La scientologie condamnée en France pour escroquerie
en bande organisée et médecine illégale

25 mai - 27 octobre 2009

La scientologie et ses pratiques condamnables

Scientologie. Un ex-cadre témoigne. Dans la Scientologie, Julien était chargé de convaincre les adeptes
d'investir dans les cours et les programmes dits de «développement personnel». Photo MaxPPP

La scientologie condamnée en France pour escroquerie et médecine illégale (CIS - 27 octobre 2009)

Extrait du jugement et des condamnations de la scientologie (CIS - 27 octobre 2009)

Audio: La scientologie doit être interdite. Interview de Christophe Barbier (journaliste à l'Express) (Radio-Canada à Quebec - 28 octobre 2009)

Vidéo: Le président de la MIVILUDES: «C'est une décision historique où la scientologie est condamnée pour la première fois en tant que personne morale» (France Info - 27 octobre 2009)

Église de scientologie: Un tribunal parisien lui inflige 600.000 euros d'amende «pour escroquerie en bande organisée» (La liberté - 28 octobre 2009)

Vidéo: Débat sur les dérives de la scientologie avec Georges Fenech (président de la Miviludes), François Koch (journaliste à l'Express), Jean François Colosimo (historien des religions) et Alain Stoffen (ex-membre de la scientologie) (France 5 - 26 mai 2006)

Audio: Serge Faubert présente le procès à Paris contre la scientologie en tant que personne morale (France Culture - 26 mai 2006)

Audio: Procès contre la scientologie. Explication de la stratégie des avocats de la scientologie (France Culture - 26 mai 2009)

Vidéo: Révélations sur la scientologie: Témoignage d'Alain Stoffen et interview de Georges Fenech, président de la Miviludes (France2 - 25 mai 2009)

Scientologie: comment ils ont été recrutés (lepost.fr - 28 mai 2008)

Les 5 fausses promesses de la scientologie (lepost.fr - 28 mai 2008)

Un ex-cadre de la scientologie témoigne. Pour arriver à nos fins, on poussait les adeptes à emprunter de l'argent auprès de leurs proches (letelegramme.com - 29 mai 2009)

Révélations d'un ancien membre de la Scientologie (lexpress.fr/actualite/societe - 26 mai 2009)

JUSTICE - Cours de "réparation de vie", de "purification": une ancienne scientologue raconte (lepoint.fr - 26 mai 2009)

Le témoignage qui accable la Scientologie (europe1.fr - 26 mai 2009)

Scientologie: récit accablant d'une ancienne adepte (lefigaro.fr/actualite-france - 26 mai 2009)

Procès de la Scientologie en France: une adepte décrit son parcours «J'ai été dévalisée et démolie par l'église de scientologie» (francesoir.fr - 27 mai 2009)

Ces patrons qui perdent la tête pour la scientologie. Devant le Tribunal correctionnel, la secte passe un mauvais moment (tdg.ch - 28.05.2009)

Quand la Scientologie enrôlait au travail (leparisien.fr - 28 mai 2009)

La Scientologie condamnée en France pour escroquerie
en bande organisée et exercice illégal de la pharmacie

France - 27 Octobre 2009

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné mardi 27 octobre 2009 l'association spirituelle de l'Eglise de Scientologie-Celebrity Center à une amende de 400.000 euros et la librairie scientologue SEL à 200.000 euros pour "escroquerie en bande organisée". Mais la cour n'a pas demandé l'arrêt de l'activité car celle-ci- "risquerait de se poursuivre en dehors de tout cadre légal".

"C'est une décision historique", s'est félicité Me Olivier Morice, avocat des parties civiles. "C'est la première fois que l'Eglise de Scientologie est condamnée pour escroquerie en bande organisée et que deux structures de la Scientologie sont condamnées pour cela".

Le résultat de ce procès est un petit miracle car la scientologie est connue pour faire pression sur ceux qui déposent une plainte pénale. Pour ma part, suite à ma plainte (1993-Genève), la secte est venue à mon domicile pour me menacer et n'a cessé de contacter ma famille et des proches pour me diffamer. Cerise sur le gâteau: lors du procès la secte a fait tous les recours possibles afin de me couler financièrement.

Bref, pour moi cette condamnation est une très bonne chose mais ce que j'espère le plus c'est que la thérapie de scientologie soit interdite où au minimum contrôlée par un organisme indépendant.

De quel droit un non médecin peut-il vendre et délivrer une thérapie invasive pouvant porter atteinte à la santé mentale ou physique ? (abus de vitamine - faux souvenirs induits - introversion - destabilisation - culpabilisation - stress - etc.)

Jean-Luc Barbier, fondateur du Centre Info-sectes

Extraits du Jugement du Tribunal de Paris:

p 26 - 27

Madame "M", a indiqué qu'au-delà de son préjudice matériel, toujours très important du fai t des emprunts auxquels elle avait été contrainte de recourir, elle subissait un lourd préjudice moral. Celui-ci a été examiné dans le cadre d'une expertise psychiatrique ordonnée par le juge d'instruction dont les conclusions évoquent "un abus de la relation transférielle au sens large, du processus de dépendance instauré non au service de son autonomie mais au service de son assujettissement à un groupe et à ses croyance" A l'audience, le Docteur D. ZAGURY a confirmé ses conclusions.

p 34

Le caractère de religion revendiqué par les adeptes de la Scientologie est contesté en France et reconnu dans d'autres pays. Comme il a été indiqué en début d'audience, il est bien clair qu'il n'appartient pas au tribunal de se prononcer sur cette question de société mais de rechercher si les méthodes utilisées pour mettre en prati- que leur philosophie exposée ci dessus sont susceptibles d'engendrer une qualification pénale lors de leur mise en oeuvre et plus précisément de rechercher si les infractions reprochées à certains membres et aux personnes morales sont constitués.

p 36-37

La question s'est posée de l'évasion des fonds vers l'étranger ,en raison de la surfacturation des produits fournis par les structures étrangères de la Scientologie notamment le prix de facturation des ouvrages de la librairie S.E.L. qui peut s'avérer dix fois supérieur au prix général d'une édition commune comparable en tirage, sans aucune justification contractuelle. Tel que le prix réel de l'électromètre vendu aux adeptes permet à la Scientologie des marges bénéficiaires nettes de l'ordre de 75%, et que le prix des vitamines vendues par l'intermédiaire des structures commerciales de la Scientologie est bien supérieur à celui des mêmes molécules lorsqu'elles sont délivrées en pharmacie.

- l'ancien comptable a indiqué qu'une faible part du chiffre d'affaire partait vers les structures américaines ,soit 13 à 14 % ,soit 3 millions de francs en 99 (360.000 euros);
- ouvertures de 11 comptes bancaires à l'étranger(SEL)
- liens financiers avec les structures anglaises (remboursements par des comptes LOYDS);
- liens capitalistiques SEL avec SIRT SOT Ldt(RU);
- liens commerciaux SEL/G&G multi mineral.

L'ensemble de ces particularités de fonctionnement ont suscité des suspicions de fuite organisée des capitaux grâce à l'organisation des liens juridiques parfaitement artificiels des structures entre elles.

