L'aide humanitaire de la Scientologie est indécente et gênante

La scientologie propose une aide humanitaire dévoyée qui consiste à faire du prosélytisme
sous couvert de venir en aide à des populations qui en ont véritablement besoin

À Haïti les scientologues sont des usurpateurs de l’humanitaire (20minutes.fr - 28 janvier 2010)

Scientologues et missionnaires débarquent en force en Haïti (Le Matin - 28 janvier 2010)

Haïti: la ruée des scientologues et des missionnaires (lemonde.fr - 28 janvier 2010)

Georges Fenech: «La venue en Haïti de John Travolta
et de la Scientologie est indécente et gênante»
Source: http://www.20minutes.fr/ - 28 janvier 2010
[Texte intégral]

INTERVIEW - Le président de la Miviludes évoque l'arrivée de l'acteur scientologue John Travolta et de la secte de scientologie sur l'ïle d'Haïti.

L’acteur John Travolta et la Scientologie ont débarqué mercredi devant les caméras de télévision du monde entier en Haïti. Quel est l'intérêt d'une secte à investir le champ humanitaire ?

Cela apporte de la respectabilité et, en même temps, c’est une promotion médiatique extraordinaire, car les journalistes et les télévisions sont très présents. La Scientologie est gagnante sur le plan de la notoriété mais aussi financièrement.

Être sur place leur permet de faire des appels aux dons auprès de leurs fidèles mais aussi plus largement et même parfois, pour certaines sectes, car il n’y a pas que la Scientologie en Haïti, d’obtenir des subsides des organisations internationales. Sur place, ils distribuent leur littérature et tentent de recruter, ce qui, à plus long terme, peut s’avérer payant.

C’est nouveau ?

Non pas du tout. On a commencé à observer ce phénomène lors de la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine en 1986, mais il a véritablement pris de l’ampleur lors des attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001, en passant par le Tsunami en 2004 ou même les révoltes dans les banlieues françaises en 2005.

Qu’est-ce qu’ils proposent en termes d’aide ?

Une des méthodes des scientologues, appelée «assist», consiste en des massages. C’est tout à fait bénin si l’on n'a rien et inutile et dangereux si l’on a besoin de traitement. Mais la question de l’aide qu’ils apportent ou non n'est pas le problème. Le problème c’est que ces sectes pratiquent un humanitaire dévoyé qui consiste à faire du prosélytisme sous couvert de venir en aide à des populations qui en ont véritablement besoin.

Il y a quelque chose de vraiment indécent dans le fait de débarquer comme l’a fait John Travolta en jet privé devant les caméras du monde entier sur le lieu d’une catastrophe majeure comme ce qui vient de se produire en Haïti. C’est indécent, mais c’est gênant aussi car ils viennent s’interposer entre les secours et les blessés.

Mais il n’y a rien à faire...

Cela pose tout de même la question de la mise en place d’une coordination internationale chargée de répartir les secours au niveau de l’ONU et des instances européennes. Non seulement cela permettrait d’organiser dans l'urgence l’arrivée des premiers secours mais aussi de barrer la route de ces usurpateurs de l’humanitaire.

Propos recueillis par Armelle Le Goff

La secte de scientologie - index

Scientologues et missionnaires débarquent en force en Haïti

PROSÉLYTISME | John Travolta, l’acteur américain et scientologue, a posé son Boeing personnel mardi sur le tarmac de l'aéroport de Port-au-Prince. A son bord: de l’aide humanitaire et des «ministres volontaires» scientologues.

http://www.24heures.ch | 28.01.2010
Jean-Cosme Delaloye de retour de Haïti
[Texte intégral]
Plongé dans une infinie détresse, le peuple haïtien se recueille
(ici lors d’une messe célébrée dimanche, à côté des ruines d’une église).
Les représentants des mouvements religieux de tous bords
affluent auprès des sinistrés. © RODRIGO ABD/AP

Sur le tarmac de l’aéroport de Port-au-Prince, on ne pouvait pas les manquer. Dans leurs T-shirts jaunes impeccablement repassés, arborant les insignes de l’Eglise de scientologie, les «ministres volontaires» de la secte fondée par Ron Hubbard sont arrivés le 16 janvier, avant même plusieurs équipes de secours étrangères. Ils ont été rejoints ce mardi par John Travolta, leur célèbre porte-parole, qui a posé son Boeing 707 avec 4 tonnes de matériel et des renforts de bénévoles.

