Le Patriarche  

Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer

Cinq ans d'emprisonnement requis
contre Lucien Engelmajer et Jean-Paul Séguéla
 
Le Nouvel observateur, 14 novembre 2006
[Texte intégral]

VILLEFRANCHE-DE-LAURAGAIS (AP) -- Le procureur de la République du tribunal correctionnel de Villefranche -de-Lauragais (Haute-Garonne) a requis mardi cinq ans d'emprisonnement contre Lucien Engelmajer, fondateur de l'ancienne association d'aide aux toxicomanes le Patriarche, répertoriée comme secte.

Cinq ans ont été réclamés également contre Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions de toxicomanie de 1993 à 1995. Le procureur a aussi demandé au tribunal de prononcer une amende de 375.000 euros à l'encontre de Lucien Engelmajer et de 200.000 euros à l'encontre de Jean-Paul Séguéla, amendes assorties pour les deux prévenus d'une interdiction de droits civiques pendant cinq ans.

Absent du procès, M. Engelmajer, le "Patriarche", visé par deux mandats internationaux pour "abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et pour "viols et tentatives de viol sur mineurs de moins de 15 ans", est en fuite au Belize. Il est jugé par défaut. M. Séguéla, ancien doyen de la faculté de médecine de Toulouse, avait été mis en examen et écroué le 22 mai 2001 pour "recel d'abus de confiance", "abus de faiblesse" et "blanchiment".

Il est accusé d'avoir perçu entre 1994 et 1997 jusqu'à six millions de francs (914.694 euros) détournés par le "Patriarche" par le biais de dons en espèces -730.000 francs en billet de 500 francs- et de deux prêts "non remboursés" de 600.000 francs et 3,4 millions de francs. Ancien représentant au ministère de l'Intérieur de la DGLDT, Direction générale de la lutte contre la drogue et la toxicomanie de 1993 à 1995, M. Séguéla avait été nommé en 1997 secrétaire général au bureau exécutif de l'Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer (OILJE).

Le procureur a requis pour les 15 autres personnes poursuivies dans le volet financier de l'affaire du "Patriarche" des peines allant de trois ans d'emprisonnement avec sursis à quatre ans d'emprisonnement, assorties d'amendes allant de 50.000 euros à 200.000 euros.

Pour tous les prévenus, qui comparaissent depuis le 6 novembre pour "abus de faiblesse", "abus de confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux", le procureur de la République a requis l'interdiction des droits civiques pendant cinq ans.  

Une peine de quatre ans d'emprisonnement a été requise pour deux des fils de Lucien Engelmajer, Kim et François, accusés d'avoir eu "une part active des transferts de fonds détournés entre la France et la Suisse".

Une peine de trois ans d'emprisonnement a été demandée pour cinq autres enfants du Patriarche, également poursuivis pour avoir profité d'importants détournements de fonds provenant de l'association du Patriarche, de ses associations satellites et des nombreuses sociétés civiles ou commerciales créées en Europe et sur le continent américain.

La communauté fondée en Lucien Engelmajer en 1974 près de Toulouse, avait essaimé dans le monde entier sous l'appellation "Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer". En février 1998, le gourou avait été écarté par "un putsch interne" et s'était réfugié au Bélize où il vit actuellement à 86 ans. AP

Procès du Patriarche à Toulouse : Lucien Engelmajer
condamné à cinq ans d'emprisonnement
 
source : Associated Press, le 9 janvier 2007
[Texte intégral]

Le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné mardi à cinq ans de prison Lucien Engelmajer, dit "le Patriarche", fondateur d'une ancienne association d'aide aux toxicomanes répertoriée comme secte par des rapports parlementaires.

Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions de toxicomanies de 1993 à 1995, a pour sa part été condamné à trois ans de prison. Ces peines sont assorties d'amendes, 375'000 euros pour M. Engelmajer, 50'000 euros pour M. Séguéla.

Surnommé "le Patriarche", le principal prévenu - en fuite au Belize - reste visé par deux mandats interna- tionaux pour "abus de bien sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et pour "viols et tentatives de viol sur mineurs de moins de 15 ans".

Quatorze prévenus sur 17 étaient poursuivis au total dans le volet financier de l'affaire du Patriarche. Ils comparaissaient pour "abus de faiblesse", "abus de confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux", dont huit enfants d'Engelmajer, pour avoir bénéficié d'importants détournements de fonds provenant de l'association et de ses satellites créés en Europe et sur le continent américain.

Emmanuel, Dominique, Bénédicte et Chantal, quatre enfants des huit enfants
mis en examen de Lucien Engelmajer, ont été relaxés.
 
Emmanuel, Dominique, Bénédicte et Chantal, quatre enfants des huit enfants mis en examen de Lucien Engelmajer, ont été relaxés. "Le jugement est remarquable. J'éprouve un sentiment de justice", a déclaré Me Simon Cohen, l'avocat des enfants.

Kim Engelmajer, "mêlé aux affaires de son père et manipulé par ce dernier", selon Me Cohen, est condamné à deux ans d'emprisonnement avec sursis. François Engelmajer devra purger une peine de 36 mois d'emprison- nement assorti de 30 mois de sursis.

La communauté fondée par Lucien Engelmajer en 1974 près de Toulouse avait essaimé dans le monde entier sous l'appellation "Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer". En février 1998, le gourou avait été écarté par un "putsch interne" et s'était réfugié au Belize où il vit actuellement à 86 ans.

AP