Tabitha's place

La commission sur les sectes découvre 18 enfants "coupés du monde"
 
Le Monde, 21 novembre 2006
[Texte intégral]

Le président de la commission, Georges Fenech (UMP), le rapporteur Philippe Vuilque (PS), le vice-président Alain Gest (UMP) et le secrétaire du bureau Jean-Pierre Brard (app-PCF) se sont rendus à Tabitha's place, une communauté installée à Sus-Navarrenx, près de Pau (Pyrénées atlantiques) pour enquêter avec l'inspecteur d'académie sur le cas de 14 enfants non inscrits à l'école.

Visiblement émus et "secoués" par leur visite, ils ont trouvé 18 enfants, âgés de 6 à 16 ans, qui sont censés être scolarisés sur place. Ils disent avoir constaté que les enfants savaient lire mais qu'ils ne restituaient pas convenablement le sens de ce qu'ils avaient lu.

Ils ne sont pas vaccinés, n'ont pas de contacts avec les enfants extérieurs à la communauté, ignorent internet, le cinéma, la télévision et ne sortent qu'occasionnellement pour accompagner leurs parents quand ils vendent sur les marchés les produits du jardin, selon la même source.

La petite délégation a pu parler - sans témoin - avec une adolescente de 18 ans qui a un peu décrit les conditions de vie de la communauté. Un médecin scolaire a examiné les enfants et les a trouvés à peu près en forme à part quelques déficiences visuelles.

La délégation a aussi posé des questions hors programme scolaire, ce que ne peut pas faire l'inspecteur d'académie. C'est ainsi que les parlementaires ont constaté que les enfants n'avaient pas idée du monde extérieur et qu'ils ne connaissent ni Zidane, ni les Beatles, ni aucun chanteur actuel, qu'ils n'utilisaient pas internet et globalement avaient peur du monde extérieur, dont ils parlent en disant "chez vous".

On ignore combien de personnes vivent dans la communauté et leurs liens familiaux. Aucun des adultes ne travaille en dehors de la communauté. Celle-ci vit surtout de la vente de légumes et d'artisanat (mobilier de jardin notamment).

Le président de la commission a convenu qu'il était actuellement sans pouvoir face à la situation parce que la communauté se retranche derrière le droit de scolariser les enfants à domicile, ce qui est légal. On ne constate pas de maltraitance physique envers les enfants.

Il a indiqué que la commission, qui rendra son rapport le 19 décembre, ferait des propositions pour que "les pouvoirs publics puissent libérer ces enfants de l'enfermement psychologique".

Il faut avoir les moyens, estime-t-il, de mieux évaluer le nombre d'enfants qui échappent au système scolaire et de connaître leur situation psychologique.

AFP

Sectes : la commission parlementaire
veut renforcer les contrôles sur la scolarité des enfants
 
Nouvelobs.com, 22 novembre 2006
[Texte intégral]
 
PARIS (AP) -- Au lendemain de la visite de la commission d'enquête sur les sectes dans la communauté "Tabitha's Place" de Sus (Pyrénées-Atlantiques), son vice-président Alain Gest a souhaité que soit renforcé le contrôle de l'inspection académique dans ce genre de communauté "totalement refermée sur elle-même", dont les enfants ne sont pas forcément scolarisés.
 
"Nous avons l'intention, dans le rapport que nous allons rendre le 19 décembre, de rendre plus opérationnel le principe de contrôle par l'inspection académique, et sans doute devrons-nous travailler aussi sur l'obligation de scolarisation, car il n'apparaît pas tout à fait logique que l'on puisse maintenir des enfants hors du monde", a déclaré sur Alain Gest, député UMP et vice-président de la commission d'enquête sur les sectes, sur iTélé.
 
Le député de la Somme s'est rendu mardi près de Pau avec la commission d'enquête et l'inspecteur d'académie dans la propriété de la communauté de l'Ordre apostolique Tabitha's place, qualifiée de secte par le rapport parlementaire sur ce sujet, pour "contrôler l'éducation" des enfants, "puisque ce sont des familles qui refusent de placer leurs enfants dans les écoles", a-t-il expliqué.
Il a décrit "une communauté qui vit donc totalement refermée sur elle-même, avec un nombre de personnes adultes indéfinissable", et "constaté qu'il y avait quatre élèves qui n'étaient pas signalés à l'inspection académique, ce qui n'est pas conforme à la loi". L'inspecteur d'académie disposait seulement d"'une liste de 14 élèves".
 