Vu de l’extérieur, l’arrivée des scientologues et missionnaires en tous genres en Haïti a une logistique presque militaire. A leur descente d’avion, les «ministres volontaires» scientologues avaient par exemple un bus qui les attendait alors que des groupes de sauveteurs cherchaient désespérément, trois jours après le tremblement de terre, un moyen de locomotion pour se déplacer dans Port-au-Prince.

Toutes les confessions

Les scientologues ne sont pas les seuls. Les Haïtiens ont vu des centaines de missionnaires de toutes confessions affluer à leur chevet et leur prodiguer des soins tout en prêchant la bonne parole. Certains d’entre eux sont venus pour servir Dieu et leur destin politique, comme Edward Lynch. Ce politicien de la droite chrétienne se présente la semaine prochaine en Floride à une primaire pour remplacer un représentant démissionnaire au Congrès. Rencontré le 19 janvier à Port-au-Prince, Edward Lynch portait un bandana avec la bannière étoilée et une casquette avec le logo de sa campagne électorale. L’homme saupoudrait ses histoires de sauvetages et ses réflexions sur sa mission divine de critiques sur ses adversaires démocrates.

Terrain conquis

Les missionnaires comme lui arrivent en terrain conquis en Haïti. Le petit pays des Caraïbes est une terre de prédilection depuis des années pour des organisations évangéliques américaines qui agissent souvent de bonne foi et y ont ouvert des orphelinats, des écoles et des églises. A Léogâne, ville entièrement détruite par le tremble- ment de terre, l’école ouverte par New Missions, un groupe évangélique américain présent depuis vingt-cinq ans en Haïti, est l’un des seuls bâtiments encore debout et sert aujourd’hui d’hôpital de fortune pour des centaines de blessés graves.

Parmi les premiers Américains évacués d’Haïti au lendemain du tremblement de terre figurait un groupe de jeunes missionnaires d’une Eglise baptiste d’Orlando. Les adolescents s’étaient peint des inscriptions religieuses sur les bras ou sur leurs T-shirts. «Dieu a protégé notre groupe», expliquait ce jour-là Wes, un jeune homme parti en Haïti peu avant le tremblement de terre pour y distribuer de la nourriture aux enfants et dans les églises.

Fondamentalistes

Les jeunes missionnaires d’Orlando ont été rapidement remplacés par une armada de serviteurs de Dieu venus des quatre coins des Etats-Unis et qui agissent en toute impunité en marge des secours officiels. Ces croisés emmenés par Crisis Response International (CRI), un groupe fondamentaliste arrivé en Haïti pour y soigner les âmes et les plaies, ont un quartier général à la Quisqueya Christian School, dans le quartier de Delmas 75 à Port-au-Prince. Sur le site internet de CRI, Sean Malone, fondateur, présente son armée de «missionnaires prophétiques de la fin des temps» qu’il déploie dans les situations de crise. Le groupe produit ses propres vidéos promotionnelles et invite ses fidèles à s’inscrire à des camps d’entraînement express prévu ce week-end afin d’être «déployés» en Haïti dans les semaines qui viennent. Cette formation a néanmoins un prix: 295 dollars (300 fr. environ).

Haïti: la ruée des scientologues et des missionnaires

http://veilleur.blog.lemonde.fr/ - 28 janvier 2010
[Texte intégral]

«Ils sont venus prospérer sur la misère»

La scène remonte à un peu plus d’une semaine après le séisme qui a frappé Haïti. Un Boeing 707 venus des Etats- Unis se pose sur l’aéroport de Port-au-Prince. Rien d’exceptionnel à cela, si ce n’est que le pilote de l’avion n’est autre que John Travolta. Parti de chez lui en Floride, l’acteur, militant de l'Eglise de Scientologie, a débarqué avec quatre tonnes de vivres et de matériel médical sur l’aéroport de la capitale haïtienne. Travolta était accompagné de plusieurs «ministres» de la foi scientologue, vêtus de tee-shirt jaunes. Une arrivée controversée. Alors que 800 avions sont sur une liste d’attente pour atterrir en Haïti, l’acteur américain s’est posé en priorité à l'aéroport de Port-au-Prince à bord de son jet privé, constate Catherine Handfield du journal canadien La Presse.

