudrais parler aujourd'hui en particulier sur ce que beaucoup de spécialistes appellent le "dualisme de la pensée sectaire totalitaire".Chaque groupe sectaire totalitaire enseigne aux personnes comment penser en acceptant les principes du groupe. Dans ces principes tout est noir ou blanc. Le gris ou les autres couleurs n'existent pas. La vie des adeptes est dirigée par la secte. La secte dit blanc, les adeptes pensent blanc. La secte dit noir, les adeptes pensent noir; il n'est pas possible pour eux de pouvoir penser par eux-mêmes. La secte ne tolère pas qu'ils regardent une couleur différente.

Dans la logique des groupes sectaires, l'adepte est manipulé d'une manière tellement abusive, qu'il finit par être absolument persuadé qu'il a raison et que les autres sont dans l'erreur et qu'ils ont tort. Pour une personne qui a été manipulée de cette manière, il est très difficile de reprendre une vie normale dans la société. Au début elle a toujours tendance à penser dans cette logique dualisme où tout est blanc ou noir.

Pour un ex-adepte d'un groupe sectaire il n'est pas facile de chercher sa propre réponse et aussi d'accepter que les autres n'aient pas la même réponse. Il lui est difficile d'être tolérant. Dans la logique sectaire vous êtes l'ami ou l'ennemi, de Dieu ou du Diable. Il n'y pas de place pour les nuances. Il lui est difficile d'admettre que dans la vie la pluralité existe. Il lui faut du temps pour apprendre à réfléchir sur des questions difficiles dont la pluralité de sens ne permet pas une interprétation sans équivoque. Lorsqu'il retourne dans notre société, au départ il peut être paniqué de se retrouver dans un monde où les réponses ne sont pas claires et précises. Il lui faudra un long entraînement pour sortir de ce piège qu'est le dualisme de la pensée sectaire.

Quelques astuces pour aider une victime de secte à reprendre pied

Wendy Ford qui est Américaine et ancienne adepte d'un groupe sectaire totalitaire chrétien dans son livret «Reco- very from Abuse Group», édition de l'American Family Foundation, page 41, explique comment elle a pu surmonter ce difficile problème: "Pour démanteler cette logique du tout ou rien, chaque fois que je me trouvais confrontée à une question ou un problème, j'essayais de voir différentes réponses. De chercher s'il y avait une autre couleur que le blanc et le noir. Ceci est devenu ma question favorite, cela m'aide beaucoup dans mon combat pour me défaire de longues années dans un monde de noir et blanc. Grâce à cela on peut comprendre que la vie est remplie de nuances. Pour renforcer ce point je suis allée moi-même, un jour, dans un magasin de décoration et j'ai regardé le nombre de nuances de couleur allant du blanc au gris et au noir. Il y avait des dizaines de nuances de couleurs. Ce jour-là j'ai réalisé que la vie est plus riche que le noir et le blanc...

Je me suis posé de simples questions «Dois je prendre un toast ou deux ?»: Pourquoi pas un demi» ?, «Devrais-je aller au concert ou rester à la maison ?»: Pourquoi ne pas aller au concert et quitter plus tôt si vous le voulez ?» Devrais-je être heureux ou triste ?» Pourquoi pas quelque chose entre les deux ?

Entre les deux peut paraître étrange après tant d'années dans un monde de noir ou blanc. Mais j'ai fini par prendre confiance en moi, même si je n'avais pas toutes les réponses et sans connaître quelqu'un qui les a. J'ai compris qu'il n'y avait aucun problème à cela....

La vie est pleine d'ambiguïtés. La vie est pleine de couleurs et chaque couleur a un vaste éventail de nuances. Pour s'habituer à l'ambiguïté il faut du temps. Quand vous commencez à vous sentir à l'aise dans le gris, un monde bien plus coloré s'ouvre à vous, plus coloré et plus complexe...».

Monopole de la secte sur la vérité

Mon ami américain Steve Hassan, ancien adepte de la secte Moon, et qui est maintenant l'un des meilleurs spécia- listes sur les problèmes des groupes sectaires totalitaires explique très bien cette manière de penser des sectes où la réalité est toujours noire ou blanche dans son livre «Protégez-vous contre les sectes», édition du Rocher, page 138 «Même les doctrines les plus complexes réduisent finalement la réalité à deux pôles: le noir opposé au blanc, le bien opposé au mal, le monde spirituel opposé au monde physique, «nous» à «eux». Il n'y a jamais de place pour le pluralisme. La doctrine ne reconnaît aucun autre groupe comme valable (bon, divin, réel) parce que cela menacerait le monopole de la secte sur la vérité. Il n'y a pas de place non plus pour l'interprétation ou la déviation.

