La secte Moon soutenue par un professeur de l'université de lausanne !

 La secte Moon diffamée ?

24Heures, 14 avril 1992
[Archive du Centre Info-sectes Vaud - Texte intégral]

Accusées totalement blanchies

Acquittées : Elisabeth Bates (à gauche) et Elisabeth Eckerts  - (photo : Di Nolfi)
 
La justice genevoise a admis le recours de la journaliste et de son informatrice.
Acquittement pur et simple pour les deux femmes.

Elisabeth Eckert, ancienne journaliste de La Suisse et Elisabeth Bates, présidente de la Communauté suisse de travail contre les cultes destructeurs (SADK) sortent gagnantes du bras de fer qui les a opposées à la secte Moon, qui perd ainsi le premier procès en diffamation qu'elle avait intenté en Suisse.

L'Eglise de l'unification avait déposé. une plainte contre la ,journaliste et son informatrice, après un article paru en 1988. «La secte Moon pousse ses adeptes à la prostitution et au suicide», avait écrit le quotidien genevois. 

A l'issue d'un procès qui a vu défiler un nombre impressionnant de témoins, les deux accusées ont été exemptées de toute peine en novembre dernier par le tribunal de police de Genève, leur bonne foi ayant été admise. Le tribunal avait cependant considéré que les accusations portées contre la secte étaient diffamatoires, reconnaissant que faire la preuve de telles allégations relevait d'une «mission impossible». En conséquence, Elisabeth Eckert et Elisabeth Bates avaient été contraintes de payer la moitié des frais de justice, l'autre moitié étant à la charge de l'Eglise de l'unification.

Recours admis

Contre ce jugement en demi­teinte, la journaliste et son informatrice ont fait appel et demandé l'acquit- tement pur et simple. C'est de qu'elles viennent d'obtenir de la Chambre pénale de la Cour de justice, où le recours avait été plaidé àla fin de l'année dernière.

En substance, les deux jeunes femmes soutenaient que le Tribunal de police de Genève avait commis une «erreur technique» en ne les acquittant pas. La Cour de justice, qui leur a donné raison, a prononcé l'acquittement attendu. Et tous les frais du procès ont été mis à la charge de la secte.

Elisabeth Bates ne cache pas un immense soulagement après ce verdict. La présidente du SADK le juge rassurant pour l'avenir. Mais cette satisfaction ne lui fait pas oublier quelques mauvais souvenirs. En particulier le fait que parmi les témoins requis par Moon et qui se sont exprimés au tribunal se trouvaient quelques personnalités dont le crédit scientifique aurait pu peser lourd.

Ainsi René Berger, l'ancien directeur du Musée cantonal des Beaux-Arts, et Carl Keller, professeur honoraire de théologie à l'Université de Lausanne. «Que des gens d'Eglise soient des sympathisants de la secte Moon est effrayant», commente Elisabeth Bates, en évoquant le témoignage de Carl Keller, venu expliquer à l'audience que rien dans la théologie de l'Eglise de l'unification ne permettait de confirmer que des adeptes aient pu être poussés à la prostitùtion et au suicide.

Michel Pont