France 2009

Prévention contre les sectes

Le rapport 2008 de la miviludes

La formation professionnelle et la santé publique face aux dérives sectaires

Une mission adepte de plus de fermeté (liberation.fr - 18 mai 2009)

Le rapport qui démonte la secte machine (liberation.fr - 18 mai 2009)

Droits de l'Homme: une délégation de l'OSCE en visite à la Miviludes (la-croix.com - 18 mai 2009)

Alerte en France sur l'utilisation de "thérapies" par les sectes (fr.news.yahoo.com - 19 mai 2009)

Psychothérapies: attention aux dérives ! (ouest-france.fr - 18 mai 2009)

Les faux psychothérapeutes inquiètent des experts français (google.com - 19 mai 2009)

Les sectes affichent une santé de fer (metrofrance.com - 19 mai 2009)

Les autres propositions de la Miviludes (la-croix.com - 19 mai 2009)

«Il faut une nouvelle liste des mouvements sectaires» (lefigaro.fr - 19 mai 2009)

La Miviludes engage un bras de fer avec le ministère de l’intérieur (la-croix.com - 19 mai 2009)

Faut-il publier la liste des mouvements sectaires ? (lemonde.fr - 19 mai 2009)

La Miviludes veut «référencer» les sectes (20minutes.fr - 19 mai 2009)

Quelle la définition d'une secte ? (20minutes.fr - 19 mai 2009)

Comment la loi combat les sectes - La définition juridique de secte (20minutes.fr - 21 février 2008)

Sectes: «On perçoit moins le risque sur Internet que quand on est accosté dans la rue» (20minutes.fr - 19 mai 2009)

"Un tiers des psychothérapeutes viennent des milieux sectaires" (europe1.fr - 19 mai 2009)

La formation professionnelle, terrain de chasse des sectes (france-info.com - 20 mai 2009)

Les sectes prospèrent, grâce au boom des psychothérapies (france-info.com - 20 mai 2009)

Dérives sectaires: l'église catholique alertée (leprogres.fr - 18 mai 2009)

Enfants et parapsychologie au menu de la lutte contre les sectes (rue89.com - 19 mai 2009)

La Miviludes cible les faux psys (lejdd.fr - 19 mai 2009)

La Miviludes dénonce les dérives sectaires en matière de formation et de psychothérapie (lagazettedescommunes.com - 19 mai 2009)

Un rapport sur les sectes (lesinfos.com - 19 mai 2009)

1/3 des psychothérapeutes viennent des milieux sectaires ou charlatans (psychomedia.qc.ca - 19 mai 2009)

Un rapport alarmant sur les sectes (rfi.fr - 20/05/2009)

Les dérives sectaires du bien-être et de la santé (france24.com - 19 mai 2009)

Quatre fois plus de sectes en 15 ans (ladepeche.fr - 20 mai 2009)

Gourous en herbe dans le Grand Sud (ladepeche.fr - 20 mai 2009)

Droits de l'Homme: une délégation de l'OSCE en visite à la Miviludes (la-croix.com - 18 mai 2009)


Rapport 2008 de la MIVILUDES au format pdf:

Une mission adepte de plus de fermeté

Par Guillaume Dasquie

http://www.liberation.fr/societe/0101567847-une-mission-adepte-de-plus-de-fermete - 18/05/2009
[Texte intégral]

Extrait du dispositif de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

Demain, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) rendra public un rapport annuel qui traduit une volonté de fermeté. Au fil des 199 pages de ce document, que Libération a pu consulter, on découvre que l’Etat déploie des moyens plus opérationnels que les autres années pour contenir les mouvements sectaires. Le pragmatisme succède à l’éloquence.

Les auteurs dévoilent des dispositifs inédits établis ces derniers mois dans trois ministères, à la Santé, au Travail et au ministère de l’Intérieur. Avec des contrats d’objectifs passés entre eux et la Mission interministérielle.

Des médecines douces à surveiller

A l’invitation de la mission, la Direction générale de la santé a mis en place un groupe d’appui technique (GAT) pour recenser l’ensemble des psychothérapies alternatives. C’est-à-dire les pratiques qui échappent aux principales écoles de la discipline. Car si la Fédération française de psychothérapie reconnaît officiellement 38 méthodes, suivies par un personnel diplômé, on répertorie en revanche une soixantaine de méthodes alternatives, d’inspiration plus ou moins ésotérique, utilisés par des personnels non encadrés (depuis la méthode de «libération des cuirasses» jusqu’à la méthode de «déprogrammation biologique»). Le rapport identifie un «intérêt de la mouvance sectaire pour ces techniques», qui les emploie pour provoquer «la mise en état de sujétion de l’adepte». Sur le fond, la psychologue clinicienne Delphine Guérard, citée par les auteurs, souligne que certaines de ces techniques permettent d’établir des «relations d’emprise». Le GAT du ministère de la Santé doit se réunir prochainement, «à la fin du premier semestre 2009», pour proposer un premier plan d’action contre ces dérives.

Les coachs dans le collimateur

La délégation à l’emploi et à la formation professionnelle du ministère du travail est l’objet de toutes les attentions. La Miviludes signale depuis le début des années 2000 des cas de sectes qui créent des organismes de formation professionnelle pour profiter d’un agrément officiel et recruter de nouveaux membres. Mais, depuis environ deux ans, la mode du coaching a accru ce phénomène. La Miviludes soutient en outre des séances de formation des inspecteurs du travail pour sanctionner les mouvements qui exploitent financièrement le bénévolat de leurs adeptes.

Des équipes sur le pied de guerre

Depuis une directive du 23 janvier 2009 de la ministre Michèle Alliot-Marie, le pouvoir répressif entre dans une nouvelle ère dans ses relations avec les sectes. Selon le rapport, le ministère de l’Intérieur demande à ses troupes de former des équipes pluridisciplinaires chargées de surveiller les sectes afin de qualifier pénalement leurs actes. Un modèle directement inspiré des groupes d’intervention régionaux (GIR). Ces équipes devraient entrer en activité d’ici à la fin de l’année. Une initiative qui répond à une demande déjà ancienne de la Miviludes.


Le rapport qui démonte la secte machine

Par Guillaume Dasquie

«Libération» a eu accès au document ministériel qui s’alarme de
l’entrisme sectaire dans les instances internationales
http://www.liberation.fr/societe/0101567845-le-rapport-qui-demonte-la-secte-machine - 18/05/2009
[Texte intégral]

La bagarre gagne en férocité entre les sectes et leur principal détracteur en France, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Demain matin, cet observatoire dépendant du Premier ministre rendra public son rapport annuel dans un contexte tendu. Le document de 199 pages, que Libération a consulté dans son intégralité (lire page suivante), révèle comment certaines sectes pénètrent les instances internationales sous couvert d’ONG défendant les libertés religieuses. Ces dernières visent à légitimer les sectes comme de simples «minorités de conviction», ni plus ni moins. A leur tableau de chasse : l’ONU et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Un service de l’OSCE se montrerait particulièrement perméable à cette stratégie, selon les auteurs du rapport : le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme.

Inspecteurs. Ironie de ces stratégies d’entrisme : la Miviludes vient de subir les conséquences de ce lobbying, de manière surprenante, au moment même où elle s’apprête à le dénoncer dans son rapport publié demain. Mardi dernier, trois inspecteurs de ce bureau de l’OSCE se sont en effet présentés au siège de la Miviludes, rue de Bellechasse à Paris. Motif de leur visite : auditer cette émanation des pouvoirs publics français pour vérifier qu’elle ne porte pas atteinte aux droits de l’homme et à la liberté religieuse. «Un comble», selon un fonctionnaire habitué à travailler avec les experts de la mission de lutte contre les sectes. Interrogé sur cet épisode, le président de la Miviludes, Georges Fenech, n’a pas souhaité le commenter. Mais, dans son entourage, on souligne le caractère «désagréable» d’une telle initiative. Elle s’interprète comme une victoire pour les mouvements sectaires, et en particulier pour l’Eglise de scientologie. Au mois de mars, dans la dernière livraison de son périodique promotionnel dirigé par Danièle Gounord, l’Eglise de scientologie en appelait explicitement à l’OSCE pour qu’elle «surveille étroitement les activités de la Miviludes et de son nouveau président, afin de détecter toute violation des principes de liberté de religion».(Ethique & Liberté, numéro 40, page 4).

Cellule. Au nombre des ONG suspectées de relayer ce lobbying des scientologues à l’échelle internationale, la Miviludes distingue surtout The Institute on Religion and Public Policy (IRPP) et la Coordination des associations et particuliers pour la liberté de conscience (CAP LC). Selon le rapport, cette dernière, fondée en France en 2004, a défendu devant les instances internationales des requêtes soumises par «l’avocat américain de l’Eglise de scientologie».

Ces tensions entre la Miviludes et les sectes redoublent depuis quelques mois, comme en écho aux objectifs fixés par Georges Fenech. Interrogé par Libération, celui-ci concède: «La Miviludes n’a pas d’équivalent en Europe. Mais je m’active beaucoup en ce moment pour qu’un vaste programme sur les dérives sectaires soit lancé à l’échelle de l’Union. Il pourrait être abrité par l’Agence européenne des droits fondamentaux.»

A l’échelle nationale, l’ancien juge d’instruction se félicite qu’en France, «on est passé de la phase de dénonciation à la phase d’action». A Matignon, dans les prochains jours le Premier ministre, François Fillon, rendra un arbitrage au sujet de la création d’une cellule d’assistance judiciaire contre les sectes.

Composée de chercheurs spécialisés, elle serait mandatée pour épauler policiers et magistrats travaillant sur des dossiers dans lesquels des mouvements sectaires apparaissent. Si François Fillon valide le projet, le lobbying antisecte de la Miviludes enregistrera un premier succès.


Droits de l'Homme:
une délégation de l'OSCE en visite à la Miviludes
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090518162052.kwmdx2w5.htm - PARIS, (AFP) - 18 mai 2009
[Texte intégral]

Trois experts en religion membres du Bureau des Droits de l'Homme de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ont rendu visite à la Miviludes, a indiqué lundi à l'AFP son président Georges Fenech, confirmant une information parue dans Libération.

Ces trois experts, un Français, un Italien et un Américain, sont venus la semaine dernière "à la suite de récrimination de certaines ONG qui accusent la France d'atteintes aux droits de l'Homme dans le cadre de la lutte contre les dérives sectaires", a ajouté le président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), précisant que cette visite s'était "bien passée".

M. Fenech a jugé "normal" que ces experts qui ont été saisis de plaintes fassent leur enquête. Il a expliqué qu'il s'était rendu à Varsovie en octobre pour le congrès du bureau des droits de l'Homme de l'OSCE où il avait expliqué la politique de la France contre les dérives sectaires. "Il avait été convenu alors de poursuivre nos contacts", a-t-il ajouté.