Le juge d'instruction dans son ordonnance de renvoi indiquait que la conséquence financière à laquelle on aboutit est, d'une part, que l'association à but non lucratif fait financer par répercussion le fonctionnement de structures commerciales par ses propres membres, bien au-delà des services assurés. Elle est, d'autre part, qu'une partie substantielle du chiffre d'affaires de la société commerciale peut échapper à toute fiscalité et que la plus grande partie des fonds récoltés en France auprès des adeptes pour la fournitures des diverses prestations de formation se retrouvent en conséquence reversée à des structures étrangères, en Grande-Bre- tagne, au Danemark ou aux Pays-Bas notamment, qui ne participent que marginalement à la vie associative de Paris.

Les commissions rogatoires faites à l'étranger n'ont pu être exécutées; en conséquence beaucoup d'interrogations subsisteront sur ce point.

p 39

De même, les membres chargés de superviser les séances des adeptes ont reconnu avoir obtenu des rémuné- rations en espèces importantes et en toute hypothèse sans rapport avec des fonctions bénévoles.

Au sein des installations de la rue Legendre, les adeptes sont pris en charge par les permanents, utilisant dans leurs fonctions une terminologie propre, apparemment liée au stade de l'évolution des adeptes mais dont la hiérarchie se révèle aléatoire. De ce point de vue, les personnels interrogés n'ont jamais réussi à attribuer aux officiers traitant ni le même rôle, ni les mêmes fonctions, ni le même degré de notoriété. Les activités paraissent compartimentées au point que le membres interrogés ne puissent parler que de leur activité ,sans doute pour ne pas impliqué ou mettre en cause quiconque.

Il a été expliqué qu'il n'y avait pas de hiérarchie entre eux ,puisque le seul réfèrent était les écrits de Ron HUBBARD, malgré cela un organigramme d'une extrême complexité a été découvert en perquisition. Plusieurs centaines de fonctions différentes y sont ainsi répertoriées, semblant provenir d'une traduction littérale d'un modèle d'institutions américaines, mais n'ont pas de gestionnaire attitré, cependant que la même personne peut être investie de la charge de très nombreux services.

p 105-118

Condamnations

  • L'Association Spirituelle de l’Eglise de Scientologie CC (ASES) est condamné pour escroquerie en bande organisée et doit verser 400,000 euros d'amendes. L'Association est aussi forcé de payer et de publier un avis de condamnation dans des publications francophones et anglophones influentes, tel que Le Monde, Le Figaro, Libération, The Herald Tribune et Time.
  • La libraire Scientologie Espace Liberté (SEL) est aussi condamné pour escroquerie en bande organisée et doit verser 200,000 euros d'amendes. Elle doit aussi payer pour la publication d'un avis de condamnation.
  • Pour ce qui est des condamnations individuelles, le directeur du Celebrity Center Alain Rosenberg est reconnu coupable d'escroquerie et de complicité de pratique illégale de la pharmacie. Il est condamné à deux ans de prison avec sursis et une amende de 30,000 euros .
  • Le vendeur de la libraire Scientologie Espace Liberté (SEL) Didier Michaux est reconnu coupable d'escroquerie. Il est condamné à 18 mois de prison avec sursis et 20,000 euros d'amendes.
  • le vendeur à la libraire Scientologie Espace Liberté (SEL) Jean-François Valli est reconnu coupable d'escroquerie. Il est condamné à 18 mois de prison avec sursis et 10,000 euros d'amendes.
  • L'ex-présidente du Celebrity Center Sabine Jacquart est reconnu coupable d'escroquerie et de pratique illégale de la pharmacie. Elle est condamné à 10 mois de prison avec sursis et 5,000 euros d'amendes.
  • Superviseure de la Cure de Purification Aline Fabre est reconnu coupable de pratique illégale de la pharmacie et est condamné à 2,000 euros d'amendes.
  • La scientologue Marie-Anne Pasturel, intermédiaire dans l'achat de vitamine par la secte, est reconnu coupable de pratique illégale de la médecine et est condamné à 1,000 euros d'amendes.
Tribunal correctionnel de Paris
27 octobre 2009
 Le jugement intégral (pdf)
Tribunal correctionnel de Paris - 27 octobre 2009 - 118 pages
 

La scientologie condamnée pour escroquerie en bande organisée

Audio: Interview de Christophe Barbier (journaliste politique à l'Express)

Radio-Canada à Quebec - 28 octobre 2009

Le journaliste Christophe Barbier explique le rôle de la MIVILUDES et l'impact de ce procès pour la société française. Il explique dans cette interview quels sont les obstacles politiques actuels pour lutter effica- cement contre les sectes et précise qu'il est favorable à l'interdiction de certaines sectes. Il est à noter que ce journaliste utilise le terme pseudo-gourou ce qui est le terme à employer car dans la culture indienne il y a des gourous et ils remplissent le même rôle que nos pasteurs ou nos curés et ce ne sont aucunement des escrocs. Il serait temps que les anti-sectes utilisent le terme de pseudo-gourou pour un escroc comme Ron Hubbard.

Ce document nous a été communiqué par les Anonymous du Quebec

 
La scientologie en sursis


Vidéo: Georges Fenech commente une décision historique

«L'invité de France Info» - 27 octobre 2009

Église de scientologie: Un tribunal parisien lui inflige 600.000 euros d'amende
«pour escroquerie en bande organisée». Mais l'Église peut continuer ses activités
La liberté, mercredi 28 octobre 2009, Nicolas Vaux-Montagny
[Texte intégral]

La vulnérabilité abusée

La justice reprochait aux structures françaises de la scientologie d'avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à quatre anciens adeptes, en profitant de leur vulnérabilité. L'affaire avait débuté par la plainte d'une femme, fin 1998. Abordée pour un test de personnalité gratuit, elle avait fini par dépenser 20000 euros pour des cours «de communication et de réparation de vie», l'achat de livres, de médicaments et d'un «électromètre», un appareil électrique censé mesurer la «charge mentale» des patients. La scientologie a connu de nombreux démêlés avec la justice en France, ou elle inspire toujours beaucoup de suspicion, alors qu'elle est reconnue dans d'autres pays européens. (Cette reconnaissance dont se targue la scientologie et que rapporte ce journaliste doit faire l'objet dans nos médias de plus d'explications car ce qu'il faut savoir c'est qu'il suffit dans certains pays de déposer les statuts d'une association et de payer quelques centaines de francs pour être non taxé par le fisc et être reconnu comme  une organisation non-commerciale. Cette reconnaissance n'est aucunement une reconnaissance du caractère religieux de la scientologie. Cet abus du langage reproduit si souvent par des journalistes professionnels n'est pas acceptable. Nous les prions de ne plus rapporter ainsi la propagande de la scientologue et de mieux informer leurs lecteurs - Note du Centre Info-Sectes)

ATS

Le contrôle préféré à l'interdiction

Le Tribunal correctionnel de Paris a condamné hier l'association spirituelle de l'Eglise de scientologie - Celebrity Center - à une amende de 400.000 euros et la librairie scientologue SEL à 200.000 euros pour «escroquerie en bande organisée». Mais la Cour n'a, pas demandé l'arrêt de l'actif car celle-ci «risquerait de se poursuivre en dehors de tout cadre légal».

