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"Le problème des sectes existe, nous en avons la preuve"
Interview de Jean-Michel Roulet par Sibylle Laurent (réalisée
le jeudi 21 février 2008)
- http://tempsreel.nouvelobs.com/
22 février 2008
- [Texte
intégral]
Comment réagissez-vous aux propos tenus par
Emmanuelle Mignon, chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, dans VSD ? Les
sectes en France sont-elles un "non-problème" ?
Je crois au
contraire que les dérives sectaires sont un vrai problème. A la Miviludes
(Mission interministé- rielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires), nous constatons tous les jours qu'il y a en France un certain nombre
d'organisations qui se livrent sur des personnes à des actions dangereuses.
Cette semaine encore, nous avons reçu deux victimes de ces mouvements. Je
peux donc dire sans hésitation que le problème des sectes existe : nous le
voyons de façon concrète et nous en avons les preuves.
Emmanuelle
Mignon a également indiqué dans VSD que le gouvernement voulait
"transformer" la Miviludes en "quelque chose de plus efficace et en finir avec
le blabla". Partagez-vous cette opinion sur la fonction de la Miviludes
?
- La Miviludes fait un travail très, très concret, en
analysant les dérives sectaires. D'abord parce qu'elle observe et suit
l'évolution du paysage sectaire. Ensuite parce qu'elle en rend compte : au
Premier ministre, mais surtout au public. Elle l'informe sur les dangers auquel
il est exposé, dans la formation, la santé, le bien-être, domaines où il y a un
grave danger de dérives sectaires.
La Miviludes fait son travail de façon
très rigoureuse, et c'est une critique imméritée pour nous que de dire qu'elle
n'est pas efficace ni active. Nous avons mis à disposition du public
dernièrement un guide sur le satanisme, un autre sur le risque sectaire dans les
entreprises, qui a été salué dans ces milieux. Nous concevons ces rapports et
ces guides dans une optique très concrète, d'un usage facile, pour informer le
citoyen sur les risques auxquels il est exposé.
Evidemment, on peut toujours
faire mieux. Mais pour l'ensemble des collègues et des membres de la Miviludes
qui planchent sur ces rapports, je trouve que cette critique n'est pas du tout
méritée.
La Miviludes, attachée au Premier ministre depuis sa création en
2002 a remplacé la Mission interminis- térielle pour la lutte contre les sectes
(MILS), créée en 1998. Ces deux organismes répondent et ont toujours répondu à
un besoin. Le Premier ministre et l'Assemblée nationale, tous courants
confondus, les ont toujours soutenu et accompagné ces organismes, en veillant à
ce que le travail soit bien fait et les libertés publiques respectées.
Quels sont les critères mis en avant en France pour définir les
sectes ? Est-ce une bonne chose de s'aligner sur d'autres pays d'Europe en la
matière, dont certains reconnaissent la Scientologie comme une religion
?
- Dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires, la
France est au contraire plutôt en avance par rapport aux autres pays. Nous
sommes aujourd'hui bien au point dans l'analyse et la connaissance de ces
mouvements, nous avons défini une batterie de critères qui permettent de dire
quand nous sommes en présence d'une secte, comme l'emprise mentale, les
exigences financières exorbi- tantes, les violences, le discours radical, la
rupture avec l'environnement familial. La plupart des pays d'Europe s'appuient
au contraire sur la méthode française.
Sur le problème plus particulier de
la Scientologie, il faut faire attention, car c'est un mouvement qui est passé
maître dans l'art de communiquer.
Les Scientologues se targuent d'être reconnus
comme religion dans beaucoup de pays, comme l'Espagne par exemple. Ce que le
mouvement ne précise pas, c'est qu'en Espagne, la reconnaissance des religions
repose sur un régime déclaratif. Chaque mouvement peut là-bas s'autoproclamer
religion. En France, si n'importe qui peut faire de même, cela ne sera pas
reconnu comme religion.
Nous avons la loi de 1905 sur la séparation des
Eglises et de l'Etat, au terme de laquelle l'Etat garantit la liberté totale de
conscience et de culte. Mais l'Etat français ne définit pas la religion.
