Sathia Saï Baba

L'UNESCO retire tout partenariat avec Sathia Saï Baba

L'UNESCO qui annonce qu'elle se retire de tout partenariat avec l'association de Sathia Saï Baba en raison d'accusations d'abus sexuels sur des jeunes et des enfants perpétrés par Saï baba lui-même. 

Déclaration de l'Unesco au sujet de Saï Baba
Introduction
Présentation du mouvement de Saï Baba
Puissance
Organisation
La cour de l'avatar
Doctrine
Un colosse spirituel aux pieds d'argile
Notre but
Saï Baba démasqué
Saï Baba dévoilé
Témoignage de Terry GALLAGHER
Témoignage de Halas de KRAKER
Témoignage de Jens et Gurprit SETHI
Témoignage de Conny LARSEN

La mort du célèbre gourou indien Sai Baba (blog.lefigaro.fr - 24 avril 2011)

Une manipulation de Saï Baba: la réponse télépathique (Centre Info-sectes - 24 avril 2011)

Un faiseur de miracles !

 
Vidéo: Enquête sur la secte de Sathia Saï Baba
(Planète 2004 - déconseillé aux moins de 10 ans)

Un Dieu à forme humaine, fondateur de toutes les religions...et habile truqueur

SEVA: l’émanation d’une secte qui s’intéresse de très près aux personnes en difficutés

Des repas gratuits pour les sans logis…

Depuis le début de cet hiver, une association nommée SEVA - émanation de la secte SAI BABA -s’intéresse de très près aux personnes les plus démunies. Sa démarche qui semble à première vue très généreuse consiste à distribuer tous les dimanche midi, rue de Paris à Lille, des repas gratuits aux sans logis. Pour cela, SEVA a trouvé très com- mode de s’installer devant l’Eglise St Maurice, près des lieux où l’ABEJ et les conférents de St Vincent de Paul distribuent eux aussi , et depuis longtemps des repas gratuits au même public. Malgré les bonnes intentions affichées, la manoeuvre n’est pas si désintéressée…

Une secte clairement identifiée

Sous un masque caritatif et généreux se cache en réalité une secte prosélyte et d’import export de produits Védas et Sri Lankais , Sri Sathia Sai France, qui se réclame d’un « messie » indien, Saï Baba. L’organisation qui compterait à peu près un millier de membres en France est répertoriée dans le rapport parlementaire sur les sectes de 1995 comme secte « de type guérisseur ». Son gourou promet qu’il peut effectuer des guérisons miraculeuses, et pousse certains adeptes à abandonner tout traitement médical.

Par ailleurs, de nombreuses accusations d’abus sexuels sur des mineurs sont portées à l’encontre du leader illu- miné. Maintes fois démasquée, la secte semble se plaire à changer sans cesse de nom pour brouiller les cartes: «Sathya Saï France», «L’Or du Temps», «Centres Saï Baba», «Association Seve»… et maintenant «Seva» !

Tout un programme ! Quand on sait que «seva» signifie «service du Gourou» en contrepartie de l’enseignement reçu…. Il y a quelque temps, à Brest une émanation de Saï Baba avait déjà tenté d’infiltrer des associations de chômeurs et de SDF en profitant de la faiblesse psychologique de ses membres. Au chômage et sans ressources, ils constituaient une « proie » plus facile.

Mise en garde

Le Centre Info-sectes appelle toutes les personnes désireuses de faire des dons à la vigilance et à la plus grande prudence envers l’association «SEVA», émanation directe de Saï Baba, et se tient à la disposition de quiconque voudrait en savoir d’avantage sur cette organisation.

Sathia Saï Baba

Déchéance divine

(Source : London Telegraph 28 octobre 2000, traduit de l'anglais)

Chers ex-dévots et partisans de la Vérité et de la Bonté divine, nous espérons que cet article:

    1. ouvrira les yeux qui étaient restés jusqu'à date fermés;

    2. attirera l'attention du Premier Ministre Vajpayee pour qu'il fasse enquêter par le FBI, Interpol et autres instances, les allégations criminelles sérieuses qui s'accumulent contre l'Organisation Sathya Sai; attirera l'attention des élus en place au Canada pour qu'ils fassent enquêter par la GRC cette organisation afin que les enfants canadiens voyageant en Inde soient protégés;

    3. attirera finalement l'attention de toutes les instances légales de renforcement de la loi et des gouvernements de partout dans le monde (Canada y compris) afin de contacter les victimes et d'enregistrer officiellement les données pour poser les actions appropriées consistant à faire stopper les abus sexuels commis par Sathya Sai Baba;

    4. incitera les diplomates et les chefs d'État à exiger de leurs concitoyens de ne plus aller en Inde visiter l'ashram de Prashanti Nilayam à Puttaparthi (ashram de Sai Baba;

    5. attirera l'attention des médias de par le monde afin qu'ils puissent dénoncer ces abus et ces dissimilations frauduleuses faites par les officiels de l'Organisation Sai;

    6. fera démanteler et condamner l'entière Organisation Sai et qu'une compensation adéquate soit fournie à toutes les victimes sous forme d'aide psychologique ou autres;

    7. donnera aux organismes tels l'UNESCO et les NATIONS-UNIES l'envol pour prendre les dispositions nécessaires afin d'éduquer à grande échelle l'humanité pour qu'elle ne soit plus écorchée, blessée, violentée et trompée par des leaders spirituels ou des soi-disant maîtres amenant leurs dévots à accepter de tels abus;

    8. nous amènera tous à être plus vigilants afin de prévenir de tels crimes, qui ont lieu en ce moment même, en les rapportant aux autorités appropriées.

LA DÉCHÉANCE DIVINE

LE GURU SAI BABA EST SORTI DE L'INDE UNE FOIS SEULEMENT, CEPENDANT ON ESTIME LE NOMBRE DE SES DÉVOTS À TRAVERS LE MONDE À ENVIRON 50 MILLIONS. ILS LE VÉNÈRENT COMME UN DIEU VIVANT QUI, À TOUT LE MOINS, PEUT CHANGER LA VIE DES GENS ET PEUT POSSIBLEMENT MÊME FAIRE DES MIRACLES. MAIS AUJOURD'HUI SES ADEPTES SONT AMÈREMENT DIVISÉS PAR LES ALLÉGATIONS DISANT QUE LEUR GURU A, PENDANT DES ANNÉES, SYSTÉMATIQUEMENT ABUSÉ SEXUELLEMENT DE JEUNES GARÇONS FAISANT PARTIE DE SES DISCIPLES ET ÉTANT RASSEMBLÉS AUTOUR DE LUI.

par MICK BROWN

Conduisant à travers la ville en provenance d'un petit aéroport du Midwest où Carrie Young et son mari m'avaient rencontré en sortant de l'avion, elle sortit une grande photo qui se trouvait sur le siège arrière du station-wagon. Encadrée de dorure, la photographie montrait le couple et ses trois enfants en train de prendre la pose avec un vieil homme indien au visage grassouillet et arborant une coupe de cheveux Afro, habillé d'une robe rouge. Ce qui sautait aux yeux sur cette photo était que les Young semblaient tout à fait rayonnants de joie. "Et dire que", dit Carrie, "cet homme est celui que nous pensions être Dieu."

J'étais avec les Young depuis moins de 30 minutes, mais j'avais déjà décidé - comme il nous arrive de le faire quelquefois - que je les aimais, qu'ils étaient ce que les Américains appellent "straight arrows" (des bonnes personnes) : honnêtes, décentes et dignes de confiance. Un beau couple, bien mis, dans la quarantaine ; les deux travaillaient dans l'industrie de l'ordinateur. L'année que nous venons de vivre, dit Jeff, a été difficile ; mais avec tout ce qu'il leur est arrivé, ils commençaient à s'en tirer. Toute expérience offre un potentiel de croissance, a-t-il dit; même une aussi traumatisante, aussi incroyable que celle-là. Les Young accordent beaucoup de valeur à la croissance.

Il y a de cela un an, leur fils Sam se confia à eux avec une affirmation choquante : Sathya Sai Baba, leur a-t-il dit, - l'homme que les Young ont vénéré comme étant Dieu pendant plus de 20 ans - était, en fait, un abuseur sexuel. Durant quatre années, à son ashram, pendant que les parents de Sam l'attendaient à quelques mètres de là - excités que leur fils soit à une proximité si rapprochée de la divinité, confiant dans leurs croyances que l'homme-dieu procurait le salut spirituel à leur fils - Sai Baba le soumettait à un abus sexuel soutenu et systématique. "Vous pourrez rencontrer Sam au restaurant", dit Carrie. "Il est préparé à parler de cela. Il pense aussi que c'est important."

Sam était un grand garçon aux yeux bleus et aux cheveux bouclés avec une apparence qui ne peut être que décrite comme étant angélique. Les Young commandèrent des hamburgers et de la bière - un geste, il semblait, presque de bravade ; pendant les 23 années ou la famille suivait Sai Baba, elle était végétarienne de façon stricte. Pendant les quatre heures qui suivirent, ils m'ont raconté l'histoire comment ils en sont venus à connaître Sai Baba ; de leurs aspirations spirituelles, les rêves, les visions, les miracles - et comment leurs vies s'étaient transformées en cauchemar. Et toujours, durant toute la conversation, la même question revenait : comment est-ce possible que cela en soit venu là ?

Pendant plus de 50 ans, Sai Baba fut le saint homme de l'Inde le plus connu et le plus puissant - un faiseur de miracles, dit-on, un instrument du divin. Ses adeptes s'étendent non seulement aux quatre coins du sous-continent indien mais aussi en Europe, Amérique, Australie, Amérique du Sud et dans toute l'Asie. L'estimation du nombre total de dévots de Baba dans le monde varie entre 10 et 50 millions.

Avant même de commencer à apprécier l'envergure et l'intensité de sa suite, il est nécessaire d'avoir quelques informations sur ce que ses dévots croient qu'il est, et des pouvoirs qu'ils lui sont attribués. Beaucoup de ce qui suit existe dans un domaine qui va au delà de l'explication rationnelle. Sai Baba est considéré, parmi ses dévots, comme étant un avatar : littéralement, une incarnation du divin, un corps divin exceptionnel - comme cela de Krishna ou du Christ - qui, dit-on, prend forme humaine pour accélérer l'évolution spirituelle de l'Homme.

