- LA COMMUNE DE DELÉMONT
INTERDIT LA SCIENTOLOGIE
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- Quotidien Jurasssien, 24
février 2005
- [Texte
intégral]
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- Inlassable pourfendeur de
l'Eglise de scientologie, le Bruntrutain (*) Jean-Luc Barbier
a connu hier un nouvel échec devant le Parlement jurassien. Mais il aura eu une
consolation immédiate. Car sa pétition «Pour interdire la location de stands à
la scientologie sur tous les marchés et foires du canton du Jura» a été rejetée,
pour la simple et bonne raison que le canton ne peut prononcer une telle
interdiction : c'est de la compétence des communes.
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- Mais l'on a appris, dans le
courant de La discussion, que le Conseil communal de Delémont a pris dans ce
domaine une décision qui réjouira Jean-Luc Barbier : il a «décidé de mettre un
terme aux activités de prosélytisme de l'Eglise de scientologie, notamment lors
du marché de La vieille ville», a annoncé le maire de La capitale et député
socialiste Gilles Froidevaux.
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- (*) habitant de
l'«Ajoie», district jurassien dont la capitale est Porrentruy
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- Quotidien Jurassien, 6
octobre 2004
- Thierry Bédat
- [Texte
intégral]
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- Ces derniers mois,
L'Eglise de scientologie a plusieurs fois participé à des foires dans le Jura.
- Cette présence a
provoqué plusieurs réactions et une pétition.
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- La présence de ministres
bénévoles de scientologie aux foires de Porrentruy, Delémont et Saignelégier a
suscité plusieurs réactions de Jurassiens auprès des autorités communales
concernées et l'envoi au Parlement jurassien d'une nouvelle pétition de Jean-Luc
Barbier, président de l'Association d'aide aux victimes de la scientologie
(AVDS) établi en Ajoie. Déposée cette fois-ci au nom de l'association, cette
deuxième requête demande aux députés d'interdire de tels stands sur les marchés
et foires du canton.
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- Il réclame des
auditionsde victimes de la scientologie
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- Pourtant, la Commission
parlementaire de la justice et des pétitions vient de rendre son
rapport proposant aux députés de rejeter la précédente pétition de Jean-Luc
Barbier qui revendiquait «une meilleure prévention concernant les sectes et
leurs actions subreptices.»
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- Dans son rapport au
Parlement, la Commission relève que les cas isolés, cités par le pétitionnaire;
de distributions de dépliants liés à la scientologie au Lycée cantonal et dans
deux pharmacies du canton ont tous été décelés préalablement par les autorités
compétentes qui les ont fait retirer.
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- «Dès lors, l'opportunité de
la base légale que demande la pétition est discutable», écrit la Commission.
Elle souligne également que l'introduction d'une telle norme dans la législation
cantonale ne serait pas conforme au droit fédéral, même si elle considère fondée
l'interrogation du pétitionnaire.
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- Avec sa seconde pétition
envoyée la semaine dernière, JeanLuc Barbier dénonce la présence de stands
scientologues sur les marchés de Porrentruy et Delémont. Il demande aux députés
de les interdire. «La scientologie n'est rien d'autre qu'une thérapie
pseudo-médicale dangereuse pour la santé mentale se cachant derrière une façade
pseudo-religieuse», dénonce le président de l'AVDS. Il propose également aux
autorités cantonales d'organiser des auditions de victimes de la scientologie,
afin de confirmer ses affirmations.
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- Deux autorisations par
an à Delémont
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- Les autorités communales
concernées par ces stands n'ont toutefois pas attendu cette pétition pour
s'intéresser à cette problématique.
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- A Delémont,où les
scientologues ont tenu un banc en décembre dernier, en février et en août cette
année, le maire Pierre-Alain Gentil souligne que le Conseil municipal ne peut
refuser à une association le droit de s'exprimer et de manifester.
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- «La foire est ouverte à
tous les courants d'opinions dans une fréquence raisonnable, d'autant plus que
pour les associations venant de l'extérieur du canton. Nous avons donné
l'autorisation à l'Eglise de scientologie de venir deux fois par an. Si elle
nous en demandait une supplémentaire, nous refuserions», assure le maire
delémontain. Il poursuit : «Si ces gens avaient des comportements agressifs ou
trop insistants, nous interviendrions, mais nous n'avons rien constaté de
tel.»
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- A Porrentruy, le 27
septembre dernier, la responsable du stand des ministres bénévoles de
scientologie ayant présenté une patente de forain à son nom personnel, l'agent
de police responsable de la foire n'a avisé que plus tard le maire, après avoir
été interpellé par plusieurs personnes.
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- Les autorités communales
ont alors décidé de tolérer ce banc, mais ont indiqué à ses responsables qu'il
leur faudra demander une autorisation avant leur prochain passage pour éviter de
se voir refuser l'accès à la foire bruntrutaine.
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- «Nos stands sont présents
dans toutes les villes romandes. Cette action se passe très bien, également dans
le Jura. Nous sommes bien reçus et cela ouvre le dialogue avec le public et les
autorités, c'est très agréable», commente pour sa part Suzanne
Montangero, chargée des affaires extérieures de l'Eglise de scientologie de
Lausanne, tout à fait satisfaite de la décision du Conseil municipal
delémontain.
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- TROIS APPROCHES
DIFFERENTES
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- Les députés vaudois
légifèrent ...
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- Les députés vaudois ont
accepté, le 28 septembre dernier par 81 voix contre 31 et 22 abstentions,
une troisième pétition
de Jean-Luc Barbier portant sur «un contrôle de la scientologie et de sa
thérapie». Les élus recommandent ainsi à leur exécutif cantonal de se pencher
sur la pratique de la scientologie, notamment en ce qui concerne l'adhésion et
la liberté de démission de ses membres. Avec ce vote, le Grand Conseil vaudois
estime que l'Etat a un droit de regard à titre préventif sur l'activité de la
scientologie, notamment en vertu de la protection de l'ordre
public.
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- ... mais pas les députés
jurassiens
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- Porte-parole suisse de
L'Eglise de scientologie, Jürg Stettler met en évidence la grande différence de
traitement constatée entre Le canton du Jura et celui de Vaud, car ce dernier a
refusé tout contact avec l'Eglise de scientologie lors du traitement de la
pétition de Jean-Luc Barbier. «Nous sommes pourtant dans un pays démocratique,
il devrait être possible de se défendre, surtout lorsqu'il est porté des
accusations aussi graves», dénonce Le porte-parole. Il se félicite donc de la
décision de la Commission parlementaire jurassienne de la justice et des
pétitions. Quand à la seconde pétition, Jürg Stettler considère que c'est une
«demande totalitaire», allant contre l'avis du Tribunal fédéral.
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- Jean-Luc Barbier
poursuit sa lutte
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- «Peut-être que ma pétition
n'était pas assez précise, raison pour laquelle L'Association de défense des
victimes de La scientologie (ADVS) vient d'en déposer une
nouvelle pour demander l'interdiction des stands scientologues.
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- J'espère que nous seront
mieux entendus», explique son président Jean-Luc Barbier.
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- Il regrette de ne pas avoir
été entendu par la Commission parlementaire jurassienne de la justice et des
pétitions, mais se déclare satisfait de la décision vaudoise. «Les dépliants de
l'Association Dites non à la drogue, financés par l'Eglise de scientologie,
viennent d'être interdits dans les écoles de San Francisco, ce qui démontre le
bien-fondé de ma première pétition», insiste le président qui s'étonne que les
Jurassiens laissent entrer si facilement le renard dans leur poulailler.
(tb)
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