Quatre des six personnes physiques de la scientologie ont été condamnées pour «escroquerie en bande organisée» à des peines de 10 à 24 mois de prison avec sursis. L'un des principaux responsables de la scientologie en France, Alain Rosenberg, a écopé de 24 mois de prison avec sursis pour «escroquerie en bande organisée» et «complicité d'exercice illégal de la pharmacie». Les deux autres prévenus ont été condamnés à des peines de 1000 et 2000 euros d'amende.

Une décision historique

Me Patrick Maisonneuve, avocat de l'Eglise de scientologie, a annoncé son intention de faire appel. «Nous allons bien évidemment interjeter appel de cette décision car nous plaidions la relaxe et nous contestons le principe même de la condamnation», a dit l'avocat. Ce jugement ne va pas arranger l'organisation car d'autres affaires sont en cours d'instruction

«C'est une décision historique», s'est félicité de son côté Me Olivier Morice, avocat des parties civiles. «C'est la première fois que l'Eglise de scientologie est condamnée pour escroquerie en bande organisée et que deux struc- tures de la scientologie sont condamnées pour cela», a-t-il dit. «Le tribunal a condamné quatre personnes physi- ques à des peines d'emprisonnement avec sursis importantes, le responsable, principal étant condamné à 24 mois de prison avec sursis», s'est réjoui Me Morice.

Le Parquet avait notamment requis le 15 juin. la dissolution de la branche française et de la librairie scientologue SEL, réclamant aussi une amende de deux millions d'euros contre chacune d'elles.

Or, «le tribunal a décidé aujourd'hui que l'Eglise de scientologie pouvait et devait continuer son activité, même si le tribunal a invité à une plus grande vigilance et une plus grande transparence, notant d'ailleurs en passant que cet effort dans la communication de l'Eglise de scientologie existait déjà», a noté Me Maisonneuve. (Cet avocat des scientologues s'avance baucoup car la scientologie est connue pour son opacité; ne serait-ce que celle qui concerne sa compatabilité. D'autre part pour ce qui concerne la Suisse la scientologie a refusé de nous communiquer certains documents que nous lui avons demandé - Note du Centre Info Sectes)

Un jugement intelligent

«Le tribunal a expliqué pour quelle raison il n avait pas prononcé l'interdiction», a répondu I'avocat des parties civiles. «En réalité, s'il n'a pas Prononcé cette interdiction, c'est pour pouvoir mieux contrôler la scientologie. Le tribunal explique d'une part qu'il faut que le jugement ait un retentissement non seulement national, mais interna- tional en ordonnant la publication dans certains journaux internationaux. Et d'autre part, il explique que c'est en maintenant les structures de la scientologie qu'on pourra davantage les contrôler. Sinon, elles continueront des activités occultes».

Une personne morale condamnée pour escroquerie peut être dissoute d'office par la justice. Une sanction supprimée le 12 mai 2009: dans le cadre d'une loi de simplification du droit, promulguée le 13 mai au «Journal officiel» et qui a été rétablie ce mois-ci par le parlement (lire dessous). Mais en l'absence de rétroactivité, cette sanction ne pouvait s'appliquer dans ce cas précis.

«C'est un jugement intelligent», a estimé Catherine Picard, présidente de l'Unadfi, une association d'aide aux victimes dé sectes. «La scientoiogie ne peut plus se rétracter derrière la liberté de conscience. Cette décision ne va pas arranger cette organisation d'autant qu'il y a d'autres affaires à l'instruction», a-t-elle averti.

Agnès Bron et Danielle Gounord, deux porte-parole de la scientologie (*)

Pour Agnès Bron, une porte-parole de l'Eglise de scientologie, «ce jugement est contradictoire. Le tribunal se contredit sur les faits mais il a voulu faire un compromis». Mme Bron, qui voit dans ce jugement «une Inquisition : des temps modernes», a confirmé l'appel pour «les personnes morales mais également pour les prévenus».

Considéré comme une religion aux Etats-Unis, en Espagne ou en Suède (Encore un abus de langage. Aux USA ne bénéficie que d'un statut d'association caritative. De plus cette reconnaissance dont se targue la scientologie devrait faire l'objet dans nos médias de plus d'explications car ce qu'il faut savoir c'est qu'il suffit dans certains pays de déposer les statuts d'une association et de payer quelques centaines de francs pour être non taxé par le fisc et être reconnu comme  une organisation non-commerciale. Cette reconnaissance n'est aucunement une reconnaissance du caractère religieux de la scientologie. Note du Centre Info-Sectes), le mouvement fondé en 1954 par l'écrivain américain de science-fiction Ron Hubbard est classé parmi les sectes en France depuis 1995.

AP

(*) photo EPA MATTHIEU RONDEL (photo non publiée par La Liberté - ajoutée par le CIS)

Vote «salvateur»

Le vote de l'Assemblée nationale qui permet finalement à la scientologie d'échapper à une dissolution judiciaire en France est présenté comme une erreur technique. Mais cette version est contestée. Des élus d'opposition, et les syndicats de magistrats soupçonnent une manoeuvre souterraine de l'organisation américaine. Ils ont demandé, sans succès, une enquête lorsque ce vote, acquis définitivement en mai, juste avant le procès, a été découvert officiellement en septembre.

Dans le cadre d'un projet sur la «simplification du droit», les députés ont supprimé la possibilité pour les tribunaux de prononcer la dissolution de personnes morales pour escroquerie, ce qui correspond exactement au cas de la scientologie. Mais la dissolution est restée possible pour «abus de confiance» ou d'autres délits.

Le vote a été renversé en octobre mais l'effet est irréversible sur le dossier de la scientologie où c'est le texte abrogé qui s'appliquera, aucune loi pénale ne pouvant être rétroactive. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a déclaré le 19 septembre, après une enquête interne, qu'il pouvait écarter une «interférence extérieure». Il assure que le responsable était un administrateur «au-dessus de tout soupçon», qu'il n'a pas nommé. L'erreur se serait produite à l'Assemblée lors d'une «navette» du texte à l'été 2008, personne ne s'apercevant du changement. Cependant, les syndicats de magistrats remarquent que plusieurs responsables de la majorité avaient d'abord presenté cette modification comme volontaire. Ensuite, estiment-ils, le scénario de la, modification semble peu compatible avec la thèse d'une erreur matérielle.

A l'origine, le texte parlait en effet des «peines prévues par l'article 131-39», donc des peines numérotées de 1 à 9, puis le texte a changé pour «les peines prévues de 2 à 9 de l'article 131-39 «, ce qui exclut l'escroquerie, visée à l'article 1. Par ailleurs, plusieurs enquêtes journalistiques affirment que la scientologie connaissait la modification avant que le Gouvernement français la découvre officiellement. Le magazine «Le Point» a publié un courriel envoyé le 8 juillet 2009 par un avocat américain de la scientologie, William C. Walsh, à un journaliste du «Wall Street Journal» préparant un article sur le procès français. Il l'informait qu'une réforme avait rendu impossible en France la dissolution.