"Ces plaintes pour atteintes aux droits de l'Homme émanent du lobby sectaire" qui veut discréditer la Miviludes, a insisté M. Fenech, rappelant que la Miviludes avait dénoncé ces pratiques de lobbying dans ses rapports annuels, l'an dernier et cette année encore (le rapport annuel 2008 est remis lundi soir au Premier ministre).

Il a refusé de considérer cette visite d'experts comme une tentative d'intimidation à quelques jours de l'ouverture du procès de sept membres de l'Eglise de Scientologie pour "escroquerie en bande organisée", le 25 mai devant devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

En revanche, l'Eglise de Scientologie considère que la Miviludes participe au "lynchage médiatique" dont elle fait l'objet avant ce procès.


Alerte en France sur l'utilisation de "thérapies" par les sectes

par Thierry Lévêque

http://fr.news.yahoo.com/4/20090519/tts-france-sectes-ca02f96.html - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Les organisations considérées en France comme des sectes investissent dans le secteur de la psychothérapie et plus largement la santé, estime une mission interministérielle dans son rapport annuel. Lire la suite l'article

La Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), autorité administrative créée en 1996, présente ce phénomène comme une stratégie délibérée pour diffuser les idéologies et remplir les caisses de ces groupes.

"Cette préoccupation a pris en 2008 une place véritablement prépondérante, liée à la multiplication d'offres relatives au bien-être et à l'épanouissement personnel, dépourvues de toute évaluation sérieuse, et dont certaines présentent un risque réel pour la santé", peut-on lire dans le rapport.

Le foisonnement des méthodes de psychothérapie - 200 à 400 actuellement selon le rapport - et l'extension de cette approche aux soins à la délinquance, au chômage, au stress au travail, aux victimes des catastrophes, de handicaps, avec environ trois millions de Français concernés, a donné lieu à de nombreux abus, estime le rapport.

L'intérêt pour les sectes serait notamment la "mise en état de sujétion" du patient et donc le conditionnement mental qui est à la base des techniques d'enrôlement dans les sectes.

La Miviludes, qui parle de "bulle psy", critique la pratique du "ticket psy", calquée sur celle du ticket restaurant et par laquelle les employeurs financent l'accès aux thérapies.

THÉRAPIES ALTERNATIVES

Plus généralement, sont mises en cause certaines thérapies dites "douces" ou "alternatives", dont la liste, dressée par la mission, va de "l'aromathérapie" au jeûne au passant par la "musicothérapie", la numérologie, la naturopathie, le "tarot psychologique" ou encore la "thérapie par le souffle".

La Miviludes rappelle la problématique connue de la formation des psychothérapeutes, qui ne sont que minoritairement des médecins ou des psychiatres. Un encadrement législatif du titre de psychothérapeute voté en 2004 n'est toujours pas appliqué, souligne le rapport.

La "nouvelle médecine germanique" du docteur Ryke Geerd Hamer s'est notamment développé récemment, avec des conséquences tragiques, ajoute le rapport.

Ce médecin soutient que toutes les maladies, et notamment les cancers, résultent de graves conflits psychologiques non résolus. Les adeptes refusent donc tout soin traditionnel et peuvent mourir dans de grandes souffrances.

La pratique consistant à susciter de faux souvenirs d'abus sexuels familiaux chez les patients, afin de les arracher à leur environnement et les placer en état de sujétion, est épinglée.

Les charlatans étendent leur action au domaine de la formation professionnelle, énorme secteur économique financé largement sur fonds publics. Les problèmes apparaissent notamment dans les actions de formation "liées au domaine de la santé ou du bien-être", relève le rapport.

Alors que le caractère qualifiant de ces formations n'est pas démontré et que leur évaluation est problématique, elles permettent à certaines sectes d'obtenir une forme de reconnaissance de l'Etat, via un "agrément" administratif dont elles se prévalent pour se légitimer.

La Miviludes propose plusieurs mesures d'encadrement administratif pour fermer la porte du marché de la formation aux groupements douteux. Un groupe technique ad hoc placé auprès du ministère de la Santé pourrait aussi être créé.

Le président de la Miviludes, Georges Fenech, a plaidé en présentant son rapport en faveur de la publication d'une nouvelle liste officielle des mouvements sectaires après celle de 1995 qui avait suscité une vive controverse, la définition légale de la notion de "secte" posant toujours problème.

Il s'agirait de décrire les méthodes des organisations suspectes ou ayant connu des démêlés judiciaires. La liste est prête et il ne manque que l'accord du Premier ministre pour la publier sur internet, précise Georges Fenech.

Reuter


Psychothérapies: attention aux dérives !

http://www.ouest-france.fr/ - 18 mai 2009
[Texte intégral]

Plus de trois millions de Français consultent un « psy ». Des méthodes diverses fleurissent.
Certaines sont le faux nez de pratiques sectaires.


Le rapport annuel de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), publié hier, parle « d'une explosion de la bulle psy accompagnée de nombreuses déviances ». Dépression, mauvaise image de soi, mal-être à la maison, au travail... Les Français consomment beaucoup d'antidépresseurs et consultent à tout va les «psy».

Du coup, l'offre de soins a suivi et explosé elle aussi. On recenserait 200 à 400 pratiques différentes, dont beaucoup ne sont ni contrôlées ni évaluées, notamment tout ce qui relève de l'épanouissement personnel. À l'affût, certains mouvements sectaires. Notre santé les intéresse, la santé mentale particulièrement.

Nouvelle médecine germanique

Delphine Guérard, psychologue clinicienne, décrit dans ce rapport les éléments qui permettent de repérer ces pratiques psychothérapeutiques déviantes. C'est le cas quand le psy adopte une position de toute puissance. Quand il est particulièrement inquisitorial. Quand il enjoint son patient de rompre avec sa famille. Ce n'est pas un thérapeute, c'est un gourou.

Au cours des derniers mois, la Miviludes a été alertée sur ce qu'elle appelle la nouvelle médecine germanique, inspirée par le docteur Hamer. À la suite d'un drame personnel, ce médecin a développé la thèse que toute maladie, en particulier le cancer, naît d'un grave conflit psychologique non résolu parce qu'inconscient. Suffit donc de le résoudre et la guérison est assurée.

Cet Hamer pseudo-freudien et sa thèse ont fait l'objet de condamnations pour mise en danger d'autrui, non-assistance, escroquerie et exercice illégal de la médecine. Cela n'a pas empêché tout un réseau de thérapeutes de se constituer.

Faux souvenirs induits

Autre théorie inquiétante, celle des souvenirs induits ou la falsification de la mémoire retrouvée. La technique consiste à persuader le patient - une femme le plus souvent - que ses troubles relèvent d'une maltraitance pendant l'enfance, d'un abus sexuel par exemple, que lui aurait fait subir son père ou sa mère... Une association de défense des victimes de ces thérapeutes déviants s'est d'ailleurs constituée, l'Afsi, «Alerte aux faux souvenirs induits».

Ces gourous charlatans font-ils beaucoup de victimes ? La Miviludes est dans l'incapacité de le savoir actuellement. Il ne faut sans doute pas exagérer le risque. Selon une étude, 84 % des clients des psychothérapeutes s'affirment satisfaits des soins prodigués. On ne compterait donc que 16 % d'insatisfaits. Les plaintes restent rares. Vigilance tout de même, car 25 à 30 % des psychothérapeutes ne sont en réalité ni psychiatres, ni psychanalystes, ni psychologues. C'est pourquoi la loi encadrant cette profession doit être revue et corrigée.

Bernard Le Solleu


Les faux psychothérapeutes inquiètent des experts français

http://www.google.com/- 19 mai 2009
[Texte intégral]

PARIS "La mouvance sectaire investit largement le champ de la santé", et notamment celui de la psychothérapie, s'inquiète dans son rapport publié mardi la Mission interministérielle (française) de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui dit avoir reçu ces derniers mois des "témoignages inquiétants sur deux types de déviance": "la nouvelle médecine germanique" et "la falsification de la mémoire retrouvée".

Son président, Georges Fenech, indique que le ministère de la Santé va recenser et évaluer "toutes les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique".

"Aujourd'hui, les psychothérapies sont au coeur de nos préoccupations car l'offre de soins explose", souligne-t-il dans un entretien au Figaro. "Les gens qui souhaitent se tourner vers un psychothérapeute ne savent pas comment faire le bon choix."

Selon le rapport, seuls 50 à 65% des praticiens ont reçu une formation reconnue par l'Etat: doctorat de médecine, master en psychologie clinique ou formation de psychanalyste (encadrée par la profession). Les autres, 25 à 30%, se réclament de "disciplines diverses" et ont des "parcours de formation hétérogènes".

Or, les instituts, universités et facultés libres disant former à la psychothérapie "ne sont l'objet d'aucun contrôle de l'autorité publique sur la conception des programmes", remarque la Miviludes. "Aucune garantie n'est donc donnée sur la qualité des formations ni sur la valeur des diplômes délivrés, dont aucun d'ailleurs, quelle que soit la méthode psychothérapeutique enseignée, n'est aujourd'hui reconnu par les pouvoirs publics.

"Même si la majorité des psychothérapeutes exercent leur art de manière satisfaisante", un tel contexte est favorable aux dérives, note le rapport. "Au cours des derniers mois, la mission a plus particulièrement été alertée par des témoignages inquiétants sur deux types de déviances dans le champ de la santé."

La première, la "nouvelle médecine germanique", inspirée par le Dr Ryke Geerd Hamer, "développe la thèse que toute maladie et en particulier les cancers naissent de graves conflits psychologiques non résolus (...) enfouis dans l'inconscient du malade. Le décryptage de ce conflit conduit à la guérison". Les praticiens qui l'appliquent disent en général que leurs méthodes se réfèrent à "la psycho-généalogie, l'hypnose, la sophrologie, les constellations familiales, la kinésiologie, le rebirth".

La seconde déviance repose sur la "falsification de la mémoire enfouie". Le "psychothérapeute" diagnostique systématiquement "des maltraitances ou agressions sexuelles commises sur le client au cours de son enfance, dans un cadre intrafamilial". Il suggère en outre au client d'en "tirer toutes les conséquences", autrement dit de rompre avec sa famille.

"Il ne s'agit nullement de suspecter toutes les médecines douces. Mais on sait qu'elles attirent des charlatans", souligne Georges Fenech, en précisant que le ministère de la Santé va recenser et évaluer "toutes les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique". "Les premiers résultats de ce travail seront consultables sur Internet en 2010", indique le président de la Miviludes, selon qui une loi pourrait être alors adoptée afin d'interdire certaines pratiques.


Les sectes affichent une santé de fer

http://www.metrofrance.com - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Quelques objets vendus par la scientologie

Le marché de l’épanouissement personnel serait la cible des mouvements sectaires

Malgré une publicité plus ou moins restreinte, les sectes n’ont jamais semblé aussi bien se porter. C’est ce qui ressort du rapport annuel rendu public hier par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Mivi­ludes). Pour son président Georges Fenech, la France compterait aujour­d’hui entre 500 et 600 mouvements sectaires, contre 172 recensés en 1995.

