| Le combat d'un père
- Le Progrès, 25 décembre 2005
- [Texte intégral]
Un père de 28 ans se démène pour que son fils, qui vit avec sa mère, adepte
des Témoins de Jéhovah, ne soit plus soumis aux préceptes de la secte. Un
gamin de cinq ans pour lequel «Noël, c'est satan»
«Noël, c'est avec Satan ! Et moi, je suis avec Jéhovah et toi t'es avec
Satan. Facile ! Satan est méchant, moi j'suis gentil. Bien sûr Jéhovah il
est gentil ! Et toi, t'es dans le coté de Satan». Cette conversation
téléphonique, Laurent (1), l'a eu avec son fils il y a quelques semaines.
Depuis, il a entamé un véritable marathon en contactant de nombreuses
associations, des élus, ainsi que la Miviludes (2) avant d'alerter le
procureur de la République de Lyon.
Après cette conversation il avait
d¹abord contacté les Témoins de Jéhovah en exigeant un rendez-vous avec
«quelqu¹un de neutre et de haut placé». Aucune nouvelle. Son épouse était
déjà adepte des Témoins de Jéhovah quand elle a épousé Laurent qui avait 18
ans à l¹époque. Elle a ensuite rejoint une «salle» de Vénissieux. Puis
l¹empreinte de la secte, insidieusement, s'est faite un peu plus forte
chaque jour. C'est finalement le divorce en 2003. Entre temps, un petit
garçon, Tom (1) est né.
A la séparation du couple, il va vivre avec sa
mère. «Etre marié avec un Témoin de Jéhovah, c'est couper tous les ponts
raconte Laurent qui ne manque pas d'exemples : un horoscope à la radio, et
ma femme change de station, l¹horoscope est satanique, célébrer un
anniversaire, le Jour de l'An tout ça est interdit. Il y a même des
chansons interdites. Sans parler de l'interdiction de faire l'objet de
transfusions, même aux enfants !». Pourtant Laurent le reconnaît, «je ne
suis pas un père modèle».
Les réponses de la Justice
«C'est une situation
très fréquente commente Charline Delporte, responsable régionale de l'ADFI
dans le Nord, les manipulations sur cet enfant correspondent à un véritable
endoctrinement, et la mère va être malheureuse, elle aussi est endoctrinée.
Il va grandir avec toutes ces interdictions, et un sentiment de
culpabilisation, ces enfants n'ont plus d'esprit critique ni de libre
arbitre».
Mais la Justice n'hésite pas à intervenir. En mars
1999, le
tribunal administratif de Lyon a jugé bien fondé le retrait de l'agrément
d'une assistante maternelle qui s'appuyait sur la doctrine de sa secte pour
refuser de fêter Noël et les anniversaires.
En septembre dernier la cour
d'appel d'Aix-en-Provence a interdit à une mère d'emmener son fils de cinq
ans sur les lieux de culte des Témoins de Jéhovah considérant que
l'interdiction de fêter Noël «n'est pas appropriée au développement
psychologique de celui-ci».
Quant au père, qui a quand même fêté Noël avec
son fils le dernier week-end, il envisage également une action contre les
Témoins de Jéhovah pour manipulation mentale.
Geoffrey Mercier / gmercier@leprogres.fr
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- NOTE :
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- 1.
Les prénoms utilisés ont été modifiés afin de préserver l'identité de
l'enfant
- 2. Mission interministerielle de vigilance et de lutte contre
les dérives sectaires qui dépend directement du Premier Ministre.
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Autres
informations concernant les Témoins de Jéhovah
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