Selon la biographie en quatre volumes écrite par feu son secrétaire et disciple, le Professeur N. Kasturi, Sai Baba est né d'une "immaculée conception" dans un village du sud de l'Inde à Puttaparthi en 1926. En tant que jeune garçon, il démontrait des signes d'habilités miraculeuses, incluant la "matérialisation" de fleurs et de bonbons à partir de "nulle part". À 13 ans il s'auto-proclama comme étant la réincarnation d'un saint vénéré dans le sud de l'Inde, Shirdi Sai Baba, qui mourut en 1918. Mis au défi de prouver son identité, Kasturi écrit, il lança une poignée de fleurs de jasmin sur le sol, et celles-ci se formèrent de telle sorte qu'elles épelèrent le nom "Sai Baba" en telugu.

En 1950, il fit construire un petit ashram, Prashanti Nilayam (Demeure de Paix Suprême) dans son village natal. Ceci est maintenant de la dimension d'une petite ville, pouvant recevoir jusqu'à 10.000 personnes, avec des dizaines de milliers d'autres logés dans les nombreux hôtels et édifices d'appartements qui ont surgi partout autour. Le nombre de pèlerins est si grand, surtout depuis les dernières années, qu'une piste d'atterrissage a été construite près de la ville. Il y a une école primaire, une université, un collège et un hôpital dans l'ashram, ainsi que d'innombrables autres institutions partout en Inde et portant le nom de Sai Baba.

En Inde, on compte parmi ses dévots l'ancien Premier Ministre, PV Narasimha Rao [N.d.T.: "l'ancien premier ministre indien P.V. Narasimha Rao a été reconnu de corruption par un tribunal de New Delhi en liaison avec une affaire de pot-de-vin versés en 1993 à des parlementaires." Source: Journal La Presse, Montréal, édition du Samedi 30 septembre 2000], l'actuel Premier Ministre, Atal Bihari Vajpayee, et un assortiment de judiciaires senior, d'universitaires, d'hommes de science et d'éminents politiciens. À l'encontre d'autres gurus indiens qui ont voyagé en Occident, se ramassant une suite de chercheurs et de célébrités, Sai Baba est sorti de l'Inde seulement une fois, dans les années '70, afin de visiter l 'Ouganda. Sa réputation en occident s'est propagée surtout par le bouche-à-oreille. Ses dévots semblent provenir de la classe moyenne bien éduquée.

On dit qu'en tant qu'instrument du divin, Sai Baba est omniscient, capable de voir le passé, le présent et le futur de chacun; ses "miracles" incluent des matérialisations diverses pour ses dévots, incluant des montres, bagues et pendentifs, ainsi que de la vibhuti ou cendre sacrée. Comme le Christ, on dit de lui qu'il a créé de la nourriture pour nourrir les multitudes ; qu'il est "apparu" à des disciples en des moments de crise ou de besoin. Il y a d'innombra- bles récits de guérisons, dont au moins deux personnes ressuscitées.

À l'encontre de l'infâme guru Rajneesh qui conduisait des Rolls-Royce et qui prêchait une philosophie excessive de libertinage, ou de Maharishi de l'époque glorieuse des Beatles, qui a mis sur le marché des techniques tradition- nelles de méditation comme outil pour une meilleure santé et efficacité, les enseignements de Sai Baba rassem- blent une synthèse de toutes les croyances, avec une emphase particulière sur la charité chrétienne, enchâssée dans un aphorisme doué d'ubiquité, "Aimez tout le monde, Servez tout le monde" (Love All, Serve All). Son disciple le plus improbable est sans doute Don Mario Mazzoleni, un ancien prêtre du Vatican et auteur de "Un prêtre rencontre Sai Baba", livre dans lequel il exprime sa conviction que le Christ et Sai Baba sont la même manifestation de Dieu sur terre. Mazzoleni fut excommunié en 1992 à cause de ses croyances.

L'activité principale à Prashanthi Nilayam est le darshan, où Sai Baba émerge deux fois par jour de ses appar- tements adjacents au temple principal pour marcher parmi les milliers de dévots assis sur un dur plancher de marbre. Les mains s'avancent pour toucher ses pieds et pour lui donner des lettres de supplication. À l'occasion, il s'arrête, afin de donner sa bénédiction ou pour "matérialiser" de la vibhuti dans une main tendue. C'est durant le darshan que Sai Baba, à partir de critères inconnus, qu'il choisit des gens parmi la foule pour des entrevues privées. Lorsque j'ai visité l'ashram il y a de cela trois ans, j'y faisais des recherches pour un livre sur l'Inde, ma demande faite auprès du secrétaire pour avoir une entrevue avec Sai Baba fut refusée poliment ; une lettre formelle de demande auprès de Baba lui-même fut ignorée. Toute la semaine qui suivit je me suis assis sur le plancher de marbre du temple en attendant d'être choisi pour une entrevue. Je ne l'ai jamais été. Il y a des dévots qui doivent attendre pendant des années.

Il est difficile de décrire l'atmosphère de fervente dévotion qui remplit l'ashram. Les dévots disent qu'ils ont été "appelés" dans des rêves, des visions ou de curieux événements de syncrétisme, impossibles à expliquer et trop puissants pour les ignorer. Les gens manœuvrent pour avoir des faveurs et une position, transformant sans cesse les histoires de ses miracles et pouvoirs. C'est un catalyseur pour toute émotion imaginable - piété, espoir, désespoir, jalousie, et orgueil. Une personne décrit ceci comme étant "du métal que l'on fond - toutes les scories remontent sur le dessus".

Il est inévitable que pour une personne aussi puissante comme l'est Sai Baba qu'il y ait à son sujet de roulement d'allégations de tromperies, de fraudes et pire encore. Cela circule depuis des années mais il a prouvé de façon remarquable comment il restait immunisé face à ces controverses, les accusations ne faisant rien pour diminuer la croissance de ses disciples et l'estime qu'on lui porte. Mais tout ceci, apparemment, va bientôt changer.

Depuis quelques mois, un tempête extraordinaire d'allégations est apparue - stimulée par un document appelé "The Findings" (Les découvertes), compilé par un ex dévot Anglais nommé David Bailey - qui menace de bouleverser les fondations mêmes du saint empire de Sai Baba. Sai Baba peut bien représenter une ancienne tradition de croyances, mais l'instrument d'accusations contre lui est bel et bien moderne. "The Findings" furent à l'origine publiés sous forme de documents et ont rapidement trouvés leur chemin sur l'Internet, où ils sont devenus un catalyseur de débats intenses parmi les groupes de discussion à savoir si Sai Baba est véritablement divin ou, comme un dévot désenchanté le décrit, un "dangereux pédophile".

Ce qui était vraiment inattendu dans toute cette histoire c'est que les accusations portées contre Sai Baba soient venues d'un pianiste de concert jovial et rondelet de Llandudno.

David Bailey devint dévot de Sai Baba en 1994, à l'âge de 40 ans, attiré par un intérêt à la réputation du guru en tant que guérisseur spirituel.. "Je ne pouvais pas le voir en tant que Dieu", dit Bailey, "mais j 'ai pensé qu'il pouvait être un grand saint homme ayant certains dons."

Extraverti, Bailey devint rapidement une figure omniprésente et populaire parmi les dévots. Il a voyagé à travers le monde, parlant et performant dans des rencontres et visitait l'ashram en Inde trois ou quatre fois par an, jouant souvent durant les darshans et enseignant la musique aux élèves du Collège Sathya Sai Baba. Au cours de ces quatre années Bailey prétend avoir eu plus de 100 entrevues avec Baba. À l'instigation de Baba, Bailey s'est marié avec une disciple de Baba, et ensemble ils ont édité un magazine dont le but était de propager les enseignements de Sai Baba. Mais plus il se rapprochait de Sai Baba, m'a dit Bailey, plus ses doutes se multipliaient. Les "miracles", conclut-il, étaient en fait "des trucs de second ordre", les guérisons un mythe, et les pouvoirs de Baba qui consistaient à "voir dans les pensées et la vie des gens" n'étaient qu'une brillante façon d'utiliser les informations glanées auprès d'autres sources.

La foi déclinante de Bailey fut finalement détruite lorsque des étudiants du collège vinrent à lui prétendant avoir été abusés sexuellement par le guru. Ils ont dit, "S'il vous plaît, monsieur, pourriez-vous retourner en Angleterre et nous aider." Ils étaient incapables de dire cela à leurs parents parce qu'ils avaient peur qu'on ne les croit pas, et qu'ils craignaient pour leur sécurité personnelle.

En état de choc dû à ces allégations, Bailey examina sérieusement son association avec Sai Baba et commença à assembler un dossier de preuves venant d'anciens dévots de partout dans le monde. "The Findings" sont une chronique d'illusions brisées. Elle contient des allégations de falsifications, de trucages et d'irrégularités financières dans les fonds qui ont servi à l'hôpital ainsi que dans le projet de Sai Baba consistant à pourvoir en eau les villages autour de l'ashram, qui ne sont, pour la plupart du temps, qu'utilisés pour mousser sa munificence.

Quelques-unes de ces allégations ont été mises à jour déjà. Un ancien dévot, B. Premenand, s'est fait une quasi carrière seulement en débusquant Sai Baba à travers sa publication, "The Indian Skeptic". Mais les accusations contenues dans "The Findings" sont d'un tout ordre d'idées et d'une portée beaucoup plus grande. Ils incluent des témoignages mot pour mot d'abus d'ex dévots de Hollande, Australie, Allemagne et Inde. Conny Larsson, un acteur suédois bien connu, dit que non seulement Sai Baba a fait des avances homosexuelles envers lui mais qu'à lui aussi des jeunes disciples mâles lui ont dit que le guru avait fait des avances sur eux également.

En avril, Glen Meloy - un consultant en administration à la retraite et un éminent dévot californien actif pendant 26 ans - a reçu une lettre d'une femme américaine qui avait lu les "Findings" sur Internet. Son fils de 15 ans, dit-elle, avait aussi été abusé. Un témoignage de quatre pages provenant du garçons lui-même était inclus dans la lettre, corroborant les multiples abus sexuels.

Meloy a lancé sa propre campagne sur Internet afin de répandre ces allégations. Les résultats de ceci furent énormes.

Il y a eu une foule de démissions de différents groupes Sai Baba partout en Occident. En Suède, le groupe central a fermé, ainsi qu'une école basée sur le programme d'Éducation des Valeurs Humaines conçu par des éducateurs du collège à Puttaparthi.

Par contre, la réponse d'autres dévots en fut d'incrédulité et de dénigrement. "Sai Baba", dit Bailey, "n'est qu'un maniaque sexuel qui est en voyage d'ego pour avoir plus d'argent et plus de pouvoirs. Il est un pur escroc." "Non, disent les autres, Sai Baba est Dieu."

