Les victimes de sectes témoignent

En 2009 la scientologie continue ses abus. Que font nos gouvernements ?

Audio: Témoignage d'Alain Stoffen, musicien happé pendant 15 ans par la scientologie (985fm.ca - 20 juin 2009)

Vidéo: Le grand patron de la scientologie, David Miscavige, frappe ses employés (tampabay.com - 16 juin 2009) Une vidéo avec sous-titrage en français par Anonymous

David Miscavige fouille dans les dossiers des célébrités scientologues (CIS - 4 mai 2010)

Nos sociétés sont-elles trop tolérantes envers les dérives sectaires ?

Bibliographie: «Le croire se tient toujours aux croisements du meilleur et du pire («Les constellations du croire» de Pierre Gisel - avril 2009)

Statistiques 2000: La Suisse compte 491 groupes religieux et sectes (Le Temps - 18 avril 2009)

Les victimes sont privées de leur libre arbitre»

France: Interview de Catherine Picard, présidente de l'UNADFI (lejdc.fr - 25 juin 2009)

Rapport sur la Scientologie

Le grand patron de la scientologie, David Miscavige frappe ses employés

Vidéo: Témoignages de deux hauts dirigeants de la scientologie
ayant travaillé sous les ordres de David Miscavige
(tampabay.com - 16 juin 2009) avec sous-titrage en français

David Miscavige, un lunatique et un tortionnaire à la tête de la scientologie

photo Luke Mac Gregor 2006

David Miscavige fouille dans les dossiers
des célébrités scientologues

Centre Info-sectes - 4 mai 2010

 
Lisa marie Presley, l'ex femme de Michael Jackson, est une scientologue très active

Selon les propos de l'ex-scientologue Amy Scobee publié le 4 moi 2010 par le NY Post, le président de la sciento- logie, David Miscavige, consulte régulièrement les dossiers personnels des célébrités scientologues.

Ces dossiers (dossiers du Pre-Clair) sont confidentiels et regroupent l'ensemble de vos confessions et déclara- tions.Tout a été noté scrupuleusement lors de chaque séance de la thérapie de scientologie ou lors des innom- brables «vérifications de sécurité» (Les «sec check» sont de longs questionnaires ayant pour but de contrôler chacune de vos relations à l'extérieur de la secte)

Dans ces documents sont peut-être indiqués que vous avez eu des contact avec un journaliste, trompé votre femme, ou tué quelqu'un (accidentellement ou non)...

Toutes ces informations et confessions la scientologie n'a aucun droit de les utiliser pour vous manipuler mais visiblement, et comme par le passé avec Ron Hubbard, cette habitude ne semble aucunement avoir été stoppée !

Note:

Amy Scobee est en tournée de promotion de son livre: Scientology: Abuse at the top, un livre-témoignage dans lequel elle témoigne de son expérience dans la Sea Org, le troisième cercle de la scientologie. (http://www.scobeepublishing.com/)


Videos: Six anciens membres de l'Organisation maritime de Scientologie (Sea-Org) décrivent les abus dont ils ont été les victimes (Hollywood - 21.2.2010) Sous-titrage français réalisé par les Anonymous-Montréal

Scientologie: Témoignage d'Alain Stoffen

Derrière leur façade clinquante, il y a un empire de haine. (Alain Stoffen)

 

Audio: Interview d'Alain Stoffen, un musicien happé par la scientologie pendant 15 ans (985fm.ca - 20 juin 2009

«Le croire se tient toujours aux croisements
du meilleur et du pire»

Les constellations du croire

Le Temps - 18 avril 2009
[Texte intégral]

Dans un livre qui vient de paraître, le professeur lausannois Pierre Gisel interroge la notion du «croire».

Le Temps: Que signifie croire en régime de post-modernité ?

Pierre Gisel: Dans nos sociétés, ce qui frappe, c'est la désinstitutionnalisation des croyances, liée à une forte individualisation. La religion héritée ne canalise plus la croyance, et chacun bricole la sienne. Une analyse plus fine peut montrer en outre que le registre même du croire est affecté. Il y a rejet et déplacement. Non sans raisons. Ce qui était à croire a été en effet trop souvent proposé de façon extérieure et autoritaire.

Dans le contexte actuel, il est ainsi significatif que l'on préfère le mot de spiritualité à celui de religion, la spiritua- lité étant conçue comme un équilibre de vie, une sagesse plus qu'un engagement de croyance à proprement parler. C'est le cas dans les séductions pour le bouddhisme ou dans un religieux puisant au patrimoine ésotérique.

Le Temps: La privatisation du religieux implique des transformations dans la forme et le contenu des croyances. Lesquelles ?

Pierre Gisel: On observe une transformation au niveau des représentations. Par exemple, un fort pourcentage des personnes qui se déclarent chrétiennes disent croire à la réincarnation.