Si la doctrine ne fournit pas une réponse directe, le membre doit demander au chef. Si le chef n'a pas de réponse, il peut toujours s'en sortir en qualifiant la question de sans importance ou d'incongrue. L'ennemi peut varier d'un groupe à l'autre. Cela peut-être une institution politique et économique (le communisme, le socialisme, le capita- lisme), les psychiatres ou des entités métaphysiques comme Satan, les esprits, des créatures extraterrestres ou simplement les dures lois de la nature. Les diables en tous genres habitent les corps des parents, des amis, des ex-membres, des journalistes et de tous ceux qui s'opposent au groupe. Les «grandes conspirations» ourdies contre le groupe sont, bien entendu, la preuve de son importance.

Certains groupes cultivent une paranoïa qui consiste à faire croire à leurs membres que des esprits les observent en permanence, prenant possession d'eux dès qu'ils pensent ou sentent d'une façon non autorisée. Un chef mooniste a emmené des autobus entiers de membres voir le film l'Exorciste, qui montrait d'horribles scènes de possession démoniaque. Il leur a dit ensuite que le même sort les attendait s'ils quittaient le groupe. Le film a servi d'instrument merveilleux pour créer une phobie.»

Comme l'explique Steve Hassan: «Même les doctrines les plus complexes réduisent finalement la réalité à deux pôles: le noir opposé au blanc, le bien au mal, le monde spirituel au monde physique, nous à eux».

Dieu n'a pas créé que le blanc et le noir, mais un nombre considérable de couleurs

Dans le christianisme aussi nous trouvons dans certaines églises, dénominations et aussi communautés cette manière de penser ou la réalité et noire ou blanche. Où rien d'autre n'est accepté, excepté une certaine interprétation biblique. A partir de cette interprétation chaque chose est jugée «blanc ou noir». Le plus grand problème dans cela est que les chrétiens qui pensent comme cela ne peuvent jamais voir la réalité des choses. Ils ne la voient qu'à parti de leurs lunettes bibliques. De ce fait il en résulte beaucoup de discriminations.

La Bible nous dit que Dieu a créé le monde. Le petit Larousse illustré 1993 explique, que le monde est l'ensemble de tout ce qui existe; l'univers. Chaque chose qui existe a été créée par Dieu. Les couleurs aussi. Dans la Genèse ch. 1 v. 31 il est écrit: Dieu vit tout ce qu'il avait fait, cela était très bon...

Tout était très bon, donc toutes les couleurs avec leurs différentes nuances aussi. Voici un point très important que beaucoup qui se disent chrétiens devraient profondément méditer. Dieu n'a pas créé que le blanc et le noir, mais un nombre considérable de couleurs avec leurs nuances. Pour permettre à chaque être humain de choisir sa couleur et de pouvoir dire en toute liberté : j'aime le rouge, le jaune, le vert, le blanc, le noir, etc. Lorsque que Dieu a fait son alliance avec Noé, tous les êtres vivants et les générations à venir, le signe de l'alliance qu'il a choisi n'est pas un arc-en-ciel seulement blanc et noir. Mais un arc en ciel composé des sept couleurs, avec toute l'infinité de leurs nuances. Ceci représente l'amour, la tolérance, la pluralité, et l'anti-discrimination de Dieu et Jésus Christ.

Que certains chrétiens ne veuillent voir la Bible qu'en noir et blanc cela ne me dérange pas, ils sont libres. Mais qu'ils blessent profondément d'autres personnes parce que celles-ci préfèrent une couleur différente de la leur est une chose inacceptable. Avant d'accuser que cette personne n'est pas chrétienne, n'a pas la foi, ou que sur tel forum il n'y pas Jésus-Christ, elles feraient bien de réfléchir si elle ne portent pas les dangereuses lunettes de la pensée dualiste des groupes sectaires totalitaires.

