La manipulation mentale

Texte de Roland Huckel , professeur de philosophie à Strasbourg

[Texte intégral - titres ajoutés par info-sectes]

La manipulation mentale

Un piège inconnu: la surprotection

Pensons un moment au plaisir intense que nous éprouvons quand nous parcourons une forêt à cheval, quand nous promenons chaque jour notre chien, quand nous caressons notre chat... Nous dominons et nous sommes obéis: ça marche ! Cela marche avec les animaux domestiques et cela nous console de ne pas arriver à nous faire obéir aussi facilement par notre épouse, par nos enfants ou par nos employés !
 
Eh bien, nous nous comportons ainsi exactement en «surprotecteurs» : nous protégeons nos amis, les bêtes, de telle façon qu'elles n'ont pas d'autre solution que de nous obéir. Nous sommes sûrs de les rendre «heureuses» bien sûr, mais affirmer cela est facile faœ à des êtres qui ne parlent pas, ne communiquent pas, qui ne peuvent pas se défendre contre nos abus fréquents (je frémis à l'idée que des milliers de chevaux ont travaillé au fond des mines sans jamais voir la lumière du jour !).
 
Cette attitude de protection, absolue et fière, nous l'avons hélas aussi très souvent envers nos enfants, nos employés, etc. C'est le comble de la manipulation !
 
C'est la conséquence des mécanismes de promotion du «faire» en «être»: le titre honorifique qui entretient le prestige d'une personnalité risque d'en faire une idole. D'ailleurs notre chien nous prend pour une idole (même si ce mot ne s'applique pas vraiment ici). La fonction (aimer et rendre heureux un animal) nous donne un sentiment de supériorité qui nous flatte et nous fait comparer la pauvre nature des bêtes à la nôtre, une nature de «maître».
 
L'animal n'a pas d'âme pense le maître convaincu de la grandeur de la sienne ! Voilà ce qui caractérise la surprotection: se croire supérieur en «être» et donc se donner comme mission d'aider des êtres inférieurs. Ainsi notre «faire», dominer des inférieurs, nous donne-t-il chaque jour la preuve de l'altitude de notre «êtres». !
 
A force d'admirer une personne bruyamment, nous flattons son orgueil, nous lui faisons croire que, étant parfaite, elle peut se permettre d'influenœr son entourage, encourageant tel timide ou décourageant tel prétentieux ! Nous risquons de fabriquer ainsi un futur chef qui peut nous éliminer un jour si c'est son bon plaisir. Nous le poussons à nous croire inférieurs à lui; nous finissons par croire nous-mêmes à notre infériorité. Et le voilà qui vole à notre aide et qui nous protège. Pour notre bien dit-il.
 
Si nous acceptons sa tutelle sans réagir, nous le poussons à nous prendre en charge entièrement, à nous dicter comment nous lever le matin,. comment nous laver, comment manger et quoi manger, quoi ne pas manger, comment travailler, comment jouer, comment nous reproduire, comment prier, comment parler, etc. Et nous voilà à ses ordres, à chanter ses louanges en chœur, à lui donner des titres de plus en plus ronflants...
 
Voilà comment nous fabriquons nous-mêmes une idole qui va se muer en tyran, un surprotecteur qui ne tarde pas à nous exploiter, matériellement et spirituelJement...
 
Admirer et applaudir le cliché d'une personne de la hiérarchie est le début du suicide de nos personnalités.
 
Quand nous aurons compris ce mécanisme pervers, nous aurons moins de surprotecteurs en train de nous canaliser vers leurs intérêts, à nous faire croire en leur mission sacrée, à nous utiliser comme des escabeaux jetables de leur ascension sociale !
 
Nous avons tous besoin d'un modèle de comportement, comme celui de général de Gaulle qui nous a montré la voie de la résistance aux nazis.
 
Nous avons sans le vouIoir besoin d'um protecteur puissant, surtout en temps de crise: ce rôle le Maréchal Pétain ne l'a pas assumé au niveau politique en permettant à Hitler, avec de trop frileuses protestations, d'annexer l'Alsace et la Moselle et de nous incorporer de force dans la Wehrmacht par racket sur nos parents.
 
