Formation - prévenir les dérives sectaires

Jean Wemaëre : «Les charlatans cassent les prix»

Le Figaro,11 mai 2006 par Laurence Chavane

[Texte intégral]

Le fondateur de Demos préside la Fédération de la formation professionnelle,  
qui compte 320 adhérents et forme 1,1 million de personnes chaque année. 
 
Le Figaro. - Comment luttez-vous contre la concurrence des charlatans qui se développe sur un marché où les formations sont de plus en plus individualisées ?
 
Jean WEMAERE. - C'est effectivement un marché qui attire. Il ne faut pas le  fermer aux nouveaux acteurs et créer des rentes de situation et des  monopoles. Mais il faut aussi que le client, entreprise ou particulier, ne  se sente pas trompé. Cela a toujours été un problème. La concurrence de  charlatans existe et casse les prix. Actuellement, beaucoup de demandeurs  d'emploi essaient de faire valoir leur parcours professionnel en devenant à  leur tour des formateurs.
 
- Le simple enregistrement au ministère de l'Emploi est-il suffisant ?
 
- La déclaration d'activité suivie au bout de deux ans d'une vérification du  parcours et de la compétence d'un organisme de formation serait sans doute plus efficace. Nous avions participé à la création avec les pouvoirs  publics, il y a une dizaine d'années, d'une institution indépendante de la
 profession, l'office professionnel de qualification des organismes de  formation (OPQF). On peut se demander pourquoi l'Etat s'en sert si peu.
 
- Les 320 adhérents de la FFP ont-ils fait l'objet de tentative de pénétration  de la part de sectes ?
 
- Il est déjà arrivé que certaines entreprises de formation adhérentes soient  pénétrées par des sectes. Le risque existe toujours. Cela peut aussi être une méthode utilisée par un concurrent pour déconsidérer un organisme de formation.
 
- Pourquoi votre profession ne répond pas mieux à la demande importante de  formation des chômeurs...
 
- Pour les gens qui ont un emploi, les donneurs d'ordre que sont les entreprises nous poussent à nous adapter. Les métiers de la comptabilité, de la finance, des achats changent. Les technologies de l'information permettent aussi des évaluations à distance. La demande des entreprises évolue et nous y répondons.
 
- Pour les demandeurs d'emploi, c'est plus difficile. La tarification des  Assedic est plus faible. La recherche sur l'évolution de l'offre est moins développée. Il y a moins de renouvellement des types de formation, car les  financements publics et les ASSEDIC ne le permettent pas. C'est un problème.
 
- En Grande-Bretagne, les services de l'emploi ont réussi à structurer leur  offre et à travailler avec une grosse centaine d'organismes. En France, l'ANPE s'adresse à plus 5000 structures de formation. Cela n'améliore pas  l'efficacité.