La MIVILUDES

France: «La Mission interministérielle de vigilance
et de lutte contre les dérives sectaires»

Interview du président de la MIVILUDES: "Le problème des sectes existe, nous en avons la preuve" (Nouvel Observateur - 22 février 2008)

Le premier ministre souhaite un renforcement des moyens de la Mission interministérielles de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (La MIVILUDES) (Le Figaro - 22 février 2008)

Le rapport 2006 de la MIVILUDES

Lobbying et “thérapeutes” tendent à prendre la place des traditionnels gourous (Metrofrance.com - 25 janvier 2007)

Bibiographie : Jean-Marie Abgrall, criminologie psychiatre, a écrit La Mécanique des sectes (Metrofrance.com - 25 janvier 2007)

"Rien n'est fait pour les victimes" de sectes (nouvelobs.com - 25 janvier 2007)

Les sectes de plus en plus actives dans le domaine de la formation (psychomédia - 25 janvier 07)

Formation et les sectes : Les sectes délaissent les gourous pour les "formateurs" (LCI.fr - 24 janvier 2007)

Stage à l'iboga en Ardèche : 3 mises en examen pour homicide involontaire (AFP - 27 jan 2007)

"Le problème des sectes existe, nous en avons la preuve"

Interview de Jean-Michel Roulet par Sibylle Laurent
(réalisée le jeudi 21 février 2008)

http://tempsreel.nouvelobs.com/ 22 février 2008
[Texte intégral]

Comment réagissez-vous aux propos tenus par Emmanuelle Mignon, chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, dans VSD ? Les sectes en France sont-elles un "non-problème" ?

Je crois au contraire que les dérives sectaires sont un vrai problème. A la Miviludes (Mission interministé- rielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), nous constatons tous les jours qu'il y a en France un certain nombre d'organisations qui se livrent sur des personnes à des actions dangereuses. Cette semaine encore, nous avons reçu deux victimes de ces mouvements. Je peux donc dire sans hésitation que le problème des sectes existe : nous le voyons de façon concrète et nous en avons les preuves.

Emmanuelle Mignon a également indiqué dans
VSD que le gouvernement voulait "transformer" la Miviludes en "quelque chose de plus efficace et en finir avec le blabla". Partagez-vous cette opinion sur la fonction de la Miviludes ?


- La Miviludes fait un travail très, très concret, en analysant les dérives sectaires. D'abord parce qu'elle observe et suit l'évolution du paysage sectaire. Ensuite parce qu'elle en rend compte : au Premier ministre, mais surtout au public. Elle l'informe sur les dangers auquel il est exposé, dans la formation, la santé, le bien-être, domaines où il y a un grave danger de dérives sectaires.

La Miviludes fait son travail de façon très rigoureuse, et c'est une critique imméritée pour nous que de dire qu'elle n'est pas efficace ni active. Nous avons mis à disposition du public dernièrement un guide sur le satanisme, un autre sur le risque sectaire dans les entreprises, qui a été salué dans ces milieux. Nous concevons ces rapports et ces guides dans une optique très concrète, d'un usage facile, pour informer le citoyen sur les risques auxquels il est exposé.

Evidemment, on peut toujours faire mieux. Mais pour l'ensemble des collègues et des membres de la Miviludes qui planchent sur ces rapports, je trouve que cette critique n'est pas du tout méritée.

La Miviludes, attachée au Premier ministre depuis sa création en 2002 a remplacé la Mission interminis- térielle pour la lutte contre les sectes (MILS), créée en 1998. Ces deux organismes répondent et ont toujours répondu à un besoin. Le Premier ministre et l'Assemblée nationale, tous courants confondus, les ont toujours soutenu et accompagné ces organismes, en veillant à ce que le travail soit bien fait et les libertés publiques respectées.

Quels sont les critères mis en avant en France pour définir les sectes ? Est-ce une bonne chose de s'aligner sur d'autres pays d'Europe en la matière, dont certains reconnaissent la Scientologie comme une religion ?

- Dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires, la France est au contraire plutôt en avance par rapport aux autres pays. Nous sommes aujourd'hui bien au point dans l'analyse et la connaissance de ces mouvements,
nous avons défini une batterie de critères qui permettent de dire quand nous sommes en présence d'une secte, comme l'emprise mentale, les exigences financières exorbi- tantes, les violences, le discours radical, la rupture avec l'environnement familial. La plupart des pays d'Europe s'appuient au contraire sur la méthode française.