Mais nous n'avons jamais besoin d'un surprotecteur, de type Hitler et Staline ... Nous n'en avons pas dans la République et la démocratie...
 
Nous n'en avons pas besoin mais nous avons subi le règne des surprotecteurs pendant la guerre jusqu'à être sacrifiés à leurs intérêts.
 
Est un surprotecteur, celui qui ne nous permet pas de refuser sa protection.
 
Exemple: la mafia promet de surveiller les commerces et vient encaisser la redevance chaque mois. Gare aux commer- çants qui refusent de lui payer leur taxe chaque mois : si nécessaire elle l'élimine et fait sauter son commerce ! Les comités révolutionnaires, qui se préparent à renverser le régime de leur paysd, se conduisent comme des mafias: ils sont capables d'éliminer pour l''exemple les ressortissants du pays à libérer, qui ne paient pas leurs contribution.
 
Une fois à ce stade des rapports de forœ avec les autorités surprotectrices - ce qui s'est passé dès 1940 pour nous, alsaciens et mosellans - nous sommes dans un dilemme: ou risquer la prison, le camp de rééducation politique de Schirmeck ou du Struthof... ou nous soumettre au nouvel ordre et nous laisser «protéger» par les nazis au pouvoir !
 
Nous avons trouvé un moyen terme, les «Malgré Nous»: simuler la soumission aux autorités nazies en attendant de pouvoir nous libérer en nous rendant du côté des alliés, en continuant la lutte contre le nazisme dans les armées russes, anglaises ou américaines...
 
Que signifie ce piège de la surprotection dans la vie quotidienne ?
(ndr: titre du document original)
 
On trouve des tyrans dans tous les domaines: on connaît je patron intolérant et cassant, mais aussi le mari dictateur, le parent intraitable avec les enfants, le professeur super dirigiste, le caïd, autoritaire et sans pitié, tueur s 'il le faut...
 
Tout d'abord apprenons à reconnaître un surprotecteur à temps, avant qu'il ne nous tienne dans les pièges de ses pinces. Quels sont tes mécanismes discrets qui annoncent la tentation d'un surprotecteur de nous instrumentaliser ?
 
En observant pendant dix ans - de 1981 à 1997 - le fonctionnement des sectes, en tant que secrétaire de l'Association de Défense des Victimes de Sectes en Alsaœ, j'ai vu fonctionner sur le vif le mécanisme de surprotection qu'active tout gourou auprès de ses disciples, au risque de les mener à leur auto-destruction violente...
 
Le surprotecteur se reconnaît d'abord au fait qu'il nous fait rêver en une vie, meilleure grâce à lui... C'est toujours un utopiste qui nous conduit tout droit dans le mur parce qu'il nous pousse à réaliser un objectif trop haut sans en orga- niser d'abord les conditions matérielles.
 
En attaquant la Russie malgré les réticences de plusieurs de ses généraux, Hitler, pour qui «Dieu est avec nous» ou «Gott mit uns» selon nos ceinturons, a suivi ses rêves de grandeur et la foi dans son destin, quitte à précipiter des millions de civils et de soldats dans la catastrophe... J'ai failli y laisser ma vie : trente mille malgré-nous ont disparu dans œtte folle aventure !
 
Les faux messies, il y en a eu cent cinquante dans le passé (selon Christophe Bourseiller) des faux Christs, de Simon le Mage par Mani à Julien qui s'était déclaré roi et messie, puis aux faux prophètes en grand nombre... Mais une dizaine de ces gourous divins sont bien vivants actuellement !
 
Le plus récent s'appelle André Biry, né à Mulhouse en 1967. Son geste de surprotection ? Son discours aux disciples: «Vous avez des soucis parce que vous avez trop d'économie. Je vous rends heureux si vous m'apportez votre argent». Il a encaissé quelques millions de francs. Le jour où ses fidèles, qui avaient vendu leurs maisons ont redemandé leur placement, il a été incapable de le leur rendre. D'où un procès au cours duquel le gourou a pris la fuite... Malgré les recherches d'Interpol, il reste introuvable en 2004. J'ai acheté son livre à la Fnac en 1991: «La psychanalyse objectialiste ou la Vie de Dieu». Il y explique - page 322 ­ pourquoi il est parfait, pourquoi il est Dieu tout simplement !
 
