- C'est
le premier pas qui compte ...



- Jonathan
est un garçon exceptionnel, mais de là à sacrifier
un après-midi pour compter les hérissons sur le
bord d'une route, il ne faut pas abuser ...
-
- La belle
Ludivine ne cacherait-elle pas des talents de manipulatrice
? En tout cas, elle connaît ses classiques. Elle
sait que pour obtenir beaucoup de quelqu'un, mieux
vaut procéder
par paliers.
Lui demander un petit service (qui peut n'être qu'un
prétexte) qu'il ne pourra qu'accepter, pour en obtenir
un plus grand plus tard.
Votre voisin vous
prêtera, par exemple, plus facilement sa chaîne pour
votre soirée si, auparavant, il vous a prêté des cassettes
vidéo, conduit au collège, autorisé à taper votre rapport
de stage sur son ordinateur ... Cette technique, baptisée
«le pied dans
la porte»,
est très efficace.
Par ce biais,
des chercheurs, après avoir obtenu de personnes qu'elles
affichent un autocollant de la sécurité routière sur
leur voiture, ont réussi à multiplier par 41a probabilité
que ces mêmes personnes mettent dans leur jardin un
immense panneau sur lequel est inscrit «Conduisez lentement
!» : 76% ont accepté, contre ,6,7% lorsque la demande
n'était pas précédée de celle de l'autocollant !
Pourquoi ça marche
? La réponse ne va pas de soi. Le fait est que le premier
comportement que l'on réalise sans avoir l'impression
de mettre le doigt dans un engrenage prépare le second,
augmentant ainsi la probabilité qu'on l'accomplisse,
même s'il est plus coûteux.
Comment ?
Certains chercheurs
pensent que la première requête, généralement acceptée,
servirait à modifier
la perception que le sujet a de lui-même.
Ainsi, si l'on
demande à Jonathan pourquoi il a signé la pétition,
il répondra certainement que c'est parce qu'il est quelqu'un
de militant, de sensible. Le simple fait qu'il se perçoive
ainsi favoriserait son acceptation de la seconde requête.
Et ça fonctionne
encore mieux si on le dit !
Lorsque Ludivine
ajoute «Je savais que tu étais un garçon sensible»,
elle renforce l'image que Jonathan a de lui-même, augmentant
encore la probabilité qu'il accepte la seconde proposition.
Cette technique, de l'«étiquetage»,
fonctionne aussi très bien sans «le pied dans la porte».
Le simple fait de labelliser une personne : «T'es vraiment
chouette d'avoir fait cela !», «T'es vraiment lamentable
!», suffit à affecter ses comportements ultérieurs.
C'est ainsi que
des chercheurs ont constaté que des étudiants auxquels
on avait dit qu'ils étaient plus généreux que la moyenne,
suite à un faux test psychologigue, se sont montrés
plus serviables par la suite. A la sortie, un complice
faisait tomber une pile de fiches cartonnées, 71 % des
étudiants qualifiés de généreux l'ont aidé, contre 50
% pour ceux qui n'avaient pas été étiquetés «généreux».
Attention: pour
que ça marche, l'étiquetage doit être subtil, il ne
s'agit pas de passer la brosse à reluire !
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