Les groupes et églises évangéliques

La vague des nouveaux protestants

DOSSIER PRÉPARÉ PAR PHILIPPE BARRAUD ET SYLVIA FREDA

Un mouvement de choc : Jeunesse en mission

«Jeunesse en mission», en anglais «Youth with a Mission» ou encore «JEM» pour les initiés, est ce qu'on appelle dans les milieux évangéliques un mouvement interdénominationnel. D'origine américaine, JEM n'a rien à voir avec une Eglise. Sa vocation est d'envoyer des missionnaires dans les pays en voie de développement et touche principalement des jeunes. JEM a un centre de formation au Chalet-à-Gobet depuis presque trente ans et un autre à Burtigny.

C'est sur les hauteurs de Lausanne, dans une superbe maison de maître datant du siècle dernier, que Jeunesse en mission a installé ses bureaux romands, d'où le mouvement coordonne la communication et l'information d'une partie de ses activités dans neuf pays d'Europe et en Afrique du Sud. Sans JEM, les Eglises évangéliques romandes ne seraient probablement pas aussi soudées les unes aux autres. Le mouvement JEM, en organisant un peu partout des soirées de louanges interdénominationnelles qui rassemblent entre 300 et 700 personnes, est devenu un vrai liant évangélique.

Dans le cadre des sections «Mercy Ships» (traduisez: les bateaux de la miséricorde) et Entraide et développement, JEM met les destinations lointaines à la portée de tous les jeunes convertis assoiffés d'aventures évangéliques. Ses trois navires baptisés de noms aussi prédestinés qu'exotiques, «Anastasis» (résurrection en grec), «Caribbean Mercy» et «Ruby Pacific» et équipés de salles d'opération et de cliniques mobiles sillonnent les océans. But premier: répandre la bonne nouvelle dans les pays en voie de développement. Toutefois, la diffusion de la bonne nouvelle puise sa légitimité dans le miracle médical. Ainsi les médecins de JEM opèrent d'abord, et évangélisent ensuite.

Avant de partir, un cours de formation est de mise. Il dure cinq mois et coûte 3700 francs. Il peut se suivre au Chalet-à-Gobet, à Burtigny, ou sur un des bateaux. Ensuite, le missionnaire part à ses frais. Ou plutôt se débrouille pour trouver les fonds qui financeront son voyage. Chez les évangéliques, le manque d'argent n'est jamais un obstacle. Une chaîne de solidarité financière finit peu à peu par se former autour du jeune missionnaire. Il en va de même pour toutes les personnes qui se mettent à l'entière disposition d'une Eglise ou d'un mouvement évangélique.

JEM est actif dans 150 pays dans lesquels le mouvement compte au total 300 centres. Il forme entre 60'000 et 100'000 personnes (ce chiffre englobe les personnes ayant suivi des formations d'une semaine ou d'un mois ainsi que celles restées par la suite à JEM) et emploie environ 7'000 personnes à temps plein. Son centre de coordination mondial se trouve à Lindale, au Texas. Le financement de toute l'activité missionnaire tient du miracle. «L'équipement des bateaux nous coûte un million et demi de dollars cash, montant qui provient essentiellement de dons.»

 

 AUTRES TEXTES DU DOSSIER :


 source : L'HEBDO N° 20, 15 mai 1997