La famille Young ne figure pas parmi les "Findings", mais l'histoire racontant comment ils sont venus à Sai Baba n'est pas atypique. Au début des années '70, Jeff s'était intéressé à la "quête spirituelle", initialement à travers les drogues psychédéliques, ensuite par le yoga et la méditation. Il prit connaissance de l'existence de Sai Baba par un ami, et en 1974, à l'âge de 18 ans, visita l'Inde pour la première fois, guidé, dit-il, par "un intense et brûlant désir de sentir et d'expérimenter Dieu".

Les enseignements de Sai Baba, dit-il, l'ont heurté en plein cœur. "La première chose que j'ai lue par lui fut, il n'y a qu'une seul caste, la caste de l'humanité ; il n'y a qu'un seul langage, le langage du cœur ; il n'y a qu'une seule religion, la religion de l'amour; il n'y a qu'un seul Dieu, et il est omniprésent. Ceci faisait beaucoup de sens pour moi. Il ne proclamait pas faire partie d'aucune religion. Ce n'était qu'à propos de l'amour."

Un mois avant de quitte l'Inde, Jeff eut un rêve dans lequel, dit-il, il était dans une file, attendant de voir Sai Baba. Baba passa près de lui, puis se tourna, regarda par-dessus son épaule, fit un clin d'œil et prononça le mot "parle". Lors de sa première journée en Inde, il s'assit dans la file au moment où Sai Baba passait tout près. "Ensuite il s'arrêta et regarda au-dessus de son épaule, me fit un clin d'œil et me dit "Parle" - exactement comme il l'avait fait dans mon rêve."

Trois semaines plus tard, Jeff eut une entrevue privée avec Sai Baba. "Et je me souviens avoir senti une paix que je n'avais jamais sentie auparavant ; je me suis senti aimé comme je ne m'étais jamais senti aimé auparavant."

Il retourna à Los Angeles où il vécu en communauté avec d'autres disciples de Baba. Il rencontra Carrie, dont l'enfance fut caractérisée par des abus parentaux, et son adolescence par l'abus de drogues. Elle devint égale- ment une dévote de Sai Baba, plaçant ainsi son passé trouble derrière elle. Ils se sont mariés, déménagèrent dans le Midwest et commencèrent à élever une famille. À travers les années, ils rendirent visite de temps en temps à Sai Baba. Ils fondèrent une communauté, firent l'école à leurs enfants à la maison selon ses enseignements, s'efforcèrent de mener une vie pure et auto-disciplinée basée sur les principes de "Love All, Serve All", (Aimez tout le monde, Servez tout le monde).

Ensuite, en 1995, les choses commencèrent à changer. Leur fils Sam, qui était alors âgé de 16 ans, visita l'ashram avec un ami de la famille et fut désigné afin d'avoir une entrevue privée avec Sai Baba. Dix-huit mois plus tard, les Young retournèrent à Puttaparthi ; encore une fois Sai Baba désigna Sam et l'appela ainsi que sa famille pour une entrevue. "Il fit grand état de notre groupe", dit Jeff. "Il matérialisa une bague pour mon fils. Il dit à tout le monde que Sam avait été un très grand dévot de Shirdi Sai lors d'une vie antérieure - ainsi déversa-t-il ses paroles."

Durant cette visite, les Young furent appelés sept fois en entrevue, pendant que Sam lui avait eu 20 rencontres privées. La famille se sentait privilégiée. Baba conseille Jeff sur ses affaires, signa les papiers légaux concernant leur communauté et leur a dit qu'un jour il viendrait chez eux. Il matérialisa des bagues, montres, bracelets, leur donna des robes et le lungi de soie qu'il portait sur la peau. "Les gens disaient, que ce passe-t-il avec ces gens ?", dit Jeff. "Un homme m'a réellement dit, lorsque je mourrai j'aimerais me réincarner et être vous. Et Baba nous disait de ne pas parler beaucoup, de rester silencieux, parce que cela causait de la jalousie chez les autres - ce qui est vrai."

L'année suivante, la famille retourna à Puttaparthi trois fois. À chaque occasion ils avaient la chance d'avoir deux ou trois entrevues. Sam en avait le double. "Nous n'avions aucune idée de ce qui se passait," dit Jeff. "Nous le demandions à Sam, et nous disait que Baba parlait de son avenir. Chaque jour il recevait une autre montre, une bague. Nous pensions que peut-être notre fils méritait tout cette attention parce qu'il avait tellement fait pour Shirdi Sai. Nous ne faisions que rationaliser les choses. Vous pouvez tout rationaliser."

En 1995, Sam vint vers son père. Lors d'une entrevue privée, dit-il, Sai Baba avait "matérialisé" une huile dans sa main, déboutonna les pantalons de Sam et frotta ses organes génitaux. Jeff dit à son fils qu'il avait eu une expérience similaire lorsqu'il rencontra Sai Baba pour la première fois à 18 ans. "J'ai dit à Sam, qu'as-tu pensé de tout cela ? Il dit qu'il n'avait pas senti qu'il y avait quoique ce soit de sexuel à propos de cela ; c'était comme si Sai Baba faisait ce qu'il devait faire. Et j'avais eu une semblable expérience. Un médecin examine un garçon. J'ai pris cela comme une forme de guérison." Dès lors, Sam arrêta de parler de ses expériences.

Ce qui s'est réellement passé fut ceci : de l'onction avec l'huile, me dit Sam, les avances de Sai Baba progressè- rent et devinrent plus abusives et forcées. Sai Baba, a-t-il dit, l'a embrassé, l'a caressé et s'est essayé à le forcer à avoir des relations de sexe oral avec lui, expliquant que cela était pour la "purification". À presque toutes les occasions, Sai Baba lui avait donné des cadeaux de montres, bagues, babioles et argent comptant, au total environ 10,000$. Il lui avait dit de ne rien dire à ses parents.

Mais pourquoi donc Sam a-t-il continué d'aller en entrevue, et de ne rien en dire ? À partir de sa naissance, dit-il, il a été élevé de telle sorte qu'il croyait que Sai Baba était Dieu. "C'était mon but, toute ma vie, d'être reçu en entrevue et d'avoir une conversation avec Sai Baba pour parler de ma vie. Lorsque j'en avais une, ma mère était tellement heureuse perdue dans la foule, et ensuite je voyais ce qui m'attendait réellement à l'intérieur pour moi…je réfléchis et je pense, peut-être que ceci est pour l'amour, et qu'il veuillent en faire l'expérience avec moi, mais je ne veux pas de ceci."

Lorsque Sam demanda à Baba pourquoi il faisait cela, il lui répondit que c'était parce que Sam était " un dévot spécial - que c'était une grande bénédiction". Lorsque Sam essayait de lui résister, dit-il, Baba menaçait de ne plus appeler ses parents en entrevue. " Je sentais que j'étais obligé envers mes parents, nos amis, tous les milliers de gens qui étaient assis dehors et qui attendaient d'être dans la même position dans laquelle j'étais, ne sachant réellement ce qui s'y passait.

Et ensuite, toute l'affaire résidait dans le concept qu'il était Dieu, dès le début, alors lorsqu'il dit, ne le dis pas à personne…"

En fait, Sam l'a dit à quelqu'un. Il se confia sur ces choses à deux autres adolescents Américains qui étaient des étudiants au collège de Puttaparthi. Ils avaient également eu des expériences similaires. "Ils justifièrent cela en tant qu'expérience divine. Mais nous n'en parlions pas tellement à cause de l'idée qu'il était omniscient, qu'il savait ce dont nous parlions et ce qui se trouvait dans nos têtes.

"Si vous écoutez ce que Baba dit, il parle de prendre en charge votre vie, et je réfléchissais," Je suis avec toi, alors tout doit être très bien. "Mais il me faisait des choses que je ne voulais pas accepter, et je le laissais faire."

En 1998, selon Sam, Sai Baba a essayé de le violer. L'année suivante, la journée avant que la famille aille à Putta- parthi, il dit à son père qu'il ne voulait pas voir Sai Baba seul, sans spécifier pourquoi. Jeff sentit que quelque chose allait de travers : " Je lui ai dit, tu dois toujours être en accord avec ta conscience. La famille ne s'en fait pas même si elle ne devait jamais plus avoir d'entrevue."

À Puttaparthi, Sam fut appelé en entrevue privée encore une fois. Lorsque Sai Baba s'est essayé pour avoir des relations de sexe oral avec lui, Sam sortit de la pièce pour la dernière fois, même si cela lui a pris des mois avant de ramasser son courage et de l'avouer à ses parents. Jeff dit que cela a pris des semaines pour traiter l'information qu'ils avaient entendu. " Nous savions que Sam disait la vérité, mais je continuais à me demander intérieurement, qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ?

Les Young ont contacté une personne bien connue dans l'organisation américaine Sai Baba. "Il a dit que cela devait être une sorte d'épreuve", dit Jeff, "et, pour un instant, nous nous sommes sentis mieux."

Ensuite Dr Michael Goldstein, l'homme en charge de toute l'organisation Baba en Amérique, prit l'avion en prove- nance de la Californie afin de les rencontrer. "Il a dit, nous devons parler à Baba de cette affaire ; les mots ne sont pas suffisants ; la foi doit être restaurée." Goldstein s'envola immédiatement vers l'Inde. Il revint pour dire au Young que Sai Baba lui avait dit qu' "il était pur", et que Goldstein acceptait cela. Il demanda à Jeff si son fils hallucinait. Les Young ne parlent plus à Goldstein.

J'ai essayé de contacter Goldstein en Amérique, mais on m'a dit qu'il était parti à Puttaparthi. Cependant, un autre dévot senior, un administrateur pour la Société Sathya Sai Baba d'Amérique, a retourné mon appel. Jerry Hague m'a dit que lui et son épouse étaient des dévots depuis 25 ans. Il m'a dit qu'il était profondément choqué de ces allégations et ne pouvait même pas commencer à les comprendre.

"Tout ce que je sais dans le plus profond de mon cœur c'est que Swami est le plus pur parmi les purs, et que tout ce qu'il fait est pour le bien-être le plus élevé de chacun. Si d'autres personnes sentent autres choses, c'est ce qu'ils sentent. C'est un mystère pour moi, et c'est ainsi que je le laisse. Je sais tout simplement ce que j'ai trouvé dans mon cœur."

