- JUSTICE - Cours de "réparation de vie", de
"purification":
- une ancienne
scientologue raconte
- http://www.lepoint.fr/actualites-societe... - 26 mai 2009
- [Texte
intégral]
AFP
Cours de "réparation de
vie", "purification", "électromètre": une ancienne élève de la Scientologie a
expliqué mardi comment l'organisation avait abusé de sa faiblesse pour lui
soutirer de l'argent, des reproches contestés par les scientologues qui assurent
n'avoir fait que l'aider à progresser spirituellement. "Ils ont abusé de ma
faiblesse, de mon état psychologique (...) pour obtenir de l'argent, mais en
aucun cas pour me venir en aide", a dénoncé Aude-Claire, qui préfère rester
anonyme, devant le tribunal correctionnel de Paris.
"C'est de la manipulation
mentale et il faut que ça s'arrête", a-t-elle supplié, en larmes, au deuxième
jour du procès pour "escroquerie en bande organisée" de l'Association
spirituelle de l'Eglise de Scientologie et de six de ses membres. Sa rencontre
avec la Scientologie remonte à l'année 1998. "A la sortie du métro,
raconte-t-elle, on m'a donné un questionnaire à remplir. Je l'ai posté et,
deux-trois jours plus tard, j'ai été contactée par téléphone".
Dépressive et en rupture
sentimentale, la jeune femme, alors âgée de 32 ans, se laisse convaincre que les
cours de "dianétique" dispensés par l'Eglise de Scientologie peuvent l'aider à
résoudre ses "gros problèmes". "J'ai commencé ces cours, et quelques temps
après, on m'en a vendu un deuxième, un troisième..." Entre mi-mai et fin août,
elle finit par dépenser 140.000 francs (21.500 euros), entre livres,
électromètre --un appareil électrique utilisé par la Scientologie--, cours de
"réparation de vie" et cure de "purification".
Prise à la gorge, la
gouvernante, qui ne gagne alors que 8.000 francs (1.200 euros) par mois, vide
son plan d'épargne-logement, son Codevi et son assurance-vie. Jean-François
Valli, son conseiller-orienteur, va jusqu'à l'accompagner à la porte de Sofinco
pour contracter un crédit. "Vous ne quittiez pas son bureau sans avoir signé un
chèque ou débité une carte de crédit", témoigne aujourd'hui
Aude-Claire.
"On était dans une telle
ambiance qu'il fallait suivre d'autres cours pour améliorer son bien-être", se
justifie-t-elle. Et quand elle critiquait la cherté des cours, on lui répondait
que ce n'était rien par rapport à ce qu'elle allait y gagner spirituellement.
"Après m'être fait dévaliser, j'étais lessivée. Ca m'a épuisée et démolie",
conclut la femme blonde aux cheveux mi-longs. Un épuisement auquel sa cure de
purification n'était sûrement pas étrangère : pendant 13 jours, elle a dû,
quotidiennement, ingurgiter des vitamines, courir et faire des séances de sauna
de plus de quatre heures, une expérience qui lui a fait perdre 4
kilos.
C'est en discutant avec un
ami fin août 1998 qu'elle finit par tourner le dos à la Scientologie, et à
porter plainte pour escroquerie. Un revirement que Jean-François Valli ne
s'explique pas. Pour le scientologue, "elle était contente" et "pressée
d'avancer". Elle ne prenait "pas de décision à la légère", balbutie-t-il à la
barre. "C'était son souhait de planifier son cursus" et de payer ces cours à
l'avance.
En dépit de la "relation
très conviviale" qu'ils entretenaient selon lui, il affirme que l'ancienne élève
ne lui a "jamais fait part d'un étranglement" financier. "Elle n'était pas
obligée de payer", "la Scientologie ne peut se faire sous la contrainte, elle
est basée sur le volontarisme", martèle le quadragénaire, malmené à plusieurs
reprises par le ministère public. Mais pour l'avocat de l'association, Me
Patrick Maisonneuve, toute cette affaire, "c'est plus l'histoire d'une déception
que celle d'une tromperie
Scientologie: récit accablant d'une ancienne
adepte
par
Angélique Négroni
- http://www.lefigaro.fr/actualite-france - 26 mai 2009
- [Texte
intégral]

- Aude-Claire Malton, mardi au
palais de justice de Paris,
en compagnie de son avocat,
- maître Olivier Morice.
Crédits photo: Le Figaro
-
- Aude-Claire Malton, qui
affirme avoir été délestée de 21'000 euros,
- a raconté les
manipulations dont elle aurait été victime.
En la laissant se raconter à
la barre, les magistrats ont cherché mardi à assouvir une curiosité légitime.
Savoir qui frappe à la porte de la Scientologie ? Et Aude-Claire Malton semble
présenter tous les clichés de la personne apte à pousser la porte de cette
organisation. Première victime à s'exprimer au procès de la Scientologie ouvert
depuis lundi à Paris et à l'origine de la première plainte dans cette affaire,
cette femme d'une quarantaine d'années au visage fatigué ne cache pas sa
vulnérabilité.