Gare à l’épanouissement

Selon la Miviludes, le marché de l’épanouissement personnel est une des nouvelles “niches” des mouvements sectaires. “Nous avons vu l’arrivée de pratiques douteuses qui interpellent”, expliquait hier Georges Fenech, citant des “pratiques liés à la Kinésiologie ou à l’exploitation de faux souvenirs induits”. Pour le président de la Miviludes, certaines pratiques liés à la psychothérapie sont tout aussi inquiétantes. Soulignant que l’Assemblée planche actuellement sur un amendement visant à règlementer la profession de psychothérapeute, il a ajouté hier que près d’un tiers de la profession “était probablement issu des mi­lieux sectaires”.

“Dans la société d’aujourd’hui, bien des gens éprouvent le besoin de se tourner vers des thérapies, ou des médecines alternatives, dont certaines sont plus que douteuses. Il est normal que la vigilance soit accrue”, a réagi hier Cathe­rine Picard, présidente de l’Union nationale des associations de défense des victimes des sectes (Unadfi), précisant “qu’environ un million de Français pouvaient être touchés par les dérives sectaires”. Le gouvernement promet des mesures d’actions concrètes. Alors qu’un “groupe d’appui technique” chargé d’étudier “les pratiques non conventionnelles à visées thérapeutiques” a été mis en place en février par le ministère de la santé, celui de l’éducation nationale va se pencher sur les dérives sectaires liés à l’éducation à domicile.


Les autres propositions de la Miviludes

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2374070&rubId=786 - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Pour la première fois, la Miviludes a demandé à chaque ministère de se fixer un certain nombre d’objectifs en matière de lutte contre les dérives sectaires. Trois d’entre eux ont été retenus comme des « priorités ».

Éducation: le ministère a lancé une enquête nationale visant à recenser tous les enfants qui reçoivent une instruction à domicile, afin d’avoir une idée « des effectifs concernés, des motivations des familles » et des risques éventuels de certaines situations.

Travail: l’un vise à mieux contrôler les organismes de formation, l’autre à renforcer la traque au travail illégal dans certaines communautés.

Santé: des « groupes d’appui technique », formés de spécialistes, ont été créés en février dernier pour faire le tri entre les bonnes et les mauvaises pratiques et en informer le public.

Le rapport 2008 de la miviludes: http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Miviludes_Rapport_2008.pdf


«Il faut une nouvelle liste des mouvements sectaires»

Propos recueillis par Angélique Négroni

http://www.lefigaro.fr/actualite-france - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Le rapport de la Miviludes, présidée par Georges Fenech, doit être remis aujourd'hui au premier ministre. Crédits photo: Le Figaro

INTERVIEW - Georges Fenech, président de la mission de lutte contre les sectes, estime qu'un tel recensement est nécessaire pour informer le public.

C'est un sujet sensible auquel s'attaque Georges Fenech, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). En 1995, une commission d'enquête parlementaire avait suscité une forte controverse en répertoriant les mouvements sectaires. Depuis, l'établissement de listes avait été abandonné. Le ministère de l'Intérieur n'y est toujours pas favorable. Le dossier est désormais rouvert.

LE FIGARO. - Faut-il à nouveau établir une liste des sectes en France ?

Georges FENECH. - Nous travaillons à un outil de référence mis à jour régulièrement. Il s'agit de créer un référentiel regroupant les structures à dérive sectaire avec un descriptif de leurs méthodes, leurs pratiques, leurs démêlés avec la justice. On y ajoutera la parole des victimes, mais aussi des responsables des communautés afin de respecter le contradictoire. Nous ne voulons pas simplement passer en revue tout ce qui peut s'apparenter à une secte en France. Nous ne nous intéressons qu'aux structures posant problème. En cela, il s'agit d'élaborer une liste des mouvements à dérive sectaire.

Qui pourrait la consulter ?

J'attends l'arbitrage du premier ministre pour la rendre accessible au public sur Internet comme cela se fait en Belgique. J'y suis favorable car cela répond à un vrai besoin d'information. Pour le moment, c'est un outil de travail interne.

Vous sentez-vous soutenu dans votre action ?

Les pouvoirs publics sont passés de l'incantation à l'action. Les ministères sont pour la première fois tenus de communiquer leurs objectifs pour combattre le phénomène sectaire.

Quelle autre priorité fixez-vous à votre action ?

Aujourd'hui les psychothérapies sont au cœur de nos préoccupations car l'offre de soins explose. Les gens qui souhaitent se tourner vers un psychothérapeute ne savent pas comment faire le bon choix. Or la mouvance sectaire investit largement le champ de la santé.

Que vous a répondu le ministère de la Santé ?

Il ne s'agit nullement de suspecter toutes les médecines douces. Mais on sait qu'elles attirent des charlatans. Le ministère va recenser toutes les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique et les évaluer. Les premiers résultats de ce travail seront consultables sur Internet en 2010. À partir de cette évaluation, les pouvoirs publics pourraient interdire certaines pratiques par voie législative.

Quel est l'objectif du ministère de l'Éducation nationale ?

Xavier Darcos a décidé de recenser tous les enfants qui bénéficient d'une instruction à domicile. Grâce à cette enquête lancée depuis janvier, on disposera pour la première fois d'une vue générale de la situation et on connaîtra les motivations des familles, en général tout à fait légitimes. On pourra ainsi déceler les enfants évoluant dans des communautés à caractère sectaire.

La formation professionnelle est-elle aussi concernée par les dérives sectaires ?

Insuffisamment encadrée et vecteur de prosélytisme, la formation professionnelle va être réformée. Rappelons que ce sont des fonds publics qui financent la formation professionnelle à hauteur de 25 milliards d'euros. À ce jour, des entreprises sont abusées. Des employés qui viennent pour développer leurs capacités de communication ou d'organisation tombent sur des gourous. Aujourd'hui, pour proposer une formation professionnelle, il suffit de faire une déclaration aux organismes publics. Or nombre de charlatans font croire que ce système déclaratif vaut validation par l'État. Le système doit être changé.

L'intégralité du rapport en fichier .PDF

http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Miviludes_Rapport_2008.pdf


La Miviludes engage un bras de fer avec le ministère de l’intérieur

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2374068&rubId=4076 - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Le président de la Mission de lutte contre les dérives sectaires envisage de dresser des listes de mouvements potentiellement dangereux, contre l’avis de l’intérieur

L’antagonisme ne date pas d’hier. Matignon et la Miviludes, d’un côté, s’opposent au bureau des cultes, qui dépend du ministère de l’intérieur, de l’autre (1). En jeu, deux conceptions différentes de ce que doit être la lutte contre les sectes. Mardi 19 mai, Georges Fenech, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, a tenté de faire prévaloir sa vision des choses.

Dans un entretien au Figaro, il a annoncé son intention de « créer un référentiel regroupant les structures à dérives sectaires avec un descriptif de leurs méthodes, leurs pratiques, leurs démêlés avec la justice ». Un projet auquel le ministère de l’intérieur est formellement opposé, comme en témoigne un courrier que vient d’adresser Michèle Alliot-Marie aux préfets.

En 1995, l’Assemblée nationale avait publié une liste de 170 mouvements qualifiés de sectes, suscitant une vaste controverse. Se retrouvaient là des groupes disparates (dont certains pleinement reconnus par les Églises), épinglés pour des raisons obscures sans avoir eu la possibilité de faire valoir leur point de vue. Certains obligeront d’ailleurs les députés à se déjuger.

Cet épisode sera en partie à l’origine, en 2002, du recentrage de la politique de lutte contre les sectes, avec la création de la Miviludes, dont le gouvernement veut désormais placer l’action « dans le champ des libertés publiques, et non plus dans celui d’un combat militant », explique-t-on alors à Matignon. Plus question de partir en guerre contre tous les groupes suspects : désormais, ce sont les « agissements attentatoires à l’ordre public, aux droits de l’homme ou aux lois » qui doivent être surveillés. Une consigne incompatible avec la constitution de « listes ».

Des "référentiels"

Il ne s’agira pas de «listes», mais de «référentiels», a plaidé mardi Georges Fenech en présentant le rapport annuel de la Miviludes. La différence ? «Il s’agit, lorsque nous sommes saisis de plaintes – c’est-à-dire qu’il y a un danger réel – d’ouvrir des dossiers, des référentiels qui serviront à répondre aux maires, aux présidents de conseils généraux, etc., quand ceux-ci nous interrogent sur tel ou tel mouvement. Nous avons déjà commencé, et répertorié environ 200 mouvements ou pratiques qui posent un problème. Il devrait y en avoir 500 ou 600 à terme. Ces référentiels seront à disposition des professionnels qui pourront venir les consulter dans nos locaux. Ils respecteront le contradictoire : les organisations seront informées du fait qu’elles sont répertoriées et leurs observations seront versées au dossier.»

Pour Georges Fenech, cette façon de procéder est conforme à l’objectif assigné à la Miviludes, à savoir «informer sur les structures qui posent un problème». «Seule la question de savoir si nous devons publier ce référentiel est soumise à l’arbitrage de Matignon», précise-t-il.

D’après nos informations, le premier ministre n’a pas encore tranché. Et pour cause : lors d’une réunion interministérielle, le 11 mars dernier, le ministère de l’intérieur a émis de fortes réserves à l’idée de listes qui, de source bien informée, « stigmatiseraient certaines organisations, provoqueraient la réaction de plusieurs associations cultuelles, et dont, par ailleurs, la valeur ajoutée en matière de police administrative serait limitée ».

Pour preuve, ce courrier adressé le 15 mai par Michèle Alliot-Marie aux préfets, préfets de police et directeurs de la police et de la gendarmerie et ayant pour but le « renforcement du caractère opérationnel » de la lutte contre les dérives sectaires: «Comme vous le rappelait ma circulaire du 23 janvier 2009, je vous demande de privilégier, dans votre action, la logique visant à rechercher et à qualifier juridiquement les faits pouvant être réprimés, et non une logique de liste de mouvements susceptibles de commettre des dérives sectaires.»

Le ministère estime par ailleurs que ce dispositif risque de contrevenir à la Convention européenne des droits de l’homme, notamment à l’article 9 qui protège la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Marianne GOMEZ et Anne-Bénédicte HOFFNER

(1) Cf. «Révolution culturelle dans la lutte antisectes», de Raphaël Liogier, dans Le Monde du 4 mars 2008.


Faut-il publier la liste des mouvements sectaires ?

http://www.lemonde.fr - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Dans son rapport annuel, rendu public mardi 19 mai, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), présidée par l'ancien magistrat Georges Fenech, s'inquiète une nouvelle fois des déviances sectaires observées dans un certain nombre de pratiques de psychothérapies, liées à l'épanouissement personnel.

Le foisonnement des méthodes de psychothérapie – deux cents à quatre cents, selon le rapport – et l'extension de cette approche aux soins à la délinquance, au chômage, au stress au travail, aux victimes des catastrophes, de handicaps, concernerait trois millions de Français. Mais ces pratiques ont donné lieu à de nombreux abus, estime le rapport, pour qui ce phénomène est délibérément utilisé par des groupes sectaires pour diffuser leur idéologie et remplir leurs caisses.

