- Dans
une lettre le président de la Confédération,
- Adolf
Ogi soutient indirectement Madame Moon
-
- Le
Nouveau Quotidien, 17 novembre 1993
- [Texte
intégral]
Un
message personnel du président de la Confédération a
été lu en introduction d'une conférence donnée par l'épouse
du fondateur de l'Eglise de l'unification. Surprise.
Pas
de doute, Adolf Ogi a bien écrit des mots d'encouragement
concernant la conférence de Madame Moon, épouse du révérend-fondateur
de l'Eglise de l'unification - plus connue sous le nom
de secte de Moon - et présidente de la Fédération des
femmes pour la paix mondiale. Le message du président
de la Confédération a été lu en introduction à la conférence
donnée samedi soir à Genève.
«J'espère,
écrit Adolf Ogi dans sa lettre, que cette personnalité
(Mme Moon) pourra s'adresser à un vaste auditoire. Au
moment où diverses crises secouent le monde et où les
difficultés écononiques se multiplient, les gens ont
plus que jamais besoin de points de repère et de dialogue.
La Fédération des femmes pour la paix mondiale peut
contribuer à tisser des liens entre les peuples.»
La
lettre est bien du président de la Confédération, confirme
son chef de presse, Claude Clément. Sur une réponse
floue d'Ulrich Sieber, attaché de presse d'Adolf Ogi,
la lettre a pourtant été présentée comme un faux, au
grand dam des représentants de Moon en Suisse.
«Le
président de la Confédération savait de quoi il s'agissait,
explique Yves Nidegger du service de presse de l'Eglise
de l'unification. Il a reçu une lettre tout à fait explicite,
avec une invitation présentant clairement Madame Moon
comme épouse du révérend.» Adolf Ogi n'a pu ignorer
à qui s'adressait ses vœux. C'est justement là où le
bât blesse, selon lui : «J'ai répondu, de façon privée,
à Claude Perrottet, secrétaire général de la PWPA (ndlr
: Professors World Peace Academy, une des nombreuses
organisations créées par le révérend et Mme Moon). Ce
texte n'était pas destiné à être lu en public.
Dans ce sens j'ai été abusé. J'ai écrit pour marquer
mon soutien à un mouvement pour la paix. Nous appuyons
toute démarche dans ce sens, qu'elle vienne de la gauche
ou de la droite.»
Le
président reçoit 100 à 200 lettres par jour. Une douzaine
de collaborateurs y répondent. Ogi signe personnellement
celles qui lui sont expressément adressées. «Je prends
bien sûr le risque qu'on abuse de ma confiance.» Quoi
qu'il en soit, Claude Perrottet, ravi, a déjà écrit
une lettre de remerciements au président.
Marie-Christine
Petit-Pierre / BRRI
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