«La Scientologie plante son drapeau en Haïti» titre The Independent. «Nous avons la possibilité de venir en aide au peuple haïtien et je ne peux tout simplement pas ne pas utiliser cet avion pour aider», a déclaré John Travolta après avoir posé les pieds sur le sol de Port-au-Prince. “Cette aide est-elle utile ?”, s’interroge l’hebdomadaire québécois L’Actualité avant de préciser: “Ce ne sont ni les rations alimentaires, ni le matériel médical qui sont ici remis en question, bien sûr, mais plutôt ce que font les « ministres volontaires» pour guérir les Haïtiens blessés, les scientologues utilisent une technique pour le moins controversée, soit le procédé d’assistance par le touché («touch therapy»).“

Dans Port-au-Prince en ruines, les scientologues sont bien visibles avec leurs tee-shirts jaunes frappés du logo de la très controversée Eglise de Scientologie, rapporte l’AFP (La Libre Belgique). “Tout sourire, les volontaires virevoltent de blessé en blessé sous les tentes de l’hôpital général de la capitale haïtienne. «Nous sommes tous rompus au procédé d’assistance par le toucher. Cela consiste à rétablir la communication avec des parties du corps blessées ou malades », explique une Parisienne qui dit simplement s’appeler Sylvie. Elle fait partie d’une équipe de 80 volontaires de l’Eglise de Scientologie. Un généreux donateur anonyme leur a prêté son avion privé pour les envoyer avec 50 médecins américains sur la zone sinistrée. Le coût de l’opération a été de 400.000 dollars, révèle Sylvie. Dans l’hôpital central de Port-au-Prince la présence de volontaires comme Sylvie fait grincer des dents. A l’image de ce praticien américain: «J’ignorais qu’on pouvait soigner la gangrène grâceau toucher», ironise-t-il. Un de ses confrères dit qu’il «ne sait pas» ce que font les scientologues dans l'enceinte de l’hôpital.”

Dans un entretien accordé à 20 Minutes, Georges Fenech, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) ne décolère pas: «La venue en Haïti de Travolta et de la Scien- tologie est indécente et gênante.»

Mais, note Jean-Cosme Delaloye dans le quotidien suisse 24 heures, “les scientologues ne sont pas les seuls. Les Haïtiens ont vu des centaines de missionnaires de toutes confessions affluer à leur chevet et leur prodiguer des soins tout en prêchant la bonne parole. Certains d’entre eux sont venus pour servir Dieu et leur destin politique, comme Edward Lynch. Ce politicien de la droite chrétienne se présente la semaine prochaine en Floride à une primaire pour remplacer un représentant démissionnaire au Congrès. (…) Les missionnaires comme lui arrivent en terrain conquis en Haïti. Le petit pays des Caraïbes est une terre de prédilection depuis des années pour des organisations évangéliques américaines qui agissent souvent de bonne foi et y ont ouvert des orphelinats, des écoles et des églises.”

Tanguy Berthemet fait le même constat pour Le Figaro: “plusieurs groupes chrétiens fondamentalistes américains ont afflué en masse dans la capitale haïtienne pour «venir en aide» aux sinistrés”. Tout comme Christian Losson dans Libération: “« les «mercenaires de la foi» déferlent sur Haïti. «Une armée de la fin des temps, prophétiques, des missionnaires de la pitié», prévient le site internet de Crisis Response International, ONG de Kansas City, capables de faire la «démonstration de pouvoir du royaume de Dieu». «On va là où Jésus nous appelle», dit l’un d'eux.

Beaucoup d’illuminés, médecins ou simple missionnaires, ont visiblement entendu des voix. «Ils sont venus prospérer sur la misère», déplore l’abbé Pierre-André, de l’église Sainte-Bernadette, à Martissant, un bidonville de Port-au-Prince.“

La secte de scientologie - index