Il y a
ainsi en France beaucoup de mouvements qui, parce qu'ils ont un lieu de culte,
des rituels, se sont rassemblés en associations cultuelles. Ce que la
Scientologie aurait pu faire mais n'a pas fait.
Les mouvements sectaires sont
très habiles pour se servir de l'argument de la liberté de conscience, et pour
éviter qu'on ne puisse regarder comment ils fonctionnent. Ils s'abritent
derrière une pseudo-discri- mination religieuse. J'y vois une volonté d'effectuer
un petit business plutôt que de proposer une véritable solution spirituelle.
La loi de 1905:
Le texte de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation
des Eglises et de l'Etat
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France
: Le premier ministre souhaite un renforcement des moyens
de la MIVILUDES (Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires)
- www.lefigaro.fr/
22 février 2008)
- [Extrait]
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Nicolas
Sarkozy et François Fillon (Reuters)
- (...)
Le
premier ministre Jean-François Fillon
a affirmé que la France "continuera"
à conduire la même politique
en matière de sectes, souhaitant un "renforcement
des moyens"
de la Mission de lutte contre les dérives sectaires.
"La
France a une politique en matière de sectes qu'elle
conduit et qu'elle
continuera à conduire, avec une mission interministérielle
qui est sous
l'autorité du Premier ministre et qui restera sous l'autorité
du Premier
ministre", a déclaré à la presse le chef du gouvernement
lors d'une
visite de soutien à la candidate UMP à Paris Françoise
de Panafieu.Concernant
la Mission interministérielle de vigilance et de lutte
contre
les dérives sectaires (Miviludes), M. Fillon a indiqué
qu'il n'y aurait
"aucun changement".
"Je
souhaite plutôt qu'on renforce ses moyens et ça restera
un instrument
interministériel parce que c'est sa vocation",
a-t-il affirmé.
(...)
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| Le
rapport
2006 de la MIVILUDES
Un rapport avec des exemples
donnera aux non-spécialistes une compréhension plus imagée et plus
globale des cironstances et caractéristiques que l'on rencontre dans
les mouvements sectaires - ou chez les déra- peutes, ces "thérapeutes" qui
se croient capables de comprendre ce qu'ils doivent faire au bout de
quelques semaines d'une formation pour le moins sommaire. L'observation menée sur l'organisation interne de
certains groupes démontre comment des systèmes sans valeur parviennent à
piéger leur clientèle.
La Miviludes précise qu'elle
participe, parfois en tant qu'organisatrice, à des actions de formation ou
d'infor- mation sur les risques de dérives sectaires. En 2006, 70 sessions ou
journées de formations ont ainsi été organisées regroupant plus de 2.000
personnes. Les collectivités territoriales demandent ces formations car ses
"agents sont peu informés ou peu préparés pour aborder la dimension sectaire
d'un dossier à traiter" constate les rapporteurs.
http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Miviludes_2006.pdf
Polémique sur la lutte contre les dérives sectaires
(Nouvel
Observateur - 4 février 2008)
La loi de 1905:
Le texte de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation
des Eglises et de l'Etat
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Les
sectes changent de ton
Lobbying
et “thérapeutes” tendent à prendre la place des traditionnels gourous
- Metrofrance.com
- 25 janvier 2007
- [Texte
intégral]
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Les sectes ne sévissent pas
qu'en France. Le nouveau siège de l’Eglise de scientologie allemande, qui occupe
tout un immeuble de six étages et de 4'000 m2, a été inauguré en présence de 4'000 à 5'000 personnes le 13 janvier dernier. Le bâtiment – qui porte sur son
frontispice l’inscription “Sciento- logy Kirche”(Eglise de scientologie”) –
arbore des panneaux proclamant “Lavage de cerveau, non merci ”.
Une partie de
la classe politique allemande a fait part de son inquiétude face à cette
nouvelle implantation de la scientologie, dont certains redoutent qu’elle ne
cherche ainsi à influencer le monde politique.
Photo:vario images/sipa
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Publié mercredi, le quatrième rapport annuel de la Mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) pointe un
changement de stratégie des groupes sectaires, soucieux d’avancer dans l’ombre
sans signe extérieur de prosélytisme.