Sur le problème plus particulier de la Scientologie, il faut faire attention, car c'est un mouvement qui est passé maître dans l'art de communiquer.

Les Scientologues se targuent d'être reconnus comme religion dans beaucoup de pays, comme l'Espagne par exemple. Ce que le mouvement ne précise pas, c'est qu'en Espagne, la reconnaissance des religions repose sur un régime déclaratif. Chaque mouvement peut là-bas s'autoproclamer religion. En France, si n'importe qui peut faire de même, cela ne sera pas reconnu comme religion.

Nous avons la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat, au terme de laquelle l'Etat garantit la liberté totale de conscience et de culte. Mais l'Etat français ne définit pas la religion.

Il y a ainsi en France beaucoup de mouvements qui, parce qu'ils ont un lieu de culte, des rituels, se sont rassemblés en associations cultuelles. Ce que la Scientologie aurait pu faire mais n'a pas fait.

Les mouvements sectaires sont très habiles pour se servir de l'argument de la liberté de conscience, et pour éviter qu'on ne puisse regarder comment ils fonctionnent. Ils s'abritent derrière une pseudo-discri- mination religieuse. J'y vois une volonté d'effectuer un petit business plutôt que de proposer une véritable solution spirituelle.

La loi de 1905: Le texte de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat

France : Le premier ministre souhaite un renforcement des moyens de la MIVILUDES (Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires)

www.lefigaro.fr/ 22 février 2008)
[Extrait]
 

Nicolas Sarkozy et François Fillon (Reuters)

(...)

Le premier ministre Jean-François Fillon a affirmé que la France "continuera" à conduire la même politique en matière de sectes, souhaitant un "renforcement des moyens" de la Mission de lutte contre les dérives sectaires.

"La France a une politique en matière de sectes qu'elle conduit et qu'elle continuera à conduire, avec une mission interministérielle qui est sous l'autorité du Premier ministre et qui restera sous l'autorité du Premier ministre", a déclaré à la presse le chef du gouvernement lors d'une visite de soutien à la candidate UMP à Paris Françoise de Panafieu.Concernant la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), M. Fillon a indiqué qu'il n'y aurait "aucun changement".

"Je souhaite plutôt qu'on renforce ses moyens et ça restera un instrument interministériel parce que c'est sa vocation", a-t-il affirmé.

(...)

Le rapport 2006 de la MIVILUDES

Un rapport avec des  exemples donnera aux non-spécialistes une compréhension plus imagée et plus globale des cironstances et caractéristiques que l'on rencontre dans les mouvements sectaires - ou chez les déra- peutes, ces "thérapeutes" qui se croient capables de comprendre ce qu'ils doivent faire au bout de quelques semaines d'une formation pour le moins sommaire.

L'observation menée sur  l'organisation interne de certains groupes démontre comment des systèmes sans valeur parviennent à piéger leur clientèle.

La Miviludes précise qu'elle participe, parfois en tant qu'organisatrice, à des actions de formation ou d'infor- mation sur les risques de dérives sectaires. En 2006, 70 sessions ou journées de formations ont ainsi été organisées regroupant plus de 2.000 personnes. Les collectivités territoriales demandent ces formations car ses "agents sont peu informés ou peu préparés pour aborder la dimension sectaire d'un dossier à traiter" constate les rapporteurs. 

 http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Miviludes_2006.pdf


Polémique sur la lutte contre les dérives sectaires (Nouvel Observateur - 4 février 2008)

La loi de 1905: Le texte de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat

Les sectes changent de ton

Lobbying et “thérapeutes” tendent à prendre la place des traditionnels gourous

Metrofrance.com - 25 janvier 2007
[Texte intégral]
 

 

Les sectes ne sévissent pas qu'en France. Le nouveau siège de l’Eglise de scientologie allemande, qui occupe tout un immeuble de six étages et de 4'000 m2, a été inauguré en présence de 4'000 à 5'000 personnes le 13 janvier dernier. Le bâtiment – qui porte sur son frontispice l’inscription “Sciento- logy Kirche”(Eglise de scientologie”) – arbore des panneaux proclamant “Lavage de cerveau, non merci ”.

