| Enlèvement d'enfant
franco-suisse sur fond de pratiques
sectaires
PARIS - Un homme du sud-est de la France accuse son ex-compagne suisse
d'avoir enlevé leur enfant pour pouvoir continuer à le soumettre à
l'instinctothérapie, mouvement sectaire dont elle est adepte et qui préconise un
régime alimentaire potentiellement dangereux, a-t-on appris mardi auprès de son
avocate.
L'affaire doit passer en audience le 24 mai devant le tribunal
de Baden, en Suisse, où l'enfant, aujourd'hui âgé de 17 mois, a été emmené par
sa mère en janvier après avoir été enlevé en pleine nuit à La Cadière d'Azur
(Var) avec la complicité d'un autre adepte de ce mouvement, a indiqué à l'AFP
l'avocate, Me Line N'Kaoua, du barreau d'Aix-en-Provence. Une demande de
retour en France de l'enfant, dans le cadre de la Convention de la Haye, a été
présentée.
L'instinctothérapie, classée comme secte dans le rapport
parlementaire de 1995, enjoint aux adeptes de ne manger que de la viande et du
poisson crus ainsi que des fruits et légumes non épluchés et non lavés. Toute
prise de médicaments et toute vaccination sont interdites.
"L'enfant
semble réellement en danger du fait d'une malnutrition et d'un manque de
soins", a noté l'avocate, ajoutant que "la mère communique sur un forum
avec un nommé Thomas et donne des informations inquiétantes", notamment sur
des diarrhées ou des fièvres de l'enfant.
Le gourou de
l'instinctothérapie, Guy Claude Burger, a été condamné le 4 juillet 2003 par la
cour d'assises de l'Essonne à 15 ans de réclusion criminelle pour viols, viols
aggravés et corruption de mineurs. Le tribunal correctionnel de Chaumont
(Haute-Marne) avait condamné en octobre 2002 une adepte de l'instinctothérapie
dont la petite fille a pu être sauvée in extremis alors qu'elle se trouvait dans
un état de dénutrition avancée.
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