Chrétiens fondamentalistes

Violation des fondements de l'instruction publique

Des chrétiens fondamentalistes font des demandes surprenantes à l'école publique (lematin.ch - 4.09.2010)

La secte des «Pierres Vivantes» fait à nouveau parler d'elle (lematin.ch - 4 septembre 2010)

Les fantômes font peur aux parents traditionalistes

par Camille Krafft

http://www.lematin.ch - 4 septembre 2010
[Texte intégral]

Des chrétiens fondamentalistes font des demandes surprenantes à l'école publique: ils ne veulent pas d'un moyen d'enseignement parce que des sorcières y apparaissent, ou refusent que leur fille porte un pantalon de ski. Dans le canton de Fribourg, ces parents causent davantage de difficultés au Département que les musulmans.

Fantômes, sorcières, vampires. Des personnages censés faire peur aux enfants, mais qui effraient surtout les parents. Du moins certains chrétiens fondamentalistes, pour qui ces figures surnaturelles n'ont rien à faire à l'école. Ils le font savoir à l'enseignant, voire au directeur de l'établissement et au Département.

Dans les cantons de Vaud et de Fribourg, plusieurs tentatives ont eu lieu ces dernières années pour faire bannir des ouvrages mettant en scène ce type de personnages. Gafi, le fantôme à l'allure pourtant sympathique qui aide les petits Fribourgeois à apprendre à lire, a été l'objet d'une attaque, sans succès: les livres sont toujours utilisés dans le canton. Côté Vaud, c'est un livre pour l'apprentissage du français racontant une histoire de sorcières et de vampires qui a suscité des réactions.

Différence entre Bien et Mal «pas claire»

Et ce n'est pas tout. Dans la liste des doléances abracadabrantes, on trouve des parents qui refusent que leur fille participe à une sortie à skis, parce qu'elle devra porter des pantalons. Ou d'autres qui se battent pour que le sapin de Noël, ce symbole du paganisme, quitte les salles de classe. Et interdisent à leur enfant d'aller écouter un concert avec ses camarades, sous prétexte qu'il a lieu dans une église.

Selon Michel Perriard, du Département de l'instruction publique fribourgeois, les parents chrétiens traditionalistes causent davantage de difficultés avec leurs demandes particulières que les musulmans. Dans une récente interview à Migros Magazine, Isabelle Chassot, cheffe du Département, notait ainsi que «le débat public actuel focalise beaucoup sur la communauté musulmane. La réalité vécue au quotidien est différente.»

Mais pourquoi diable ces réactions «chrétiennes» à des éléments qui paraissent relever de notre patrimoine culturel ? «Dans les histoires actuelles, la différence entre le Bien et le Mal n'est souvent pas claire», argue Jean-Marc Berthoud, membre de l'Eglise réformée baptiste et président de l'Association vaudoise de parents chrétiens, qui compte quelque 500 membres dans toute la Suisse romande.

Il y a quelques mois, l'association a réagi contre deux livres d'apprentissage du français, «Princesse à la gomme» et «Même pas peur», dans la même collection. Les parents d'élèves, le Département, ainsi que certains députés ont été interpellés sur la question. Selon cette maman de quatre enfants, membre de l'association, le premier ouvrage «valorise la moquerie et le sadisme». Quant au second, «les sorcières sont des personnes qui font le mal. Ce n'est pas bon pour les enfants», estime Jean-Marc Berthoud.

Les Pierres Vivantes

Dominique Schaller, porte-parole de l'association d'obédience évangélique Pierres vivantes, va plus loin: «Les sorcières, les démons et la magie font partie du monde spirituel. Cela nous choque de voir ces personnages, parce que nous croyons en la parole de Dieu et de la Bible. Si l'école est laïque à 100%, elle doit aussi respecter cette sensibilité-là.»

Directeur de l'Observatoire des religions en Suisse, Jörg Stolz relève qu'«on trouve des groupes traditionalistes ou fondamentalistes dans toutes sortes de confessions chrétiennes (catholiques, protestants et autres)». Certains Départements de l'instruction contactés citent, par exemple, des proches d'Ecône. Point commun de ces différents courants: «Ils pensent que Dieu agit aujourd'hui de manière concrète, et que les forces du mal font de même», selon Jörg Stolz.

Face aux revendications de ces parents, les autorités scolaires réagissent au cas par cas. «Généralement, nous entrons en matière sur les demandes, pour autant que l'enseignement puisse se faire normalement», relève Michel Perriard. Dans l'exemple vaudois avec la princesse et les sorcières, les responsables de l'enseignement n'ont pas cédé: «Cette méthode d'apprentissage a été sélectionnée par une conférence intercantonale, explique Michael Fiaux, délégué à la communication du Département de la formation. Nous n'avons aucune raison de la remettre en question. S'il s'était agi de sport ou d'enseignement des religions, nous aurions réagi différemment.» Le porte-parole relève que ces problèmes sont généralement gérés au niveau des établissements scolaires, et qu'ils ne donnent que rarement du fil à retordre au Département. Même écho dans les autres cantons romands, qui ne semblent pas préoccupés par le phénomène.