Une partie de la classe politique allemande a fait part de son inquiétude face à cette nouvelle implantation de la scientologie, dont certains redoutent qu’elle ne cherche ainsi à influencer le monde politique.

Photo:vario images/sipa

Publié mercredi, le quatrième rapport annuel de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) pointe un changement de stratégie des groupes sectaires, soucieux d’avancer dans l’ombre sans signe extérieur de prosélytisme.

Une menace ordinaire

Le rapport souligne l’inquiétante présence des groupes qui attirent les foules aux moyens de stages de déve- loppement personnel, ou d’ateliers de formation professionnelle. Le contexte est porteur car les métiers évo- luent et les individus recherchent une optimisation de leurs capacités.

Des pratiques non reconnues

Selon la Miviludes, on assiste à l’émergence de métiers non reconnus, obtenus au terme de “stages de reconstruction personnelle”. Comme exemple, elle cite la formation de “praticien en analyse et réinformation cellulaire”, qui vise à “rétablir l’harmonie entre le corps, l’esprit et l’environnement”. Le rapport cite également la formation Douala, dite accompagnatrice d’accouchement.

Une présence diversifiée

Certaines sectes font d’intenses activités de lobbying. Le rapport donne l’exemple de la société Panda Software, qui commercialise des logiciels de sécurité et dont le PDG est membre de l’Eglise de scientologie. De nombreuses sociétés de publipostage, qui collectent des dons pour soutenir diverses campagnes, sont également citées. En ligne de mire, leur intérêt pour les fichiers d’adresses des particuliers.

Un harcèlement permanent

Depuis des années, les médias – dont les journaux de presse écrite – sont abreuvés par des courriers de lecteurs, qui, sous couvert de dénoncer les antidépresseurs, invitent à rejoindre de très troubles stages de développement personnel.

Dernièrement, la Commission des citoyens pour les droits de l’homme (CCDH), affiliée à la scientologie, a attaqué en justice l’hôpital Edouard-Toulouse de Marseille, lui demandant de communiquer des informations sur le budget de l’hôpital. La CCDH s’appuyait sur la loi de 1978 ouvrant l’accès aux documents adminis- tratifs.

Le chiffre

150'000. Les Témoins de Jéhovah, connus pour leur prosélytisme au porte à porte, comptent 150'000 membres en France.

Et aussi
 
 "Le marché des sectes s'est fragmenté"

Le marché des sectes s'est fragmenté"

Jean-Marie Abgrall, criminologie psychiatre, a écrit La Mécanique des sectes (Payot)

Metrofrance.com - 25 janvier 2007
[Texte intégral]
 

 

Jean-Marie Abgrall est criminologue psychiatre, et ancien membre de l'Obser- vatoire et de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes. Il a écrit La Mécanique des sectes (Payot).

“C’est dangereux lorsque des sectes s’affichent aux côtés de politiques”, Jean-Marie Abgrall

Photo : dr

Les sectes ont-elles évolué dans leurs techniques de recrutement ?

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le rapport de la Miviludes. La percée des “formateurs” n’est pas un phénomène récent. Depuis longtemps, les sectes usent d’organismes de “développement personnel” pour trouver des fidèles. La scientologie recrute de la sorte depuis plus de vingt ans.

Constatez-vous cependant des évolutions dans la démarche des sectes ?

Je parlerai plutôt d’un glissement entre les grosses structures, que l’on repérait facilement, et les petits groupes. Aujourd’hui, nous avons des groupes sectaires comptant une vingtaine de personnes, alors qu'auparavant nous avions affaire à des succursales comptant des milliers de personnes. Le marché a été fragmenté.

    Commentaire du Centre Info-sectes : L'emprise sectaire étant mieux cernée (séduction, enfermenent et manipulation écrasante) on constate maintenant que de telles dérives concernent aussi les petits groupes. Nous n'avons pas cette impression d'une augmentation du phénomène comme le signale Jean-Marie Abgrall. Dans le passé cela existait déjà. Des employés étaient parfois des esclaves et certaines écoles ou familles avaient leurs propres règles et pratiquaient, entre autres manipulations écrasantes, les châtiment corporels. D'autres part il existait de grandes sectes bien avant les années 80 comme par exemple les nazis de 1919 à 1945 (Allemagne et Italie), la stasi (Allemagne de l'Est), l'organisation des khmers Rouge (Cambodge) de 1975 à 1979, etc ...

