Comment aider les adeptes ?

Voir avant qu'il ne soit trop tard

L'addition des symptômes, des caractéristiques d'un groupe et la connaissance que l'on peut en avoir vous permettront d'établir un diagnostic de dangerosité. Agir vite est essentiel.

1. SYMPTÔMES

  • Modification du comportement, de la tenue vestimentaire, du vocabulaire, des centres d'intérêt
  • Citations répétitives et inhabituelles
  • Discours appris ou effet de magnétophone
  • Désinvestissement de la vie familiale, affective, professionnelle ou scolaire, des loisirs
  • Multiplication des réunions en semaine, le week-end
  • Déplacements subit à l'étranger
  • Nombreux appels téléphoniques et à toutes heures
  • Courrier abondant
  • Long temps d'étude ou de lecture
  • Alimentation non équilibrée des employés du groupe
  • Changement d'accent, voix monocorde
  • Insensibilité à la souffrance des autres
  • Agressivité ou indifférence
  • Tendance à vouloir tout contrôler
  • Repli sur soi ou exaltation pour une cause nouvelle
  • Prosélytisme
  • Importantes dépenses financières : emprunts bancaires,
  • tournée des grands-parents, des frères, soeurs, amis, ...

2. CARACTÈRE DU GROUPE

  • Le maître : Quelle image cherche-t-il à donner de lui même ?
  • La structure : Est-elle fortement hiérarchisée ? Par quels moyens est-elle obtenue et maintenue ?
  • Le pouvoir : Comment est-il réparti ? Qui l'exerce ?
  • L'argent : Comment est-il acquis, utilisé, réparti ?
  • Le recrutement : Est-il intensif ? Rapide ? Les techniques sont-elles loyales, mensongères ?
  • La liberté : Quelle liberté est laissée aux adhérents dans l'information, la discussion, l'action ?

3. PERCEPTION DU GROUPE

Nous proposons ici un certain questionnement qui, en aucun cas, ne doit prendre la forme d'un interrogatoire, mais d'un dialogue amical et ouvert. Il concerne à la fois les étudiants ou employés de la scientologie comme n'importe quel autre groupe. Ce questionnaire a été établi par l'Unadfi, l'Union Nationale de Défense de la Famille et de l'Individu - France:

  • Sentez-vous que vous manquez de temps à usage personnel dans le groupe ?
  • Manquez-vous de nourriture, de sommeil ?
  • Le groupe fait-il des difficultés pour faire des appels téléphoniques, recevoir des lettres, avoir des visites d'amis ou discuter de vos pensées avec des gens en qui vous avez confiance et qui ne sont pas dans le groupe ?
  • Vous demande-t-on toute votre vie sans même vous laisser quelque recoin n'appartenant qu'à vous ?
  • Le groupe est-il réticent pour vous accepter tel que vous êtes ?
  • Est-il essentiel pour vous de vous transformer en une personne totalement nouvelle et de rejeter des pensées que vous croyiez acceptables précédemment ?
  • Le groupe considère-t-il comme mauvais tous les aspects de votre vie précédente ?
  • Est-il convenable de tromper les gens dans l'intérêt du groupe ?
  • Est-il mal de dévier les enseignements du Chef du groupe ou du groupe dans les détails ?
  • Si vous devez rester dans le groupe devez-vous considérer que le «professeur» a toujours raison sur tous les sujets ?
  • Vous culpabilise-t-on si vous avez des doutes sur les enseignements ?
  • Le groupe de «professeurs ou responsables» a-t-il la réputation de faire des miracles ?
  • Sont-ils réservés seulement aux initiés ?
  • Etes vous gêné par les attitudes du groupe envers les femmes ?
  • Les règles sont-elles différentes pour les chefs et pour les adhérents ?  

Si vous pouvez répondre «OUI» à quelques-unes de ces questions vous devez vous montrer particulièrement attentif, surtout, si tout, dans le groupe, paraît MERVEILLEUX.

Aider une victime happée par une secte

Plus l'engagement dans le groupe est ancien, plus la sortie est délicate

Si une de vos relations se laisse embrigader par un groupe sectaire, il est important de ne pas critiquer ouvertement son engagement. Une attitude amicale et sympathique est primordiale, ainsi qu'une volonté de rester à l'écoute.

