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VILLEFRANCHE-DE-LAURAGAIS (AP) -- Le
procureur de la République du tribunal correctionnel de
Villefranche -de-Lauragais (Haute-Garonne) a requis mardi cinq ans
d'emprisonnement contre Lucien Engelmajer, fondateur de l'ancienne association
d'aide aux toxicomanes le Patriarche, répertoriée comme secte.
Cinq ans ont été
réclamés également contre Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne
et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions
de toxicomanie de 1993 à 1995. Le procureur a aussi demandé au tribunal de
prononcer une amende de 375.000 euros à l'encontre de Lucien Engelmajer et de
200.000 euros à l'encontre de Jean-Paul Séguéla, amendes assorties pour les deux
prévenus d'une interdiction de droits civiques pendant cinq ans.
Absent du
procès, M. Engelmajer, le "Patriarche", visé par deux mandats internationaux
pour "abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et pour
"viols et tentatives de viol sur mineurs de moins de 15 ans", est en fuite au
Belize. Il est jugé par défaut. M. Séguéla, ancien doyen de la faculté de
médecine de Toulouse, avait été mis en examen et écroué le 22 mai 2001 pour
"recel d'abus de confiance", "abus de faiblesse" et "blanchiment".
Il est accusé
d'avoir perçu entre 1994 et 1997 jusqu'à six millions de francs (914.694 euros)
détournés par le "Patriarche" par le biais de dons en espèces -730.000 francs en
billet de 500 francs- et de deux prêts "non remboursés" de 600.000 francs et 3,4
millions de francs. Ancien représentant au ministère de l'Intérieur de la
DGLDT, Direction générale de la lutte contre la drogue et la toxicomanie de 1993
à 1995, M. Séguéla avait été nommé en 1997 secrétaire général au bureau exécutif
de l'Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer (OILJE).
Le procureur a requis pour les 15 autres personnes poursuivies dans le volet
financier de l'affaire du "Patriarche" des peines allant de trois ans
d'emprisonnement avec sursis à quatre ans d'emprisonnement, assorties d'amendes
allant de 50.000 euros à 200.000 euros.
Pour tous les prévenus, qui
comparaissent depuis le 6 novembre pour "abus de faiblesse", "abus de
confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux", le
procureur de la République a requis l'interdiction des droits civiques pendant
cinq ans.
Une peine de quatre ans d'emprisonnement a été requise pour deux
des fils de Lucien Engelmajer, Kim et François, accusés d'avoir eu "une part
active des transferts de fonds détournés entre la France et la Suisse".
Une
peine de trois ans d'emprisonnement a été demandée pour cinq autres enfants du
Patriarche, également poursuivis pour avoir profité d'importants détournements
de fonds provenant de l'association du Patriarche, de ses associations
satellites et des nombreuses sociétés civiles ou commerciales créées en Europe
et sur le continent américain.
La communauté fondée en Lucien Engelmajer en
1974 près de Toulouse, avait essaimé dans le monde entier sous l'appellation
"Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer". En février 1998, le
gourou avait été écarté par "un putsch interne" et s'était réfugié au Bélize où
il vit actuellement à 86 ans. AP