Autres problématiques abordées dans le document, le rôle d'Internet comme "amplificateur du risque de dérives sectaires", ou encore le satanisme, qui peut "amener de jeunes adolescents à développer des idées de suicide, se rapprocher de groupes extrémistes proches des idéologies néo-nazies".

Au total, la Miviludes dénombre "cinq cents à six cents" mouvements sectaires opérant en France. Comment la Miviludes, dont la mission est de "favoriser la coordination de l'action préventive et répressive" (article 1er du décret du 28 novembre 2002 instituant la mission), peut-elle protéger le citoyen contre la menace sectaire ?

"RÉFÉRENTIEL"

La piste la plus évidente : rendre publics les noms de ces cinq cents à six cents mouvements. Au citoyen de faire le nécessaire pour se tenir à l'écart – ainsi que ses proches – du groupe suspect. Mardi matin, en rendant son rapport au premier ministre, M. Fenech a fait un pas dans cette direction, estimant qu'"il était temps de moderniser l'outil de travail" de la mission en réunissant les dossiers concernant les mouvements sectaires à partir des signalements ou des plaintes reçues. Dans un entretien au Figaro, l'ancien député UMP du Rhône précise qu'"il s'agit de créer un référentiel regroupant les structures à dérive sectaire avec un descriptif de leurs méthodes, leurs pratiques, leurs démêlés avec la justice. On y ajoutera la parole des victimes, mais aussi des responsables des communautés afin de respecter le contradictoire".

Un "référentiel", donc, pas une "liste". Le sujet est sensible, le mot presque tabou. Fin 1995, une commission d'enquête parlementaire présidée par Alain Gest publie une liste de cent soixante-douze groupes dangereux qualifiés de sectes et évalue à deux cent cinquante mille le nombre d'adeptes occasionnels ou réguliers. Un observatoire des sectes est créé. Mais la publication de cette liste déclenche une vive polémique. La méthode est critiquée : à l'origine, le document est un outil de travail des renseignements généraux, qui n'a pas vocation à être rendu public. De nombreuses voix estiment, pêle-mêle, qu'une telle publication risque de stigmatiser des mouvements qui n'ont rien de sectaire, de déligitimer le phénomène religieux, de créer une inquiétude disproportionnée dans la population.

Les opposants à la liste l'emportent, le principe est abandonné. En 2005, Jean-Pierre Raffarin, premier ministre, signe une circulaire qui semble mettre un terme définitif à l'utilisation de cette méthodologie.

Opposante de toujours aux listes, Nathalie Luca, chercheuse au CNRS, se dit "stupéfaite" de voir leur retour évoqué, même sous le vocable, trompeur selon elle, de "référentiel". "C'est dramatique de constater que l'on a régressé depuis 1995", estime cette ancienne de la Miviludes. Selon elle, le débat se pose aujourd'hui exactement dans les mêmes termes qu'à l'époque. "Etablir une liste est contre-productif : on stigmatise au lieu de protéger. Par la seule existence d'une liste, les gens ont l'impression d'être vaccinés contre les sectes. Ils sont en fait moins vigilants, et donc plus vulnérables."

PRÉVENTION CONTRE STIGMATISATION

Quant à la façon de constituer les listes, elle est sujette à caution : "Les mouvements réellement sectaires sont souvent plus habiles que les enquêteurs, ils évoluent et sont difficilement identifiables, relève Nathalie Luca. Surtout, on risque de se retrouver, comme en 1995, avec des groupes répertoriés abusivement." A l'époque, la chercheuse a enquêté sur plusieurs des cent soixante-douze groupes recensés. "On y a retrouvé l'Eglise à laquelle appartenait Bill Clinton, ou encore une petite association, l'Arbre au milieu, fondée par un psychothérapeute spécialiste des questions de maltraitance. Le dossier sur cette association était complètement vide, mais le mal a été fait, le psychotérapeute a perdu toute sa clientèle."

Sans informer en détail, et sans donner de noms, comment l'Etat peut-il protéger les citoyens ? "En faisant de la prévention, martèle Nathalie Luca. Il faut apprendre aux gens à se méfier, pas les endormir avec des chiffres invérifiables. C'est bien beau de mettre en garde contre le satanisme, mais il faut avant tout expliquer aux parents comment aborder le sujet avec leurs enfants, leur fournir un argumentaire."

Pour l'heure, rien n'est tranché. Le travail de recensement effectué par la Miviludes sera à la disposition des professionnels, a expliqué Georges Fenech, mardi matin. La question de le publier ou pas sera soumise à l'arbitrage du premier ministre.

Benoît Vitkine


La Miviludes veut «référencer» les sectes

http://www.20minutes.fr/article/327221/France-La-Miviludes-veut-referencer-les-sectes.php - 19 mai 2009
[Texte intégral]

SECURITE - Georges Fenech, son président, a évité d'employer le mot de «liste», trop sensible. Pourtant, le besoin de repérer les groupes sectaires demeure...

Ne pas répéter l'erreur de 1995. Georges Fenech, nommé à la tête de la Miviludes depuis le début de l'année, a relancé le débat ce mardi sur la nécessité de recenser les mouvements sectaires. En évitant soigneusement de prononcer le mot de «liste», trop sensible.

Quinze ans plus tôt, un groupe parlementaire étudiant ce phénomène avait publié à partir d'informations des Renseignements généraux une liste d'environ 200 noms, vivement critiquée par les organisations citées, qui s'estimaient stigmatisées. Dix ans après, Jean-Pierre Raffarin avait demandé quelques jours avant son départ de Matignon «le retrait de cette liste noire». En février 2008, c'était au tour d'Emmanuelle Mignon, alors directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, de s'ériger contre cette liste «scandaleuse», provoquant au passage une vive polémique en déclarant que les sectes étaient un «non-problème» en France.

Liste rapidement devenue obsolète

Entre temps, cette liste est vite devenue obsolète, de nombreux mouvements ayant rapidement changé de nom ou d'adresse.

Georges Fenech souhaite donc plutôt établir «un référentiel» des dossiers concernant les mouvements sectaires. «Etablir une liste exhaustive des mouvements sectaires n'est pas dans notre domaine de compétence, mais nous savons définir ce qu'est une dérive sectaire», a-t-il expliqué en présentant le rapport annuel de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, au Premier ministre ce mardi.

Juridiquement, la secte, comme la religion, n'est pas définie dans la loi française. Respectant la liberté de conscience, l'Etat se borne à lutter contre les dérives sectaires et non pas les sectes elles-mêmes.

Les sectes déjà recensées en interne

Un outil interne à la Miviludes permet déjà de réunir les dossiers concernant les mouvements sectaires, à partir des signalements ou des plaintes reçues. «Nous avons commencé à élaborer cet outil qui se veut fiable, pour être en mesure de renseigner ceux qui nous interrogent», a précisé Georges Fenech, citant les magistrats, les élus, les maires.

Afin de ne pas tomber dans l'écueil d'un listing rapidement obsolète et arbitraire, «notre référentiel respectera le contradictoire», a expliqué le président de la Miviludes. Autrement dit, «les organisations mentionnées pourront faire leurs observations et éventuellement modifier leurs pratiques. Ce travail de recensement sera à la disposition des professionnels. La question de le publier ou pas est actuellement soumise à l'arbitrage du Premier ministre», a ajouté Georges Fenech, qui prône une mise en ligne sur Internet, comme cela se fait en Belgique. Contacté par 20minutes.fr, Matignon ne s'était toujours pas exprimé sur la question ce mardi après-midi.

C. F. (avec agence)


Quelle est la définition d'une secte ?
Mais qu’est-ce qu’une secte au juste ?
http://www.20minutes.fr - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Diversité des mouvements spirituels

A l’origine, il s’agit d’un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l'enseignement officiel d'une religion et qui ont créé leur propre doctrine. Ainsi, le christianisme s'est d'abord développé comme une secte au sein du judaïsme, dont il a repris une partie des enseignements.

Au fil du temps, des sectes totalement indépendantes d’une religion-mère ont vu le jour. La grande diversité de ces mouvements spirituels et de leur niveau de dangerosité rend difficile une acception commune du terme.

Pas définie par la loi

C’est toutefois la définition négative du mot qui prime dans le langage actuel: «Une communauté fermée, d'intention spiritualiste, où des guides, des maîtres exercent un pouvoir absolu sur les membres», peut-on lire dans le dictionnaire Le petit Robert.

En France, la secte, comme la religion, n'est pas définie par la loi. Respectant la liberté de conscience, l'Etat se borne donc à lutter contre les dérives sectaires a posteriori (devant les tribunaux) et non pas contre les sectes elles-mêmes.

C. F.

La loi et les sectes, par notre blogueur avocat (article ci-dessous)


Comment la loi combat les sectes

http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr - 21.02.2008
[Texte intégral]

Comment la loi combat les sectes. Car c’est bien ainsi que se pose la question, quoi qu’en pense Emmanuelle Mignon. L’état du droit en la matière, est aux antipodes des déclarations de la directrice du cabinet d’un Président de la République qui a pour ami un des plus éminents membres de la scientologie, à savoir Tom Cruise.

La définition juridique de secte

La loi française ne définit pas directement la notion de secte, dans la mesure où elle n’utilise pas le qualificatif, mais elle s’est beaucoup approchée par la loi du 12 juin 2001 dite loi About-Picard.

Comment se pose le problème, en droit ? A l’origine, existent des groupements privés de toutes sortes. Un certain nombre se réunit autour d’une idée qu’il qualifie de religieuse, essentiellement pour récupérer de nouveaux adeptes. La recherche du label « religion » est moins recherchée pour la com. que pour les avantages sociaux ou fiscaux.

Il faut alors aborder deux problèmes successifs.

D’abord l’analyse des croyances. Une croyance est une pensée qui, pour une partie, est indémontrable. La jurisprudence, de tout temps, au nom de la liberté de pensée, refuse de qualifier les croyances. Mais, toute croyance n’est pas religieuse. Pour que la qualification religieuse soit possible doit être prouvée l’existence d’une foi partagée incluant une réflexion sur la transcendance.

Ensuite, l’analyse des pratiques. Ces pratiques, qui sont les phénomènes d’extériorisation de la croyance, doivent respecter l’ensemble des lois s’agissant de l’éducation, de la santé, du droit social, du droit fiscal … Ainsi, le droit ne s’intéresse pas à la notion de secte, qui est inopérante, mais aux abus pratiqués par ces groupements, que l’on regroupe sous le nom de dérives sectaires.