Avec une désarmante
sincérité, elle parle de sa vie passée, de son état dépressif, de sa rupture
sentimentale quand, sortant du métro parisien, on lui a proposé un beau jour un
questionnaire. C'était il y a 10 ans. Avec application, Aude-Claire Malton
remplit alors les deux cents questions qu'elle a renvoyées par courrier. Sa
lettre atterrit au siège parisien de la Scientologie dont les membres la
contactent aussitôt. C'est l'engrenage. Elle se rend à un premier rendez-vous.
«Après analyse de mes
réponses, on m'a dit que j'avais de gros problèmes et qu'on pouvait m'aider» ,
dit-elle. Et de raconter comment, en quatre mois - de mai à août 1998 - entre
l'électromètre (la fameuse machine test créée par la Scientologie), les cours,
les livres, elle débourse 21 342 euros. «Il fallait sans cesse acheter. On me
disait qu'il y avait des promotions», gémit-elle à la barre. Gouvernante dans un
hôtel de luxe à Paris et rémunérée 1 200 euros, ses comptes sont mis à sec. «Mon
PEL, mon Codevi, mon assurance-vie, tout a été vidé», dit-elle en ravalant ses
larmes. «Je leur disais que je n'avais pas d'argent. Eux me répondaient : on va
t'aider.» C'est ainsi que l'un des responsables l'a accompagnée jusqu'à la porte
d'un organisme de crédit.
«Travailler
pour eux»
Incapable de résister,
Aude-Claire Malton tente une démarche terriblement audacieuse: elle se rend à
la Scientologie sans son chéquier ! Peine perdue. «Ils ont été trois à me
raccompagner chez moi, et je leur ai fait trois chèques.» En parallèle, elle
explique les séances de purification qui l'anéantissent littéralement. «J'étais
fatiguée et j'avais pris des congés pour ce programme. Chaque jour, il fallait
prendre des vitamines puis courir et faire du sauna durant plus de quatre
heures.» Elle perd quatre kilos, un peu plus de résistance …
Mais la Scientologie lui
propose aussi de perdre son travail et son logement. «Ils m'ont demandé de
travailler pour eux. Comme ils me proposaient un salaire modeste, ils
acceptaient de me donner des cours gratuits. J'étais intéressée, mais il fallait
quitter mon appartement pour me rapprocher de leur adresse et limiter ainsi les
dépenses de transport.»
Finalement, son ex-petit
ami, lui a ouvert les yeux à temps. Fin août, elle claque la porte de
l'organisation. Mais ce profil de victime vulnérable semble ne pas tout à fait
convenir à la défense. En quelques remarques et quelques rappels de
procès-verbaux, Me Patrick Maisonneuve tente d'affiner à sa manière le portrait.
Aude-Claire Malton était certes fragile mais, rappelle l'avocat, elle était
fille de médecin et elle n'ignorait pas qu'elle frappait à la porte de la
Scientologie. Dès le mois juin 1998, une amie l'avait mise en garde contre cette
organisation. Le problème de la manipulation qui sera évoqué tout au long du
procès était dès mardi au cœur des débats.
Procès de la Scientologie en France: une adepte décrit son
parcours
J'ai été
dévalisée et démolie par l'église de scientologie
- http://www.francesoir.fr... - 27 mai 2009
- [Texte
intégral]
PARIS "Manipulation
mentale", "dévalisée", "oppressée"... Une ancienne adepte de l'Eglise de
scientologie a livré mardi au tribunal correctionnel de Paris son expérience de
scientologue en 1998. Le mouvement fondé en 1954 par l'écrivain de
science-fiction Ron Hubbard est notamment jugé pour "escroquerie en bande
organisée".
Aude-Claire Malton, 43 ans,
est à l'origine de la procédure qui a conduit la branche française de l'Eglise
de scientologie devant la justice. Au printemps 1998, elle répond à un "test de
personnalité" distribué à une sortie de métro. Contactée chez elle un dimanche,
cette gouvernante dans un grand hôtel parisien commence son initiation à la
scientologie.
Achat de livres, tests de
personnalité, cours du soir, séance de purification - sauna quatre heures par
jour pendant 12 jours - vitamines ... En quatre mois, elle déboursera 21'000
euros (33'400 $ CAN). A l'issue de sa séance de purification, où elle perdra 4
kilos, et à l'aide de l'électromètre, on lui dira qu'il "y avait une légère
amélioration".
"Ils m'ont pris mon énergie
et vidé mes comptes", a-t-elle expliqué au tribunal, rappelant qu'elle avait
clôturé ses comptes bancaires et contracté un prêt auprès d'un organisme de
crédit pour financer les "offres promotionnelles" de la scientologie. A
l'époque, elle reconnaît qu'elle était "dépressive". Aujourd'hui, elle dit avoir
été "sollicitée", "oppressée moralement" par son passage au sein de l'Eglise de
scientologie. Et "dévalisée".