La paranoïa des groupes sectaires

Les groupes sectaires totalitaires sont dirigées par des gourous qui pour la plupart du temps dans leurs manières de faire et de parler à leurs adeptes ont des comportements bizarres et dangereux. Un gourou de groupe sectaire totalitaire a toujours des tendances paranoïaques. Malheureusement il n'y a pas que les gourous de ces groupes qui sont paranoïaques. Dans toutes les religions nous rencontrons des personnes qui bien qu'elles ne soient pas des gourous ont le même comportement paranoïaque. Ces personnes se rencontrent aussi dans toute la chrétienté.

Dans son livre "la mécanique des sectes, document Payot" Jean-Marie Abgrall psychiatre, criminologue au sujet de la paranoïa d'un gourou explique: «Il n'y a pas de gourou sans paranoïa». C'est cette psychose qui lui donne le sentiment d'être différent du reste de l'humanité. C'est elle aussi qui va lui donner la conviction qu'il a un rôle de leader et de guide à jouer.

La pathologie du leader d'un groupe sectaire

Il s'agit là d'une pathologie de la personne caractérisée par quatre critères que la psychiatrie connaît depuis longtemps: l'hypertrophie du moi, la fausseté du jugement, la méfiance et la psychorigidité...

1: L'hypertrophie du moi

Il s'agit du classique moi je. La totalité du monde doit se trouver a l'affût des désirs du gourou, qui deviennent l'expression de la volonté divine, et de sa pensée, qui devient le reflet de la vérité absolue. Construction égocen- trique qui voue aux gémonies tout ce qui n'est pas a lui: 'Hors de moi point de salut' (ou hors de ma manière de voir les choses). En toute modestie, Moon se présente à ses disciples comme «le plus grand homme de l'univers, un géant, le prince de Dieu envoyé à la plénitude des temps».

C'est ce caractère para-divin qui lui donne l'impression d'être éternel et lui permet de s'imposer à ses disciples, car il défie la mort et nie le caractère limité de son influence spatiale et temporelle. C'est ce sentiment d'éternité qui autorise la création de rituels sacrificiels morbides et qui explique en partie la dévotion des disciples. Une dévotion qui peut les entraîner dans la mort...

2: La fausseté du jugement

Pour faire sourire, les discours des gourous n'en sont pas moins porteurs d'illogismes et d'absurdités aux consé- quences dramatiques tels que le meurtre ou le suicide. Le faux jugement s'alimente de superstitions, de para- logisme, d'incompréhension du réel et d'interprétations abusives. Il tend à remplacer les éléments de cohérence de la société par l'incohérence du discours sectaire. C'est lui qui représente le fondement de la secte.

Faire la preuve de l'incohérence du jugement d'un gourou entraîne la remise en question de la secte, car c'est s'attaquer à l'épine dorsale du système, à la crédibilité du leader, à la valeur même des idées qui cimentent le groupe.

Ces aberrations de jugement se retrouvent dans tous les secteurs de la pensée, et c'est autour d'elles que se construisent les raisonnements paralogiques de la secte; ce sont elles qui secrètent des vues contraires à la logique la plus élémentaire...

3: La méfiance

La mise en accusation par l'extérieur suscite chez le gourou un sentiment de défiance à l'égard de tous, sentiment qui va être renforcé par le fait que ces disciples sont convaincus qu'il est persécute à cause de son savoir et de son pouvoir. Il existe un auto-entretien de la méfiance, véritable phénomène de feed-back entre disciples et gourou. La soumission des premiers persuade le second qu'il est dans le droit et le juste chemin ; en retour, il les entretient dans la conviction délirante que le monde extérieur les persécute.

Cette méfiance peut s'exercer à l'égard d'une communauté donnée ou l'ensemble de la population ou, mieux encore, envers les alentours cosmiques dans lesquels serait immergée la secte... Cette dynamique de méfiance généralisée est à la base d'un système manichéen sur lequel va reposer la psycho-dynamique du groupe et son leader, et qui va culminer dans des délires paranoïaques...