• Une menace ordinaire
Le
rapport souligne l’inquiétante présence des groupes qui attirent les foules aux
moyens de stages de déve- loppement personnel, ou d’ateliers de formation
professionnelle. Le contexte est porteur car les métiers évo- luent et les
individus recherchent une optimisation de leurs capacités.
• Des pratiques non reconnues
Selon la Miviludes, on assiste à
l’émergence de métiers non reconnus, obtenus au terme de “stages de
reconstruction personnelle”. Comme exemple, elle cite la formation de “praticien
en analyse et réinformation cellulaire”, qui vise à “rétablir l’harmonie entre
le corps, l’esprit et l’environnement”. Le rapport cite également la formation
Douala, dite accompagnatrice d’accouchement.
• Une présence diversifiée
Certaines sectes font d’intenses
activités de lobbying. Le rapport donne l’exemple de la société Panda Software,
qui commercialise des logiciels de sécurité et dont le PDG est membre de
l’Eglise de scientologie. De nombreuses sociétés de publipostage, qui collectent
des dons pour soutenir diverses campagnes, sont également citées. En ligne de
mire, leur intérêt pour les fichiers d’adresses des particuliers.
• Un harcèlement permanent
Depuis des années, les médias – dont les
journaux de presse écrite – sont abreuvés par des courriers de lecteurs, qui,
sous couvert de dénoncer les antidépresseurs, invitent à rejoindre de très
troubles stages de développement personnel.
Dernièrement, la Commission des citoyens pour les droits de l’homme (CCDH),
affiliée à la scientologie, a attaqué en justice l’hôpital Edouard-Toulouse de
Marseille, lui demandant de communiquer des informations sur le budget de
l’hôpital. La CCDH s’appuyait sur la loi de 1978 ouvrant l’accès aux documents
adminis- tratifs.
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Le
marché des sectes s'est fragmenté"
Jean-Marie
Abgrall, criminologie psychiatre, a écrit La Mécanique des sectes (Payot)
- Metrofrance.com
- 25 janvier 2007
- [Texte
intégral]
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Jean-Marie Abgrall est
criminologue psychiatre, et ancien membre de l'Obser- vatoire et de la Mission
interministérielle de lutte contre les sectes. Il a écrit La Mécanique des
sectes (Payot).
“C’est dangereux lorsque des sectes s’affichent aux côtés de politiques”,
Jean-Marie Abgrall
Photo
: dr
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Les sectes ont-elles évolué dans leurs techniques de recrutement
?
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le rapport de la Miviludes. La
percée des “formateurs” n’est pas un phénomène récent. Depuis longtemps, les
sectes usent d’organismes de “développement personnel” pour trouver des fidèles.
La scientologie recrute de la sorte depuis plus de vingt ans.
Constatez-vous cependant des évolutions dans la démarche des sectes
?
Je parlerai plutôt d’un glissement entre les grosses structures, que
l’on repérait facilement, et les petits groupes. Aujourd’hui, nous avons des
groupes sectaires comptant une vingtaine de personnes, alors qu'auparavant nous
avions affaire à des succursales comptant des milliers de personnes. Le marché a
été fragmenté.
Commentaire
du Centre Info-sectes
: L'emprise sectaire étant mieux cernée (séduction,
enfermenent et manipulation écrasante) on constate
maintenant que de telles dérives concernent aussi
les petits groupes. Nous n'avons pas cette impression
d'une augmentation du phénomène comme le signale
Jean-Marie Abgrall. Dans le passé cela existait
déjà. Des employés étaient parfois des esclaves
et certaines écoles ou familles avaient leurs propres
règles et pratiquaient, entre autres manipulations
écrasantes, les châtiment corporels. D'autres part
il existait de grandes sectes bien avant les années
80 comme par exemple les nazis
de 1919 à 1945 (Allemagne et Italie), la
stasi (Allemagne de l'Est), l'organisation
des khmers
Rouge (Cambodge) de 1975 à 1979, etc ...
Quels sont les signes dont il faut se méfier dans la vie quotidienne
?
La société tente d’apporter des réponses pragmatiques à des problèmes
concrets. Par exemple, si vous perdez votre travail on vous dit d’aller à l’ANPE; si vous avez mal au ventre, on vous dirige vers le médecin. En revanche, les
sectes et les groupes à dérive sectaire vous dirons : “Votre adhésion va
résoudre votre problème.” On vous donne des réponses globales à des problèmes
multiformes. Et surtout, on vous promet une réussite immédiate.