Les armes juridiques européennes

Le Conseil de l’Europe a surtout mis l’accent sur la prévention, mais il encourage très clairement à l’action, avec deux recommandations l’une de 1992 relative aux sectes et aux nouveaux mouvements religieux, l’autre de 1999 relative à l’activité illégale des sectes. La réflexion, conduite à partir des 47 Etats du Conseil de l’Europe est très intéressante. Elle met en évidence l’émergence des très nombreux nouveaux mouvements religieux, dont tous ne méritent pas la qualification de secte. Les grandes religions « traditionnelles » ne sont pas les seules. Il y a une véritable éclosion, qui est une réalité de fait.

La législation française

En droit interne trois lois apportent leur concours à la lutte contre les sectes.

La loi du 18 décembre 1998, au titre du contrôle de l’obligation scolaire, prévoit des hypothèses punissables de refus d’inscription d’un enfant dans un établissement d’enseignement (article 227-17-1 du Code pénal).

La loi du 15 juin 2000 a permis aux associations de lutte contre les sectes d’exercer les droits reconnus à la partie civile (article 2-17 du Code de procédure pénal.

Le texte de référence est la loi n° 2001-504 du 12 juin 2001 dite loi About-Picard qui traite «des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et des libertés fondamentales». Cette loi permet de poursuivre les faits que l’on peut qualifier «d’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de faiblesse» (Code pénal article 313-4), avec des circonstances aggravantes lorsque sont concernés des enfants ou des personnes en situation de faiblesse (article 223-15-2). Le mouvement peut être déclaré responsable pénalement lorsque l’abus de faiblesse a été commis par son compte.

Si la loi est insuffisamment appliquée, ce n’est pas la peine de taper sur la mission interministérielle MIVILUDES. Il suffit que le Garde des Sceaux donne des instructions aux procureurs pour surveiller ces mouvements et enclencher les poursuites dès qu’il est opportun.

La Scientologie

S’agissant de la Scientologie , il ne faut tout de même pas dire n’importe quoi. La Scientologie a essayé à maintes reprises de faire reconnaître son activité religieuse par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et ces recours ont tous été écartés au niveau de la recevabilité.

La Scientologie abuse, et manifestement parvient à convaincre parfois, en communiquant de manière très erronée à partir d’un arrêt rendu par la Cour Européenne des Droits de l’Homme le 5 avril 2007. Par cet arrêt la Cour avait condamné la Russie pour les obstacles administratifs qu’elle avait levés face à une demande de la Scientologie pour obtenir le statut de religion. C’est à propos de ces tracasseries artificielles et abusives que la Russie a été condamnée. Mais cela ne donne aucun droit à la Scientologie pour réclamer un statut de religion.


Sectes: «On perçoit moins le risque sur Internet
que quand on est accosté dans la rue»

http://www.20minutes.fr/ - 19 mai 2009

Le site mentalementvotre.com affilié à la Scientologie/DR

INTERVIEW - Henri-Pierre Debord, de la Miviludes, explique comment les sectes se servent d’Internet...

Entre 500 et 600 mouvements sectaires sont établis en France, contre moins de 200 il y a quinze ans, profitant notamment du marché florissant de l'épanouissement personnel. C’est le principal enseignement tiré du rapport annuel de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) remis ce mardi à François Fillon. Internet est un fort vecteur de développement pour ces nombreux réseaux sectaires. 20minutes.fr a interviewé Henri-Pierre Debord, qui a étudié cette question pour la Miviludes.

Concrètement, comment une secte recrute-elle des adhérents sur le Web ?

Les sectes prennent place sur le Net en achetant des noms de domaine liés à des mots-clés incontournables quand on s’intéresse au bien-être, au développement personnel, à l’accomplissement de soi et au management des hommes. Ces sites, qui sont des faux-nez renvoyant à des organisations sectaires, sont noyés dans une masse de sites sur ces thématiques.

Les gens qui ont besoin de trouver des solutions toutes faites à leur mal-être peuvent être tentés de faire des recherches sur le Web, et prennent le risque de tomber sur ces sites aux intitulés apparemment anodins [exemples: non-stress.com et mentalementvotre.net liés à la Scientologie, NDLR]. L'internaute sera alors incité à acheter un livre ou à s’inscrire à un stage. Il rentre alors dans le circuit: après un premier stage, il y en aura un deuxième, puis un troisième. On perçoit moins le risque sur Internet que quand on est accosté dans la rue.

Les sectes sont-elles présentes sur les réseaux sociaux comme Facebook ?

Il y a quelques informations à notre disposition qui nous laissent penser que le sectes sont présentes sur Facebook mais je resterais extrêmement prudent. Une chose est sûre: les sectes sont très friandes de données personnelles. Traditionnellement, elles font passer des tests de personnalité pour mieux cibler d’éventuels nouveaux adhérents. Sur Facebook, une partie de ces données sont immédiatement disponibles.

Dans le rapport annuel, vous faites état de tentatives de contrer la Miviludes sur Google...

Oui, en effet, certaines sectes créent des sites reprenant les termes utilisés par la Miviludes pour essayer de nous mettre la tête sous l’eau sur Google. L’objectif est d’essayer d’apparaître le plus haut possible sur les moteurs de recherche pour détourner l’attention des internautes.


"Un tiers des psychothérapeutes viennent des milieux sectaires"

http://www.europe1.fr - 19 mai 2009
[Texte intégral]


Court extrait d'une interview de Georges Fenech, président de la Miviludes

Un tiers des psychothérapeutes viennent des milieux sectaires - Actualité France - Société - Radio Europe1.flv)

Quelque 5 à 600 mouvements sectaires sont établis en France, profitant notamment du marché florissant de l'épanouissement personnel, révèle Georges Fenech, président de la Miviludes, dans son rapport annuel sur les sectes publié mardi.

Un "recensement de toutes les psychothérapies déviantes" va être organisé dès le mois de septembre, avec l'objectif de mieux informer le public, a indiqué le président de la Miviludes Georges Fenech, mardi matin sur Europe 1. Les mouvements sectaires se portent bien en France : ils sont aujourd'hui entre 500 à 600, contre moins de 200 il y a 15 ans, selon les conclusions du rapport annuel sur les sectes, rendu public mardi par la Miviludes.

"On peut considérer qu'il y a probablement un tiers des psychothérapeutes qui viennent des milieux sectaires ou charlatans", a estimé Georges Fenech. La Miviludes décrit ainsi dans son rapport, remis lundi au premier ministre François Fillon, les risques d'emprise mentale, caractéristique de la dérive sectaire, dans certaines pratiques et méthodes de la psychothérapie ainsi que dans des formations fantaisistes et déstabilisantes.

"L'année 2008 marque "un vrai tournant dans l'attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l'action", s'est félicité Georges Fenech. Le ministère de la Santé a par exemple mis en place un "groupe d'appui technique" en février "sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique". Le ministère du Travail traque de son côté les cas de "travail dissimulé" dans des organisations qui font travailler leurs adeptes sans les rémunérer.

Quant à l'Education nationale, elle va se pencher sur les dérives sectaires liées à l'école à domicile pour déterminer combien d'enfants sont concernés, pour quelles raisons ils ne sont pas dans le système scolaire et pour contrôler leur niveau d'instruction.


La formation professionnelle, terrain de chasse des sectes

France Info - http://www.france-info.com - 20 mai 2009
[Texte intégral]

endostock - Fotolia.com

Laurent Doulsan a mené l’enquête. (4'31")

Interview du président de la Miviludes, Georges Fenech (3'58")

C’est aujourd’hui que la Miviludes, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires, publie son rapport annuel. Où l’on apprend que les sectes occupent un terrain prospère, celui du développement personnel, mental, comportemental...

Aujourd’hui, ce sont environ 20 % des formations dispensées en France qui présentent des contenus sujets à caution : développement personnel, hygiène mentale, etc... Dans un tiers des cas, selon la Miviludes, on a affaire au mieux à des charlatans, au pire à de dangereux gourous, spécialistes de la manipulation.

C’est la mésaventure qui est arrivée à six jeunes femmes, qui croyaient participer l’an dernier à une formation en "réflexologie et kinésiologie plantaire" - deux disciplines para-médicales admises où l’on travaille sur la voûte plantaire.

Une formation de six mois, facturée 1'870 euros

Les jeunes femmes n’étaient pas au bout de leurs surprises... Dans l’appartement qui leur servait de salle de classe, les stagiaires n’ont jamais vu personne, à part une étrange professeure-gourou. Au bout de trois mois, toutes les six ont décidé d’arrêter les frais. Elles ont même, depuis, entamé une action en justice.

De l’argent public

La formation professionnelle est une cible toute choisie pour les sectes. D’abord parce qu’elle dispose de budgets conséquents: 25 milliards d’euros, selon le magistrat Georges Fenech, président de la Miviludes. Ensuite, parce le secteur est encore relativement peu contrôlé: il suffit aujourd’hui de se déclarer comme formateur en préfecture, et le tour est joué ! L’activité n’est véritablement contrôlée qu’après deux ans d’exercice.

Pour la Miviludes, il est donc urgent de faire le ménage dans le secteur. Elle propose que l’Etat mette en place des règles plus restrictives. Et surtout, qu’il fasse des contrôles en amont un peu plus resserrés.

Le rapport intégral 2008 de la Miviludes (fichier .pdf - 2.2 Mo)


Les sectes prospèrent, grâce au boom des psychothérapies

http://www.france-info.com/spip.php?article294008&theme=9&sous_theme=12 - 20 mai 2009
[Texte intégral]

Georges Fenech, le président de la Miviludes. AFP/ François Guillot

Le président de la Miviludes interviewé par Laurent Doulsan:

La question centrale du rapport de la Miviludes 2008: La protection de la santé publique (2'02")

5 à 600 mouvements sectaires sont recensés aujourd’hui; ils étaient moins de 200 il y a quinze ans. C’est ce que révèle la Miviludes, dans son rapport annuel publié aujourd’hui.

Elles font rarement parler d’elles, et pour cause : les sectes avancent masquées. Identifiées comme telles, elles feraient plutôt figure de repoussoir. Aussi changent-elles souvent de nom, et d’attribution. Et il est un terreau qui leur est particulièrement favorable: le développement personnel - les psychothérapies en tout genre.

C’est la Miviludes, la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires, qui tire le signal d’alarme. Dans son rapport annuel, publié ce matin, elle explique ainsi que quelque 500 à 600 mouvements sectaires sont établis en France, contre moins de 200 il y a 15 ans. Un triplement, donc, dû à des “niches nouvelles”, selon le mot du président de la Miviludes, Georges Fenech.

Et la mission de décrire par le menu un certain nombre de formations fantaisistes - c’est assez innocent - et déstabilisantes - ça l’est moins.

La Miviludes demande officiellement qu’un recensement de ce type de pratiques et des différents organismes soit fait. Car, dit-elle, la demande est très grande et l’offre assez disparate...

La riposte des pouvoirs publics

D’ailleurs, les pouvoirs publics s’en mêlent - et la Miviludes s’en félicite.

Le ministère de la Santé a mis en place un “groupe d’appui technique sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique”, en février dernier.