ATS

 Les dérives sectaires de l'organisation de scientologie


Vidéo: Les affabulations et manipulations écrasantes de la scientologie
 
Débat sur les dérives de la scientologie avec:
Georges Fenech (président de la Miviludes),
François Koch (journaliste à l'Express),
Jean François Colosimo (historien des religions) et
Alain Stoffen (ex-membre de la scientologie)
 
(France 5 - 26 mai 2006 - 1:04:35)
Paris: Un procès contre la scientologie en tant que personne morale


Video-audio d'Anonymous: Serge Faubert présente le procès contre la scientologie
pour escroquerie en bande organisée (France Culture - 26 mai 2006 - 6:45)
La scientologie obtient le consentement de ses victimes
grâce à de nombreux stratagèmes manipulatoires

Source: France Culture - Journal de 18:00 - 26 mai 2009

Extrait: La défense veut déplacer le débat sur le consentement, donc reprocher son comportement à la victime comme dans des dossiers d'inceste ou de viol. C'est habile bien sûr mais finalement cela ne trompe personne:

Aude-Claire n'a jamais dit qu'elle avait été escroquée mais seulement manipulée, et la manipulation qui consiste à lui faire acheter à l'avance des cours et des cours pour 4 ans et 140'000 francs ? et bien cette manipulation, c'était justement d'obtenir son consentement.

Télécharger le document audio: FRANCE-CULTURE-Proces-Scientologie-26052009.mp3

 Scientologie: comment ils ont été recrutés
 
http://www.lepost.fr - 28 mai 2008
[Texte intégral]

Avec le procès de l'église de scientologie, d'anciens adeptes, en guerre contre l'organisation, relatent leurs expériences malheureuses.

Lundi a débuté un procès qui opposent 2 anciennes adeptes à l'église de Scientologie. Accusés d'escroquerie et d'exercice illégal de la pharmacie, 7 responsables de l'église de Scientologie ainsi que le centre parisien et sa librairie -en tant que personnes morales- nient tout en bloc.

"Ces histoires sont plus des histoires de déception que des tromperies", a plaidé Me Maisonneuve, l'un des avocats de la Scientologie, à l'ouverture du procès. Mais depuis le début de la semaine, que ce soit à la barre ou dans les médias, les témoignages d'anciens adeptes, accusant l'église de Scientologie de manipulation, affluent. Tour à tour, ils décrivent comment l'organisation les a attirés en son sein. Avec toutes sortes de promesses. En voici 5.


1. La Scientologie vous offre la liberté...

Alain Stoffen, ancien adepte qui attaque l'église dans son livre Voyage au coeur de la scientologie, raconte qu'il a apprécié se sentir "libre" pendant ses 15 ans d'appartenance à l'Eglise de Scientologie.


Vidéo: Révélations sur la scientologie: Témoignage d'Alain Stoffen
avec une interview de Georges Fenech, président de la Miviludes (France2 - 25 mai 2009)

"J'étais intimement persuadé de penser de plus en plus par moi-même et d'être de plus en plus authentique", explique-t-il sur France 2.

Sauf que... on peut se sentir surveillé !

Lorsqu'il a découvert son "dossier d'éthique" (un document secret que l'organisation tient à jour sur chacun de ses membres), il s'est senti "trahi, violé", a-t-il expliqué sur France 2. Sur des centaines de pages, Alain Stoffen découvre que tout son parcours au sein de l'organisation a été minitieusement noté. Il lit également quelles étaient les instructions pour le convaincre de rester dans l'église de Scientologie, un "programme pour manier Alain Stoffen".


2. La Scientologie vous donne du travail ...

C'est ce qu'a raconté à la barre du tribunal correctionel de Paris, Aude-Claire Malton, ancienne adepte, relate France-Soir . La Scientologie l'a recrutée à une époque où, gouvernante dans un grand hôtel, à 8'000F par mois, elle est "dépressive et en situation de rupture". "On m'a proposé de travailler rue Legendre (un des centres de la Scientologie à Paris, ndlr) pour un salaire minime mais des cours gratuits. Comme j'habitais loin, j'ai donné mon congé."

Sauf que... c'est possible d'y laisser pas mal d'argent !

Aude-Claire explique pour sa part que la Scientologie lui a "pris son énergie, vidé ses comptes." Et elle accuse: elle aurait dépensé 140'000F (soit plus de 20'000 euros) en 17 règlements à l'organisation.


3. La Scientologie vous aide à prendre confiance ...

C'est ce qui a tout de suite attiré Jérémy, 17 ans, lorsqu'il a été approché par l'organisation. Dans L'Express, (article ci-dessous) il raconte comme il a adhéré à l'église de Scientologie après avoir passé un test de person- nalité et avoir suivi de nombreux cours de communication avec des adeptes.Il "constate des changements dans ses relations avec les autres" et trouve même du travail au sein de l'organisation.

Sauf que ... cela peut se transformer en "pression terrible" !

"On regardait les revenus que je réalisais sur une semaine et s'ils étaient inférieurs à la semaine passée, je devais rattraper mon retard", explique Jérémy qui décrit la pression dont il se sent victime. "On ne dormait pas, il fallait vendre à tout prix." L'isolement aussi ...


4. La Scientologie vous transforme en "surhomme"...

C'est ce qu'a raconté un ancien recruteur, entré dans l'organisation en 1975 et aujourd'hui farouche détracteur de la Scientologie. Il raconte dans Le Figaro comment il a été séduit par la dianétique, la méthode expliquée dans ses ouvrages par le fondateur de la Scientologie, Ron Hubbard. "On y décrit l'homme qui, débarrassé des 'aberrations', c'est-à-dire des maladies psychosomatiques, devient rationnel, intelligent. C'est le mythe du 'surhomme' et j'y ai cru".

Sauf que... pas tout à fait !

L'ex-adepte relate ce qui l'a fait quitter l'organisation: "A la suite de décès tragiques d'adeptes, je me suis aperçu que la Scientologie avait influencé la vie de ces personnes. J'étais mal à l'aise. Il y a eu aussi le cas d'une femme qui a failli mourir à force de saunas qui lui étaient déconseillés".


5. La Scientologie dispense des formations pour les cadres...

C'est un article de Capital qui fait le tour des différentes stratégies d'approche de l'organisation. Le journal économique explique, par exemple, qu'un "membre d'honneur de l'Eglise française de la Scientologie" est également patron d'une agence spécialisée dans les formations en marketing. "Carrefour, la Société générale, SFR ou encore Novotel" auraient organisé des sessions de formation pour leurs cadres avec lui.

Sauf que ... elle ne donne pas son nom !

"Mon appartenance religieuse n’a rien à voir avec mes formations", s'est défendu l'homme en question. Mais, affirme Capital, sa société est "adhérente à Wise, le réseau mondial des entreprises scientologues. Et, comme les autres, elle s’engage à «utiliser les méthodes de management de Ron Hubbard» dans ses activités professionnelles".

