Les groupes et églises évangéliques

 La vague des nouveaux protestants

DOSSIER PRÉPARÉ PAR PHILIPPE BARRAUD ET SYLVIA FREDA

Pentecôtistes en tête

Que s'est-il passé chez les protestants pour que l'Eglise engendre tant de rejetons indépendants ? Le phénomène n'est pas récent mais remonte au XVIIIe siècle, où différents mouvements spirituels appelés «Réveils» se sont manifestés dans le terroir protestant anglo-saxon. Ils proposaient de raviver une foi religieuse affadie et routinière. Ils soulignaient dans leurs prédications «revivalistes» l'action divine, ici et maintenant, par l'intermédiaire de l'Esprit saint.

Les nombreuses Eglises indépendantes qui existent en Suisse romande sont d'orientation pentecôtiste. Ce terme fait référence à la descente de l'Esprit saint sur les apôtres à la Pentecôte. L'iconographie traditionnelle représente les apôtres assis autour d'une table, coiffés d'une petite flamme. Une des manifestations évidentes qu'ils furent touchés par l'Esprit saint est qu'ils se mirent à parler en d'autres langues que la leur. Les juifs venus à Jérusalem fêter la Pentecôte comprirent chacun dans sa langue les propos des apôtres.

Dans la mouvance évangélique, le «parler en d'autres langues» - ou glossolalie - correspond au symptôme initial du baptême de l'Esprit. Le «parler en langues» est pratiqué dans presque toutes les assemblées évangéliques pentecôtisantes. On le reconnaît facilement. Les croyants s'appliquent à émettre une sorte de baragouinage collectif censé être inspiré de l'Esprit.

Les nouveaux chrétiens rêvent de ressembler dans leur foi aux apôtres, afin que l'Esprit saint intervienne de façon surnaturelle dans leur existence. Le don de prophétie (le croyant reçoit un message de l'Esprit pendant le culte, ferme les yeux et le communique au reste de l'assemblée), le don de guérison, d'opérer des miracles, de chasser Satan, de parler en langues - les charismes - exercent sur les évangéliques une véritable fascination.

Dans la mouvance évangélique l'Esprit saint souffle fort et exalte les coeurs. Le baptême s'y dédouble. Il n'y en a pas un, mais deux. On aspire au second - l'effusion de l'Esprit - avec ardeur après une conversion fracassante.

 

 AUTRES TEXTES DU DOSSIER :


 source : L'HEBDO N° 20, 15 mai 1997