Le ministère du Travail, lui, traque les cas de travail dissimulé. Il va également réformer la formation professionnelle, pour doter les organismes d’un agrément administratif (actuellement, une simple déclaration suffit pour être répertorié comme organisme de formation professionnelle).

Quant à l’Education nationale, elle va se pencher sur les dérives sectaires liées à l’école à domicile.

La Miviludes souligne que de nombreux groupements sectaires invoquent l’instruction dans les familles pour justifier la scolarisation sur place, alors que cette pratique doit être limitée à deux familles.

Pour l’heure, il n’existe pas de liste des mouvements sectaires opérant en France. Il y avait bien eu, en 1994, un rapport parlementaire qui avait publié une liste, d’environ 200 noms. Mais celle-ci était rapidement devenue obsolète : de nombreux mouvements avaient rapidement changé de nom ou d’adresse...

Pas question d’établir une nouvelle liste aujourd’hui; le président de la Miviludes propose plutôt d’établir un "référentiel", sorte de répertoire des pratiques à risque.

Le rapport intégral 2008 de la Miviludes (PDF - 2.2 Mo)


Dérives sectaires: l'église catholique alertée

http://www.leprogres.fr - 18 mai 2009
[Texte intégral]

Georges Fenech, président de la Miviludes - photo d'archive Joël Philippon

C'est dans un pari difficile que s'est lancé Georges Fenech, le nouveau président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

En choisissant de donner un second souffle à cette institution au moment où la lutte contre les dérives sectaires ne paraît plus être une des principales préoccupations du moment, mais surtout en décidant d'adopter une stratégie beaucoup plus offensive alors même que l'on assiste à une certaine crispation autour de la question de la laïcité, l'ancien magistrat lyonnais - et ancien député du Rhône - s'est, en effet, engagé sur une voie étroite. Même si, dans cette démarche, il bénéficie du soutien du Premier ministre et de la coopération de l'ensemble des ministères.

Le rapport 2008 de la Miviludes, remis hier soir à François Fillon, reflète ce nouvel état d'esprit qui veut qu'après avoir longtemps privilégié les dénonciations et autres mises en garde, l'institution passe aujourd'hui à l'action. «Il n'y a pas de liberté absolue, mais des libertés fondamentales qui doivent s'inscrire dans le cadre de la loi» nous a déclaré hier Georges Fenech, visiblement peu impressionné par les diverses accusations dont la France a été l'objet pour le peu de cas qu'elle ferait «de la liberté religieuse». Ce qui est d'ailleurs pour lui «un vrai dogme» l'a d'ailleurs conduit à intervenir auprès des autorités catholiques pour attirer leur attention sur les pratiques discutables de deux communautés, l'une située en Gironde, «la communauté des béatitudes» et l'autre dans le Jura, le groupe «amour et miséricorde». «Dans les deux cas, la Miviludes a été accueillie avec bienveillance et entendue» constate aujourd'hui le président.

Pour autant, le rapport 2008 de la Miviludes ne néglige pas non plus la lutte contre les formes plus habituelles de dérives sectaires. A ce titre Georges Fenech est particulièrement satisfait d'avoir obtenu l'engagement des ministères de la Santé, du Travail et de l'Éducation: «Il s'agit d'intervenir dans les secteurs des pratiques médicales non conventionnelles, de l'enseignement pratiqué hors du système scolaires et de la formation professionnelle. Trois domaines d'activité où les sectes sont particulièrement actives ».


Enfants et parapsychologie au menu de la lutte contre les sectes

Par Philippe Madelin

http://www.rue89.com/philippe-madelin/ - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Le chiffre est stupéfiant : selon Georges Fenech, président de la Miviludes, Mission interministérielle de Vigilance et de Luttes contre les dérives sectaires, 5000 enfants seraient privés d'école par leurs parents, adeptes de sectes. (Voir la vidéo 1)


Vidéo 1: Enfants et parapsychologie au menu de la lutte contre les sectes

Cette situation est la principale préoccupation manifestée dans le rapport remis lundi soir au Premier ministre par Georges Fenech.

Pour mener à bien son travail, la Mission a eu largement recours aux différents ministères qui participent à l'action contre les dérives sectaires. En tout premier lieu le ministère de la Santé, particulièrement inquiet de la prolifé- ration des pseudos psychologues qui promettent monts et merveilles à des malades atteints de maladies graves, parmi lesquelles les cancers. Jusqu'à des promesses de guérison assurée, sans traitement. (Voir la vidéo 2)


Vidéo 2: Enfants et parapsychologie sectaires

Le 25 mai va s'ouvrir devant le tribunal correctionnel de Paris un important procès où l'Eglise de Scientologie est poursuivie en tant que personne morale par plusieurs personnes se considérant comme victimes de pratiques sectaires déviantes. La Miviludes attend d'une condamnation un sérieux coup de frein aux pratiques qu'elle dénonce.

Ailleurs sur le Web:

Le site de la Miviludes: http://www.miviludes.gouv.fr/


La Miviludes cible les faux psys

Par Marianne ENAULT

leJDD.fr - http://www.lejdd.fr - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Comme chaque année depuis sa création, en 2002, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a publié son rapport annuel. A l'occasion d'une conférence de presse mardi, son président, Georges Fenech, a dénoncé le "dévoiement des pratiques psychothérapeutiques à des fins sectaires". Les médecines dites alternatives sont notamment visées.

Le président de la Miviludes, Georges Fenech, a présenté mardi le détail du rapport 2008. (Maxppp)

"Une explosion de la bulle psy accompagnée de nombreuses déviances." Voici le nouveau chantier de la Miviludes, auquel le rapport 2008 consacre une large part. Georges Fenech, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, en a détaillé les grandes lignes mardi matin lors d'une conférence de presse. Le magistrat a mis l'accent sur le danger inhérent au manque de règlementation de la profession de psychothérapeute. Si selon lui, la plupart des professionnels "exerce leur discipline en conscience", les "infiltrations de groupements à caractère sectaire" sont monnaie courante.

Kinésiologie*, reiki**, médecine germanique du Docteur Hamer***... la liste est longue. Ce que la Miviludes dénonce, ce n'est pas tant l'efficacité de ces méthodes, mais leurs conséquences, à savoir, dans bien des cas, la marginalisation sociale, professionnelle et familiale de ces "patients". "On leur recommande d'abandonner la médecine traditionnelle. Par manque d'informations, ils tombent dans le piège. On leur dit par exemple que le cancer n'est pas d'origine biologique mais psychologique ; qu'il faut 'déprogrammer' la maladie de leurs cerveaux", dénonce ainsi Georges Fenech.

*Au moyen d'un test musculaire, la kinésiologie décèle les douleurs psychologiques
 
**Médecine non conventionnelle d'origine japonaise basée sur des soins énergétique par imposition des mains
 
***Emprisonné à deux reprises, en Allemagne, puis en France, le Docteur Hamer fait du cancer la conséquence d'un choc psychologique

Recenser les techniques psychothérapeutiques

Face à l'augmentation de ces pratiques - et à la multiplication des procès - les pouvoirs publics ont fini par s'emparer du problème. En la matière, la Miviludes travaille main dans la main avec le ministère de la Santé. Au début de l'année, la Direction générale de la santé a d'ailleurs mis sur pied un groupe d'appui technique, destiné à "recenser ces techniques psychothérapeutiques". Selon Georges Fenech, il s'agit de "faire le tri entre les bonnes et les mauvaises pratiques".

Les élus se penchent aussi sur la question. Philippe Vuilque, député socialiste des Ardennes et président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée nationale, était d'ailleurs présent mardi à la conférence de presse. Pour lui, il s'agit de mieux réglementer la profession afin d'éviter les dérives de caractère sectaire. Déjà en 2004, l'amendement Accoyer, du nom de l'actuel président de l'Assemblée nationale, visait à encadrer la profession. Mais le texte, en raison de sa difficulté d'application, n'a jamais été suivi de décret.

Aujourd'hui, l'amendement est repris - et amélioré en vue d'une application effective - dans le cadre de la loi Hôpital, votée par les députés le 5 mars dernier et en cours d'examen au Sénat. Selon Georges Fenech, il fixe "les conditions d'attribution du diplôme de psychothérapeute", terme qui recouvre à la fois la psychiatrie, la psycho- logie, la psychanalyse et la psychothérapie. "Une très bonne nouvelle", selon le président de la Miviludes.


La Miviludes dénonce les dérives sectaires
en matière de formation et de psychothérapie
http://www.lagazettedescommunes.com/ - 19 mai 2009
[Texte intégral]

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a publié le 19 mai son rapport d’activité 2008 dans lequel elle pointe les risques de dérives sectaires chez les psychothérapeutes et dans le domaine de la formation professionnelle.

Les sectes continuent leurs mutations pour rester insaisissable. Aperçues hier dans le soutien scolaire, elles se développeraient aujourd’hui dans la formation professionnelle. Une enquête de la Miviludes révèle en effet une augmentation des déclarations d’organisme qui se déclarent spécialisés dans «le développement des capacités mentales, comportementales, les formations en développement personnel, et parfois la psychologie et la santé» qui représentent «près de 20% du nombre total de prestataires de formation déclarés».

«La formation professionnelle doit concrètement servir à l’emploi et au poste de travail et/ou au développement des connaissances. C’est pourquoi les actions de développement personnel n’entrent généralement pas dans le champ de la formation professionnelle continue», signale la mission.

«Très souvent, le caractère professionnel ou professionnalisant de ces formations n’est pas démontré, d’autant plus que les objectifs ou programmes demeurent imprécis, ou ne font état d’aucune progression pédagogique, ne définissent pas de prérequis ou de situation professionnelle particulière des personnes formées. Elles ne proposent pas non plus de dispositif d’évaluation permettant d’apprécier les compétences acquises.»

Contrôle de l’Etat

Trois groupes de travail ont été constitués depuis le début de l’année pour améliorer cette offre de formation et notamment pour lutter contre les organismes qui font passer leurs déclarations d’existence pour un agrément d'Etat.

Ils recommandent notamment:

d’améliorer la visibilité de l’offre par un mécanisme d’inscription des organismes de formation sur un portail-répertoire;

de clarifier les conditions d’exonération de TVA aujourd’hui accordée automatiquement sur simple demande, y compris pour des prestataires commerciaux à but lucratif;

et qu’à l’issue de chaque formation, une attestation mentionnant les objectifs de l’action et le succès aux épreuves lorsqu’elles ont eu lieu soit délivrée au bénéficiaire.

La Miviludes suggère aussi «un contrôle régulier par l’État des procédures qu’ils mettent ou ne mettent pas en œuvre en ce domaine, (afin) de démultiplier l’efficacité du contrôle et de contribuer à l’amélio- ration de la qualité de l’offre dans son ensemble».

Vers un statut de psychothérapeute ?

Le rapport 2008 revient aussi sur un problème plus ancien : la pratique du métier de psychothérapeute. «L'explo- sion de la bulle "psy", très insuffisamment maîtrisée par les différents acteurs publics, professionnels et associatifs, inquiète par les nombreuses déviances qui l’accompagnent», note-t-il.