4: La psychorigidité

Quels que soient les arguments développés à l'encontre de sa pensée, le gourou est pénétré de la conviction que seul son raisonnement est fiable, et que lui seul détient la vérité. Rien ni personne ne le fera changer d'avis. Pour lui, le discours tenu par la société et visant à le contrarier n'est que l'expression de la bêtise humaine. Non seulement les arguments qui lui sont contraires ne le font pas ciller, mais au contraire ils alimentent ses thêmes et le poussent à des raisonnements paralogiques; l'opposition rencontrée n'est que le signe de l'incompréhension du monde, incapable à ses yeux, d'analyse sereine …» ( Fin de la citation)

Des chrétiens sectaires qui pensent détenir la vérité

J'ai rencontré des chrétiens qui ont des tendances paranoïaques comme Monsieur Jean-Marie Abgrall l'explique. En général ces chrétiens croient qu'ils ont reçu de Dieu un ou des dons spéciaux. Grâce a ces dons ils pensent détenir la vérité et que seuls leurs raisonnements sont fiables. Il n'y a que leur interprétation de la Bible qui est juste.

Dans leur délire paranoïaque ils utilisent les paroles de la Bible toujours en dehors de leurs contextes pour juger, condamner, excommunier, faire de la discrimination, des abus spirituels.

S'ils rencontrent une opposition de certaines personnes , ils deviennent menaçants. Ils harcèlent ces personnes, par lettres, téléphone, e-mail, etc. Ils peuvent aussi demander à des amis (amies) qui partagent leurs idées de les aider pour faire le harcèlement. Bien entendu il font cela au nom de Dieu et du Christ et pour se justifier ils utili- sent les paroles de la Bible. Certains de ces chrétiens peuvent parfois utiliser la violence.

Comme le dit Monsieur Jean-Marie Abgrall: "Non seulement les arguments qui leur sont contraires ne les font pas ciller, mais au contraire ils alimentent leurs thèmes et les poussent à des raisonnements paralogiques; l'opposition rencontrée n'est que le signe de l'incompréhension du monde, incapable, à leurs yeux, d'analyse sereine..."

Pascal Zivi


Pour les ex-adeptes, il n’est pas toujours facile de retrouver une vie «normale»

 L'après secte - Comment aider les victimes de sectes - index

LE CHRISTIANISM

"Je voudrais dire que le christianisme lui-même, et aussi l'organisation catholique, ne prendront toute leur valeur que quand ils seront tout à fait morts. Comte est remarquable parmi les penseurs modernes, principalement parce qu'il a jugé sans passion et humainement du progrès catholique."

(Emile Chartier, dit Alain / 1868-1951 / Propos sur la religion, De la culture, 22 décembre 1921)


"Quand les ténèbres chrétiennes se furent abattues sur le monde occidental l'homme n'osa presque plus rien penser."

(Louis Aragon / 1897-1982 / La Diane Française)


"Dans le christianisme aussi, il y a eu de grands hommes, de saints hommes qui ont fait réellement, ou qui au moins se sont passionnément efforcés de faire, tout ce qu'ils disaient, et dont les coeurs, débordant d'amour, étaient pleins de mépris pour les jouissances et pour les biens de ce monde. Mais l'immense majorité des prêtres catholiques et protestants qui, par métier, ont prêché et prêchent la doctrine de la chasteté, de l'abstinence et de la renonciation, ont démenti généralement leur doctrine par leur exemple. Ce n'est pas en vain, c'est à la suite d'une expérience de plusieurs siècles que chez les peuples de tous les pays se sont formés ces dictons: "Libertin comme un prêtre ; gourmand comme un prêtre ; ambitieux comme un prêtre ; avide, intéressé et cupide comme un prêtre". Il est donc constaté que les professeurs des vertus chrétiennes, consacrés par l'Église, les prêtres, dans leur immense majorité, ont fait tout le contraire de ce qu'ils ont prêché."

(Mikhaïl Bakounine / 1814-1876 / Dieu et l'Etat / 1882)


"Le christianisme est précisément la religion par excellence parce qu'il expose et manifeste, dans sa plénitude, la nature, la propre essence de tout système religieux, qui est l'appauvrissement, l'asservissement et l'anéantissement de l'humanité au profit de la Divinité."

(Mikhaïl Bakounine / 1814-1876 / Dieu et l'Etat / 1882)


"Jésus-Christ a apporté une clef essentielle pour comprendre le mécanisme du bouc émissaire et celui de nos comportements victimaires. Les Eglises chrétiennes n'ont aucunement compris ce message et ne font que surprotéger et abrutir leurs paroissiens en leur promettant un paradis inexistant et des miracles."