Sources: France Soir, L'Express, Le Figaro, images France 2, YouTube, Capital, France Info

Scientologie. Un ex-cadre témoigne

http://www.letelegramme.com/ - 29 mai 2009
[Texte intégral]

Julien (*) a été scientologue pendant une vingtaine d'années. Il a travaillé pour le mouvement aux États-Unis, forçant les adeptes à opter pour des services extrêmement onéreux. Pour lui, l'escroquerie est qualifiée.

Très jeune, Julien s'est rapproché de la Scientologie. «Je vivais un certain mal-être. J'y trouvais des oreilles attentives. Alors j'y suis resté.» Très vite, la Sea Org («Organisation maritime»), qui regroupe l'élite des sciento- logues lui proposera de s'installer aux États-Unis, où est née la Scientologie. Sa mission sera de convaincre les adeptes d'investir dans des programmes de développement personnel. «Il s'agissait de cours et d'auditions. Des cycles facturés de 300 à 6'000euros.»

Payé 50 euros la semaine

Pendant une quinzaine d'années, Julien vivra dans une bulle, travaillant de 8h à 22h, du lundi au samedi. «Nous étions logés et nourris. On nous versait 50 euros par semaine pour notre argent de poche.» Un bien maigre pécule comparé aux sommes colossales que peuvent collecter ces super-commerciaux de la «firme spirituelle». Sur dix mois, certains dépassaient allègrement le million de dollars. C'était le cas de Julien qui, tous les jours, participait à une réunion d'objectifs. «80% de nos contacts devaient déboucher sur un engagement ferme. C'était une énorme machine à fric.

Pour arriver à nos fins, on poussait les adeptes à emprunter de l'argent auprès de leurs proches. Si ces derniers n'étaient pas assez fortunés, on les guidait pour l'obtention d'un prêt. Quitte à être présent le jour de la signature, à leurs côtés, à la banque.On étudiait de très près les théories les plus abouties de techniques commerciales.»

«Épreuves de sécurité»

Ceux qui résistaient à ce harcèlement faisaient les frais d'une manipulation mentale bien rôdée. (Une manipulation écrasante - Note du centre Info-sectes)

On leur expliquait que leur être spirituel - en quelque sorte leur âme - serait altéré. Un choc quand on croit dur comme fer aux théories de Ron Hubbard, romancier de science-fiction et fondateur du mouvement. Fatigué, harassé, Julien a quitté la Scientologie après une brouille avec un supérieur hiérarchique.

Avant de partir, on lui a fait subir des «vérifications de sécurité». Épreuves censées garantir à l'organisation que Julien ne lui nuirait pas. Il lui a aussi été notifié de ne pas rentrer en contact avec des scientologues. «Au début, j'étais perdu. Car c'est là que se trouvaient mes amis.» En France, il a complètement refait sa vie. «Je ne regrette pas une seconde.

À présent je me rends compte combien j'ai pu être mentalement manipulé.» Régulièrement, il intervient sur des forums d'anciens scientologues. Sa seule hantise est d'être repéré par le «bureau des affaires spéciales», sorte de services secrets de l'association chargés notamment de faire pression sur les anciens adeptes qui seraient un peu trop bavards.

Didier Déniel

* Notre interlocuteur a souhaité de pas apparaître sous sa véritable identité.

Révélations d'un ancien membre de la Scientologie

Par Emilie Cailleau

http://www.lexpress.fr/actualite/societe- 26 mai 2009
[Texte intégral]

Depuis lundi 25 mai, l'Eglise de Scientologie comparaît pour "escroquerie en bande organisée" au tribunal correctionnel de Paris. Jérémy a bien connu l'organisation, il faisait partie de ses membres haut placés. Il nous raconte son histoire.

"J'ai longtemps pensé que la Scientologie était la seule solution à mes problèmes". Cette phrase sonne comme un leitmotiv dans la bouche de Jérémy. Après 16 ans passés au sein de l'organisation en Californie, cet ancien membre bute sur certains mots en racontant son histoire. Une histoire vierge de toute information personnelle, par crainte d'être reconnu. On ne saura donc pas son âge exact, juste qu'il a la trentaine. "J'ai donné toute ma vie à la Scientologie", lâche-t-il sans détour.

La librairie de l'Eglise de Scientologie à Paris, le 19 mai 2009. Reuters/Charles Platiau

Ce grand brun aux yeux noisettes n'a que 17 ans lorsqu'il découvre l'organisation de Ron Hubbard. Les études ne l'intéressent pas, et s'arrête au cours de sa terminale de gestion. La communication avec ses parents s'avère parfois difficile. Quand un adepte de la Scientologie propose de lui faire passer un test de personnalité, il accepte. Le résultat est mauvais: instabilité, problèmes à se concentrer et à communiquer. Des "failles" lourdes de conséquences sur sa vie future, lui assure l'évaluateur. Jérémy suit donc un cours de communication pendant deux semaines. "Je restais assis devant quelqu'un et je devais le fixer dans les yeux", raconte-t-il. Un exercice destiné à recouvrer l'aisance et la confiance en soi.

Vente de services facturés de 500 à 50 000 euros

Constatant des changements dans ses relations avec les autres, Jérémy se met à fréquenter assidûment le centre de Scientologie jusqu'au jour où il rencontre un membre danois de l'Organisation maritime (voir encadré), une instance supérieure de la Scientologie.

Pensant avoir trouvé sa voie, il se rend au Danemark où il est chargé des inscriptions et de la vente des services facturés, de 500 à 50 000 euros. Parmi les produits phares: "l'audition", forme de conseils censés "aider à examiner sa propre existence", peut-on lire sur le site de la Scientologie. Nouvelle recrue, Jérémy travaille jour et nuit. Et bientôt à l'adoration succède le doute: le temps libre se raréfie, seule la productivité compte. "On regardait les revenus que je réalisais sur une semaine et s'ils étaient inférieurs à la semaine passée, je devais rattraper mon retard", raconte Jérémy.

La pression devient constante et si usante qu'il pense à tout plaquer. "Mais on ne peut partir quand on est membre du personnel. J'étais coincé. On me disait que si je partais c'est que j'avais des choses à cacher." Jérémy se résigne à rester, par peur de l'inconnu. Il tente donc l'aventure en Californie où il devient manager d'une équipe de 40 personnes.

L'Organisation maritime

Jérémy la définit comme "l'élite" de la structure. L'Organisation maritime regroupe des membres haut placés dont la sibylline mission est définie par le site de la Scientologie: "apporter la liberté spirituelle à tous les êtres en appliquant les technologies de Ron Hubbard, le fondateur de la secte".

Le contrat que signe les membres de la Sea Organisation
(lien vers le site anti-scientologie.ch)

Mais aux Etats-Unis, où la Scientologie est considérée comme une religion, "le harcèlement" dont il faisait l'objet persiste et prend de l'ampleur. "On ne dormait pas, il fallait vendre à tout prix". Quitte à franchir les limites de la légalité. "J'ai vu des personnes s'endetter et des entrepreneurs déposer le bilan à cause des services qui leur étaient débités." Jérémy avoue avoir eu mauvaise conscience mais selon lui, les employés comme lui n'avaient aucun pouvoir.