Ce refus - Sai Baba est Dieu, Dieu ne fait pas ces choses - fut un thème répété par d'innombrables autres dévots avec qui j'ai parlé en Amérique et en Grande-Bretagne. Une femme m'a dit que les allégations étaient "complètement inconsistantes" avec l'expérience qu'elle avait de Sai Baba depuis plus de 30 ans. D'autres disaient qu'ils étaient convaincus que cela résultait d'"hallucinations", ou "de projections" de jeunes garçons et d'hommes vivant une période difficile avec leur sexualité.

Explorant l'Internet, je suis parvenu à un site appelé "The Sai Critic", établi par quelques dévots afin de répondre aux "Findings" et "conseiller" ceux dont la foi avait pu être ébranlée face à ces allégations. Les auteurs anonymes de ce site incitent les dévots à croire seulement leurs propres expériences et citent un aphorisme de Sai Baba: "Lorsque le doute entre par la porte de devant, la foi sort par la porte de derrière. Gardez vos portes fermées."

Répondant aux allégations d'abus sexuels, les auteurs affirment que parce que "Sai Baba est une incarnation divine, on ne peut lui attribuer des motifs sexuels humains, ni faire son interprétation à la lumière d'une expérience sexuelle humaine." En d'autres mots, parce que Sai Baba est divin, peu importe ce qu'il fait est au delà de toute compréhension et de toute responsabilité.

Une des personnes citées dans les "Findings" est Dr D. Bhatia, anciennement à la tête de la banque de sang de l'Hôpital super spécialisé Sathya Sai, qui, dit-on, a eu de longues relations sexuelles avec Sai Baba. Bhatia a démissionné de son poste à l'hôpital en décembre 1999 et est maintenant administrateur à l'hôpital de New Delhi.

Rejoint par téléphone, Bhatia a dit qu'il est devenu un dévot de Sai Baba en 1971, à l'âge de 20 ans, et qu'il avait eu des relations sexuelles avec Sai Baba pour un total de 15 ou 16 ans. À cette époque, dit-il, il était aussi au courant que Sai Baba avait des relations avec "beaucoup beaucoup" d'étudiants du collège et de l'école, et avec des dévots d'outremer.

Bhatia dit qu'il n'avait jamais questionné Sai Baba sur sa conduite, ou sur l'explication de Baba que c'était une "activité divine". "La dévotion", dit Bhatia, "n'a pas besoin de justification. Dans ma philosophie de vie, tout ce qui est bon et tout ce qui est mauvais appartient à Dieu. Ceci est ma croyance, et c'est pourquoi peu importe ce qu'il fait, ne m'affecte pas en ce sens." Était-il en train de dire qu'il continuait à croire que Sai Baba est Dieu ? "Oui."

Comme à bien des gens à qui j'ai parlé, Isaac Tigrett se décrit lui-même comme étant un chercheur spirituel. Parmi les dévots, Tigrett est reconnu comme l'homme ayant construit l'hôpital de Sai Baba. Cofondateur de la chaîne de restaurants Hard Rock Cafe, Tigrett a vendu ses parts dans cette affaire au début des années '90 et a fait un don de $ 20 millions afin de construire le super hôpital hyper-spécialisé Sathya Sai. Il a ensuite fondé une autre chaîne de clubs/restaurants en Amérique, le "House of Blues", et vit présentement à Londres, où il met en place le "Spirit Channel", un site Internet dédié à l'exploration des enseignements spirituels.

Un homme au gabarit large dans sa cinquantaine, habillé d'un complet immaculé, Tigrett a l'apparence pleine d'ostentation au charme expansif d'un imprésario de théâtre. Nous nous sommes rencontrés à son club de Londres. Tigrett a bu de la bière et a fumé des cigarettes; un homme, semble-t-il, bien ancré dans la réalité du monde.

Selon des standards normaux, l'histoire de Tigrett sur sa rencontre avec Sai Baba est extraordinaire; d'après les standards sur les histoires que nous entendons sur Sai Baba, cela semble presque banal. Né en Amérique du Sud et élevé dans la religion baptiste, Tigrett a toujours eu une curiosité sur les choses spirituelles. En 1974, m'a-t-il dit, il voyageait en Inde à l'affût de gurus. Lorsqu'il prenait un matin son petit-déjeuner dans une salle à dîner d'un hôtel dans le nord de l'Inde, il entendit une voix qui disait clairement, "Tu es enfin venu; je t'attendais." Se retournant, il a vu la photographie de Sai Baba sur le mur, dont il n'avait jamais entendu parler et dont il ne connaissait rien.

Il se rendit immédiatement à l'ashram de Sai Baba. C'était jour de festival, se rappelle-t-il ; 5,000 personnes étaient rassemblées pour le darshan. "Il est venu directement vers moi et m'a dit, "Tu es enfin venu ; je t'attendais." Sai Baba a ensuite "matérialisé " de la vibhuti dans la main de Tigrett. "Il a dit, attends ici ; nous allons faire beaucoup de choses ensemble."

Tigrett a dit qu'il était "très cynique et très soupçonneux. Je crois au guru intérieur - suivre votre cœur - non pas au guru extérieur. Il ne m'était jamais arrivé de penser que ce serait une sorte de maître extérieur qui m'amènerait à poursuivre le cheminement spirituel."

Durant les 15 années qui suivirent, cependant, il se trouva impliqué dans une panoplie d'"enseignements éton- nants" qu'il attribua à Sai Baba. Le plus extrême est arrivé en 1976. C'était une époque où ses doutes concernant Sai Baba étaient à leur plus haut. Conduisant une Porsche Turbo à travers les collines d'Hollywood après une fête tardive, il sortit de la route à 80m/h et fonça dans une barricade dans un ravin de 200 pieds. "Je n'avais pas ma ceinture de sécurité. Sur le moment je savais que j'allais mourir et je pouvais sentir une pression sur mes épaules, j'ai regardé et, il m'a semblé que Sai Baba était assis à côté de moi avec ses bras autour de moi. L'automobile toucha terre et capota plus d'une douzaine de fois avant d'atterrir à l'endroit, totalement démolie. Et il n'y avait aucune égratignure sur moi. Je pensais, ceci ne peut pas être vrai. Était-ce lui ? Était-ce mon imagination ? L'avais-je appelé et, d'une façon ou d'une autre, avais-je créé cette croyance en mon esprit qu'il était bien là ?"

Le jour suivant, Tigrett s'envola vers l'Inde, "pour le remercier". Tigrett passa trois mois assis au darshan, "et il ne m'a même pas jeté une seule fois un regard". Cela prendra encore 13 autres années, dit-il, avant que Sai Baba le convoque finalement pour une entrevue.

"J'ai dit, pourquoi ai-je dû attendre si longtemps ? Il répondit, "Gros ego."

Ces choses étaient difficiles à expliquer, dit-il, impossible à expliquer. Il ne croit pas que Sai Baba soit Dieu. Il ne se décrira même pas lui-même comme étant un dévot. "Mais pour moi, c'est aussi simple que cela : quoique j'ai pu expérimenter a changé ma vie ; quoiqu'il ait pu faire m'a maintenu sur le chemin spirituel, ce pourquoi je lui suis à jamais reconnaissant. Et je ne serai jamais capable de renier cette expérience ; rien de ce qu'il puisse faire ne pourrait changer cela."

Comment donc Tigrett pouvait-il ranger ses expériences de Sai Baba avec les allégations d'abus sexuels ? "Je ne peux pas. Il y a deux camps ici. Êtes-vous contre Sai Baba ou êtes-vous pour lui ? Je crois que si vous dites que vous êtes pour lui, vous êtes seulement en déni, disant que ces choses ne sont pas arrivées, que ce sont des histoires inventées. Je ne crois pas cela. Je crois que les allégations sont vraies. Et si vous êtes contre, vous êtes supposé prendre votre épée et le tuer. Je ne suis dans aucun de ces camps. Pour moi, la seule relation qui ait de la valeur avec lui est personnelle, et chacun doit prendre une décision personnelle basée sur cela."

Pour ce qui est d'essayer de comprendre Sai Baba, Tigrett dit qu'il a abdiqué il y a de cela plusieurs années. "Je sais qu'il matérialise des objets, parce que je l'ai vu le faire. Et je sais qu'il truque des matérialisations, parce que je l'ai également vu faire cela. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être est-ce seulement un jeu."

Tigrett dit qu'il croit que tout ce que Baba fait est "un enseignement". Peut-être, dit-il, le scandale qui prend de l'ampleur est-il également un enseignement, une façon de forcer les dévots à arrêter de vénérer la forme de Sai Baba, et, à la place, de vénérer la divinité à l'intérieur d'eux-mêmes. "Je me souviens qu'il m'a dit il y a de cela trois ou quatre ans que les gens le quitteraient en masses. Il a dit, "Je ne suis pas une nouvelle religion; je ne suis pas une personnalité culte. Les gens viennent ici pour voir des miracles, pour prendre des vacances, et ils ne se soucient aucunement des enseignements. " Il a dit ceci plusieurs fois, tout est dans le fait de suivre son guru intérieur, non pas Sai Baba."

Tigrett est revenu à l'ashram plusieurs fois depuis, dit-il, mais il n'a jamais plus été appelé en entrevue. Il prit une gorgée de sa bière. Pour ceux qui vénèrent Sai Baba en tant que Dieu, dit-il, les allégations "doivent être totalement dévastatrices. Parce qu'ils ont perdu leur dieu, leur maître. Mais je ne l'ai jamais regardé en tant que Dieu." Comment donc décrirait-il Sai Baba ? Tigrett bougea la tête : "Comme une totale et entière énigme."

Parmi les plus remarquables aspects de cette controverse il y eut le rôle d'Internet. Il y a de cela dix ans déjà, il est très douteux que les allégations contre Sai Baba auraient cheminer si loin et si vite. Dans un discours donné en octobre 1999, Sai Baba divulgue à ses dévots que "Swami n'a rien à voir avec Internet [sic]. Non seulement main- tenant, mais dans le futur également [sic]. Vous ne devriez pas vous complaire dans ce genre d'activités." Mais dans la réalité de cyberespace, les accusations, les justifications et les dénigrements continuent à se multiplier. Côtoyant les histoires sensationnelles d'abus, il y a des récits de miracles, de guérison et d'appels de la foi.

Conny Larsson a établi un groupe de support pour ceux revendiquant des abus par Sai Baba, et dit qu'il reçoit quelques 20-30 courriels quotidiennement en provenance de victimes "appelant à l'aide. Vous ne pouvez pas laisser ces gens dans le désert."

