| LA
COMMUNE DE DELÉMONT INTERDIT LA SCIENTOLOGIE
- Débat du Parlement
jurassien du 23 février 2005
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- «Cessons donc
l’hypocrisie et prenons des mesures ! Arrêtons de dire qu’on ne peut rien faire
contre les sectes et utilisons tous les moyens légaux et démocratiques à
disposition».
- Dixit M. Gilles
Froidevaux, maire socialiste de Delémont
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- M. Gilles Froidevaux, maire
socialiste de Delémont, a fait remarquer aux députés jurassiens les nombreuses
condamnations de la scientologie pour expliquer sa décision d'interdire leurs
stands dans les rues de la capitale jurassienne. Intervention de M.
Gilles Froidevaux
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- M. Luc Schindelholz (Combat
Socialiste-POP) estime que chaque citoyen doit être respecté et, ce, quel que
soit le nombre de pétitions qu’il adresse à la commission. Il espère également
que les parlementaires seront amenés à légiférer sur cette Eglise de
scientologie. Intervention de M. Luc
Schindelholz
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L'entier du débat
concernant la scientologie (23 février
2005)
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- Intervention de M.
Gilles Froidevaux
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- (Parti Socialiste)
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- Au cours de sa dernière
séance, le groupe socialiste a examiné le rapport de la commission de la justice
et des pétitions en relation avec la pétition de M. Jean-Luc Barbier intitulée
«Pour interdire la location
- de stands à la scientologie
sur tous les marchés et foires du Canton du Jura».
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- Le groupe socialiste
rejoint l’appréciation de la commission lorsque celle-ci propose au Parlement de
rejeter la pétition Barbier. En revanche, il ne peut accepter que cette pétition
soit rejetée sans débat politique au sein de ce Parlement quant à l’activité de
l’Eglise de scientologie.
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- Même si la compétence
d’interdire la location de stands sur les marchés et les foires appartient
effectivement aux communes concernées, il n’en demeure pas moins que le
Parlement jurassien devrait une fois pour toutes se déterminer politiquement sur
l’attitude à adopter envers l’Eglise de scientologie et les
sectes.
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- Curieusement, les autorités
fédérales ne semblent pas particulièrement préoccupées par l’activité des
sectes. Le dernier rapport du Département fédéral de Justice et Police date du
15 décembre 2000. Dans ce document, le DFJP observe que «les sectes et la
Scientologie n’ont pas réduit leurs activités et sont toujours aussi
contestées». Il estime toutefois «qu’il n’y a pas lieu de les faire surveiller
par les organes chargés d'assurer la protection de l’Etat». Il relève en
revanche «la nécessité de procéder à une nouvelle évaluation de la situation si
les derniers développements ou les nouvelles connaissances acquises l’exigent.
La situation d’autres pays européens et les informations issues de ces pays
doivent, à l’avenir encore, être prises en compte».
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- Aux yeux du groupe
socialiste, l’activité de certaines sectes représente un problème de plus en
plus important pour les sociétés démocratiques. Au cours des dernières années,
la France, notamment, a reconnu les dangers que présentent les sectes pour la
société. Les nombreux procédés agressifs de l’Eglise de scientologie y ont
largement contribué.
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- Certaines expériences
tragiques suscitent de légitimes préoccupations dans la population; sur les
centaines
- de mouvements sectaires, le
risque existe bien que quelques-uns se livrent à des pratiques discutables et
susceptibles d’entraîner des conséquences négatives pour leurs adeptes, voire
pour la société.
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- En France, la très sérieuse
Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MIVILUDES, l'ex MILS), rattachée
directement au Premier Ministre, a donné la définition suivante du mot «secte»
dans son rapport du 30 décembre 1999 :
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- «Une secte est
une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs
religieux, dont le comportement porte atteinte aux Droits de l’Homme et à
l’équilibre social».
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- Pour sa part, une
commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale française a qualifié
l'Eglise de scientologie de «secte». Et qu’on ne s’y trompe pas. L’Eglise de
scientologie n’est pas une religion. Cette appréciation est partagée par le
Tribunal cantonal vaudois qui, dans un arrêt, a rejeté la plainte déposée par
les scientologues contre trois conseillers municipaux de la Ville de Lausanne
pour discrimination religieuse.