- Le surprotecteur se reconnnaît ensuite au fait qu'il veut faire danser le monde entier selon sa musique... Les groupes qui proposent le salut de l'humanité par une formule très simple (obéir au gourou sans réfléchir) et des promesses de guérisons miraculeuses,ont un succès international et essaiment très vite en Afrique, en Asie, en Australie, etc. Leurs cadres n'ont aucun scrupule de conscience : surprotecteurs, ils se croient capables de tromper les adversaires par des mensonges et des manœuvres inavouables ! Pour les groupes à succès international., c'est même «un devoir de mentir aux ennemis de Dieu et aux amis de Satan !».
 
- Le surprotecteur, sans se mettre en danger lui-même, nous demande d'être des héros dans les batailles. L'héroisme obligatoire était une évidence dans les années de l'Antiquité et, encore aujourd'hui, dans les armées des états totalitaires, particulièrement dans l'Armée Rouge. Les prisonniers russes en 1945 qui revenaient dans leur pays étaient pour la plupart envoyés dans le Goulag, considérés comme criminels pour n'avoir pas résisté jusqu'à la mort plutôt que de se rendre ou de se laisser capturer ...
 
 
Le problème de l'héroïsme obligatoire était au cœur de notre drame de Malgré-Nous. Lors du procès de Bordeaux dans les années cinquante, c'est ce concept qui revint plusieurs fois dans les plaidoyers en faveur des douze jeunes alsa- ciens, incorporés dans la Wehrmacht impliqués dans l'affaire douloureuse d'Oradour sur Glane. Dans le compte-rendu très explicite qu'en dresse Jean-Laurent Vonau, le mot «héroisme » figure 11 fois. Page 61, on rappelle que l'avocat alsacien, Mr Moser, avait déclaré: «Douze cadavres auraient-ils sauvé sept cent personne ?... Les douze cadavres se seraient ajoutés aux autres. On ne peut pas obliger tout le monde à être un héros».
 
Page 64, le Président du tribunal conclut: «L'héroïsme n'est ni une obligaltion légale, ni une obligalion morale...». Page 47, enfin on apprend que le bâton- nier alsacien Schreckenberg a rappelé ceci «...Vous leur demandez beaucoup à à nos incorporés de force, victimes d'un crime de guerre, victimes parce que nous avons perdu la guerre. Vous leur demandez un héroïsme, d'affronter le cas échéant encore la peine capitale, d'affronter d'être fusillés... »
 
Mon ami de collège, Marcel Schmitt, enrôlé dans la Wehrmacht, envoyé en Russie, a eu des doigts de pied gelés et n'en est pas tout à fait guéri. Installé en Suisse, il vient d'écrire, en 2004, le récit de son parcours dramatique sous le titre: «Journal d'un antihéros» (Editions Get d'encre, Le Locle 2004). Pour lui la plupart des soldats en guerre meurent, tombés au champ d'«horreur» .. ll résiste à la tentation d'utiliser le cliché habituel de champ d'«honneur»... Comme le propose Jacques Derrida, mon ami a déconstruit le concept de «héros», et d'«honneur», les remettant en cause.
 
L'historien Eugène Riedweg, dans la conclusion de son livre: «Les Malgré Nous. Histoire de l'incorporation de force des Alsaciens-Mosellans dans l'armée allemande», (Editions du Rhin 1995) écrit p.294 «Alors que l'héroïsme n'a pas été, et de loin, la qualité dominante de la très grande majorité des Français entre 1940 et 1945, ceux-ci s'érigent en juges, l'exigent par la suite de la part des Alsaciens et des Mosellans.»
 
- Le surprotecteur nous rend fiers de notre appartenance: nous voici en train de chanter ses louanges sur tous les toits, à raconter ses exploits et ses succès. Il nous rend donc incapables de déceler ou d'avouer l'un ou l'autre de ses échecs. Les partis politiques se situent dans cette catégorie de groupes surprotégés par leur idole. Observez-les: même s'ils ont perdu une élection, ils trouvent toujours à se réjouir d'une statistique triomphante ! C'est grotesque mais vrai: après les élections importantes, tous les deux partis surprotégés ouvrent les bouteïlles de champagne !
 