En Amérique, la campagne organisée par Glen Meloy a bombardé de lettres sur les allégations les sénateurs, la Maison Blanche, le FBI et les journaux indiens. Le succès le plus visible de la campagne est venu en septembre lorsque l'UNESCO s'est retiré du co-parrainage et de sa participation à une conférence sur l'éducation à Puttaparthi, exprimant "ses profonds regrets" concernant les allégations d'abus sexuels.

Meloy essaie également d'amener en justice les leaders des groupes Sai en Amérique qui, dit-il, ont "conspiré afin de camoufler cette affaire".

Dans ce pays, des démarches similaires ont été faites à la "Charity Commissioners" (il y a une branche britannique de cette organisation enregistrée dans ce pays) et au "Home Office", leur demandant d'émettre un avis au public afin que les visiteurs allant en Inde soient au courant des allégations, et démontrant que la négligence pour prévenir les gens constituerait une brèche aux obligations gouvernementales internationales selon les droits de la personne des Nations-Unies.

Sai Baba n'a jamais été accusé d'aucun crime, sexuel ou autre durant toutes ces années où toutes ces allégations faisaient rage. Et sa position portée aux nues en Inde l'a gardé isolé sans crainte de quelque enquête publique que ce soit.

En juin 1993 il fut l'objet d'une apparente tentative de meurtre lorsque cinq jeunes hommes s'infiltrèrent dans sa résidence privée. Deux de ses assistants personnels furent poignardés à mort et quatre des assaillants furent tués à coup de fusil par la police "en légitime défense". Sai Baba est présumé avoir pris la fuite en sortant à toute vitesse de sa chambre dont le système d'alarme avait été activé. Dans un discours qui a suivi ces événements, il a dit que l'attaque avait été causée par la "jalousie". Dr Bhatia m'a dit qu'il croyait que l'attaque était reliée aux activités sexuelles de Baba. Le guru ne fut jamais interrogé par la police au sujet de cette attaque. La presse indienne souleva des questions évidentes : si Sai Baba est omniscient, pourquoi n'avait-il pas venu voir l'affaire ?

Parmi les anciens dévots il y a un effet de choc, de trahison, de colère - une soif, sinon une revanche, pour qui est responsable." Nous savons que beaucoup de victimes ont été physiquement molestées, m'a dit Glen Meloy, mais en réalité, tous les anciens dévots ont été spirituellement violés parce que nous avons décidé de croire que cet homme était le plus grand. Je le considérais certainement comme étant le Dieu des dieux, le créateur de toute la création, mon ami, mon tout. L'intense désir que j'ai maintenant pour le dénoncer est directement proportionnel à la somme de dévotion que je lui ai donnée."

Meloy a dit qu'il a déchiré toutes les photographies qu'il avait de Sai Baba dans sa maison au moment même où il entendit parler de ces allégations. Il était au courant que d'anciens dévots vendaient leurs maisons, déterminés à épurer la moindre association qu'ils avaient pu avoir avec Sai Baba dans leur vie.

"Nous avions complètement donné notre pouvoir. Et maintenant nous pouvions regarder en arrière et voir ce que nous avions fait. Vous pleurez et vous vous demandez comment diable cela a-t-il pu bien arriver?"

Comment cela arrive-t-il ? Dans un monde imparfait, nous avons faim pour au moins un peu de perfection, un symbole de bonté inéluctable. Le guru devient l'expression du rêve.

Assis au restaurant dans une petite ville habitée du Midwest, Jeff Young se luttait pour comprendre ce qui l'avait bien pu amener à croire qu'un guru indien pouvait être Dieu. Se rapportant à sa première entrevue - "Je me souviens avoir senti une paix comme je ne l'avais jamais sentie auparavant" - il en vient à penser qu'il était tout simplement bercé d'illusions. "Il y avait tellement de gens qui désiraient avoir une entrevue, je me suis convaincu moi-même qu'il était tellement extraordinaire et spécial d'en avoir une, que je devais être béni entre tous car j'avais été choisi."

Maintenant, dit-il, il pouvait voir comment il avait ignoré toutes les contradictions, fabriqué des explications pour toute ce qui ne marchait pas. "Je savais que les matérialisations étaient des trucages. Je m'assoyais là et le regardait sortir des objets de sous un coussin. C'était d'une évidence totale. Et il voyait qu'on le voyait et il en riait en quelque sorte. Mais je pensais, il me mets tout simplement à l'épreuve pour voir si je suis concentré sur l'amour et non les choses extérieures. Parce que Baba dit, l'amour est mon incertitude. Vous ne serez jamais capable de comprendre l'avatar."

Regardant en arrière, dit-il, lorsque Sam lui a finalement parlé des abus sexuels, il ne trouva pas cela difficile d'y croire. "J'ai réalisé que j'étais vraiment au courant de tout cela depuis un bon bout de temps mais je ne le savais pas." Jeff bougea la tête. "Cela est tellement profond dans mon esprit. Vous vous demandez, comment des millions de personnes peuvent-elles être dans l'erreur ?"

Lorsque Sam a dit à Jeff et Carrie la vérité à propos de ses rencontres avec Sai Baba, Jeff a dit, que tous les deux ont entouré de leurs bras leur fils. "Nous avons dit, c'en est fait ; nous ne nous en faisons pas si nous ne voyons jamais plus Sai Baba. Il nous a dit que c'était le jour le plus heureux de sa vie."

Depuis qu'ils ont quitté Sai Baba, dit-il, la famille a essayé de trouver une base pour leur foi au plus profond de leurs cœurs. Il croit qu'avoir suivi les enseignements de Sai Baba pendant 23 ans a fait de lui une personne plus humble, honnête et un être humain bon. "Ma femme le déteste pour ce qu'il a fait à notre fils. Je me sens trahi. Je crois que c'est méprisable. Mais en regardant ma vie je dois dire que, honnêtement, je ne regrette rien de quoi que ce soit qu'il soit arrivé et que j'ai grandi malgré tout cela." Trouver Sai Baba et ensuite le mettre de côté "je suis plus heureux maintenant que je ne l'ai été dans toute ma vie."

Sam dit que cette expérience l'a amené à voir sa vie dans une "toute autre perspective". Cela m'a fait prendre conscience que toute ma vie je l'ai passé à suivre un autre être humain, essayant de faire ce qu'il disait. "Libéré de la prison des fausses croyances, dit-il, j'essaie tout simplement de vivre à la hauteur de mes aspirations."

Qu'il soit divin ou une "force démoniaque démente", comme Glen Meloy le décrit présentement, ou simplement le fakir le plus accompli et l'escroc le plus confiant, Sai Baba n'a rien dit publiquement à propos des allégations contre lui. Lorsque le Telegraph Magazine est entré en contact avec K. Chakravarthi, le secrétaire de l'ashram de Puttaparthi, il a dit, "Nous n'avons pas de temps pour ces choses. Je n'ai rien à dire" et raccrocha.

Le traducteur anglophone principal de Sai Baba, Anil Kumar, fut plus avenant. "Tout grand enseignant religieux, dit-il, a fait face aux critiques durant sa vie. De telles allégations ont été attribuées à Sai Baba depuis son enfance, "mais avec chaque critique il devient de plus en plus triomphant". Kumar a dit qu'il voyait cette contro- verse comme faisant partie du plan divin [de Sai Baba]. "C'est une rizière avec beaucoup de pelures autour du riz. Éventuellement, toutes les parties non désirées partiront afin de laisser la vraie substance à l'intérieur."

Jerry Hague, l'administrateur américain, semble partager cette opinion. Sai Baba, m'a-t-il dit, ne dira jamais quoique ce soit à propos de tout cela. "Pourquoi le ferait-il ? C'est la manière humaine. Ce n'est pas sa manière.

"Vous pouvez essayer et écrire à propos de ceci", m'a-t-il prévenu, "mais vous ne serez pas capable de faire du sens intellectuellement parlant avec ça. Personne le peut."

"Des personnes ", dit Jeff Young,"lorsque nous leur racontons notre histoire, laissent tomber Sai Baba comme une roche. Quelques-uns ne veulent tout simplement pas en entendre parler. Et d'autres écoutent tout et disent, eh bien, il est Dieu ! C'est un examen. Je ris lorsque j'entends cela. Parce que pour moi, faire l'examen est avoir le courage de me tenir debout sur mes deux pieds et de dire que ce n'est pas acceptable. "

C'est une chose curieuse, dit Young, mais lorsqu'il apprit la nouvelle de son départ à ses amis et ses camarades dévots en rapport avec Sai Baba, il avait la sensation - "et je me sens encore ainsi" - que Baba se "tenait près de son épaule, disant, "Bon garçon, tu fais du beau travail."

Quelques noms ont été changé.

Recherche additionnelle faite par Chloe Veltman.

L'UNESCO lui retire tout partenariat avec Sathia Saï Baba

Graves accusations de pédophilie contre Saï Baba

Source: Découvertes sur les sectes et religions
Bulletin du GEMPPI n° 47 octobre 2000

L'UNESCO qui annonce qu'elle se retire de tout partenariat avec l'association de Sathia Saï Baba en raison d'accu- sations d'abus sexuels sur des jeunes et des enfants perpétrés par Saï baba lui-même.

DECLARATION DE L'UNESCO AU SUJET DE SAI BABA

UNESCO PRÉS SERVICE - MISE AU POINT

L'UNESCO a retiré son patronage et annulé sa participation à une conférence qu'elle devait cg?organiser avec l'institute of Sathya Sai Education (ISSE, Thaïlande) et The Flinders University Institute of International Education (Australie) du 25 au 29 septembre à Puttaparthi en Inde. La décision signifie que l'UNESCO n'est plus impliquée d'aucune manière? qu'il s'agisse du patronage, de l'organisation ou de la participation ? dans la conférence: "Renforcer l'éducation aux valeurs: Approches innovatrices en matière d'éducation des enseignants à la paix et i! à la compréhension internationale".

Plusieurs facteurs sont â l'origine du retrait. de l'UNESCO. Certaines décisions ont été prises par PISSE sans consultation concernant notamment la tenue de certaines sessions à l'Ashrarn du mouvement Sathya Sai à Puttaparthi et l'inclusion dans le programme d'intervenants sans leur accord préalable. Par ailleurs, l'Organisation a appris que des accusations d'abus sexuels sur des jeunes et des enfants sont portées à l'encontre du dirigeant du mouvement en question, Sathya Sai Baba. S'il ne lui appartient pas de se prononcer à ce propos, l'Organisation rappelle ses positions et ses actions résolues contre l'exploitation sexuelle des enfants, en application de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant qui engage les Etats parties à protéger l'enfant contre toutes les formes d'exploitation sexuelle et de violence sexuelle.