25 à 30% de ces professionnels n’auraient ni diplôme lié directement à cette pratique, ni encadrement ou régula- tion par leurs pairs. Certaines formations à ce métier seraient données par des organismes non reconnus par les pouvoirs publics, sans garantie de qualité et dont les diplômes seraient sans valeur.

Un amendement à la loi de santé publique de 2004 appelait à un décret visant à encadrer le titre de psychothé- rapeute, mais ce texte d’application n’a jamais vu le jour. «Ce texte constitue un immense espoir pour les victimes, les familles, les associations de défense et les professionnels qui constatent les dégâts de groupes ou d’individus de la mouvance sectaire», indique la Miviludes.

Toutefois, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a fait modifier à l’Assemblée le texte relatif à l’hôpital, actuel- lement examiné au Sénat, afin de poser des règles de formation et de pratique de cette profession ainsi que d’en sanctionner les dérives.

Référentiel des structures

Dans ce bilan annuel, la Miviludes met également en garde contre l’utilisation d’internet par les mouvements sectaires et face au développement du satanisme déjà évoqué dans un précédent rapport.

Le président de la mission, Georges Fenech, a profité de la remise du document au Premier ministre François Fillon pour lui proposer la mise en place d’un «outil de référence mis à jour régulièrement (et) regroupant les structures à dérive sectaire avec un descriptif de leurs méthodes, leurs pratiques, leurs démêlés avec la justice», indique Le Figaro du 18 mai. Un dispositif plus réactif que la liste publiée en 1995 par la commission d’enquête parlementaire sur les sectes et qui avait été vivement critiquée.

Raphaël Richard


Un rapport sur les sectes

http://lesinfos.com/2009/05/19/un-rapport-sur-les-sectes/ - 19 mai 2009
[Texte intégral]

C’est aujourd’hui que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), présidée par Georges Fenech, rend son rapport annuel au Premier ministre.

Et c’est à une tâche ardue que s’est attelée la Miviludes. En 1995, une Commission d’enquête avait déjà tenté d'établir la liste des mouvements aux dérives sectaires, mais avait dû y renoncer après de multiples controverses. Pourtant, le dossier est de nouveau à l’ordre du jour. Il s’agit, selon Georges Fenech, interrogé ce mardi par le Figaro, de «créer un référentiel regroupant les structures à dérive sectaire avec un descriptif de leurs méthodes, leurs pratiques, leurs démêlés avec la justice». Cette liste se concentre sur les «structures posant problème», et non pas à toutes les pratiques sectaires en France. Georges Fenech se prononce par ailleurs en faveur de la diffusion sur le net de cette liste, afin de répondre à un vrai besoin d’informations.

Mais la Miviludes doit faire face aux réticences d’instances internationales parmi lesquelles  l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Trois inspecteurs de ce bureau se sont en effet rendus au siège de la Miviludes afin de vérifier que les travaux ne portaient pas atteinte aux principes de la liberté religieuse. L’Eglise de scientologie aurait  explicitement appelé l’OSCE à surveiller étroitement les activités de la Miviludes.

Le rapport s’attaque également à la pratique de la psychothérapie, car, selon les dires de Georges Fenech, «la mouvance sectaire investit largement le champ de la santé», et l’on doit éviter aux patients de remettre leur santé dans les mains de charlatans.

Malgré l’ampleur de la tâche, Georges Fenech, interrogé par Libération, félicite les pouvoirs publics d’être «passés de la phase de dénonciation à la phase d’action». Si François Fillon valide dans les prochains jours la création d'une cellule d’assistance judiciaire contre les sectes, le lobbying antisecte de la Miviludes enregistrera un premier succès.


(France) 1/3 des psychothérapeutes viennent des
milieux sectaires ou charlatans
PsychoMédia - http://www.psychomedia.qc.ca - 19 mai 2009
[Texte intégral]

Quelque 500 à 600 mouvements sectaires sont établis en France selon le rapport annuel de la Miviludes sur les sectes rendu public mardi. Ils étaient moins de 200 il y a 15 ans. Plusieurs de ces mouvements sectaires investissent le champs de la santé et plus particulièrement de la psychothérapie.

"On peut considérer qu'il y a probablement un tiers des psychothérapeutes qui viennent des milieux sectaires ou charlatans", estime Georges Fenech, président de la Miviludes.

L'année 2008 marque "un vrai tournant dans l'attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l'action", dit M. Fenech. Les ministères sont pour la première fois tenus de communiquer leurs objectifs pour combattre le phénomène sectaire.

Au ministère de la Santé, la Direction générale a mis en place un groupe d’appui technique (GAT) pour recenser, à partir du mois de septembre, l’ensemble des psychothérapies alternatives, c’est-à-dire qui échappent aux princi- pales écoles de la discipline. Les premiers résultats de ce travail seront consultables sur Internet en 2010. À partir de cette évaluation, les pouvoirs publics pourraient interdire certaines pratiques par voie législative, a précisé M. Fenech au Figaro. Il ne s'agit nullement de suspecter toutes les médecines douces, précise-t-il, mais on sait qu'elles attirent des charlatans.

La formation professionnelle, qui est financée par des fonds publics, est aussi investie par des sectes. Des employés qui s'inscrivent à une formation pour développer leurs capacités de communication ou d'organisation tombent sur des gourous.

Aujourd'hui, pour proposer une formation professionnelle, il suffit de faire une déclaration aux organismes publics. Or nombre de charlatans font croire que ce système déclaratif vaut validation par l'État. Le système doit être changé.

Psychomédia avec source:

Le Figaro
Europe 1

Voyez également:

  • Multiplication de psychothérapeutes liés à des sectes (rapport de la Miviludes, mai 2009)
  • Sectes: un rapport alerte contre la montée du satanisme et autres dérives (Milivudes, 2008)
  • Les sectes de plus en plus actives dans le domaine de la formation (Milivudes, 2007)
  • Les sectes de plus en plus actives auprès de mineurs (Milivudes, 2006)


Un rapport alarmant sur les sectes

http://www.rfi.fr/actufr/articles/113/article_81164.asp - 20 mai 2009
[Texte intégral]
 

Interview de Georges Fenech: "La fermeté c'est quoi ?"

La Mission interministeriérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) rendait son rapport mardi. La Mission entend bien déployer des moyens plus opérationels que les autres années pour contenir les mouvements sectaires. Elle pointe la dérive des psychothérapies alternatives.

Eglise de scientologie - Photo: Camarade Tova

C'est le préambule du rapport 2009 qui donne le ton. «La societé est en crise économique mais aussi en crise morale, en manque de repère. Les gens sont particulièrement vulnérables et manipulables». Le rapport met en garde plus particulièrement cette année contre les dérives sectaires des psychothérapies alternatives.

La Fédération française de psychotérapie reconnait officiellement 38 méthodes suivies par un personnel diplômé mais on répertorie une soixantaine de méthodes de psychotérapie ésotérique comme «la libération des cuirasses» avec risque d'emprise mentale.

Dans le domaine professionnel, le rapport de la Mission souligne aussi le besoin de vigilance concernant le coaching, très en vogue actuellement, qui est souvent une couverture pour les adeptes de la scientologie.

La Mission se déclare pour plus de fermeté, c'est le crédo du président de la Miviludes, Georges Fenech, qui veut créer ce qu'il appelle un «référentiel» des mouvements sectaires, c'est-à-dire une sorte de répertoire des pratiques à risque établi à partir des signalements ou des plaintes reçues.

Georges Fenech, président de la Miviludes

«Il y a des gens qui se tournent vers vous en faisant croire qu'ils ont des réponses immédiates pour satisfaire vos besoins; c'est là que le danger commence.»


Les dérives sectaires du bien-être et de la santé

France 24 http://www.france24.com - 19 mai 2009
[Texte intégral]


Les dérives sectaires du bien-être et de la santé en France (France 24 - 19 mai 2009)

Un rapport dénonce les dérives sectaires de certaines formations psychothérapeutiques. Georges Fenech, président de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires, témoigne de ces pratiques dans Focus.

Dans un petit local d'un pavillon de la banlieue parisienne, nous retrouvons Laurence. Ce n’est pas une ostéopathe ni même une podologue, mais une ex-employée du secteur bancaire qui vient juste de se reconvertir dans le bien-être.

Laurence est ce qu'on appelle une réflexologue plantaire, une discipline par laquelle on veut provoquer un effet de détente par le toucher. Chaque partie du pied est censé correspondre à un organe du corps. Seulement voilà, cette discipline n'est pas reconnue en France et n'est pas validée par le corps médical. Mais Laurence y croit et vient d'obtenir son certificat de réflexologie. Un certificat sans valeur mais obtenu auprès d'un centre de formation bien réel.

Des formateurs peu scrupuleux

En France, il en existe des centaines et parmi eux figurent parfois des centres de formation peu scrupuleux. Laurence en a d'ailleurs fait les frais, elle a dû tout recommencer après une première formation non satisfaisante.

En général, ces cours ont lieu au domicile du formateur. Sylvie était l’une des six étudiantes des cours proposés par un centre de formation parisien du même acabit.

Au départ, cette proximité de travail en petit en groupe restreint, avait séduit cette auxiliaire de soins. Mais elle a tout arrêté quand elle s'est sentie manipulée.

"Nous nous sommes rendus compte qu'au bout de trois mois de formation que cette personne nous manipulait. Qu'elle nous donnait des ‘phrases-cadeaux’ qui détruisaient des gens autour de nous, alors que nous étions là en tant que professionnels. Nous estimons que ces ‘phrases-cadeaux’ étaient plus de la manipulation mentale qu'autre chose et qu'on ne pouvait pas les distribuer gratuitement aux gens", raconte Sylvie.

"Je n'ai pas ma place dans mon milieu familial, j'ai le cul entre deux chaises", c'est un exemple de ces fameuses "phrases-cadeaux" que le formateur demande aux étudiants d'appliquer à leurs patients.

Les personnes doivent se répéter ces phrases de façon à en être convaincues. Tout cela caché derrière de la kinésiologie. Une méthode censée permettre de tester et de corriger les déséquilibres de l'organisme…

Dérives

C'est ce genre de dérives qui alertent la Miviludes, une structure affiliée aux services du Premier ministre, chargée d'identifier les dérives sectaires et de mesurer les risques d'atteinte de l'intégrité physique et mentale des personnes.

"Ce qui nous inquiète c'est qu'il y a toute une offre de formations qui ne sont absolument pas encadrées, qui n'entrent pas dans le cadre de la formation professionnelle et qui délivrent des formations dites ‘certifiantes’, indique Françoise Chalmeau, conseillère santé à la Miviludes. On est dans une zone à haut risque qui manie beaucoup les outils psychothérapeutiques qui sont des outils qui, lorsqu'ils sont dévoyés, vous entraînent dans des techniques de manipulation mentale qui peuvent aboutir jusqu'à l'emprise mentale de celui qui a suivi ce type de stage."