(Jean-Luc Barbier / 1951 / fondateur du Centre Info-sectes, co-fondateur de l'AMR-Genève)


"[L'Eglise catholique] n'agit jamais que dans son propre intérêt, se tait lorsqu'il faudrait parler, ai-je dit, quand cela devient trop dangereux pour elle, elle se retranche derrière Jésus-Christ, exploité depuis des millénaires."

(Thomas Bernhard / 1931-1989)


"Chrétien n. Personne qui croit que le Nouveau Testament est un livre d'inspiration divine admirablement adapté aux besoins spirituels de son voisin. Personne qui suit les enseignements du Christ tant qu'ils ne sont pas incompatibles avec une vie de péché."

(Ambrose Gwinett Bierce / 1842-1914 / Le Dictionnaire du Diable / 1906)


"Les gens en avance sur leur époque ne sont pas heureux. Personne ne les comprend, on se moque d'eux, on leur fait des misères. Prenez, par exemple, Jésus-Christ. Il était chrétien deux cents ans avant tout le monde. Résultat: ils l'ont crucifié. Et, en un sens, on ne peut pas leur donner tort."

(François Cavanna / né en 1923 / Dieu, Mozart, Le Pen et les autres ...)


"Celui auquel vous avez donné le nom de Jésus, n'était simplement que le chef d'une bande de brigands dont les miracles que vous lui attribués n'étaient que les manifestions effectuées selon la magie et les tromperies ésotériques. La vérité est que tous ces prétendus faits ne sont que des mythes que vous-mêmes avez fabriqués sans néanmoins réussir à donner à vos mensonges une teinte de crédibilité. Tous savent bien que ce que vous avez écrit est le résultat de remaniements fait à la suite des critiques qui vous étaient portées."

(Celtus, dit Celse / IIe siècle ap. JC / Discours véritable)
Voir la fiche biographique de Celse (IIe siècle ap. JC) et des citations extraites du "Discours véritable", seule attaque systématique du christianisme par les romains.
"Le monothéisme judéo-chrétien est le stalinisme de l'Antiquité."
(Emile Michel Cioran / 1911-1995 / Carnets 1957-1972)
 

"Le mépris des sciences humaines était un des premiers caractères du christianisme. Il avait à se venger des outrages de la philosophie; il craignait cet esprit d'examen et de doute, cette confiance en sa propre raison, fléau de toutes les croyances religieuses. La lumière des sciences naturelles lui était même odieuse et suspecte ; car elles sont très dangereuses pour le succès des miracles ; et il n'y a point de religion qui ne force ses sectateurs à dévorer quelques absurdités physiques. Ainsi le triomphe du christianisme fut le signal de l'entière décadence et des sciences et de la philosophie."

(Condorcet / 1743-1794 / Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain / 1795)


"Pour se garantir du feu passager [le fouet], il suffit [...] de donner assez d'argent aux prêtres, mais, pour le feu éternel, il n'y a pas d'autres remèdes que de raconter ce qu'on a fait aux genoux d'un prêtre [..] L'humiliation et l'opprobre sont l'état naturel du chrétien."

(Condorcet / 1743-1794 / texte non publié où il dénonce les écoles des Jésuites, cité dans "La Raison" de mars 2004)


"En fait, je ne parviens guère à voir comment quelqu'un pourrait souhaiter que le christianisme fût vrai; car s'il en est ainsi, le langage pur et simple du texte semble indiquer que les hommes qui ne croient pas, et cela inclurait mon père, seront éternellement punis. Et c'est là une doctrine condamnable."

(Charles Darwin / 1809-1882 / Autographie / 1876, publiée en 1888 / Cette phrase fut retirée de sa biographie par sa veuve pour ne pas nuire à la religion)


"Le christianisme, lèpre de l'Occident, corrompt de son souffle fétide, de ses doigts pourris, tout ce qu'il touche. La maladie, toute maladie, est sienne. C'est là, sa condition de possibilité, sa catégorie, sa jouissance. Son sexe, en somme. Le christianisme ... Cette désolée gâteuse, cette vieille toute de deuil infini, cette navrante sorcière, qui ne mouille plus de lécher, et à quatre pattes, les ulcères de Job. Et ces ulcères justement lui sont sacrés. Ils ne doivent pas... Ils ne peuvent pas guérir. On a besoin d'eux... Ils sont la démonstration ultime de la vérité christique. La preuve par pus ! Pauvre Job, idiot de la famille. Mais idiot utile ..."