Service de presse Paris, 15 septembre 2000
Tél +33 (0) 1 45 68 17 44 - Fax: +33 (0) 1 45 68 56 52

INTRODUCTION

Nous nous étions déjà intéressés au cas de Sathya Sai Baba dans notre bulletin n°34 (1997) où nous mettions en exergue certains aspects de ce personnage.

Pour être plus précis, nous exprimions notre stupéfaction de ce que Sai Baba exigeait de ses adeptes qu'ils l'ado- rent comme un Dieu en échange d'une protection spirituelle ou pour échapper à des menaces spirituelles, et le plus fort c'est qu'il obtenait satisfaction.

C'est ainsi que les adeptes en arrivaient à considérer que hors Babaji, la famille, le travail, et tout le reste, tout n'est qu'illusion négligeable. A tel point, qu'une meurtrissure physique assenée par Sai Baba était ressentie comme une suave bénédiction.

Dans ce contexte, on ne sera pas trop surpris dans le dossier qui suit, de constater que des adeptes masculins hétérosexuels aient cédé aux traumatisantes agressions sexuelles de Sai Baba, les confondant malgré leur trouble, à des grâces spirituelles.

Le niveau de dépendance mentale des adeptes

II se mesure notamment à la mégalomanie et au narcissisme du gourou, qui sont inversement proportionnels à la soumission et à l'aveuglement des adeptes. Voici, extraits de "Sathya Sai Baba, le Saint homme et le psychiatre" du Dr Sandweiss (L'or du temps 1990), quelques paroles et actes de Sathya Sai Baba.

  • "Je secours tous ceux qui M'adorent et Me rendent hommage comme il le faut... Personne ne pourra jamais saisir Ma gloire dans son entier...Vous serez témoins de cette gloire dans les années à venir".

Avec ces affaires d'abus sexuels, il semble bien que ce ne soit pas la gloire de Sai Baba qui arrive, mais la honte.

Notez aussi ci-dessus qu'en plus d'être un faux prophète, Sai Baba est doté d'un orgueil rare allant jusqu'à permettre que les pronoms personnels le désignant soient affublés d'une majuscule, comme s'il était Dieu.

  • "Même le plus grand de tous les savants ne peut me comprendre avec comme seul appui sa connaissance scientifique... Si seulement vous vous abandonniez au Seigneur, il vous protégerait et vous guiderait".
  • "Il n'y a rien que je ne puisse voir, nul endroit que j'ignore. Mes compétences sont inconditionnelles, indépendantes de tout. Je suis la totalité, le Tout".
  • "Vous ne pouvez rien faire sans ma volonté".
  • "Je suis en mesure de résoudre n'importe quel problème".

Certains pourraient objecter que puisqu'il peut tout, Babaji devrait résoudre les problèmes de famine, de misère et de guerre dans le monde; à cela voici sa réponse

  • "C'est de ma volonté lorsque vous êtes atteints par la douleur... Croyez vous que je vous mettrais en présence de la douleur s'il n'y avait pas lieu de le faire.
  • "Mon pouvoir est incommensurable".
  • "Baba protège contre le mal, la magie noire, les maléfices... Mais à condition de vous abandonner au Seigneur."
  • "Chaque acte, chaque pensée doivent être dirigés vers moi, le résident de votre cœur".
  • En somme, Baba veut tout: la soumission, la raison et la famille de l'adepte.
  • "II ne doit pas être contesté, Baba sait mieux que moi ce qu'il me faut..."
  • "Je suis votre mère."
  • "Il faut élever les enfants dans la dévotion".
  • "Si tu vois un aigle et que Baba te dit: c'est un corbeau ! Eh bien c'est un corbeau".

Sai Baba et Swami Prémananda

  • "II connaît le présent, le passé, le futur... Ses pouvoirs sont incommensurables". (Ibid réf.précéd.)

Avec un tel don de prédiction, Sai Baba aurait pu exercer ses talents pour éviter des désagréments à son ami et collègue gourou Swami Prémananda. Prémananda, dirigeant un ashram dans la même région que Sai Baba, est actuellement en prison en Inde pour des affaires d'abus sexuels sur des jeunes femmes et fillettes.

Les deux compères, Sai Baba et Prémananda, se reconnaissaient mutuellement et s'échangeaient leurs clients... euh pardon ... fidèles.

Swami Prémananda avait un faible pour les filles, tandis que Sai Baba préfèré les garçons. Bref, les deux gourous étaient complémentaires dans l'abomination.

PRESENTATION DU MOUVEMENT DE SAI BABA

Ce mouvement est cité dans la liste des sectes du rapport parlementaire français de 1996. Sathya Sai Baba, également appelé Baba, Babaji ou Swami par ses fidèles est né le 23 novembre 1926 à Puttaparthi en Inde du Sud.

C'est à l'âge de 13 ans qu'il proclame être la réincarnation de Sai Baba de Shirdi, un saint indien décédé en 1917 et qu'il se pose comme nouvel Avatar divin, à l'égal de Rama ou Krishna, avec tous les attributs afférents : omniprésence, omniscience et omnipotence.

L'Avatar Sai est censé se réincarner une troisième et dernière fois en la personne de Prema Sai, qui devra naître en Inde 8 ans après la mort de Sathya Sai Baba qui doit avoir lieu, comme il l'a annoncé lui-même, dans sa 96 ème année, c'est-à-dire en 2022.

Nous verrons bien !

PUISSANCE

Sai Baba possède à ce jour des centaines de milliers d'adeptes dans le monde, répartis dans 165 pays. Son organisation, le Trust SAI BABA, se trouverait à la tête d'une fortune estimée à 170 millions de dollars, issue pour l'essentiel de dons effectués par des adeptes.

Beaucoup de ces adeptes sont des intellectuels (avocats, psychiatres, écrivains, journalistes, enseignants, physiciens ...) et des business mens de haut niveau.

Sai Baba a créé dans sa région des écoles et des collèges dont la scolarité serait d'un coût modique, pour les garçons principalement, un hôpital (sur lequel d'inquiétantes rumeurs circulent) et a lancé un projet "eau potable" avec un succès plus que mitigé dans les campagnes indiennes à l'aide de dons occidentaux.

ORGANISATION

C'est une structure pyramidale composée de coordinateurs internationaux, nationaux et de centres régionaux dans chaque pays (26 en France). En outre, il existe un organigramme propre à chaque pays, dans lequel se trouvent divers responsables de branches (spirituelles, jeunes, services...).

L'organisation publie plusieurs brochures internes, dont "Prema" pour la France.

Des pèlerinages auprès du gourou sont organisés régulièrement. Sai Baba vit principalement en Inde dans l'ashram de Prashanti Nilayam à Puttaparthi et possède également un ashram à Bombay, un autre à Brindavan (White Field), un autre à Rishikesh (Nord de l'Inde) et un cinquième à Kodaikal (Sud de l'Inde) ou il demeure environ un mois par an.

L'ashram de Puttarparthi est reconnu par les autorités indiennes à l'étranger (ambassades et consulats) comme organisme humanitaire pouvant employer des occidentaux et leur accorder un permis de travail.

Certains adeptes occidentaux y passent plusieurs années de leur vie.

LA COUR DE L'AVATAR

Plusieurs centaines de milliers d'adeptes se pressent (notamment les plus hautes personnalités politiques de l'Union Indienne) lors des grandes fêtes religieuses (anniversaire du gourou, Noël) à l'ashram de Puttaparthi.

Habituellement Sai Baba s'y montre (Darshan) à ses dévôts 2 fois par jour pour recevoir leurs hommages.

II lui arrive de "matérialiser" miraculeusement de la cendre sacrée (Vibbhuti) et prend ensuite des groupes de personnes en entretien dans une pièce privée du temple (Mandir).

Lors de ces interviews, Sai Baba "matérialise" des bijoux pour ses adeptes. II sélectionne parfois l'un d'entre eux pour un entretien en aparté dans son cabinet.

DOCTRINE

Son enseignement s'appuie pour l'essentiel sur la tradition spirituelle de l'Inde et sur un syncrétisme associant notamment des éléments du christianisme.

Comme beaucoup d'autres Maîtres il affirme aider l'individu à prendre conscience de sa propre divinité, à pratiquer l'amour désintéressé, et à rendre les fidèles de toutes les religions plus sincères et dévoués dans la pratique de leur culte d'origine.

UN COLOSSE SPIRITUEL AUX PIEDS D'ARGILE

(L'argile se situerait un peu plus haut que les pieds)

Autant de belles paroles et de bonnes oeuvres semblent destinées à prouver au monde l'honorabilité et la grandeur de la mission de Sai Baba. Mais aujourd'hui, le scandale est en train de faire chanceler le bel édifice bâti depuis plus de 50 ans par l'organisation SAI.

Sai Baba n'est plus seulement accusé d'être un charlatan (faux miracles, fausses guérisons miraculeuses, fausses résurrections ..., il est officiellement dénoncé par d'anciens adeptes du monde entier d'avoir perpétré sur ses dévôts masculins et sur les étudiants de ses collèges, des abus sexuels allant de la masturbation à la fellation .

Les organisations internationales de défense des victimes d'agissements sectaires sont actuellement saisies de cette affaire, reposant sur des témoignages de jeunes du monde entier.

Pour sa part le GEMPPI a reçu une dizaine de témoignages de victimes et de protestations d'ex dévots déçus (parfois coordinateurs de l'organisation SAI) accompagnés des photocopies de leur papiers d'identités.

A cela s'ajoute la liste des noms de dizaines d'ex adeptes ayant quitté la secte car ils ont été convaincus par le témoignage des victimes d'abus sexuels commis par Sai Baba.

Nous n'avons pu publier tous les témoignages de victimes que nous avons reçu, car certains faits étaient si dégoûtants que les plaignants, tout en nous communiquant la photocopies de leur pièce d'identité pour démontrer leur bonne foi, ne souhaitaient pas que leur affaire soit connue du grand public.