Après une dispute avec un supérieur hiérarchique, il retourne en France. Mais ne renonce pas aux valeurs de la secte. "J'étais encore scientologue à 100%". L'absence de contact avec le monde extérieur va jouer le rôle de détonateur.

"A l'Organisation maritime nous n'avions pas accès au Net et toute information jugée subversive nous était interdite", explique Jérémy. A force de recherches, l'ancien adepte réalise l'endoctrinement qu'il a subi. Et avec l'aide d'une association, il suit une formation. Aujourd'hui il est ingénieur en informatique et tente d'aider des anciens "collègues" restés aux Etats-Unis.

Du procès pour escroquerie en bande organisée où comparaît la Scientologie, Jérémy espère une lourde condam- nation. "Je veux que la vérité éclate au grand jour. La Scientologie se voit comme une religion mais elle n'est rien d'autre qu'un business."

JUSTICE - Cours de "réparation de vie", de "purification":
une ancienne scientologue raconte
http://www.lepoint.fr/actualites-societe... - 26 mai 2009
[Texte intégral]

AFP

Cours de "réparation de vie", "purification", "électromètre": une ancienne élève de la Scientologie a expliqué mardi comment l'organisation avait abusé de sa faiblesse pour lui soutirer de l'argent, des reproches contestés par les scientologues qui assurent n'avoir fait que l'aider à progresser spirituellement. "Ils ont abusé de ma faiblesse, de mon état psychologique (...) pour obtenir de l'argent, mais en aucun cas pour me venir en aide", a dénoncé Aude-Claire, qui préfère rester anonyme, devant le tribunal correctionnel de Paris.

"C'est de la manipulation mentale et il faut que ça s'arrête", a-t-elle supplié, en larmes, au deuxième jour du procès pour "escroquerie en bande organisée" de l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie et de six de ses membres. Sa rencontre avec la Scientologie remonte à l'année 1998. "A la sortie du métro, raconte-t-elle, on m'a donné un questionnaire à remplir. Je l'ai posté et, deux-trois jours plus tard, j'ai été contactée par téléphone".

Dépressive et en rupture sentimentale, la jeune femme, alors âgée de 32 ans, se laisse convaincre que les cours de "dianétique" dispensés par l'Eglise de Scientologie peuvent l'aider à résoudre ses "gros problèmes". "J'ai commencé ces cours, et quelques temps après, on m'en a vendu un deuxième, un troisième..." Entre mi-mai et fin août, elle finit par dépenser 140.000 francs (21.500 euros), entre livres, électromètre --un appareil électrique utilisé par la Scientologie--, cours de "réparation de vie" et cure de "purification".

Prise à la gorge, la gouvernante, qui ne gagne alors que 8.000 francs (1.200 euros) par mois, vide son plan d'épargne-logement, son Codevi et son assurance-vie. Jean-François Valli, son conseiller-orienteur, va jusqu'à l'accompagner à la porte de Sofinco pour contracter un crédit. "Vous ne quittiez pas son bureau sans avoir signé un chèque ou débité une carte de crédit", témoigne aujourd'hui Aude-Claire.

"On était dans une telle ambiance qu'il fallait suivre d'autres cours pour améliorer son bien-être", se justifie-t-elle. Et quand elle critiquait la cherté des cours, on lui répondait que ce n'était rien par rapport à ce qu'elle allait y gagner spirituellement. "Après m'être fait dévaliser, j'étais lessivée. Ca m'a épuisée et démolie", conclut la femme blonde aux cheveux mi-longs. Un épuisement auquel sa cure de purification n'était sûrement pas étrangère : pendant 13 jours, elle a dû, quotidiennement, ingurgiter des vitamines, courir et faire des séances de sauna de plus de quatre heures, une expérience qui lui a fait perdre 4 kilos.

C'est en discutant avec un ami fin août 1998 qu'elle finit par tourner le dos à la Scientologie, et à porter plainte pour escroquerie. Un revirement que Jean-François Valli ne s'explique pas. Pour le scientologue, "elle était contente" et "pressée d'avancer". Elle ne prenait "pas de décision à la légère", balbutie-t-il à la barre. "C'était son souhait de planifier son cursus" et de payer ces cours à l'avance.

En dépit de la "relation très conviviale" qu'ils entretenaient selon lui, il affirme que l'ancienne élève ne lui a "jamais fait part d'un étranglement" financier. "Elle n'était pas obligée de payer", "la Scientologie ne peut se faire sous la contrainte, elle est basée sur le volontarisme", martèle le quadragénaire, malmené à plusieurs reprises par le ministère public. Mais pour l'avocat de l'association, Me Patrick Maisonneuve, toute cette affaire, "c'est plus l'histoire d'une déception que celle d'une tromperie


 Scientologie: récit accablant d'une ancienne adepte

par Angélique Négroni

http://www.lefigaro.fr/actualite-france - 26 mai 2009
[Texte intégral]

Aude-Claire Malton, mardi au palais de justice de Paris, en compagnie de son avocat,
maître Olivier Morice. Crédits photo: Le Figaro
 
Aude-Claire Malton, qui affirme avoir été délestée de 21'000 euros,
a raconté les manipulations dont elle aurait été victime.

En la laissant se raconter à la barre, les magistrats ont cherché mardi à assouvir une curiosité légitime. Savoir qui frappe à la porte de la Scientologie ? Et Aude-Claire Malton semble présenter tous les clichés de la personne apte à pousser la porte de cette organisation. Première victime à s'exprimer au procès de la Scientologie ouvert depuis lundi à Paris et à l'origine de la première plainte dans cette affaire, cette femme d'une quarantaine d'années au visage fatigué ne cache pas sa vulnérabilité.

Avec une désarmante sincérité, elle parle de sa vie passée, de son état dépressif, de sa rupture sentimentale quand, sortant du métro parisien, on lui a proposé un beau jour un questionnaire. C'était il y a 10 ans. Avec application, Aude-Claire Malton remplit alors les deux cents questions qu'elle a renvoyées par courrier. Sa lettre atterrit au siège parisien de la Scientologie dont les membres la contactent aussitôt. C'est l'engrenage. Elle se rend à un premier rendez-vous.

«Après analyse de mes réponses, on m'a dit que j'avais de gros problèmes et qu'on pouvait m'aider» , dit-elle. Et de raconter comment, en quatre mois - de mai à août 1998 - entre l'électromètre (la fameuse machine test créée par la Scientologie), les cours, les livres, elle débourse 21 342 euros. «Il fallait sans cesse acheter. On me disait qu'il y avait des promotions», gémit-elle à la barre. Gouvernante dans un hôtel de luxe à Paris et rémunérée 1 200 euros, ses comptes sont mis à sec. «Mon PEL, mon Codevi, mon assurance-vie, tout a été vidé», dit-elle en ravalant ses larmes. «Je leur disais que je n'avais pas d'argent. Eux me répondaient : on va t'aider.» C'est ainsi que l'un des responsables l'a accompagnée jusqu'à la porte d'un organisme de crédit.