(Patrick Declerck / Le sang nouveau est arrivé / 2005)


"L'Eglise ne reconnaît qu'une sorte de laïcs: les siens."

(Carl Dubuc / Les doléances du notaire Poupart)


"Parce que Dieu souffre et de la manière dont il souffre, l'homme doit aussi à son tour souffrir. La religion chrétienne est la religion de la souffrance."

(Ludwig Feuerbach / 1804-1872 / L'Essence du christianisme)


"Le comte objecta que le christianisme, pas moins, avait développé la civilisation.

"Et la paresse, en faisant de la pauvreté une vertu.

- Cependant, monsieur, la morale de l'Evangile ?

- Eh ! eh ! pas si morale ! Les ouvriers de la dernière heure sont autant payés que ceux de la première. On donne à celui qui possède, et on retire à celui qui n'a pas. Quant au précepte de recevoir des soufflets sans les rendre et de se laisser voler, il encourage les audacieux, les lâches et les coquins."

(Gustave Flaubert / 1821-1880 / Bouvard et Pécuchet)


"Le christianisme a beaucoup fait pour l'amour en en faisant un péché."

(Anatole France / 1844-1924 / Le jardin d'Epicure, 1894)


"Le christianisme, avant tout, console ; mais il y a des âmes naturellement heureuses et qui n'ont pas besoin d'être consolées. Alors, celles-ci, le christianisme commence par les rendre malheureuses, n'ayant sinon pas d'action sur elles."

(André Gide / 1869-1951 / Journal 1889-1939)


"Le christianisme n'a pas inventé la pudeur ; il en a inventé l'hypocrisie."

(Rémy de Gourmont / 1858-1915 / Epilogues, août 1902)


"Combien de fois une trop sotte confiance en des moines ignorants n'a-t-elle pas fait nier à des chrétiens la possibilité des antipodes?"

(Claude Adrien Helvétius / 1715-1771 / De l'esprit)


"Les chrétiens, qui donnaient avec justice le nom de barbarie et de crime aux cruautés qu'exerçaient sur eux les païens, ne donnèrent-ils pas le nom de zèle aux cruautés qu'ils exercèrent à leur tour sur ces mêmes païens ? Qu'on examine les hommes, on verra qu'il n'est point de crime qui ne soit mis au rang des actions honnêtes par les sociétés auxquelles ce crime est utile, ni d' action utile au public qui ne soit blâmée de quelque société particulière à qui cette même action est nuisible."

(Claude Adrien Helvétius / 1715-1771 / De l'esprit)


"La religion chrétienne fut dès le départ assistée par des miracles, et jusqu'à ce jour elle ne peut être crue par une personne raisonnable sans un miracle."

(David Hume / 1711-1776)


"Nous combattons l'Eglise et le christianisme parce qu'ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d'asservissement humain."

(Jean Jaurès / 1859-1914 / 3 mars 1904)


"Le chrétien, coeur implacable, a poussé la haine de l'amour jusqu'à l'amour de la Haine : L'Enfer, cette inclémence, est la première institution chrétienne."

(Marcel Jouhandeau / 1888-1979 / Algèbre des valeurs morales, 1935)


"L'église accepte le progrès partout où elle ne peut plus l'empêcher."

(Helge Krog / 1889-1962 / Aphorismes)


"En Occident, le christianisme est devenu invisible. Toutes ses valeurs ont été intégrées dans l'humanisme laïc."

(Frédéric Lenoir / cité dans la revue "Psychologies", avril 2005)


"Jésus annonçait le royaume et c'est l'Eglise qui est venue."

(Alfred Loisy / 1857-1940)


"Le christianisme a beaucoup tisonné la mort pour y chercher la présence de Dieu."

(André Malraux / 1901-1976 / Lazare)


"Toutes les religions prêtent la main au despotisme; je n'en connais aucune toutefois qui le favorise autant que la chrétienne."

(Jean-Paul Marat / 1743-1793 / Les chaînes de l'esclavage, 1792)


"Si Jésus revenait sur terre, les chrétiens les plus fanatiques se chargeraient de le crucifier comme hérétique."