Lui présenter d'emblée des documents hostiles risque de renforcer son engouement pour la secte, la mettre sur la défensive, et lui ôter l'envie de communiquer.

Réclamez-vous de la liberté de conscience.Tout un chacun a le droit d'adhérer aux croyances de son choix. Vous respectez ses convictions, qu'il respecte aussi les vôtres !
 
Si de violentes querelles ont déjà éclaté entre l'adepte et vous, excusez-vous des paroles dures que vous aviez prononcées. Dites que vous n'en aviez pas à ses convictions, mais au fait que l'adepte ne respectait pas votre liberté de conscience.
 
Si vous même ne pouvez vous réclamer de solides convictions religieuses, vous vous trouverez dans une situation assez difficile vis-à-vis de l'adepte, car ce dernier, croyant le terrain libre, pense avoir de bonnes chances de vous convertir, pour votre bien.
 
Gardez en tête que l'adepte est sincère, c'est précisément parce qu'il vous apprécie qu'il veut vous apporter la lumière. Faites-lui observer que la liberté de conscience implique le droit de n'adhérer à aucune religion, que vous avez la conviction de n'avoir aucun besoin de ces choses-là. Mais ne vous sentez par pour autant en droit de l'empêcher d'adhérer aux croyances de son choix.  Et lui n'a aucun droit de vous les imposer. Dans tous les cas prêchez la tolérance et le respect mutuel.

Laissez parler la victime sans l'interrompre au sujet des bénéfices qu'elle croit avoir reçus. En fait, permettre à la personne de parler est essentiel, car elle a besoin d'exprimer ses idées pour clarifier ses pensées. Ne l'interrompez pas et n'exprimez aucune critique.

Quand vous serez sûr que cette personne ne se sentira pas offensée, demandez-lui si elle aimerait voir des documents critiques, au lieu de les lui présenter sans prévenir.

Un prosélyte tente par des discours pré-conçus et maintes fois répétés de refouler ses désaccords et de fermer les yeux sur les nombreuses couleuvres qu'elle ne cesse d'avaler.

Cette attitude a été mise en évidence par Jean-Luc Barbier (ex-victime de la scientologie et président de l'AVDS). Elle permet de connaître les décaccords subis et le degré de fragilité de la victime. Il s'agit de les mettre progressivement en évidence et de tenir compte de la résistance mentale de la victime.

  • Cherchez à savoir par exemple ce qui lui a été proposé pour son amélioration personnelle et qu'elles ont été les véritables résultats
  • Demandez-lui ce qu'étaient ses activités préférées (études, hobby, sport, etc) et les raisons qui ont été invoquées pour les arrêter.

Dans un environnement amical, la victime découvrira d'elle-même les contradictions présentes et ne voudra plus se laisser manipuler.

L'enlèvement et la déprogrammation sont à la fois illégaux et moralement réprouvés. En général, ces procédés n'obtiennent pas de succès.

Un enfermement sectaire est semblable à une drogue. Pour obtenir un sevrage efficace une aide demande beaucoup de doigté, de temps et de patience.

Comment aider une victime de la Scientologie
Un scientologue est dressé à rejeter la moindre critique, il vous faudra ruser

Le scientologue vous dit : «la presse ne dit que des mensonges»

Faites remarquer à l'adepte qu'un mensonge est une falsification de la réalité et que les journalistes n'ont pas le droit de raconter des mensonges. S'il le font, on peut leur intenter un procès pour diffamation ou calomnie. Aussi les journalistes se gardent-ils bien d'inventer ou de falsifier des faits. Ce qui est discutable dans leurs articles, c'est l'interprétation qu'ils donnent des faits, non les faits eux-mêmes.
 
Les journalistes ne sont pas tenus d'être entièrement et parfaitement objectifs, Ils ont droit de sélectionner tel fait plutôt que tel autre, d'avoir leurs opinions et de donner leurs interprétations. En revanche, ils sont absolument tenus de rapporter les faits de façon précise (date, lieu, déroulement, chiffres exacts). En aucun cas, ils ne peuvent rapporter des faits inexistants, inventés, ou falsifiés.
 