«Travailler pour eux»

Incapable de résister, Aude-Claire Malton tente une démarche terriblement audacieuse: elle se rend à la Scientologie sans son chéquier ! Peine perdue. «Ils ont été trois à me raccompagner chez moi, et je leur ai fait trois chèques.» En parallèle, elle explique les séances de purification qui l'anéantissent littéralement. «J'étais fatiguée et j'avais pris des congés pour ce programme. Chaque jour, il fallait prendre des vitamines puis courir et faire du sauna durant plus de quatre heures.» Elle perd quatre kilos, un peu plus de résistance …

Mais la Scientologie lui propose aussi de perdre son travail et son logement. «Ils m'ont demandé de travailler pour eux. Comme ils me proposaient un salaire modeste, ils acceptaient de me donner des cours gratuits. J'étais intéressée, mais il fallait quitter mon appartement pour me rapprocher de leur adresse et limiter ainsi les dépenses de transport.»

Finalement, son ex-petit ami, lui a ouvert les yeux à temps. Fin août, elle claque la porte de l'organisation. Mais ce profil de victime vulnérable semble ne pas tout à fait convenir à la défense. En quelques remarques et quelques rappels de procès-verbaux, Me Patrick Maisonneuve tente d'affiner à sa manière le portrait. Aude-Claire Malton était certes fragile mais, rappelle l'avocat, elle était fille de médecin et elle n'ignorait pas qu'elle frappait à la porte de la Scientologie. Dès le mois juin 1998, une amie l'avait mise en garde contre cette organisation. Le problème de la manipulation qui sera évoqué tout au long du procès était dès mardi au cœur des débats.


Procès de la Scientologie en France: une adepte décrit son parcours

J'ai été dévalisée et démolie par l'église de scientologie

http://www.francesoir.fr... - 27 mai 2009
[Texte intégral]

PARIS "Manipulation mentale", "dévalisée", "oppressée"... Une ancienne adepte de l'Eglise de scientologie a livré mardi au tribunal correctionnel de Paris son expérience de scientologue en 1998. Le mouvement fondé en 1954 par l'écrivain de science-fiction Ron Hubbard est notamment jugé pour "escroquerie en bande organisée".

Aude-Claire Malton, 43 ans, est à l'origine de la procédure qui a conduit la branche française de l'Eglise de scientologie devant la justice. Au printemps 1998, elle répond à un "test de personnalité" distribué à une sortie de métro. Contactée chez elle un dimanche, cette gouvernante dans un grand hôtel parisien commence son initiation à la scientologie.

Achat de livres, tests de personnalité, cours du soir, séance de purification - sauna quatre heures par jour pendant 12 jours - vitamines ... En quatre mois, elle déboursera 21'000 euros (33'400 $ CAN). A l'issue de sa séance de purification, où elle perdra 4 kilos, et à l'aide de l'électromètre, on lui dira qu'il "y avait une légère amélioration".

"Ils m'ont pris mon énergie et vidé mes comptes", a-t-elle expliqué au tribunal, rappelant qu'elle avait clôturé ses comptes bancaires et contracté un prêt auprès d'un organisme de crédit pour financer les "offres promotionnelles" de la scientologie. A l'époque, elle reconnaît qu'elle était "dépressive". Aujourd'hui, elle dit avoir été "sollicitée", "oppressée moralement" par son passage au sein de l'Eglise de scientologie. Et "dévalisée".

Avant la fin de son expérience de scientologue, elle a indiqué au tribunal être passée par la "salle de redressement", où l'on lit les textes de la scientologie, car ses questions ne plaisaient pas à ses directeurs de conscience. Lorsqu'elle quittera ce groupement, l'Eglise de scientologie lui demandera une attestation dans laquelle elle promet de n'engager aucune poursuite judiciaire. Ce qu'elle a refusé. "Que ce soit la scientologie ou les autres sectes, c'est de la manipulation mentale", a-t-elle affirmé à la barre.

Les avocats de la scientologie n'ont pas manqué de faire remarquer que la plaignante était "consentante", et ses représentants ont évoqué des relations "conviviales" avec les adeptes. Mercredi, une autre plaignante doit être entendue.

L'Eglise de scientologie-Celebrity Center et la librairie SEL (Scientologie espace liberté) sont jugées en tant que personnes morales aux côtés de sept de ses responsables pour "escroquerie en bande organisée" et "exercice illégal de la pharmacie". La branche française risque la dissolution en France en cas de condamnation.

Pierre-Antoine Souchard


Procès de la Scientologie:
 
"Ils m’ont démolie. C’est de la manipulation mentale"
Source: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/27...- 28 mai 2009
[Texte intégral]

 Vidéo: Tele zapping des actualités concernant la scientologie

Quand il s'agit de parler argent et coût, Jean-François Valli n'est pas à l'aise. Les mains sur la barre, il bégaie, balbutie, cherche ses mots. A le voir se débattre mardi 26 mai devant le tribunal correctionnel de Paris qui le juge depuis la veille, lui et six autres adeptes de l'église de scientologie pour "escroquerie en bande organisée", on se demande comment cet ancien "conseiller orienteur" a pu, pendant dix ans, aider les "paroissiens" à aller vers la purification.

"Sans moyen financier, peut-on progresser en scientologie ?", insiste Me Olivier Morice pour la partie civile. "Beuh… Avec la scientologie vous acquérez une meilleure compréhension de vous-mêmes et vous êtes alors capable de progresser dans la vie et donc d'avoir des moyens pour passer le cap", bredouille cet adepte entré en scientologie en 1989.

"Mais une personne au RMI par exemple comment fait-elle ?", renchérit pour le ministère public Nicolas Baïetto. "Je croyais avoir répondu. La scientologie c'est un cours de connaissance sur sa vie", élude le disciple pour lequel les écrits de Ron Hubbard tiennent lieu de viatique.

Progresser, se purifier grâce aux vertus de la dianétique ? Aude-Claire Malton en a fait l'expérience entre mai et septembre 1998. Avec "l'aide" de Jean-François Valli, justement. "Ils ont abusé de ma faiblesse pour avoir mon argent", sanglote-t-elle.

PRÈS DE 30'000 EUROS EN QUATRE MOIS

Cette femme de 43 ans, les cheveux blonds taillés courts, a croisé les scientologues alors qu'elle traversait une période difficile. Elle a commencé par remplir un questionnaire. Le diagnostic fut sans appel : Mme Malton avait besoin d'une "réparation de vie" et d'une "purification".

Sorte de traitement de choc qui consiste en des cours de communication, des lectures de textes de Ron Hubbard, des séances de sauna, des prises de vitamines, agrémentés chaque fois de versements par chèques pour les "fournitures" : des packages contenant des livres, des instruments – tel l'électromètre censé mesurer "l'état ou les changements spirituels" – des vitamines et des cours.

Au total Aude-Claire Malton signe pour près de 30.000 euros (200.000 francs de l'époque) de chèques en l'espace de quatre mois. "Chaque fois que j'y allais, ils m'incitaient à payer des cours en avance", témoigne-t-elle.