On parle beaucoup de la scientologie. A-t-elle gagné du terrain
?
Au contraire, elle en a perdu. Et ce, malgré la mobilisation des stars.
On est en droit de s’interroger sur la poignée de main entre Tom Cruise et
Nicolas Sarkozy. Cela a été un coup de marketing extraordinaire. Et c'est
dangereux lorsque des sectes s’affichent aux côtés de politiques, qu’ils soient
de droite ou de gauche.
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"Rien n'est fait pour les victimes"
par Mathieu Cossu,
webmaster de www.prevensectes.com
- NOUVELOBS.COM | 25
janvier 2007
- [Texte
intégral]
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La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre
les dérives à caractère sectaire suffit-elle ? Quels outils pourrait-on mettre en
place pour améliorer la lutte contre le risque sectaire?
- La
Miviludes est à mon sens la mission la plus efficace et indispensable à ce jour.
Elle met en relation tous les ministères sur cette question, ce qui lui permet
de vraiment agir. Dans les missions précédentes, on avait fait l'erreur de
parler de "lutte" contre les sectes. Et de se retrouver attaqués et critiqués de
toute part, au nom de la liberté de religion, contre laquelle la France semblait
soudainement s'opposer. Car c'est ainsi que les sectes tentent de se maintenir,
en s'assimilant à des religions.
Ce qui manque le plus, aujourd'hui, c'est
le suivi des victimes. Rien n'est fait pour elles. Quelqu'un qui parvient à
sortir d'une secte, au sein de laquelle elle a été enfermée pendant longtemps,
n'a aucun moyen de se réinsérer. Elle est sortie du système, généralement coupée
avec sa famille, donc sans travail, sans possibilité d'en trouver, et sans
ressources. Il faudrait donc une assistance sociale pour la réinsertion des
victimes, ainsi qu'une assistance juridique, pour leur permettre de porter
plainte et de faire face aux puissants avocats des sectes.
La
pénétration des sectes dans la formation professionnelle se fait-elle avec la
complicité des patrons ?
- Je ne sais pas s'il y a complicité
des patrons, mais ce qui est certain, c'est qu'ils manquent d'information. Les
patrons et DRH (Directeurs de Resssources Humaines. Note d'info sectes) sont très sollicités par ces entreprises de formation, et nombre
d'entre eux ne pensent pas à vérifier les beaux palmarès affichés par certaines
d'entre elles. Ils sont souvent faux. Je reçois souvent des appels de salariés,
invités par leur entreprise à suivre une formation, qui s'inquiètent des
étranges exercices qu'on leur demande. Publier une liste de ces entreprises
dangereuses, comme l'explique la Miviludes, serait inutile; c'est un milieu bien
trop mouvant. Et encore une fois, pour dénoncer une entreprise comme sectaire,
encore faut-il des preuves, donc que des victimes se soient plaintes.
On se souvient de la poignée de main hyper médiatisée entre
Nicolas Sarkozy et Tom Cruise. Qu'en avez-vous pensé ?
- Ce fut
une erreur monumentale. Nicolas Sarkozy savait très bien ce qu'il faisait. On
n'oserait soupçonner un ministre de l'Intérieur de ne pas savoir que Tom Cruise
est le second personnage le plus important de l'église de scientologie ! Et le
recevoir au ministère ? Tom Cruise s'est fait une publicité extraordinaire aux
dépens du ministre … Ce dernier a d'ailleurs dit qu'ils n'avaient parlé que de
cinéma, mais l'acteur ne s'est pas gêné pour dire que la scientologie avait
aussi largement été abordée. D'une manière générale, et sans engagement
politique aucun de ma part, à l'exception de la Miviludes, la gauche a fait, par
le passé, plus que la droite dans la lutte contre le phénomène
sectaire.
Propos recueillis par Paul-Aimé Drouhin (jeudi 25
janvier 2007)
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- Les sectes de plus en plus actives
- dans le
domaine de la formation
(France)
-
- psychomédia
- 25 janvier 2007
- [Texte
intégral]
Dans son quatrième rapport annuel, rendu public le 24 janvier, la
Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
(Miviludes) constate que les sectes sont de plus en plus actives dans le domaine
de la formation "professionnelle" en n'affichant pas de prime abord de signes de
prosélytisme.