(Henri Mertz, poète alsacien / Au siècle des hommes sans tête)


"Le christianisme ne s'est répandu qu'en promettant le despotisme, dont il est, comme toute religion, le plus ferme soutien."

(Jean Meslier, parfois attribué au baron d'Holbach / Le bon sens)


"Toutes les religions du monde ont autorisé des forfaits innombrables. Les juifs, enivrés des promesses de leur Dieu, se sont arrogés le droit d'exterminer des nations entières. Fondés sur les oracles de leurs dieux, les Romains, en vrais brigands, ont conquis et ravagé le monde. Les Arabes, encouragés par leur divin prophète, ont porté le fer et la flamme chez les chrétiens et les idolâtres. Les chrétiens, sous prétextes d'étendre leur sainte religion, ont cent fois couvert de sang l'un et l'autre hémisphère."

(Jean Meslier, parfois attribué au baron d'Holbach / Le bon sens)


"La (prétendue) moralité chrétienne a tous les caractères d'une réaction ; elle est, en grande partie, une protestation contre le paganisme. Son idéal est négatif plutôt que positif ; passif plutôt qu'action ; naïveté plutôt que grandeur; abstinence de Mal, plutôt que recherche énergique du Bien : dans ses préceptes (comme cela a été bien dit) le "Tu ne dois pas" l'emporte à l'excès sur le "Tu dois"."

(John Stuart Mill / 1806-1873 / De la liberté / 1859)


"Le nec plus ultra de la perversité est concrétisé dans ce qui est généralement présenté à l'humanité comme le credo du christianisme."

(John Stuart Mill / 1806-1873 / Autobiographie / 1873)


"C'est aux chrétiens une occasion de croire, que de rencontrer une chose incroyable."

(Michel de Montaigne / 1533-1592 / Essais)


"Chaque fois que l'on croit saisir l'origine du christianisme, on se retrouve devant un jeu de miroirs où chaque image démultipliée interdit d'en choisir une seule."

(Gérard Mordillat et Jérôme Prieur / Jésus après Jésus / 2004)


"Qu'on parcoure une à une les thèses morales exposées dans les chartes du christianisme, et l'on trouvera partout que les exigences sont tendues outre mesure, afin que l'homme n'y puisse pas suffire : l'intention n'est pas qu'il devienne plus moral, mais qu'il se sente le plus possible pécheur."

(Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Humain, trop humain)


"Le Bouddha dit : "Ne flatte pas ton bienfaiteur !" Que l'on répète ces paroles dans une église chrétienne; - immédiatement elles nettoient l'air de tout ce qui est chrétien."

(Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Le Gai Savoir)


"Le christianisme a fait boire du poison à Éros : il n'en est pas mort, mais il est devenu vicieux."

(Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Par-delà le bien et le mal / 1886)


"Pour toutes les occasions où le chrétien attend l'intervention d'un Dieu, mais l'attend vainement - parce qu'il n'y a point de Dieu -, sa religion est assez attentive à trouver des subterfuges et des raisons de tranquillité: en cela c'est certainement une religion pleine d'esprit. À vrai dire, la foi n'a pas encore réussi à déplacer de vraies montagnes, quoique cela ait été affirmé par je ne sais plus qui; mais elle sait placer des montagnes où il n'y en a point."

(Friedrich Nietzsche / 1844-1900 / Opinions et sentences mêlées)


"Trop de siècles chrétiens ont enseigné qu'elles [les femmes] n'étaient rien, moins que rien, la lie de l'humanité, sans âme, indigne de considération, pécheresses, tentatrices et autres sornettes."

(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)


"... les chrétiens paraissent plus doués pour le ressentiment et la haine que pour l'amour du prochain."

(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)


"[...] l'amplification et la promotion de cette fable [Jésus] par Paul de Tarse qui se croit mandaté par Dieu quand il se contente de gérer sa propre névrose; sa haine de soi transformée en haine du monde; son impuissance, son ressentiment, la revanche d'un avorton - selon son propre terme... - transformés en moteur d'une individualité qui se répand dans tout le bassin méditerranéen; la jouissance masochiste d'un homme étendue à la dimension d'une secte parmi des milliers à l'époque [...]"