M.Valli était aux petits soins avec elle. Quand elle n'a plus eu d'argent, une fois tous ses comptes essorés, il lui a dit que ce n'était pas un problème. Il lui a conseillé de souscrire un emprunt à la Sofinco. Il a pris rendez-vous pour elle, assure-t-elle, et l'a accompagnée. "Ils m'ont lessivée. Démolie. C'est de la manipulation mentale", accuse-t-elle.

M.Valli n'y voit que de la "convivialité". "J'ai envie de faire partager et je sentais qu'Aude-Claire voulait vraiment progresser", explique-t-il. "Elle était contente. Elle avait vu des films, lu des livres sur la scientologie." Elle lui semblait "carrée dans ses décisions" à tel point qu'il lui avait conseillé "des cursus".

Il sait, lui, à quel point cette foi peut soulever des montagnes. Pour se hisser à "l'état de Clair", première étape de la scientologie, il lui en a coûté environ 40.000 euros. Mais la scientologie "c'est se donner les moyens soi même", se défend-il. L'audience se poursuit jusqu'au 17 juin.

Yves Bordenave

Article paru dans l'édition du 28.05.09

Ces patrons qui perdent la tête pour la scientologie

PROCÈS | Devant le Tribunal correctionnel, la secte passe un mauvais moment

http://www.tdg.ch...- JEAN-NOËL CUÉNOD PARIS | 28.05.2009
[Texte intégral]

© AFP/27 mai 2009 | Régine (au centre, se cachant), ancienne employée du premier patron décédé, a maintenu sa constitution de partie civile contre la secte. Elle est l’une des rares plaignantes qui dispose des forces morales nécessaires pour affronter l’épreuve du procès.

Fête «patronale» au procès de la secte scientologue !

Hier, la douzième Chambre correctionnelle du Tribunal de Paris a évoqué deux cas fort différents de chefs d'entre- prise, liés par une passion commune pour l’Eglise de scientologie qui – en tant que personne morale et avec sept de ses dirigeants – est accusée, notamment, d’escroquerie en bande organisée.

Le premier patron est aujourd’hui décédé. Mais Régine, son ancienne employée, a maintenu sa constitution de partie civile contre la secte. Cette blonde mère de famille rondelette est l’une des rares plaignantes qui dispose des forces morales nécessaires pour affronter l’épreuve du procès.

«Trompez-vous votre mari ?»

Du caractère, cette quinquagénaire à l’allure effacée n’en manque pas. Un peu mal à l’aise dans son tailleur noir, Régine détaille les pressions qu’elle a subies: «Deux mois après avoir été engagée comme collaboratrice de vente dans l’agence immobilière appartenant à B., je me suis étonnée du fait que le salaire qui m’avait été promis ne correspondait pas à la somme qui m’était versée. Je m’en suis ouverte auprès de mon patron qui m’a répondu que cela venait de moi, qu’il y avait des problèmes. Mais que je pouvais les résoudre en prenant un cours de commu- nication. Sans me parler de scientologie. J’ai appris que ce cours était dispensé par la secte lorsque je me suis rendue à l’adresse que mon patron m’avait indiquée.»

Régine constate que la batterie de questions qu’on lui donne à remplir ressemble à son test d’embauche. Un test que la plaignante qualifie à l’audience de «tartignolle». Et inconvenant: on lui demande si elle trompe son mari! Régine refuse d’aller plus loin. Son patron est furieux. Il lui explique tout le bien qu’elle pourra retirer de la secte. B. se fait pressant, insultant, menaçant. De guerre lasse, elle suit deux autres cours. Mais renonce définitivement à entrer dans la secte. Sa vie professionnelle devient un enfer. Son patron ne la lâche pas d’une semelle, la harcèle même hors du travail. Puis, voyant que Régine ne deviendra jamais scientologue, il la licencie, puis l’expulse de son logement.

Le cas du second patron A. est particulièrement spectaculaire. Convoqué comme témoin, il a préféré ne pas venir. C’est son entourage familial qui a déposé plainte contre la scientologie. A. dirigeait une entreprise prospère en Bretagne, spécialisée dans les prototypes en matière synthétique. Scientologue, le président-directeur général a injecté des sommes considérables dans la secte, allant jusqu’à 12% de la masse salariale.

Finalement, la scientologie a remboursé 74'661 euros. Mais par la suite, A. a encore tiré de sa société 76'000 euros au profit de trois organismes dépendant de la secte. Les ouvriers de l’entreprise ont d’ailleurs fait grève contre leur patron. Aujourd’hui, cette société a été rachetée.

Ce n’est pas tout: A. a donné à la secte plus de 150'000 euros provenant du budget familial.

Quand la Scientologie enrôlait au travail

par Anne-Cécile Juillet

http://www.leparisien.fr...- 28 mai 2009
[Texte intégral]

Contrairement à Aude-Claire Malton, sa coplaignante, Nelly Reziga, lorsqu’elle croise la route de la Scientologie, n'est pas en dépression. Elle cherche simplement un travail. A l’automne 1998, elle trouve un poste dans une agence immobilière, MBI, dirigée par Max Barbault. Il appartient à l’Eglise de scientologie, mais Nelly Reziga n’en sait rien.

Elle s’étonne seulement qu’il lui fasse passer, après l’entretien d’embauche, un test de personnalité. «Il y avait tout un tas de questions que j’ai jugées bizarres, du genre avez-vous déjà fait des tentatives de suicide ?»

« Il insistait lourdement pour que je suive une cure de purification »

Ce n’est qu’au bout de deux mois de travail qu’elle rencontre les premiers problèmes avec son employeur: «Je n'avais toujours pas touché de salaire. Max Barbault a commencé à me faire tout un tas de reproches. Rapidement, il m’a conseillé, pour m’améliorer, d’aller prendre un cours de communication.» Il l’envoie au Celebrity Center, l’un des deux sites parisiens de la Scientologie. «Là, j’ai bien vu que j’étais dans les locaux de ce qu’à l’époque je considérais être une secte, sans toutefois trop savoir pourquoi. Mais il avait tellement insisté que je me suis dit que si je prenais cette heure de cours, il me laisserait en paix.»

A la barre, Nelly Reziga, la cinquantaine aujourd’hui, explique le «harcèlement» dont elle s’estime victime de la part de son patron. «Il insistait lourdement pour que je revienne au Celebrity Center, que je prenne d’autres cours, que je suive une cure de purification.Il estimait que la Scientologie lui avait fait du bien, que cela m’en ferait aussi.

C’est vrai que là-bas les gens étaient charmants avec moi, mais je trouvais cela beaucoup trop cher.» A la suite de ses refus, sa vie professionnelle devient un enfer. «Il me hurlait dessus, jugeait la façon dont j’étais habillée, dont j’élevais mes enfants…

Pour lui, j’étais la dernière des dernières. Puis il est passé aux menaces, et lorsqu’il a voulu s’en prendre à mon mari et à mes enfants, je suis allée porter plainte au commissariat.» Le discours change. «Il a voulu que je retire cette plainte, m’a même emmenée au commissariat pour que je le fasse sous ses yeux, ce que j’ai refusé.» Quelques jours après, Nelly Reziga est licenciée, un an après son embauche. Hier à la 12e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Max Barbault, décédé depuis, n’était pas sur le banc des prévenus.