Il s'agit d'un marché en pleine expansion comme l'illustre l'émergence de
nouvelles appellations, de nouveaux métiers et la publicité concernant
l'attractivité de ces nouvelles possibilités professionnnelles. Le rapport cite
en exemple le "coaching" ou le "team-building".
Les formations
représentent des sources importantes de revenus pour ces organisations qui
proposent fréquemment des produits annexes : tests, CD-Roms, cours à
télécharger, matériel d'accompagnement, aide à l'installation, voyages..." Ces
offres de formations s'accompagnent souvent "d'une incitation forte, voire d'une
quasi contrainte, à enchaîner les stages pour accéder aux grades plus
élevés ...".
Mais selon la Miviludes, il ne faut pas voir des sectes
partout : on peut parler de "dérive sectaire" quand il y a une "mise en état de
sujétion", c'est-à-dire une emprise manifeste sur la personne, qui s'insinue
dans la vie de tous les jours. Cette dérive se caractérise également par la
rupture des liens familiaux et la disparition du patrimoine de la personne.
Le rapport mentionne un risque sectaire dans le domaine
psychothérapeutique de l'Analyse Transactionnelle.
Il cite aussi la
formation non reconnue de "praticien en analyse et réinformation cellulaire",
mélange de psychothérapie et de naturopathie qui "vise à rétablir l'harmonie
entre le corps, l'esprit et son environnement", ou encore la formation de Doula
(accompagnatrice d'accouchement).
Autre exemple, il s'inquiète du
développement des stages de "mieux-être" utilisant une plante hallucinogène
d'origine africaine, l'iboga. Ces stages sont une adaptation de pratiques
chamaniques africaines qui accom- pagnent les rites d'initiation des adolescents.
La Miviludes remarque que dans les rites africains, cet usage est strictement
dosé. Le ministère de la Santé, alerté sur le fonctionnement de ces "stages", a
indiqué que l'iboga constitue, à forte dose, un hallucinogène et qu'à faible
dose, il peut être considéré comme un psycho-stimulant. L'Agence française de
sécurité sanitaire a ouvert une enquête sur ce produit à la suite du décès d'un
"stagiaire" ayant consommé la plante.
La Miviludes précise qu'elle
participe, parfois en tant qu'organisatrice, à des actions de formation ou
d'infor- mation sur les risques de dérives sectaires. En 2006, 70 sessions ou
journées de formations ont ainsi été organisées regroupant plus de 2.000
personnes. Les collectivités territoriales demandent ces formations car ses
"agents sont peu informés ou peu préparés pour aborder la dimension sectaire
d'un dossier à traiter" constate les rapporteurs.
Sources :
Locatis.info, 24 janvier 2007 LCI.fr, 24 janvier 2007 Site internet de
Miviludes
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Les sectes délaissent les gourous pour les "formateurs"
- LCI.fr
- 24 janvier 2007
- [Texte
intégral]
- Elles misent sur des stages de
formation professionnelle ou de réinsertion sociale pour recruter leurs adeptes,
selon un rapport rendu public mercredi.
- Certaines sectes font aussi une
intense activité de lobbying dans le domaine de la propriété intellectuelle et
dans le domaine informatique.
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Les sectes font leur mue et recrutent désormais dans le secteur
professionnel. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les
dérives sectaires (Miviludes), qui a publié
son quatrième rapport annuel mercredi, constate que les mouvements sectaires
s'adaptent, délaissant désormais les gourous mystiques, au profit de formateurs
qui se fondent dans le paysage, sans signes extérieurs de prosélytisme, pour
recruter des adeptes.
L'emprise d'une secte sur un individu peut commencer par un
banal stage de formation professionnelle ou de réinsertion sociale, conclut ce
rapport. Il y a danger s'il est coûteux, exigeant en temps et en
"obéissance", ou s'il implique des mises en condition à coup de jeûne
ou de substances diverses.