Les femmes qui suivaient les cours ont décidé de tout arrêter mais ont versé près de 2'000 euros. Contacté par FRANCE 24, le formateur n’a pas souhaité s'exprimer devant notre caméra.

Aujourd’hui, ces femmes ont porté plainte. Le dossier est maintenant entre les mains de la justice.


Quatre fois plus de sectes en 15 ans

http://www.ladepeche.fr/ - 20 mai 2009
[Texte intégral]

Les méthodes de recrutement évoluent, mais la manipulation est toujours la même. Photo Thierry PonsLe nouveau rapport 2008 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), remis hier au Premier ministre, a recensé 500 à 600 mouvements sectaires établis en France, quasiment quatre fois plus qu'il y a 15 ans, époque où l'on n'en comptait que 200.

Cette croissance exponentielle est due à l'investissement par les mouvements de «niches nouvelles» pour reprendre le mot de Georges Fenech, président de la Miviludes, en l'occurrence le marché florissant de l'épanouis- sement personnel où sont à l'œuvre une multitude de psychothérapies alternatives ou de formations fantaisistes. Ce phénomène en plein boom constaté par les associations de terrain (lire ci-dessous) s'appuie notamment sur un entrisme particulièrement pointu dans des manifestations à la thématique bien être, écologie, etc.

Mais si les méthodes évoluent, la finalité des charlatans ne change pas : exercer sur leurs victimes une emprise mentale, caractéristique de la dérive sectaire.

Selon Georges Fenech, l'année 2008 marque «un vrai tournant dans l'attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l'action», se félicite le président de la mission, en citant les propositions des divers ministères qui traduisent «une véritable sensibilisation au phénomène. Groupe de travail au ministère de la Santé « sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique»; traque des cas de «travail dissimulé» dans des organisations qui font travailler leurs adeptes sans les rémunérer; recherche par l'Éducation nationale du nombre d'enfants scolarisés à domicile et éventuellement concernés par les dérives sectaires.

Le rapport publie également un chapitre sur le satanisme qui gagne du terrain par le biais d'internet, sur les méthodes de lobbying des sectes à l'ONU, sur l'utilisation d'internet par les sectes ou encore sur la lutte contre les dérives sectaires en France et en Europe.

Au-delà de ces constats, la Miviludes souhaite passer à la vitesse supérieure et se doter d'un nouvel outil. Car pour l'heure, il n'existe pas en France de liste des mouvements, sectaires seulement le rapport parlementaire de 1995, très critiqué et aujourd'hui obsolète, qui recensait 200 noms.

Hier, Georges Fenech a donc plaidé pour que soit établi « un référentiel » réunissant les dossiers concernant les mouvements sectaires à partir des signalements ou des plaintes reçues.

« Notre référentiel respectera le contradictoire », assure le président. Le travail de recensement sera à la disposition des professionnels mais sa publication sera arbitrée par le Premier ministre.


Gourous en herbe dans le Grand Sud

Par Philippe Rioux

http://www.ladepeche.fr - 20/05/2009
[Texte intégral]

Le nouveau rapport 2008 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Mivi- ludes), remis hier au Premier ministre, a recensé 500 à 600 mouvements sectaires établis en France, quasi- ment quatre fois plus qu'il y a 15 ans, époque où l'on n'en comptait que 200. Cette croissance exponentielle est due à l'investissement par les mouvements de « niches nouvelles » pour reprendre le mot de Georges Fenech, président de la Miviludes, en l'occurrence le marché florissant de l'épanouissement personnel où sont à l'œuvre une multitude de psychothérapies alternatives ou de formations fantaisistes.

Ce phénomène en plein boom constaté par les associations de terrain (lire ci-dessous) s'appuie notamment sur un entrisme particulièrement pointu dans des manifestations à la thématique bien être, écologie, etc.

Mais si les méthodes évoluent, la finalité des charlatans ne change pas: exercer sur leurs victimes une emprise mentale, caractéristique de la dérive sectaire.

Selon Georges Fenech, l'année 2008 marque «un vrai tournant dans l'attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l'action», se félicite le président de la mission, en citant les propositions des divers ministères qui traduisent «une véritable sensibilisation au phénomène. Groupe de travail au ministère de la Santé «sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique»; traque des cas de «travail dissimulé» dans des organisations qui font travailler leurs adeptes sans les rémunérer; recherche par l'Éducation nationale du nombre d'enfants scolarisés à domicile et éventuellement concernés par les dérives sectaires.

Le rapport publie également un chapitre sur le satanisme qui gagne du terrain par le biais d'internet, sur les méthodes de lobbying des sectes à l'ONU, sur l'utilisation d'internet par les sectes ou encore sur la lutte contre les dérives sectaires en France et en Europe.

Au-delà de ces constats, la Miviludes souhaite passer à la vitesse supérieure et se doter d'un nouvel outil. Car pour l'heure, il n'existe pas en France de liste des mouvements, sectaires seulement le rapport parlementaire de 1995, très critiqué et aujourd'hui obsolète, qui recensait 200 noms.

Hier, Georges Fenech a donc plaidé pour que soit établi «un référentiel» réunissant les dossiers concernant les mouvements sectaires à partir des signalements ou des plaintes reçues.

«Notre référentiel respectera le contradictoire», assure le président. Le travail de recensement sera à la disposition des professionnels mais sa publication sera arbitrée par le Premier ministre.

Scientologie: procès à risque

L'association spirituelle de l'Église de scientologie comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris, à partir de lundi prochain, pour répondre «d'escroquerie en bande organisée.»

Un procès à haut risque pour la Scientologie en France puisqu'une condamnation pourrait ouvrir la voie à sa dissolution. L'association est suspectée d'avoir trompé les victimes à l'aide de manœuvres frauduleuses», de les avoir «persuadées faussement que le Centre de scientologie était en mesure d'identifier et de résoudre leurs difficultés psychologiques» et d'avoir eu pour «seul but de capter leur fortune.»

C'est la première fois que la justice s'attaque aux méthodes même de la Scientologie en temps que personne morale. Pendant une dizaine de jours, les magistrats vont décortiquer les pratiques de l'association. Ils se pencheront notamment sur les vitamines que vend l'association et sur l'«électromètre», cet appareil électrique vendu 4'847 € et qui est censé «mesurer les variations de l'état mental d'une personne et tirer ainsi des conclusions sur sa personnalité.»

Gérard Fodor est président de l'Association de défense des familles et de l'individu victimes de sectes (Adfi) en Midi-Pyrénées.

La Dépêche du Midi: Comment accueillez-vous le nouveau rapport de la Miviludes.

Gérard Fodor: Très favorablement, car les thèmes qu'il met en exergue sur le problème des psychothérapies sauvages est l'un de ceux sur lequel nous travaillons depuis longtemps. C'est vraiment notre quotidien. Ce n'est pas un phénomène nouveau ; il existe depuis plusieurs années, mais il est en pleine explosion. C'est un phénomène de plus en plus aigu, de plus en plus important. Sur les quelque 600 appels que nous recevons lors de nos perma- nences dans l'année, 9 sur 10 concernent ce type de pratiques. Ce que l'on constate, c'est que plus le psycho- thérapeute est formé à minima, plus il va en rajouter sur sa carte de visite, ce qui est paradoxal. Parfois il affiche 4 ou 5 lignes de «spécialités», ce qui est absurde. Mais c'est un marché de l'absurde…

Quelle est votre action contre ces pratiques ?

Outre l'aide que nous apportons aux personnes qui nous sollicitent, nous avons entamé un travail de recensement de tous les tracts qui promeuvent ces thérapies. C'est affolant tant il y en a. Surtout, nous avons constaté que ces psychothérapeutes investissaient de plus en plus de manifestations traitant du développement durable. C'était encore le cas le week-end dernier à Muret où lors d'une «éco-foire, citoyenne et décomplexée», des conférences étaient tenues par des charlatans. Ces manifestations (bien-être, santé, écologie) servent de «masque sectaire» à ces charlatans qui profitent de leurs labels et en tirent une sorte de respectabilité. C'est dans ce type de manifestation où ils rôdent leur discours que naissent les gourous en herbe.

Le Grand Sud est-il touché ?

À Toulouse, nous connaissons ce phénomène mais il est également présent dans des zones rurales qui sont attrayantes comme l'Ariège, le Tarn et l'Aveyron.

Quelles suites attendez-vous du rapport ?

Des mesures concrètes qui concernent le statut des psychothérapeutes dont 70 % sont corrects. Il faut pourvoir s'assurer que les psychothérapeutes sont correctement formés.

Adfi Midi-Pyrénées. Tél. 05 34 41 44 95

Téléchargez le rapport de la Miviludes au format PDF, cliquez ici (PDF - 2.2 Mo)

ADFI-Provence: "La Miviludes a mis l'accent à juste titre sur les psychothérapies" (laprovence.com - 19 mai 2009)


Droits de l'Homme: une délégation de l'OSCE en visite à la Miviludes

http://www.la-croix.com - 18 mai 2009 (Paris -AFP)
[Texte intégral]

Trois experts en religion membres du Bureau des Droits de l'Homme de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ont rendu visite à la Miviludes, a indiqué lundi à l'AFP son président Georges Fenech, confirmant une information parue dans Libération.

Ces trois experts, un Français, un Italien et un Américain, sont venus la semaine dernière "à la suite de récrimi- nation de certaines ONG qui accusent la France d'atteintes aux droits de l'Homme dans le cadre de la lutte contre les dérives sectaires", a ajouté le président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), précisant que cette visite s'était "bien passée".

M. Fenech a jugé "normal" que ces experts qui ont été saisis de plaintes fassent leur enquête. Il a expliqué qu'il s'était rendu à Varsovie en octobre pour le congrès du bureau des droits de l'Homme de l'OSCE où il avait expliqué la politique de la France contre les dérives sectaires. "Il avait été convenu alors de poursuivre nos contacts", a-t-il ajouté.

"Ces plaintes pour atteintes aux droits de l'Homme émanent du lobby sectaire" qui veut discréditer la Miviludes, a insisté M. Fenech, rappelant que la Miviludes avait dénoncé ces pratiques de lobbying dans ses rapports annuels, l'an dernier et cette année encore (le rapport annuel 2008 est remis lundi soir au Premier ministre).

Il a refusé de considérer cette visite d'experts comme une tentative d'intimidation à quelques jours de l'ouverture du procès de sept membres de l'Eglise de Scientologie pour "escroquerie en bande organisée", le 25 mai devant devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

En revanche, l'Eglise de Scientologie considère que la Miviludes participe au "lynchage médiatique" dont elle fait l'objet avant ce procès.


Rapport de la MIVILUDES au format pdf

2008

Voyez également:

  • Sectes: un rapport alerte contre la montée du satanisme et autres dérives (Milivudes, 2008)
  • Les sectes de plus en plus actives dans le domaine de la formation (Milivudes, 2007)
  • Les sectes de plus en plus actives auprès de mineurs (Milivudes, 2006)

 Index des articles concernant la MIVILUDES