Avant la fin de son
expérience de scientologue, elle a indiqué au tribunal être passée par la "salle
de redressement", où l'on lit les textes de la scientologie, car ses questions
ne plaisaient pas à ses directeurs de conscience. Lorsqu'elle quittera ce
groupement, l'Eglise de scientologie lui demandera une attestation dans laquelle
elle promet de n'engager aucune poursuite judiciaire. Ce qu'elle a refusé. "Que
ce soit la scientologie ou les autres sectes, c'est de la manipulation mentale",
a-t-elle affirmé à la barre.
Les avocats de la
scientologie n'ont pas manqué de faire remarquer que la plaignante était
"consentante", et ses représentants ont évoqué des relations "conviviales" avec
les adeptes. Mercredi, une autre plaignante doit être
entendue.
L'Eglise de
scientologie-Celebrity Center et la librairie SEL (Scientologie espace liberté)
sont jugées en tant que personnes morales aux côtés de sept de ses responsables
pour "escroquerie en bande organisée" et "exercice illégal de la pharmacie". La
branche française risque la dissolution en France en cas de
condamnation.
Pierre-Antoine
Souchard
- Procès de la Scientologie:
-
- "Ils m’ont démolie.
C’est de la manipulation mentale"
- Source: http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/27...- 28 mai 2009
- [Texte
intégral]
Vidéo: Tele
zapping des actualités concernant la scientologie
Quand il s'agit de parler
argent et coût, Jean-François Valli n'est pas à l'aise. Les mains sur la barre,
il bégaie, balbutie, cherche ses mots. A le voir se débattre mardi 26 mai devant
le tribunal correctionnel de Paris qui le juge depuis la veille, lui et six
autres adeptes de l'église de scientologie pour "escroquerie en bande
organisée", on se demande comment cet ancien "conseiller orienteur" a pu,
pendant dix ans, aider les "paroissiens" à aller vers la
purification.
"Sans moyen financier,
peut-on progresser en scientologie ?", insiste Me Olivier Morice pour la partie
civile. "Beuh… Avec la scientologie vous acquérez une meilleure compréhension de
vous-mêmes et vous êtes alors capable de progresser dans la vie et donc d'avoir
des moyens pour passer le cap", bredouille cet adepte entré en scientologie en
1989.
"Mais une personne au RMI
par exemple comment fait-elle ?", renchérit pour le ministère public Nicolas
Baïetto. "Je croyais avoir répondu. La scientologie c'est un cours de
connaissance sur sa vie", élude le disciple pour lequel les écrits de Ron
Hubbard tiennent lieu de viatique.
Progresser, se purifier
grâce aux vertus de la dianétique ? Aude-Claire Malton en a fait l'expérience
entre mai et septembre 1998. Avec "l'aide" de Jean-François Valli, justement.
"Ils ont abusé de ma faiblesse pour avoir mon argent",
sanglote-t-elle.
PRÈS DE
30'000 EUROS EN QUATRE MOIS
Cette femme de 43 ans, les
cheveux blonds taillés courts, a croisé les scientologues alors qu'elle
traversait une période difficile. Elle a commencé par remplir un questionnaire.
Le diagnostic fut sans appel : Mme Malton avait besoin d'une "réparation de vie"
et d'une "purification".
Sorte de traitement de choc
qui consiste en des cours de communication, des lectures de textes de Ron
Hubbard, des séances de sauna, des prises de vitamines, agrémentés chaque fois
de versements par chèques pour les "fournitures" : des packages contenant des
livres, des instruments – tel l'électromètre censé mesurer "l'état ou les
changements spirituels" – des vitamines et des cours.
Au total Aude-Claire Malton
signe pour près de 30.000 euros (200.000 francs de l'époque) de chèques en
l'espace de quatre mois. "Chaque fois que j'y allais, ils m'incitaient à payer
des cours en avance", témoigne-t-elle.
M.Valli était aux petits
soins avec elle. Quand elle n'a plus eu d'argent, une fois tous ses comptes
essorés, il lui a dit que ce n'était pas un problème. Il lui a conseillé de
souscrire un emprunt à la Sofinco. Il a pris rendez-vous pour elle,
assure-t-elle, et l'a accompagnée. "Ils m'ont lessivée. Démolie. C'est de la
manipulation mentale", accuse-t-elle.
M.Valli n'y voit que de la
"convivialité". "J'ai envie de faire partager et je sentais qu'Aude-Claire
voulait vraiment progresser", explique-t-il. "Elle était contente. Elle avait vu
des films, lu des livres sur la scientologie." Elle lui semblait "carrée dans
ses décisions" à tel point qu'il lui avait conseillé "des
cursus".
Il sait, lui, à quel point
cette foi peut soulever des montagnes. Pour se hisser à "l'état de Clair",
première étape de la scientologie, il lui en a coûté environ 40.000 euros. Mais
la scientologie "c'est se donner les moyens soi même", se défend-il. L'audience
se poursuit jusqu'au 17 juin.
Yves
Bordenave
Article paru dans l'édition
du 28.05.09 |