"Praticien en analyse et réinformation
cellulaire"
Mais selon la Miviludes, il
ne faut pas voir des sectes partout : on peut parler de "dérive
sectaire" quand il y a une "mise en état de sujétion",
c'est-à-dire une emprise manifeste sur la personne, qui s'insinue dans la vie de
tous les jours. Cette dérive se caractérise également par la rupture des liens
familiaux et la disparition du patrimoine de la personne.
Le rapport précise que le contexte économique est porteur : les
métiers évoluent, les individus cherchent à optimiser leurs capacités
d'adaptation, d'où une profusion de stages de "reconstruction
personnelle" et de formation liées au domaine de la santé.
La Miviludes cite ainsi la
formation non reconnue de "praticien en analyse et réinformation
cellulaire", mélange de psychothérapie et de naturopathie qui "vise à
rétablir l'harmonie entre le corps, l'esprit et son environnement", ou
encore la formation de Doula (accompagnatrice d'accouchement). Certaines sectes
font aussi une intense activité de lobbying dans le domaine de la propriété
intellectuelle (source de copyrights) et dans le domaine informatique.
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En guerre contre l'Iboga
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Dans son rapport, la Miviludes s'inquiète du développement des stages
de "mieux-être" utilisant une plante hallucinogène d'origine africaine,
l'iboga. Ces stages sont une adaptation de pratiques chamaniques africaines qui
accompagnent les rites d'initiation des adolescents.
La Miviludes remarque que dans les rites africains,
cet usage est strictement dosé. Le ministère de la Santé, alerté sur le
fonctionnement de ces "stages", a indiqué que l'iboga constitue, à
forte dose, un hallucinogène et qu'à faible dose, il peut être considéré comme
un psycho-stimulant.
L'Agence française de sécurité sanitaire a ouvert une
enquête sur ce produit à la suite du décès d'un "stagiaire" ayant
consommé la plante. L'une des mesures demandées la miviludes est l'inscription
de l'iboga sur la liste des stupéfiants.
Les
dangers de l'Iboga
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Stage à l'iboga en Ardèche
3 mises en examen pour homicide involontaire
- AFP
27 jan 2007
- [Texte
intégral]
Trois responsables de stages de "mieux-être" à
l'iboga, une plante hallucinogène d'origine africaine, ont été mis en
examen pour homicide involontaire dimanche à la suite du décès d'un
jeune toxicomane lors d'un séminaire en juillet en Ardèche, a-t-on
appris de source judiciaire.
Les trois principaux instigateurs du stage
sont un couple d'une quarantaine d'années et l'administrateur, qui
fournissait l'association en iboga. Seul ce dernier, de nationalité
gabonaise, a été écroué à la maison d'arrêt de Valence, a précisé le
procureur de la République de Privas, Christophe Raffin.
Deux autres
personnes, décrites par le procureur comme "des assistants" ont été
mises en examen pour "mise en danger d'autrui". Toutes ces personnes avaient
été interpellées lors d'une opération de police menée samedi après-midi
au château de Liviers, près de Privas, où l'association Meyaya
organisait des "séminaires iboga" de "développement personnel et de quête
spirituelle".
En juillet, un jeune alsacien, venu effectuer un séminaire
de désintoxication, était décédé au lendemain de son arrivée. Les analyses,
dont les résultats ont été obtenus cet automne, avaient fait apparaître
une surdose d'Iboga, a indiqué le procureur.
Au terme de l'opération
de samedi, menée à l'occasion de l'organisation d'un nouveau séminaire
par une trentaine de gendarmes, la quinzaine de séminaristes, des
personnes souffrant de dépendances où de dépressions ont été entendus en
tant que simples témoins.
Pour recruter ces personnes, les responsables
disposaient d'un site internet ou comptaient sur "le bouche à oreille",
a fait valoir M. Raffin.
L'iboga, tiré de la racine d'un arbre à latex, est
utilisé pour des cures de sevrage des toxicomanes comme possible
substitut de la méthadone. Mais il doit être administré dans un cadre
précis et sur prescription, a rappelé M. Raffin.
Dans son dernier
rapport annuel, la mission interministérielle de vigilance et de lutte
contre les dérives sectaires (Miviludes) s'est inquiétée du développement de
ces stages. La mission parlementaire d'enquête sur les sectes a elle
demandé l'inscription de l'iboga sur la liste des stupéfiants.
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