Mais il y a aussi une transformation au plan des modes d'institutionnalisation ou de socialisation. Les médiations offertes par les structures traditionnelles ont perdu leur crédibilité, au profit de réseaux plus directs, où priment le témoignage et l'expérience. L'absence ou le refus de toute médiation ne va bien sûr pas sans problème. D'autant que c'est tout l'univers de l'«institutionnalisation du sens» qui est en panne. On estdès lors renvoyé à l'arbitraire du jugement et des choix subjectifs. L'on ne sait plus comment penser un horizon commun et un lien social, et l'on n'a plus d'autre réponse que l'exercice d'une tolérance maximale.

Or, si la tolérance est une valeur importante, irréductible même, la société ne peut, en matière religieuse et de gestion sociale large, se contenter de ce seul critère. Il y a des choses que l'on peut à bon droit juger inadmissibles: la société ne peut pas accepter de façon indifférenciée n'importe quelle proposition ou pratique religieuse. Elle doit dès lors se mettre au clair sur la pertinence et les limites de validité du religieux, en vue d'un exercice sain de la tolérance et d'une reconnaissance possible d'apports des traditions au bien commun.

Le Temps: Vous soulignez dans votre livre qu'il ne faut pas confondre croire et savoir. Or l'intransigeance de certains leaders religieux et les crispations identitaires qui traversent les monothéismes donnent à penser que le croire et le savoir sont de moins en moins distingués.

Pierre Gisel: Il y a effectivement souvent une confusion entre croire et savoir. Notamment au sein du christianisme et de l'islam. Dans le passé, ces deux religions ont souvent fait la part des choses. Il y a eu par exemple une énorme réflexion au sein du christianisme médiéval sur les différences entre croire et savoir. Mais, depuis le début des Temps modernes, on observe une tendance à présenter les «biens de salut» comme des vérités qui seraient de l'ordre du savoir. Cette tendance se renforce aujourd'hui sous la pression de la désinstitutionnalisation et de l'individualisation du croire d'une part, d'une culture scientifique tendant à ne reconnaître qu'un seul type d'exercice de la raison d'autre part. Le créationnisme est une illustration de cette confusion, aussi dommageable pour le savoir que pour le croire.

Le Temps: Vous soulignez dans votre livre que le croire suppose du doute, que toute croyance est exposée à démenti et s'offre à correction.

Pierre Gisel: Oui, et j'y tiens. C'est que le croire suppose l'engagement de son existence envers des propositions de sens qui ne sont justement pas démontrables scientifiquement. Croire, c'est assumer un risque, raisonnable mais non sûr, en lien à ce qui échappe à la maîtrise et à l'objectivation. Mais les institutions religieuses peinent à admettre que toute croyan-ce est particulière et contingente. Ce n'est malheureusement pas par hasard que le magistère de l'Église catholique ait surtout condamné, ces dernières années, des théologiens qui montraient une ouverture à d'autres religions, pensant devoir même valider d'autres voies que la seule voie chrétienne.

Le Temps: Accepter l'aspect contingent et particulier d'une religion, c'est admettre sa part illusoire.

Pierre Gisel: Toute religion travaille sur l'imaginaire. Mais il n'y a pas de société et d'humanité sans cela. C'est en passant par des images et des représentations que se cristallise une identité, individuelle aussi bien que collective. Par ailleurs, l'imaginaire est toujours là pour gérer un manque ou une réalité frustrante; et à travers le religieux qui s'en empare se joue entre autres choses de la sublimation et de la consolation. Avec leur part illusoire, certes. Mais avec, aussi, une part de protestation, de force vitale et d'émergence propre, face à des défis.

Le Temps: Vous affirmez que les croyances et les religions peuvent être aliénantes. Quand est-ce le cas?

Pierre Gisel: Les religions ont affaire à ce qui dépasse l'humain. A ce qui lui est autre, extérieur, en excès, et qu'il ne peut que symboliser. Non réduire à un savoir justement. Symboliser en vue d'une habitation du monde, qui soit bonne, à la fois sage et fructueuse. Mais de ce qui est reconnu comme extérieur, on peut se faire l'esclave.

S'y soumettre comme à une obligation réclamant directement et sans autre une obéissance. Cela arrive quand l'objet de la religion devient idole. Et qu'un acte de croire s'inscrit dans un système de croyances idéologisé. C'est un risque interne aux religions, tout spécialement dans leurs formes monothéistes. Le croire se tient toujours aux croisements du meilleur et du pire. •

PB

Les constellations du croire,
Dispositifs hérités, problématisations, destin contemporain, de Pierre Gisel,
Editions Labor et Fides, 202 pp.