Exemple : La scientologie à Lausanne a intenté un procès en diffamation au Reader's Digest. Le juge chargé d'instruire l'affaire l'a tranchée en faveur du Reader's Digest, car ce dernier a pu prouver que les faits rapportés dans l'article incriminé étaient exacts.
 Le scientologue vous dit : «c'est un complot d'Interpol»
 
Demandez à l'adepte d'où il tient un tel renseignement.
Quelles sont ses sources d'information ?
Quelle preuve a-t-il de l'existence d'un tel complot ?
Certainement, il tient cette information de ses amis scientologues. Mais qu'en sait-il lui même ?
Qu'a-t-il vu lui-même. Qu'en savent-ils eux-mêmes ?
Qu'ont-ils vus eux-mêmes ?
Ne font-ils pas que répéter ce qu'ils ont entendu dire par d'autres, comme l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ?
Le scientologue vous dit : «c'est scientifique»
 
Demandez à l'adepte ce qu'il entend par «scientifique» Faites-lui observer qu'il ne suffit pas de dire qu'une chose est scientifique pour qu'elle le soit. Est scientifique ce qui peut être vérifié et résiste à toutes les objections qu'on pourrait apporter. Quelle est vraiment la procédure scientifique ?
 
Lorsqu'un chercheur fait une découverte, il ne la garde pas secrètement pour lui-même. Tout au contraire, il la publie au grand jour afin que ses confrères puissent en prendre connaissance et tester sa nouvelle théorie. Qui est vraiment habilité à se prononcer sur la validité d'une nouvelle théorie ?
 
Des jeunes gens ? Des étudiants ? N'importe qui ? Assurément non. Seuls sont habilités à se prononcer ceux qui sont d'éminents spécialistes de la branche considérée. Ces derniers testent la solidité de la nouvelle théorie en lui opposant toutes les objections qu'ils peuvent. C'est seulement lorsque toutes les tentatives de prendre la nouvelle théorie en défaut ont échoué que les spécialistes s'inclinent devant elle.
Il a fallu au moins 10 ans d'âpres controverses pour que la théorie d'Einstein soit admise.
 
L'adepte aurait avantage à étudier l'histoire des sciences.
 
Remarques : L'adepte devrait se rendre compte qu'une adhésion à des idées nouvelles n'est pas une vérification, qu'il ne faut pas confondre foi et science. La foi n'implique pas une vérification, mais une croyance. Tout un chacun est libre d'adhérer aux croyances de son choix, mais doit être conscient qu'une croyance n'est pas une vérité scientifique.
 
L'adepte pourrait objecter que la scientologie est une science nouvelle et ne peut donc être vérifiée que par des scientologues, lesquels sont tous unanimes sur son excellence.
 
A cela, vous pouvez répondre que la scientologie n'est pas toute seule à être une science nouvelle. Notre siècle en a vu apparaître beaucoup d'autres, dont l'astrophysique et le génie génétique, mais ces sciences ne sortent pas de rien. Elles sont le prolongement de sciences traditionnelles, auxquelles elles apportent de nouveaux développements. L'astrophysique implique que l'on soit d'abord physicien, le génie génétique que l'on soit d'abord biologiste.
 
Question : De quelle science traditionnelle la scientologie tire-t-elle ses racines ?
 
Sachez que Ron Hubbard tire une bonne partie de son inspiration de la psychanalyse freudienne, grossièrement simplifiée et accommodée à sa sauce.
 
Question : L'adepte peut-il citer des noms et des ouvrages d'experts qui se seraient prononcés en la matière ?
 
Il vous répondra probablement que de nombreux scientifiques se sont montrés élogieux (réponse toute faite). Demandez lesquels. L'adepte sera bien embarrassé, car Ron Hubbard n'indique jamais aucun nom ni aucun ouvrage autres que les siens à l'appui de ses dires. Il procède uniquement par affirmations.
 
Faites remarquer à l'adepte qu'une affirmation n'est pas une preuve. Pour que preuve il y ait, il faut indiquer des références exactes (nom des auteurs ayant publié des articles élogieux, titres des articles et ouvrages publiés, dates de leur publication).
 