Quels sont les signes dont il faut se méfier dans la vie quotidienne ?

La société tente d’apporter des réponses pragmatiques à des problèmes concrets. Par exemple, si vous perdez votre travail on vous dit d’aller à l’ANPE; si vous avez mal au ventre, on vous dirige vers le médecin. En revanche, les sectes et les groupes à dérive sectaire vous dirons : “Votre adhésion va résoudre votre problème.” On vous donne des réponses globales à des problèmes multiformes. Et surtout, on vous promet une réussite immédiate.

On parle beaucoup de la scientologie. A-t-elle gagné du terrain ?

Au contraire, elle en a perdu. Et ce, malgré la mobilisation des stars. On est en droit de s’interroger sur la poignée de main entre Tom Cruise et Nicolas Sarkozy. Cela a été un coup de marketing extraordinaire. Et c'est dangereux lorsque des sectes s’affichent aux côtés de politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche.

"Rien n'est fait pour les victimes"

par Mathieu Cossu, webmaster de www.prevensectes.com

NOUVELOBS.COM | 25 janvier 2007
[Texte intégral]
 
La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives à caractère sectaire suffit-elle ? Quels outils pourrait-on mettre en place pour améliorer la lutte contre le risque sectaire?

- La Miviludes est à mon sens la mission la plus efficace et indispensable à ce jour. Elle met en relation tous les ministères sur cette question, ce qui lui permet de vraiment agir. Dans les missions précédentes, on avait fait l'erreur de parler de "lutte" contre les sectes. Et de se retrouver attaqués et critiqués de toute part, au nom de la liberté de religion, contre laquelle la France semblait soudainement s'opposer. Car c'est ainsi que les sectes tentent de se maintenir, en s'assimilant à des religions.

Ce qui manque le plus, aujourd'hui, c'est le suivi des victimes. Rien n'est fait pour elles. Quelqu'un qui parvient à sortir d'une secte, au sein de laquelle elle a été enfermée pendant longtemps, n'a aucun moyen de se réinsérer. Elle est sortie du système, généralement coupée avec sa famille, donc sans travail, sans possibilité d'en trouver, et sans ressources. Il faudrait donc une assistance sociale pour la réinsertion des victimes, ainsi qu'une assistance juridique, pour leur permettre de porter plainte et de faire face aux puissants avocats des sectes.

La pénétration des sectes dans la formation professionnelle se fait-elle avec la complicité des patrons ?

- Je ne sais pas s'il y a complicité des patrons, mais ce qui est certain, c'est qu'ils manquent d'information. Les patrons et DRH (Directeurs de Resssources Humaines. Note d'info sectes) sont très sollicités par ces entreprises de formation, et nombre d'entre eux ne pensent pas à vérifier les beaux palmarès affichés par certaines d'entre elles. Ils sont souvent faux. Je reçois souvent des appels de salariés, invités par leur entreprise à suivre une formation, qui s'inquiètent des étranges exercices qu'on leur demande. Publier une liste de ces entreprises dangereuses, comme l'explique la Miviludes, serait inutile; c'est un milieu bien trop mouvant. Et encore une fois, pour dénoncer une entreprise comme sectaire, encore faut-il des preuves, donc que des victimes se soient plaintes.

On se souvient de la poignée de main hyper médiatisée entre Nicolas Sarkozy et Tom Cruise. Qu'en avez-vous pensé ?

- Ce fut une erreur monumentale. Nicolas Sarkozy savait très bien ce qu'il faisait. On n'oserait soupçonner un ministre de l'Intérieur de ne pas savoir que Tom Cruise est le second personnage le plus important de l'église de scientologie ! Et le recevoir au ministère ? Tom Cruise s'est fait une publicité extraordinaire aux dépens du ministre … Ce dernier a d'ailleurs dit qu'ils n'avaient parlé que de cinéma, mais l'acteur ne s'est pas gêné pour dire que la scientologie avait aussi largement été abordée. D'une manière générale, et sans engagement politique aucun de ma part, à l'exception de la Miviludes, la gauche a fait, par le passé, plus que la droite dans la lutte contre le phénomène sectaire.

