Visiblement émus et "secoués" par leur visite, ils ont trouvé 18 enfants,
âgés de 6 à 16 ans, qui sont censés être scolarisés sur place. Ils disent avoir
constaté que les enfants savaient lire mais qu'ils ne restituaient pas
convenablement le sens de ce qu'ils avaient lu.
Ils ne sont pas vaccinés, n'ont pas de contacts avec les enfants extérieurs à
la communauté, ignorent internet, le cinéma, la télévision et ne sortent
qu'occasionnellement pour accompagner leurs parents quand ils vendent sur les
marchés les produits du jardin, selon la même source.
La petite délégation a pu parler - sans témoin - avec une adolescente de 18
ans qui a un peu décrit les conditions de vie de la communauté. Un médecin
scolaire a examiné les enfants et les a trouvés à peu près en forme à part
quelques déficiences visuelles.
La délégation a aussi posé des questions hors programme scolaire, ce que ne
peut pas faire l'inspecteur d'académie. C'est ainsi que les parlementaires ont
constaté que les enfants n'avaient pas idée du monde extérieur et qu'ils ne
connaissent ni Zidane, ni les Beatles, ni aucun chanteur actuel, qu'ils
n'utilisaient pas internet et globalement avaient peur du monde extérieur, dont
ils parlent en disant "chez vous".
On ignore combien de personnes vivent dans la communauté et leurs liens
familiaux. Aucun des adultes ne travaille en dehors de la communauté. Celle-ci
vit surtout de la vente de légumes et d'artisanat (mobilier de jardin
notamment).
Le président de la commission a convenu qu'il était actuellement sans pouvoir
face à la situation parce que la communauté se retranche derrière le droit de
scolariser les enfants à domicile, ce qui est légal. On ne constate pas de
maltraitance physique envers les enfants.
Il a indiqué que la commission, qui rendra son rapport le 19 décembre, ferait
des propositions pour que "les pouvoirs publics puissent libérer ces enfants de
l'enfermement psychologique".
Il faut avoir les moyens, estime-t-il, de mieux évaluer le nombre d'enfants
qui échappent au système scolaire et de connaître leur situation
psychologique.