- Le surprotecteur nous pousse à toujours attaquer nos persécuteurs, sans nous protéger contre leurs coups: en somme il nous pousse à devenir terroristes: nous sommes conditionnés à préférer figurer glorieusement comme martyrs. C'est le drame actuel des minorités qui se croient menacées au Moyen Orient ou en Orient, qui préparent une armée de jeunes kamikazes, devenus fanatiques par les promesses officielles d'entrer au paradis après leur explosion ! Le Japon, dirigé à cette époque par un Dieu vivant, a été l'un des premiers pays de l'axe à fonner des, pilotes suicidaires et à les projeter sur la flotte américaine à Pearl Harbor 1941.
 
 
Il existe un «crime contre l'humanité» qui n'a pas encore été explicité juridiquement: celui qui consiste à influencer une personne pour qu'elle organise son propre suicide en indiquant la cause pour laquelle elle se sacrifie ! Même crime, celui des groupes révolutionnaires du Libéria, qui enrôlent de force des enfants de 8 à 15 ans, qui les arment de kalachnikovs et les poussent à voler, à rançonner les passants, à violer, à tuer... Voilà des «malgé nous» au sort plus dramatiques encore que le nôtre en Alsace et en Moselle.
 
- Les surprotecteurs font beaucoup plus de persécution interne par des purges régulières des cadres suspects, que de persécution des adversaires extérieurs. Staline a sans doute gagné la palme dans ce domaine...
 
- Le surprotecteur est efficace même et souvent des siècles après sa mort par les traditions instituées. Les fidèles persévèrent par piété et se fixent obstinément aux principes de leur idole tuant tous les traîtres qui veulent s'en écar- ter. Notre Europe s'est déchirée plus d'une fois au nom d'un fondateur mythique dans d'interminables guerres de religion: presque toute l'Afrique est encore à ce stade des guerres de chefs tribaux et de totems. La surprotection, voilà l'exact contraire de la démocratie...
 
- Les surprotecteurs ne supportent aucune concurrenœ. Il ne peut pas y avoir deux soleils dans le firmament ! Entre eux, c'est la guerre des idoles et celle-ci a commencé avec Caïn et Abel... elle se poursuit sans doute jusqu'à la fin des temps ! Il y a une vingtaine d'années plusieurs gourous se sont regroupés dans une seule association : ils voulaient lutter plus efficacement contre les Associations d'information-sectes... Mais cette alliance n'a pas duré !
 
 
- Les surprotecteurs n'hésitent pas à faire leur auto éloge publiquement, sans aucun sens du ridicule ! En Europe, l'usage public des gratulations que se lancent les dirigeants à eux­mêmes est rare. Les allemands ont un adage sévère pour ceux qui s'y livrent : «Eigenlob stinkt». Cela veut dire que l'auto éloge pue. Les lieutenants se chargent alors de chanter les louanges du Grand Chef et c'est très efficace. Exception notable: Hitler n'a pas hésité à rendre obligatoire le salut «Heil Hitler» ce qui faisait comprendre que le sauvetage de tous («Heil») ne peut venir que de l'homme appelé Hitler ! Le ton étant donné, tous les fidèles ambitieux haut placés ont compris leur intérêt: flatter le leader suprême en racontant ses exploits (avoir relancé l'économie du pays et avoir vaincu les Polonais, puis les Français...) et décrivant ses qualités militaires, son génie de stratège...! Un concours s'est établi: plus on approchait de la catastrophe finale, plus les thuri- féraires ont encensé le grand patron ! Les fêtes étaient l'occasion de mettre en valeur le Commandant Suprême en le faisant acclamer par des milliers d'allemands !
 
 
La foi dans le génie du Führer était si grande, même dans les épreuves finales de la défaite, en 44 et 45, que j'entendais les soldats allemands parler de la «Geheimwaffe» l'arme secrète, la fusée finale en preparation, et qui peut encore retourner la situation en faveur de l'Allemagne. On sait aujourd'hui que cet espoir n'était pas fou et que les recherches des équipes de Von Braun n'étaient pas loin d'aboutir lors de l'effondrement final.
 