Propos recueillis par Paul-Aimé Drouhin
(jeudi 25 janvier 2007)

Les sectes de plus en plus actives
dans le domaine de la formation (France)
 
psychomédia - 25 janvier 2007
[Texte intégral]

Dans son quatrième rapport annuel, rendu public le 24 janvier, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) constate que les sectes sont de plus en plus actives dans le domaine de la formation "professionnelle" en n'affichant pas de prime abord de signes de prosélytisme.

Il s'agit d'un marché en pleine expansion comme l'illustre l'émergence de nouvelles appellations, de nouveaux métiers et la publicité concernant l'attractivité de ces nouvelles possibilités professionnnelles. Le rapport cite en exemple le "coaching" ou le "team-building".

Les formations représentent des sources importantes de revenus pour ces organisations qui proposent fréquemment des produits annexes : tests, CD-Roms, cours à télécharger, matériel d'accompagnement, aide à l'installation, voyages..." Ces offres de formations s'accompagnent souvent "d'une incitation forte, voire d'une quasi contrainte, à enchaîner les stages pour accéder aux grades plus élevés ...".

Mais selon la Miviludes, il ne faut pas voir des sectes partout :
on peut parler de "dérive sectaire" quand il y a une "mise en état de sujétion", c'est-à-dire une emprise manifeste sur la personne, qui s'insinue dans la vie de tous les jours. Cette dérive se caractérise également par la rupture des liens familiaux et la disparition du patrimoine de la personne.

Le rapport mentionne un risque sectaire dans le domaine psychothérapeutique de l'
Analyse Transactionnelle.

Il cite aussi la formation non reconnue de "
praticien en analyse et réinformation cellulaire", mélange de psychothérapie et de naturopathie qui "vise à rétablir l'harmonie entre le corps, l'esprit et son environnement", ou encore la formation de Doula (accompagnatrice d'accouchement).

Autre exemple, il s'inquiète du développement des stages de "mieux-être" utilisant une plante hallucinogène d'origine africaine, l'iboga. Ces stages sont une adaptation de pratiques chamaniques africaines qui accom- pagnent les rites d'initiation des adolescents. La Miviludes remarque que dans les rites africains, cet usage est strictement dosé. Le ministère de la Santé, alerté sur le fonctionnement de ces "stages", a indiqué que l'iboga constitue, à forte dose, un hallucinogène et qu'à faible dose, il peut être considéré comme un psycho-stimulant. L'Agence française de sécurité sanitaire a ouvert une enquête sur ce produit à la suite du décès d'un "stagiaire" ayant consommé la plante.

La Miviludes précise qu'elle participe, parfois en tant qu'organisatrice, à des actions de formation ou d'infor- mation sur les risques de dérives sectaires. En 2006, 70 sessions ou journées de formations ont ainsi été organisées regroupant plus de 2.000 personnes. Les collectivités territoriales demandent ces formations car ses "agents sont peu informés ou peu préparés pour aborder la dimension sectaire d'un dossier à traiter" constate les rapporteurs.

Sources :
Locatis.info, 24 janvier 2007
LCI.fr, 24 janvier 2007
Site internet de Miviludes

Les sectes délaissent les gourous pour les "formateurs"

LCI.fr - 24 janvier 2007
[Texte intégral]
  • Elles misent sur des stages de formation professionnelle ou de réinsertion sociale pour recruter leurs adeptes, selon un rapport rendu public mercredi.
  • Certaines sectes font aussi une intense activité de lobbying dans le domaine de la propriété intellectuelle et dans le domaine informatique.
  •  

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(PDF, 1.3 Mo)

Les sectes font leur mue et recrutent désormais dans le secteur professionnel. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui a publié son quatrième rapport annuel mercredi, constate que les mouvements sectaires s'adaptent, délaissant désormais les gourous mystiques, au profit de formateurs qui se fondent dans le paysage, sans signes extérieurs de prosélytisme, pour recruter des adeptes.

L'emprise d'une secte sur un individu peut commencer par un banal stage de formation professionnelle ou de réinsertion sociale, conclut ce rapport. Il y a danger s'il est coûteux, exigeant en temps et en "obéissance", ou s'il implique des mises en condition à coup de jeûne ou de substances diverses.

"Praticien en analyse et réinformation cellulaire"

Mais selon la Miviludes, il ne faut pas voir des sectes partout : on peut parler de "dérive sectaire" quand il y a une "mise en état de sujétion", c'est-à-dire une emprise manifeste sur la personne, qui s'insinue dans la vie de tous les jours. Cette dérive se caractérise également par la rupture des liens familiaux et la disparition du patrimoine de la personne.