C'est par exemple le cas d'un jeune garçon français qui a grand besoin de se reconstruire mentalement.> On comprendra que sa mère n'ait pas souhaité pour l'instant, porter l'affaire en justice. Par contre d'autres ont accepté de témoigner dans les journaux et accepteraient même de se déplacer pour témoigner de la véracité des faits devant un tribunal. Pour collecter d'autres témoignages que ceux que nous présentons nous vous invitons à visiter les sites internet suivants (en anglais): http://www.myfreeoffice.com/saibabaexposed/index.html et http://www.myfreeoffice.com/saibabaexposed/menu.html Vous pouvez aussi contacter (en anglais) cette organisation, qui a édité un document accablant avec des témoignages sur le comportement sexuel et les trucages utilisés par Sai Baba pour faire croire à des pouvoirs surnaturels: Dipak - Forum for scientific values 6, Christopher Road Calcutta 700014 (West bengale) India Internet: http://www.indian-skeptic.de/html/guru.htm et http://www.indian-skeptic.de/html/bedroom.htm

NOTRE BUT

Prévenir les risques d'agression sexuelle des garçons et des jeunes hommes mis en contact avec le gourou lorsqu'ils se rendent en pèlerinage en Inde ou lorsqu'ils sont confiés aux institutions de l'organisation par leurs parents. L'immense majorité des dévots de Sai Baba n'a rien à voir avec ces abus sexuels et ignore donc totalement ces agissements.

Si les adeptes ont un si grand intérêt pour Sai Baba, ce n'est absolument pas parce qu'ils sont idiots, mais c'est tout simplement parce qu'ils sont attachés aux enseignements altruistes de leur Maître et ont souvent de lui une image idyllique s'appuyant sur la légende dorée qui circule de bouche à oreille et dans les livres écrits par des dévots transis, plutôt que la réalité objective.

Certains adeptes ont aussi subi un conditionnement mental proche de l'hypnose bien connu dans les grands rassemblements mystiques.

Certaines pratiques mentales, les effets de foule et une ferveur non maîtrisée peuvent provoquer des phénomènes d'auto-hypnoses durables provoquant parfois des hallucinations, désignées dans certaines sectes comme des voyages astraux, apparitions mariales , ufologiques ou autres.

SAI BABA DEMASQUE

D'après le journal NEXUS Août/Septembbre 2000 Australie

NEXUS PO BOX 30, Mappleton, Old 4560, Australia
Tel: (07) 5442 9280
Email: edfor@nexusmagazine.com
Web page: www.nexusmagazine.com

Ce journal est aussi disponible dans les kiosques en France (Mais l'affaire Sai Baba n'a pas encore été traitée)

C'est avec tristesse et regret que nous publions dans ce numéro quelques-uns des nombreux témoignages qui ne cessent d'affluer et dénonçant les tromperies de Sai Baba.

Alors qu'auparavant j'avais rencontré beaucoup de gens racontant les miracles de Sai Baba, j'ai été stupéfait lorsque j'ai reçu tous ces témoignages de duperie et de pédophilie le concernant.

Dans un premier temps, j'ai tout simplement rejeté ces allégations, les considérant comme une attaque médiatique. Cependant, je ne cessais de recevoir des témoignages écrits d'anciens dévots, démontrant que tout n'est pas si rose avec Sai Baba.

Je commençais alors une enquête à partir de ces témoignages, pensant que quelques appels téléphoniques suffiraient à démonter cette entreprise de diffamation.

Mais après plusieurs contacts téléphoniques, l'horreur se confirmait.

Beaucoup de ces témoignages sont disponibles sur internet.

SAI BABA DEVOILE

Tromperie, trucage, agression

Sri Sathya Sai Baba est né dans le village de Puttaparthi (Inde) le 23 novembre 1926. En octobre 1940 à l'âge de 14 ans, il déclare être la réincarnation d'un saint indien décédé en 1917 Shirdi Sai Baba. En 1950, Sai Baba inaugure son ashram à Puttaparthi, qui devient un lieu de pèlerinage.

Lors du 70ème anniversaire de Sai Baba en novembre 1995, plus d'un million de personnes, incluant le Président et le Premier Ministre de l'Union Indienne, vinrent lui rendre hommage.

Actuellement, l'organisation SAI affirme avoir plus de 1200 centres dans le monde.

II est juste de dire que Sai Baba est une personnalité spirituelle hautement vénérée, dont la vie et le message ont inspiré des millions de gens dans le monde, les incitant à une vie hautement morale.

Les histoires, sans cesse répétées contant ses "miracles" sont nombreuses et sont devenues légendaires. A cela s'ajoutent des occidentaux de renom, qui ont publiés des livres ou ils racontaient leurs expériences avec Sai Baba, comment celui-ci les aurait sauvé d'une mort certaine grâce à une apparition au moment crucial.

Par ailleurs les nombreux récits de "matérialisations" ex-nihilo opérées par Sai Baba, impliquent clairement qu'il est la réincarnation de Dieu sur terre.

Malheureusement, c'est ici que le conte de fées s'arrête.

Un nombre croissant de garçons et de jeunes hommes sont venus accréditer les accusations de harcèlement sexuel et de viol pesant sur Sai Baba. De ce fait, l'attention se trouve portée maintenant sur le Swami et ses activités.

De plus en plus d'histoires de miracles truqués, de morts suspectes, de fraude financière, d'armes et d'explosifs trouvés dans l'ashram, de tentatives d'assassinat, et maintenant de pédophilie et d'abus sexuels, sont révélées.

Avec tous ces éléments nouveaux et bien d'autres, une graine de doute s'est insinuée.

On peut se poser des questions sur certains évènements.

Par exemple

  • Dans quelles circonstances le beau-frère de Sai Baba est-il décédé de la rage
  • Pourquoi Sai Baba a-t-il été hospitalisé pour l' éclatement de l'appendice et une jambe cassée
  • Pourquoi voyage t-il dans des Mercédes et fait-il appel à une puissante escorte
  • Pourquoi Sai Baba a-t-il besoin d'agiter ses mains avant de "matérialiser' miraculeusement certains objets
  • Pourquoi se travestit-il parfois et tourne t-il en dérision les femmes
  • Est-ce vraiment pour illustrer le principe mâle-femelle de l'univers

II est possible que nous ne trouvions jamais la vérité exacte au sujet de toutes ces rumeurs et allégations, sauf pour les affaires d'abus sexuels.

Nous ne vous présentons dans cet article que 3 cas parmi les nombreux témoignages d'abus sexuels. Nous avons aussi rencontré beaucoup d'anciens adeptes de vieille date, qui ont abandonné l'organisation. Je tiens à souligner que ces informations ne reflètent pas l'aigreur d'un ou deux ex-adeptes déçus. Elles expriment des faits attestés par un grand nombre de garçons et de jeunes hommes qui ont été abusés sexuellement par celui en qui ils avaient une confiance absolue. Beaucoup de ces victimes se taisent car elles savent que personne parmi les membres de l'organisation ne les croira.

Nous espérons par ce dossier, rectifier cette situation.


TEMOIGNAGE DE TERRY GALLAGHER

Ancien coordinateur central de l'organisation Sai Baba en Australie.

Convaincu par le livre "L'homme des miracles", je partis passer Noël en Inde en 1983 avec ma femme et mes 3 filles, avec un groupe organisé d'adeptes de Sai Baba. Arrivé dans l'ashram, j'y trouvais tout ce que je cherchais depuis longtemps. Une ambiance de paix et de sérénité avec des gens préoccupés de spiritualité et de réalisation grâce à la présence de Sai Baba.

Peu après Noël ma famille et moi avons eu l'honneur d'être invités à un entretien avec Sai Baba. Après cet entretien j'obtenais une sorte de promotion, c'est-à-dire, le droit de m'asseoir sous la véranda du mandir (temple) avec les dévots. Puis nous sommes repartis en Australie, tristes de ne pouvoir rester dans l'ashram.

Nous sommes ensuite revenus un mois en 1985 puis à nouveau en 1986 pour une période de 7 mois, pendant laquelle nous avons placé nos filles dans l'école de Sai Baba.

C'est pendant cette période que certains farts commencèrent à attirer mon attention. Ayant eu une formation scientifique, j'étais porté à observer le petit manège quotidien de Sai Baba, en particulier lorsqu'il "matérialisait" de la cendre sacrée (Vibhuti).

Je n'oublierai jamais le regard inquiet de Sai Baba lorsqu'un matin je le surpris, sous la véranda du mandir laissant tomber 2 boulettes de Vibhuti juste devant moi, au moment ou il se penchait pour prendre une rose qu'un collégien lui offrait. Il n'y eu pas de "matérialisation" miraculeuse de vibhuti ce matin là.

Dans les mois qui suivirent, j'observais la façon dont il faisait passer ces boulettes de vibhuti d'une main à l'autre, en utilisant les lettres que ses dévôts lui remettaient pour dissimuler l'opération.

Lors des nombreux entretiens qui suivirent, j'ai pu observer plus de 30 cas de bagues, "diamants", récipients à Vibhuti etc .... tous étant produits par un habile tour de main qui ressemblait fort à un trucage. Au début je gardais cette information pour moi pensant malgré tout que tous ces gens avaient besoin d'être aidés spirituellement.

Puis j'en parlais à ma femme et à mes filles qui avaient vu elles aussi les "matérialisations" truquées.

Par la suite, j'ai pensé que ces choses pouvaient concerner aussi les autres, et principalement ceux des étudiants qui avaient été pris en main sexuellement par Sai Baba. Ce ne fut qu'en 1993, suite à la tentative d'assassinat de Sai Baba, se soldant par la mort de 4 collègiens et 2 assistants dans le mandir, que nous sommes retournés à Puttaparthi. Le but de notre visite était de découvrir pourquoi un ancien étudiant de l'école de Sai Baba, avait-il voulu le tuer. Et ceci d'autant plus qu'il avait reçu une instruction gratuite dans ce collège.

Je fis une enquête supplémentaire pour m'éclairer au sujet des relations sexuelles que Sa! Baba aurait eu avec des garçons du collège et des jeunes hommes étudiants. Certains de ces garçons n'avaient pas plus de 7 ans, et si ces informations étaient confirmées par les élèves du collège et les adeptes de longue date vivant dans l'ashram, il y avait là une raison possible à cette tentative d'assassinat.

Je m'entendis dire avec horreur que ces pratiques étaient normales en Inde. Ceci me rendit malade, et je n'eus plus qu'une idée, rentrer au plus vite chez moi avec ma famille, et quitter cet abominable ashram.

Juste à ce moment nous avons tous été invités à un entretien avec Sai Baba. Nous avons saisi cette occasion pour lui raconter nos expériences et toutes les accusations qui pesaient sur lui. Sai Baba ne fit aucun commentaire sur nos accusations et n'était soucieux que de savoir à qui nous avions donné tous ces détails, nous demandant de lui répéter plusieurs fois.