La Suisse compte 491 groupes religieux et sectes

Le spectre de cette diversité s'étend des grandes Eglises traditionnelles aux petites sectes qui ne comptent que quelques membres. A cet égard, la Suisse représente un véritable observatoire des modalités et des possibilités de cohabitation entre les religions.

Un ouvrage à paraître aux Editions Labor et Fides expose les risques et les chances qu'une telle diversité implique.Une première constatation s'impose. Cette diversité est une chance pour la démocratie. Elle peut contribuer à la renforcer. Elle constitue en effet une garantie de la liberté de religion, et elle oblige à respecter les croyances des autres. Elle ouvre également au dialogue.

Les Eglises chrétiennes, en perte de vitesse, composent ainsi de nouvelles alliances pour continuer à exister sur la scène religieuse. Le Conseil suisse des religions, qui comprend des représentants des trois monothéismes abrahamiques, est une manifestation concrète d'un dialogue devenu nécessaire.

Mais, et c'est la deuxième constatation, la diversité religieuse recèle également des dangers. Notamment celui d'une tolérance molle qui, au nom du respect de la liberté de religion, en accepterait des ex-pressions contraires aux droits de l'homme.

On voit apparaître çà et là une disponibilité d'esprit à une telle évolution. Il a ainsi été question d'une introduction partielle de la charia en Suisse.

En Allemagne, une juge a refusé en 2007 d'accorder le divorce immédiat à une femme d'origine marocaine battue par son mari, au motif que le Coran prévoit ce genre de traitements et que l'épouse devait donc s'y attendre. La juge a été dessaisie de l'affaire, mais un tel raisonnement aurait été impensable dix ans plustôt. Inutile de préciser qu'il a fait du tort aux musulmans.

Les risques liés à la diversité religieuse exigent de repenser lesrapports entre le religieux et lepolitique. La tolérance ne saurait être le seul à retenir. Une telle politique impliquerait un repli descommunautés sur elles- mêmes,et des difficultés supplémentaires d'intégration. Une bonne gestionde la diversité religieuse nécessite la prise en compte de l'ensembledes valeurs fondamentales des sociétés démocratiques occidentales. Il serait dommageable de l'oublier.

PB

«Victimes privées de leur libre arbitre»

L'expansion sectaire en France et en Europe

http://www.lejdc.fr - 25 juin 2009 par Jean-Christophe Henriet
[Texte intégral]

NEVERS. Samedi, Catherine Picard a détaillé l'expansion sectaire en France et en Europe devant une centaine de personnes invitées de la Loge franc-maçonne L'humanité.

Actuelle présidente de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi), l'ancienne députée socialiste Catherine Picard est surtout connue pour avoir été corapporteure de la loi de juin 2001, la loi About-Picard, renforçant la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. Samedi, elle était invitée de la loge neversoise L'Humanité pour une conférence intitulée «Les sectes en France, un défi pour la République.»

Qu'a apporté la loi que vous avez soutenue il y a huit ans ?

C'est la première fois où le législateur donne la capacité aux juges de demander la dissolution d'associations sectaires au bout de deux condamnations lorsque ces mouvements ont transgressé la loi. Avant, il y avait beaucoup de procès, mais pas de dissolution de la personne morale.

Les sectes sont-elles plus nombreuses aujourd'hui qu'hier ?

Oui. Leur augmentation est exponentielle. 173 étaient répertoriées en 1995 dans le rapport parlementaire. On estime leur nombre en France, aujourd'hui à environ 600. Mais nous ne sommes pas les seuls visés. La Belgique va légiférer, les Espagnols y réfléchissent. Le land allemand de Bavière, lui, a interdit la scientologie.

Dans quel domaine exercent-elles leur activité ?

Leur domaine d'infiltration privilégié est aujourd'hui la santé physique et psychique. Le phénomène est si préoc- cupant qu'un groupe de travail sur les médecines non conventionnelles à visée thérapeutique a été constitué.

Ces mouvements sont-ils les successeurs des organisations qui se présentaient comme des religions?

Oui, mais c'est parce que ces derniers ont, depuis vingt ans, subi les assauts de la justice qu'ils ont pris forme atone. Après eux, on a vu surgir des sous-groupes dans le domaine du bien-être, des thérapies et de la formation professionnelle.

Comment parviennent-ils à leurs fins ?

On a tous des vulnérabilités, face à la maladie, à l'éducation des enfants ? Je n'ai pas de regard critique sur le contenu, Mais d'une demande légitime, on peut passer à un véritable guide de vie, conduisant parfois à ne plus tenir compte des prescriptions médicales. Je me souviens m'être portée partie civile dans une affaire où un enfant de 18 mois était mort de faim.

 

(*) L'Unadfi, que préside Catherine Picard, était partie civile dans le récent procès de sept adeptes de l'église de scientologie de Paris pour escroquerie en bande organisée. Cette association risque la dissolution. Le jugement devrait intervenir à l'automne.