Le rapport précise que le contexte économique est porteur : les métiers évoluent, les individus cherchent à optimiser leurs capacités d'adaptation, d'où une profusion de stages de "reconstruction personnelle" et de formation liées au domaine de la santé.

La Miviludes cite ainsi la formation non reconnue de "praticien en analyse et réinformation cellulaire", mélange de psychothérapie et de naturopathie qui "vise à rétablir l'harmonie entre le corps, l'esprit et son environnement", ou encore la formation de Doula (accompagnatrice d'accouchement). Certaines sectes font aussi une intense activité de lobbying dans le domaine de la propriété intellectuelle (source de copyrights) et dans le domaine informatique.

En guerre contre l'Iboga

Dans son rapport, la Miviludes s'inquiète du développement des stages de "mieux-être" utilisant une plante hallucinogène d'origine africaine, l'iboga. Ces stages sont une adaptation de pratiques chamaniques africaines qui accompagnent les rites d'initiation des adolescents.

La Miviludes remarque que dans les rites africains, cet usage est strictement dosé. Le ministère de la Santé, alerté sur le fonctionnement de ces "stages", a indiqué que l'iboga constitue, à forte dose, un hallucinogène et qu'à faible dose, il peut être considéré comme un psycho-stimulant.

L'Agence française de sécurité sanitaire a ouvert une enquête sur ce produit à la suite du décès d'un "stagiaire" ayant consommé la plante. L'une des mesures demandées la miviludes est l'inscription de l'iboga sur la liste des stupéfiants.

 Les dangers de l'Iboga

Stage à l'iboga en Ardèche

3 mises en examen pour homicide involontaire

AFP 27 jan 2007
[Texte intégral]

Trois responsables de stages de "mieux-être" à l'iboga, une plante hallucinogène d'origine africaine, ont été mis en examen pour homicide involontaire dimanche à la suite du décès d'un jeune toxicomane lors d'un séminaire en juillet en Ardèche, a-t-on appris de source judiciaire.

Les trois principaux instigateurs du stage sont un couple d'une quarantaine d'années et l'administrateur, qui fournissait l'association en iboga. Seul ce dernier, de nationalité gabonaise, a été écroué à la maison d'arrêt de Valence, a précisé le procureur de la République de Privas, Christophe Raffin.

Deux autres personnes, décrites par le procureur comme "des assistants" ont été mises en examen pour "mise en danger d'autrui". Toutes ces personnes avaient été interpellées lors d'une opération de police menée samedi après-midi au château de Liviers, près de Privas, où l'association Meyaya organisait des "séminaires iboga" de "développement personnel et de quête spirituelle".

En juillet, un jeune alsacien, venu effectuer un séminaire de désintoxication, était décédé au lendemain de son arrivée. Les analyses, dont les résultats ont été obtenus cet automne, avaient fait apparaître une surdose d'Iboga, a indiqué le procureur.

Au terme de l'opération de samedi, menée à l'occasion de l'organisation d'un nouveau séminaire par une trentaine de gendarmes, la quinzaine de séminaristes, des personnes souffrant de dépendances où de dépressions ont été entendus en tant que simples témoins.

Pour recruter ces personnes, les responsables disposaient d'un site internet ou comptaient sur "le bouche à oreille", a fait valoir M. Raffin.

L'iboga, tiré de la racine d'un arbre à latex, est utilisé pour des cures de sevrage des toxicomanes comme possible substitut de la méthadone. Mais il doit être administré dans un cadre précis et sur prescription, a rappelé M. Raffin.

Dans son dernier rapport annuel, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s'est inquiétée du développement de ces stages. La mission parlementaire d'enquête sur les sectes a elle demandé l'inscription de l'iboga sur la liste des stupéfiants.

Un guide pour faire face aux dérives sectaires

Les collectivités territoriales face aux dérives sectaires (miviludes.gouv.fr - 27 juin 2008)

Introduction au guide: Les collectivités territoriales faces aux dérives sectaires (miviludes.gouv.fr - 27 juin 2008)

Dérives sectaires: un nouveau guide pratique pour les collectivités (lagazette-sante-social.com - 27 juin 2008)