A Fribourg, par contre, Michel Perriard regrette le temps perdu à instruire ces cas très particuliers, même s'ils sont rares. Un recours est ainsi pendant auprès de la direction pour l'affaire du pantalon de ski, puisque la dispense a été refusée par la direction. Selon le secrétaire général, la famille en question appartient à une Eglise schismatique du catholicisme, chez qui le port du pantalon est interdit aux femmes.

Créationnisme doit être enseigné

Autres bêtes noires de certains parents chrétiens fondamentalistes: la théorie de l'évolution, qu'ils souhaiteraient voir enseigner parallèlement au créationnisme. Et l'éducation sexuelle, qui serait l'affaire des parents et non de l'école. «On y présente différentes orientations sexuelles, ce qui est contraire à nos valeurs chrétiennes», relève Philippe*, père de famille vaudois catholique qui a carrément choisi de scolariser ses enfants à domicile «pour des raisons religieuses et familiales».

Selon Jörg Stolz, «ces parents sont vraiment convaincus que leur religion est la seule chance de salut pour leurs enfants, et que notre société risque de les orienter dans le mauvais chemin. Toute la question est: quelle marge de liberté voulons-nous leur donner pour qu'ils vivent leur vie comme ils l'entendent ?»

*Prénom d'emprunt

 

Lire aussi sur le même sujet:

Les créationnistes à l'assaut de la Suisse par Julie Zaugg (L'Hebdo - 4 février 2010) .pdf

Quelques commentaires de lecteurs du Matin

Source: http://www.lematin.ch - 4 septembre 2010

Moi ce sont ces gens là qui me font peur... on se croirait revenu au moyen-age, en pleine inquisition. L'école est censée instruire et apprendre la vérité. Le "créationisme" et ce genre de choses n'a rien à y faire. Galilée et d'autres doivent se retourner dans leur tombe...


Peut-on vraiment admirer les parents qui placent leur intégrisme religieux avant l'épanouissement social, affectif et intellectuel de leur enfant ? qui attaquent l'école publique en prenant en otage leur enfant - mineur religieusement ? J'y vois surtout de la maltraitance envers les enfants, quelle que soit l'origine (chrétienne ou musulmane, suisse ou étrangère) des parents.


Croyez-vous que ces enfants, éduqués par leurs parents à la maison,"pour des raisons religieuses et familiales" et bien à l'abri des regards des autres, tant des profs que des élèves ou des autre enfants de leur âge pourront se socialiser ? Jamais, car ne croisant pas d'autres regards, d'autres opinions, d'autres manières de voir et de comprendre la vie, ces futurs adultes irons dans le mur.


Qui peut savoir à quoi pense le "créateur". Je suis aaaathée (le nombre de a c'est juste pour montrer ma conviction!) Et j'en ai raz le bol des gens, surtout des religions, qui croient détenir la vérité. Ne dit-on pas "Dieu reconnaîtra les siens" ? Et si Dieu, pour autant qu'il existe, reconnaissait les gens simples, qui vivent normalement en aidant par de petits actes de bonté par-ci par-là envers leurs amis, voisins, voir inconnus ?


Dans leur immense majorité les athées et les défenseurs de la laïcité aiment et défendent leurs enfants, leur famille, leur pays, leurs voisins, etc... A vous qui croyez que "sans religion il n'y a que le mal" ou autres fariboles, en vérité je vous le dis: il n'est pas trop tard pour changer d'avis et assurer le salut de votre esprit !


Au-delà d'une certaine morale basique, genre les dix commandements, toutes les religions sont à éradiquer comme un cancer ! La "Vérité" (surtout religieuse) n'existe pas, c'est un leurre destiné à garder le troupeau de moutons dans le droit chemin... Pourquoi vouloir toujours ramener la concept du bien et du mal à un combat entre Dieu et de Satan ? On n'est plus au moyen-âge, les lois laïques ont remplacé la peur de l'enfer et c'est une bonne chose. Je PENSE donc je SUIS ! Est-ce trop difficile ?


Ces traditionalistes ont-ils seulement lu la Bible ? Parce qu'en terme d'horreurs elle n'est pas en reste. P.e : mise à mort des homosexuels, personnes adultères, blasphémateurs et j'en passe. Et que penser de l'histoire d'Adam et Eve.. si nous sommes tous issus d'eux, alors il faut croire que l'inceste est quelque chose de tout à fait défendable aux yeux de Dieu. Cette tendance me fait un peu peur.