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Témoignages
réunis par le CICR
Un
conflit aux terribles conséquences
«Nous
avions tout, nous n'avons plus rien» Luis Alfonso: «J'étais
paysan près de Quibdo. En 1997, un groupe armé est venu
me prendre un veau. J'ai refusé de le leur donner. On
m'a alors menacé et traité de collaborateur. J'étais
terrorisé, mais j'ai décidé de rester. Quelques jours
plus tard, mes trois fils ont été assassinés. Puis,
on a brûlé ma maison et volé tout mon matériel agricole.
Les combats ont commencé et j'ai dû tout abandonner
et fuir. Depuis, je n'ai pas pu retourner chez moi et
je vis en ville dans des conditions de misère, sans
espoir...»
Aurora;
«Je vivais avec mon mari pêcheur dans un hameau. Moi,
j'étais institutrice. Des hommes armés ont commencé
à rôder autour du village. Un jour, ils ont réuni tous
les professeurs de la région et nous ont accusé d'aider
le camp ennemi. Ils ont voulu emmener mon mari. Devant
le danger, nous avons été obligés de partir. Depuis
que nous avons échoué en ville, mon mari n'a pas retrouvé
de travail et il est dur de manger à notre faim.»
Maria:
«Mon mari était agriculteur. Comme leader communautaire,
il faisait beaucoup pour aider le village à aller de
l'avant. Un matin, j'ai retrouvé son cadavre criblé
de balles devant la porte. Des hommes armés sont venus
et m'ont dit qu'ils avaient tué mon époux, car ils le
soupçonnaient de collaboration. Pour protéger mes enfants,
j'ai décidé de tout quitter. Je ne survis que grâce
à l'aide de ma famille.»
José:
«J'avais une ferme de 50 hectares. J'y cultivais du
café et des bananes. Tout allait bien jusqu'au moment
ou des hommes armés sont venus proposer à mes enfants
de rejoindre leurs rangs. Agés de 17 et 18 ans, ma fille
et mon garçon ont refusé. Les pressions et les menaces
ont commencé. Pour protéger l'intégrité et le futur
de nos enfants, nous avons pris la décision de partir.
Alors que nous avions tout, nous n'avons plus rien ...
Nous vivons de la charité et de l'aide de la Croix-Rouge.
J'ai eu l'occasion de retourner à ma ferme. Tout a été
détruit, y compris mes titres de propriété. C'est terrible,
jamais je ne pourrai récupérer mes terres ...»
(sj)
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