(Michel Onfray / né en 1959 / Traité d'athéologie / 2005)


"Depuis Paul de Tarse qui justifie le glaive et l'épée pour imposer la secte confidentielle comme une religion contaminant l'Empire, certes, mais aussi toute la planète, jusqu'à la justification de la dissuasion nucléaire par le Vatican du XXe siècle, la ligne persiste. Tu ne tueras point... sauf de temps en temps - quand l'Eglise te le dira."

(Michel Onfray / né en 1959 / Traité d'athéologie / 2005)


"Christianisme: hérésie de la religion juive."

(Jules Renard / 1864-1910 / Journal - 5 décembre 1903)


"Si l'église a peur de la logique (avec raison), elle n'a, par contre, pas peur du ridicule."

(Enrico Riboni / Site internet: http://www.christianisme.ch/atheisme.htm)


"J'affirme, en pesant mes termes, que la religion chrétienne, telle qu'elle est établie dans ses églises, fut et demeure le principal ennemi du progrès moral dans le monde."

(Bertrand Russell / 1872-1970 / Pourquoi je ne suis pas chrétien)


"Le système de l'amour du prochain est une chimère que nous devons au christianisme et non pas à la nature."

(Marquis de Sade / 1740-1814 / Justine / 1788)


"Une religion qui a pour fondement un seul événement et qui prétend faire de cet événement qui s'est passé ici ou là ou de loin en loin la période critique du monde et de toute existence, une telle religion a un fondement si faible qu'il lui est absolument impossible de subsister dès que les gens commencent à réfléchir un peu."

(Arthur Schopenhauer / 1788-1860 / Parerga)


"Les fruits du christianisme ? Guerres de religion, boucheries, croisades, inquisition, extermination des indigènes d'Amérique et introduction des esclaves africains pour les remplacer."

(Arthur Schopenhauer / 1788-1860)


"L'existence des chrétiens prouve la non-existence de Dieu."

(Louis Scutenaire / 1905-1987 / Mes inscriptions, 1943-1944)


"L'éducation chrétienne repose essentiellement sur l'angoisse et la peur, le manque de confiance en la nature humaine, le mépris du corps, de la sexualité et de la femme en tant qu'être sexué."

(Dr. Pierre Solignac / La névrose chrétienne)


"Les païens ont divinisé la vie et les chrétiens ont divinisé la mort."

(Madame de Staël / 1766-1817 / Corinne ou l'Italie / 1807)


"Si je trouve le dieu des chrétiens, je suis perdu : c'est un despote et comme tel, il est rempli d'idées de vengeance ; Sa Bible ne parle que de punition atroce. Je ne l'ai jamais aimé ; je n'ai même jamais voulu croire qu'on l'aimât sincèrement."

(Stendhal / 1783-1842 / Le Rouge et le Noir / 1830)


"Le chrétien n'est plus témoin d'autre chose que de sa foi subjective, foi qu'il revendique au même titre que son opinion politique de citoyen."

(Alain Tête / Contre Dieu / 1996)

"Le christianisme a capturé l'amour, l'a délibérément dénaturé pour en faire le paradigme de Dieu et de Dieu seul. A un point tel que nous sommes, depuis, incapables de nous représenter au juste ce que signifiait l'amour pour des Grecs ou des Romains."

(Alain Tête / Contre Dieu / 1996)

Voir les citations de Charles Vaudet: Le Procès du Christianisme / 1933.


"La perfection de Bouddha est plus belle que celle du christianisme parce qu'elle est plus désintéressée."

(Alfred de Vigny / 1797-1863 / Journal d'un poète)


"Non, si vous voulez rendre la religion chrétienne aimable, ne parlez jamais de martyrs ; nous en avons fait cent fois plus que les païens."

(François-Marie Arouet, dit Voltaire / 1694-1778 / Dictionnaire philosophique)


"Le chrétien est un mauvais païen, converti par un mauvais juif."

(Simone Weil / 1909-1943)


"C’était tout le catholicisme, c’était même tout le christianisme qui allait être emporté, car l’évangile, en dehors de quelques maximes morales, n’était plus un code social possible."

(Emile Zola / 1840-1902 / Paris, 1898)


"Après tant de siècle de charité chrétienne, pas une plaie ne s’était fermée, la misère n’avait fait que grandir, que s’envenimer jusqu’à la rage."

(Emile Zola / 1840-1902 / Paris, 1898)