- Selon le Tribunal cantonal,
une religion doit être acceptée et reconnue comme telle. Il ne suffit donc pas
qu'elle se désigne par les termes d’Eglise ou de religion pour bénéficier de la
protection contre la discrimination religieuse.
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- Je cite: «On ne discerne
dans la scientologie aucun rapport de l’homme à Dieu ou à un principe supérieur
et sacré» estiment les juges. Ses prestations et les biens qu’elle offre «n’ont
rien de religieux».
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- En notre qualité de députés
et au nom de la liberté de pensée, nous ne pouvons dès lors tolérer que
s’affiche ouvertement une association à caractère sectaire dont le comportement
a été assimilé par un organisme officiel français, je le répète, à «une
association de structure totalitaire (..) qui porte atteinte aux Droits de
l'Homme et à l’équilibre social».
-
- Cessons donc
l’hypocrisie et prenons des mesures ! Arrêtons de dire qu’on ne peut rien faire
contre les sectes et utilisons tous les moyens légaux et démocratiques à
disposition !
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- Pour sa part, le conseil
communal de Delémont a tranché. Dans une décision prise le 8 février dernier, il
a interdit l’Eglise de scientologie de toute activité sur le domaine public de
la commune. Considérant que les agissements et le message «ambigu» des
scientologues heurtent de plus en plus les sensibilités des citoyens, le conseil
communal a décidé de mettre un terme aux activités de prosélytisme de l’Eglise
de scientologie, notamment lors du marché de la vieille ville.
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- Cette décision concerne
également les associations apparentées de près ou de loin à la scientologie,
telle par exemple l’Association «Dites non à la drogue».
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- Nous souhaitons vivement
que les autres communes prennent les mêmes mesures.
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- Après avoir ainsi donné son
appréciation politique de la situation, le groupe socialiste acceptera le
préavis de la commission de la justice et des pétitions au motif que celui-ci
rejette une pétition qui concerne avant tout les communes et non pas le
Canton.
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- Intervention de M. Luc
Schindelholz
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- (Combat Socialiste-POP)
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- Tout d’abord, je vais
plutôt m’exprimer sur la forme plutôt que sur le fond de la pétition que la
commission rejette clairement et pour de justes motifs.
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- Sur la forme, le message de
la commission de la justice et des pétitions nous a un peu gênés. Chaque citoyen
doit être respecté et, ce, quel que soit le nombre de pétitions qu’il adresse à
la commission. La loi le lui autorise et ce n’est pas le rôle d’une commission
de juger l’un de ses citoyens. En l’état, nous ne pouvons accepter le message
sous cette forme et nous demandons que le Parlement s’exprime uniquement sur la
recommandation de la commission de la justice et des pétitions.
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- Deuxièmement – et, en cela,
je rejoins le groupe socialiste – le message actuel pourrait donner l'impression
de défendre l’Eglise de scientologie et, Gilles Froidevaux a bien fait de le
dire, cette Eglise tente de plus en plus des percées dans notre Canton. J’espère
également que nous serons amenés à légiférer sur cette Eglise de
scientologie.
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- Je tiens également à vous
informer (si vous l’ignorez) que les courriers ou documents que nous recevons,
en tant que députés, épisodiquement d’une certaine «Commission des citoyens pour
les Droits de l'Homme» sont en réalité financés par l’Eglise de scientologie.
Vous avez certainement reçu également des courriers électroniques et cette
documentation qui s’appelle «Santé mentale en crise : les vraies raisons». C’est
bien écrit en bas «Commission des citoyens pour les Droits de l’Homme».
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- Cela peut apparaître très
sympathique et, en fin de compte, lorsqu’on regarde la dernière page et quand on
lit le texte, on voit en tout petit (en blanc sur un grand fond rouge) «Cette
publication a pu être réalisée grâce à un don de
l’International Association Scientologist».
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- Vraiment, on ne peut pas le
lire mais c’est évidemment une publication scientologue. D’ailleurs, je me suis
renseigné et cette commission des citoyens pour les Droits de l’Homme a été
fondée en 1969 par l’Eglise de scientologie !
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- Donc, un député averti en
vaut deux!
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