Il faudrait également savoir qui sont les auteurs en question, si ce sont des spécialistes renommés ou d'illustres inconnus. Enfin, une fois toutes ces données rassemblées (et elles ne peuvent l'être, car il n'y en a pas), vous souhaiteriez vivement vous procurer quelques articles et ouvrages (inexistants) traitant des découvertes de Ron Hubbard afin de pouvoir vous en faire une idée objective.
 
Bref, montrez à l'adepte que la scientologie ne se prête à aucune vérification d'ordre scientifique mais seulement à une expérience subjective, laquelle n'a rien de «scientifique»
 Le scientologue vous dit : «tu devrais aussi en faire»
 
Réclamez-vous de la liberté de conscience.Tout un chacun a le droit d'adhérer aux croyances de son choix. Vous respectez ses convictions, qu'il respecte donc les vôtres !
 
Si de violentes querelles ont déjà éclaté entre l'adepte et vous, excusez-vous des paroles dures que vous aviez prononcées. Dites que vous n'en aviez pas à ses convictions, mais au fait que l'adepte ne respectait pas votre liberté de conscience.
 
Si vous même ne pouvez vous réclamer de solides convictions religieuses, vous vous trouverez dans une situation assez difficile vis-à-vis de l'adepte, car ce dernier, croyant le terrain libre, pense avoir de bonnes chances de vous convertir, pour votre bien.
 
Gardez en tête que l'adepte est sincère, c'est précisément parce qu'il vous apprécie qu'il veut vous apporter la lumière. Faites-lui observer que la liberté de conscience implique le droit de n'adhérer à aucune religion, que vous avez la conviction de n'avoir aucun besoin de ces choses-là. Mais ne vous sentez par pour autant en droit de l'empêcher d'adhérer aux croyances de son choix. Et lui n'a aucun droit de vous les imposer. Dans tous les cas prêchez la tolérance et le respect mutuel.
 Le scientologue fait l'éloge de Ron Hubbard
 
Mettez en doute l'infaillibilité de son leader. Quand on commence à avoir un doute, un jour le déclic se fera.
 
Ron Hubbard fumait .
N'est-ce pas contraire à l'éthique scientologue et au programme de purification ?
 
Ron Hubbard était gros .
Connaissait-il la diététique ? Que préconise la scientologie comme alimentation ?
 
Ron Hubbard était un ingénieur, un savant, un génie ...
Dites au scientologie que vous lirez un livre de scientologie à la condition qu'il lise à son tours le livre de Russel Miller «Ron Hubbard, le gourou démasqué»   ( Le gourou démasqué - en français ici)
 
Ron Hubbard sait diriger une entreprise, un pays. 
Demandez lui qu'il vous procure «Scientologie - Introduction à l'éthique de Ron Hubbard» (300 pages édition New Era). Ce livre décrit la justice scientologue, plus facile à contrecarrer que celui de «La Dianétique(*)»,car il contient des incitations criminelles et de nombreux règlements arbitraires.
 
Le scientologue ne cesse son prosélytisme 
 
Procédez toujours avec gentillesse, tact et ménagement. Il faut absolument éviter les affrontements qui pourraient déboucher sur une rupture. Si vous faites un drame de la scientologie, elle ne tardera pas à le devenir. En revanche, rien n'est perdu tant que vous restez patient et tolérant.
 
Utilisez vos arguments à doses homéopathiques, c'est-à-dire à très petites doses, de façon à introduire des doutes dans l'esprit de l'adepte. Lâchez simplement quelques remarques en passant, calmement et sans insister, puis déviez la conversation sur autre chose.
 
Renforcez les liens affectifs, cultivez les centres d'intérêts que l'adepte avait avant de connaître la scientologie ou la dianétique. Bref, faites comme si c'était une chose parmi d'autres, que vous ne vous en formalisez pas, n'en voulez aucunement à l'adepte de penser autrement que vous.

En Suisse romande il existe une association d'ex-scientologues (l'AVDS) dont les membres sont suffisamment au courant de la Scientologie pour parvenir, dans un environnement non contraignant, à amener les membres à reconsidérer leur engagement.

Si vous rencontrez des difficultés, n'hésitez pas à nous contacter :
 
contact@info-sectes.ch
 

(*) Bible de la scientologue.Livre où les femmes sont des boucs émissaires, responsables de tous les maux de l'humanité !