M. Gest a également estimé que ces enfants avaient "un niveau scolaire qui est relativement bas" et noté qu'ils avaient "beaucoup de mal, en règle générale, à donner un sens à ce qu'ils lisent". "Ils craignent tout de l'extérieur, les ouvrages scolaires qu'on leur met à disposition sont en fait transformés avec des données qui leurs sont propres", a ajouté le député à propos des enfants. "Ils ne sont pas préparés à rentrer dans la vie ordinaire, c'est en cela qu'on peut considérer comme en danger."
 
AP

 Vidéo : Au cœur la France une secte coupée du monde (youtube - 22 décembre 2006)

18 enfants dans une communauté "coupée du monde"

Reportage Journal Télévisé 20h du mercredi 22 novembre 2006 : http://jt.france2.fr/20h/index-fr.php?jt=2
Article: http://info.france2.fr/france/26210190-fr.php, le 22 novembre 2006
 
Une communauté biblique installée près de Pau et comprenant 18 enfants,
vit totalement coupée de la société
 

La maison de la communauté biblique Tabitha's Place

Des membres de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes ont eu la surprise de découvrir mardi au cours d'une visite inopinée à Tabitha's Place, 18 enfants de 6 à 16 ans non scolarisés à l'extérieur.

Selon eux, ces enfants ne sortent pas, ignorent internet, le cinéma, la télévision et "ne connaissent même pas Zidane" ni les Beatles.

Des enfants coupés du monde

Visiblement émus par leur visite à Sus-Navarrenx (Pyrénées Atlantiques), les membres de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes ont raconté avoir trouvé 18 enfants,  âgés de 6 à 16 ans, censés être scolarisés sur place.  Ils disent avoir constaté que les enfants savaient lire mais qu'ils ne restituaient pas convenablement le sens de ce qu'ils avaient lu.

Ils ne sont pas vaccinés, n'ont pas de contacts avec les enfants extérieurs à la communauté, ignorent internet, le cinéma, la télévision et ne sortent qu'occasionnellement pour accompagner leurs parents quand ils vendent sur les marchés les produits du jardin, selon la même source.

La petite délégation a constaté que les enfants n'avaient pas idée du monde extérieur et qu'ils ne connaissaient ni Zidane, ni les Beatles, ni aucun chanteur actuel, qu'ils n'utilisaient pas internet et globalement avaient peur du monde extérieur, dont ils parlaient en disant "chez vous".

Aucun des adultes ne travaille en dehors de la communauté. Celle-ci vit surtout de la vente de légumes et d'artisanat (mobilier de jardin notamment).

Le président de la commission a convenu qu'il était actuellement sans pouvoir face à la situation parce que la communauté se retranche derrière le droit de scolariser les enfants à domicile, ce qui est légal.

Il a indiqué que la commission, qui rendra son rapport le 19 décembre,  ferait des propositions pour que "les pouvoirs publics puissent libérer ces enfants de l'enfermement psychologique".

La communauté Tabitha's Place

La communauté de Tabitha 's Place, également connue sous le nom d'"Ordre Apostolique", fait partie du mouvement fondamentaliste américain Communauté du Royaume du Nord-est des Frères de  Plymouth, dont les membres affirment suivre strictement la Bible.

Elle est installée dans le manoir de Navarrenx, à Sus, près de Pau  (Pyrénées-Atlantiques), depuis une vingtaine d'années et compterait une centaine de personnes.

Sur son site internet, la communauté déclare que ses membres "obéissent à la Bible et s'efforcent de vivre comme la première église". Elle précise que "toute collaboration avec le système éducatif reviendrait à accepter de compromettre notre conscience".

La communauté possède des commerces, restaurants, boulangeries et vend aussi de l'artisanat.


 Vidéo : Au cœur la France une secte coupée du monde (youtube - 22 décembre 2006)