 
Dans les régions orientales au contraire les gourous se comptent par milliers. Les fidèles attendent de leurs maîtres qu'il énumère ses qualités extraordinaires quasi divines ! Voici ce que cela donne pour les fondateurs de petits partis et de sectes.
 
* L'un coréen n'hésite pas à s'attribuer tous les mérites divins «Moi», le Maître, je n'ai pas seulement découvert toute la vérité mais j'acccomplis aussi toute la vérité... Si vous sentez vraiment que c'est vraiment une joie de mourir pour Père - pas seulement en parole mais en réalité ­ c'est formidable».
 
* Un autre, indien. se présente comme le Big Brother universel : «En ces mondes, les dieux apparaissent et disparaissent avec une rapidité prodigieuse, insaisissable. Mais, j'ai mis en place des dizaines de millions de dieux subordonnés et d'esprits messagers qui me permettent de connaître dans l'instant même chacune de vos prières et chacun de vos comportements» ...
 
* Vers 1972, un pasteur américain a compris les charges sacrificielles qu'il imposait à ses adeptes femmes. Il les exhor- tait à faire «l'amour pour Jésus» avec des hommes riches dans les grands hôtels... et cela sans contraception. «Si vous avez déjà la réputation d'être libre sexuellement, vous pouvez aussi vous attendre à être violée de temps en temps ou à traverser une situation où vous serez éventuellement forcée contre votre volonté. C'est pourquoi ma suggestion serait que vous ne résistiez pas ou ne criiez pas sérieusement, mais vous vous soumettiez gentiment». Résultat: une allemande a conçu dans ces conditions dix enfants de pères différents rencontrés en Asie, en Europe...
 
* La mise en esclavage, voilà la tentation, orgueilleuse et surprotectrice, des puissants de ce monde: les égyptiens, les grecs et les romains doivent la gloire de leurs réalisations merveilleuses, aux armées d'esclaves que leur rapportaient leurs guerres... Les seigneurs des déserts africains se livraient à des razzias dans les pays voisins et en ramenaient des esclaves noirs.
 
J'ai un témoignage direct de cette pratique, qui n'est pas terminée de nos jours, avec le tableau suspendu au-dessus de mon bureau : je l'ai peint à l'huile en 1968 dans le souk d'Inezgane près d'Agadir; il représente un noir qui mendiait, auquel j'ai promis dix dirhams s'il me permettait de peindre son portrait. Pendant trois heures j'ai eu le loisir de l'interroger (avec l'aide de Larbi l'un de mes élèves) et d'apprendre qu'il avait été capturé du côté du Mali comme enfant et qu'en dernier lieu, il avait été acheté par un commerçant d'Immouzer des Ida Outanane (à cent kilomètres d'Agadir dans le Haut-Atlas). Trop vieux pour être encore utile, il a été renvoyé par son patron en 1967 et depuis, il est réduit à mendier pour vivre...
 
* Ces violences barbares ne sont pas spécifiques à l'Afrique, elles étaient considérées comme «normales» et ont duré des siècles avant que les européens ne se livrent à des convois maritimes pour fournir les planteurs américains en main d'œuvre bon marché...
 
* La colonisation a été le comble de la pulsion surprotectriœ des fiers états occidentaux, portugais, espagnoles, anglais, allemands et français...
 
Bref: si vous comprenez les mécanismes de la surprotectioo manipulatoire, vous arrivez à résister aux sirènes de la publicité commerciale, du prosélytisme sectaire et de la démagogie politique... Vous aurez un sourire de compassion pour les adeptes sectaires sur le trottoir qui vous proposent un examen psychologique gratuit... mais vous ne vous laisserez pas tenter par ces leurres de recruteurs !
 
 
Tous les gourous sont atteints de la maladie psychique du «sauveur» de surprotecteur du monde entier ! Ce que ne sait pas le public: cette maladie est terriblement contagieuse.
 
 
Roland Huckel, 28 décembre 2004
Professeur de philosophie à Strasbourg
 
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