Ayant eu une douzaine d'entretiens avec lui tout au long de l'année, celui-ci fut le plus stressant et le plus gênant que notre famille ait expérimenté. Sai Baba était tendu et agité, et sa gestuelle indiquait que tout ce que nous avions découvert à son sujet était exact. Nous sommes repartis ensuite en Australie chez nous.

Les années qui suivirent furent spirituellement difficiles. Nous nous concentrions sur tous les aspects positifs que nous avions vécu durant ces 10 années passées dans la secte pour nous réconforter. Lorsque nous avons essayé de raconter aux autres adeptes nos expériences et la vérité au sujet de Sai Baba, aucun ne nous a cru, sauf ceux qui avaient vécu des expériences similaires.

La plupart de ces derniers craignaient de raconter cela aux autres. C'est seulement 12 mois en arrière que d'anciens, étudiants et dévôts de Sai Baba ont commencé à communiquer entre eux, confirmant leurs expériences douloureuses et se réconfortant mutuellement.

Je sais maintenant la vérité au sujet de Sai Baba et sincèrement je prie afin que les autres aussi puissent être en mesure de suivre leur logique et leur intuition afin de découvrir la vérité.

Terry GALLAGHER


TEMOIGNAGE DE HALAS DE KRAKER

J'ai voyagé pendant plusieurs années en Inde. Durant cette période (1992-1994), j'ai eu 35 entretiens privés avec Sai Baba. J'ai fait sa connaissance en 1988 par le biais d'un ami en Italie. Quatre ans après, je fis mon premier voyage en Inde avec ma petite amie et mes parents.

Dès notre première audience privée, Sai Baba suggéra à ma petite amie et moi-même de nous séparer pour notre bien. II le fit de manière humiliante et en public. Nous le considérions comme Dieu incarné sur la terre, le summum de la spiritualité.

II y avait aussi beaucoup de livres écrits par des gens du monde entier relatant les miracles extraordinaires dont il était capable. Histoires de gens guéris par Sai Baba, ou témoins de matérialisations miraculeuses de bijoux et autres objets. De plus, beaucoup de gens affirmaient que Sai Baba leur était apparu.

Des millions de personnes affluaient du monde entier pour voir ou approcher "Dieu sur terre".

Pendant ces 4 années de voyage en Inde, chaque fois que je rencontrais Sai Baba, il désirait accomplir un curieux rituel lors des audiences privées. II voulait que je baisse mon pantalon !

Ensuite il oignait mon ventre et mes parties sexuelles avec de l'huile qu'il avait "matérialisée". Lorsque le "rituel" était terminé, il me demandait de remonter mon pantalon et de bien le défroisser de manière à ce que rien n'y paraisse.

J'ai entendu parler dans l'ashram de ce rituel, et il semble que c'était une pratique connue et communément admise. Elle permettrait d'équilibrer l'énergie sexuelle: la Kundalini. J'avais remarqué cependant que Sai Baba ne convoquait que des garçons à ces entretiens et jamais de fille.

En 1996 j'obtins une nouvelle audience avec Sai Baba dans son cabinet privé. II promit de me donner toutes choses: argent, maison et une femme.

Après toutes ces belles promesses, il me fit signe de m'approcher et de le serrer dans mes bras. Ensuite, c'est lui qui m'étreignit dans ses bras, alors que j'étais à genoux devant lui (nous étions seuls), il m'embrassa longuement sur la bouche.

J'étais complètement affolé intérieurement et je ne savais plus comment interpréter ce baiser fougueux d'homme amoureux. Desserrant son étreinte il me dit: "Avec les autres ce n'est pas bon, avec Sai Baba c'est bon".

Je n'avais jamais été aussi mal à l'aise qu'à ce moment là et je me sentais dégoûté. Sai Baba s'aperçut de ma réticence et décida de stopper là son assaut sexuel. A nouveau, il promit de me donner toutes choses et au moment de partir, alors qu'à genoux je prosternais mon front sur ses pieds, il prit mes bras et me montra qu'il désirait que je lui masse les mollets.

II saisit alors mes mains et les posa fermement sur son aine et me demanda de monter "plus haut, plus haut"... Puis il conduisit mes mains jusqu'à ses fesses... Je me demandais quelle diablerie était en train de commettre mon divin Maître. II releva ensuite sa robe en me présentant son pénis presque en érection, et je compris que je devais pratiquer une fellation. J'eus un mouvement de recul instinctif et retirais mes mains. Ne sachant comment échapper à cette contrainte, je lui dis: "Swami, je ne veux pas cela, je désire votre cœur seulement".

Du coup, il me demande à nouveau de baisser mon pantalon et découvre que mon sexe n'est pas en érection. "C'est bien ce que je pensais !" dit-il, en regardant mon sexe. Il simula une sorte d'incantation d'exorcisme sur mon sexe, puis releva une nouvelle fois sa robe en me disant: "Voici ta seconde chance !" Je refusais aussitôt sa proposition et quittais illico son cabinet, sans lui répondre un mot.

Maintenant lorsque j'y repense je suis vraiment scandalisé, car après cette fameuse scène "Dieu" est sorti par la porte de derrière.

C'est un comédien, un manipulateur né, un trompeur professionnel qui a saboté les 8 dernières années passées de ma vie. Comme un ascète, je m'étais abstenu de relations sexuelles pendant toute cette période parce qu'il affirmait que c'était nécessaire à mon évolution spirituelle.

II avait mis la pression sur moi pour que je me sépare de ma compagne à cause de notre différence d'âge, alors qu'il avait 42 ans de plus que moi.

Suite à cette affaire, il m'a demandé de ne rien divulguer de tout cela à personne. Mais je n'ai pas pu tenir, car malgré l'endoctrinement que j'avais subi, j'ai fini par y voir clair.

Voyant que je ne participais plus au culte du gourou, la responsable me questionna. Je lui racontais toute l'histoire. Aussitôt elle fit venir les agents de sécurité pour photographier mon visage et me fit expulser de l'ashram de Sai Baba.

En guise d'adieu, on me fit des menaces et l'on m'encouragea fermement à ne pas prendre le risque de séjourner dans le village voisin et à prendre le premier avion pour rentrer chez moi.

Hans de Kraker - 19 mai 2000 - Australie


TEMOIGNAGE DE JENS ET GURPRIT SETHI

(article du journal allemand "Bild' du 21.08.00

Je vais vous raconter en détail l'expérience traumatisante que j'ai subi avec Sai Baba, en espérant que cela aidera les gens à comprendre ce qu'il est en réalité. Tous les détails que je donne sont vrais et peuvent être considérés comme un témoignage vécu. Je pourrai même en attester devant une cour de justice. J'ai 35 ans et j'ai été attiré par la spiritualité dès mon enfance. Pendant longtemps j'ai voué un culte à Jésus et au Padre PIO.

Ensuite j'ai été influencé par la lecture du livre de Yogananda "Autobiographie d'un yogi", ce qui m'a conduit à prendre la voie du yoga.

En octobre 1988, je devins un fervent adepte de Sathya Sai Baba. Je partis donc le voir à Puttaparthi pour la première fois en Septembre 1989. Depuis lors, je retournais à son ashram tous les ans, et j'étais totalement absorbé par l'"aura" de Sa! Baba. J'étais parfaitement convaincu qu'il était l'Avatar de notre ère, et je lui consacrais donc un culte de chaque instant.

En 1989, j'ai lu "Lord of the air" (1976) (Le Seigneur de l'air) de Tal BROOKE, un jeune homme américain, ex-adepte qui avait écrit ce livre relatant les abus sexuels qu'il avait subi de Sai Baba. Mais je n'y accordais aucun crédit, pensant que Tal voulait simplement le diffamer.

Pendant plusieurs années je n'ai pu obtenir d'entretien avec le Maître, malgré toute ma dévotion.

En 1993, ma méfiance fut quelque peu éveillée aux vues du style de vie de Sai Baba et de ses activités dans son ashram. Chaque année je pouvais voir la construction de somptueux édifices et l'accroissement des activités commerciales.

De plus, en 1996 je constatais que Sa! Baba roulait dans une couteuse Jaguar et disposait aussi de voitures de haut de gamme telles que des Mercédès et BMW. Mais je le tenais toujours pour l'Avatar de notre époque.

Le 17 Janvier 1996, j'obtiens enfin mon premier entretien avec Swami. II fut très agréable et me promis: "Je te donnerai toutes choses", lorsqu'il me bénit en me touchant la tête.

Il me déclara aussi: "Je sais que tu n'es pas sûr de toi et de ton avenir. Je sais aussi que tu es déçu des femmes. Je sais, mais ne crains rien. Cependant tu as de mauvaises pensées, mais je t'accorderai tout ce dont tu as besoin pour ta santé et ta vie spirituelle. Je te donnerai l'amour infini. Toi et moi, nous serons un". Je touchais sa robe, et il posa sa main sur ma tête et m'invita à un entretien en privé.

Le 20 Janvier 1996, j'obtins cette entrevue.

Déjà les jours précédents, ses oeillades complices m'avaient indiqué que la rencontre allait survenir. Ma femme et moi, nous sommes donc présentés à cet entretien, mais il se montra tout à fait déçu de nous voir ensemble.

II me prit à part dans son cabinet et me confia "elle est malade et beaucoup trop vieille pour toi. S'il te plaît sépare-toi d'elle". Choqué, je lui répondit "mais elle est très attachée à moi".

Je lui demandais alors de me donner quelques conseils spirituels. Mais il avait autre chose en tête. Soudain et sans me demander la permission, il m'embrassa sur la bouche, et me demanda ensuite d'ouvrir mon pantalon, il "matérialisa" de l'huile dont il m'enduit le pourtour du sexe".

J'étais extrêmement mal à l'aise et gêné, mais je me laissait faire car je croyais aveuglement en lui. Après cela, il prit ma femme dans une chambre à part et lui fit cette injonction "tu dois te séparer de ce garçon, sinon je te chasse de Puttaparthi".

Elle ressortit déchaînée et furieuse et me raconta l'entrevue. Sai Baba me convoqua quelques jours plus tard pour savoir si je m'étais séparé d'elle. Je lui répondit: "pas encore".

II se retourna en criant devant tout le monde: "mauvais, mauvais garçon". Il était devenu si agressif qu'il semblait irradier une aura diabolique.

Je quittais immédiatement l'ashram et me rendit en Inde du Nord en pèlerinage. Ceci fut un tournant, mais après quelques temps, je décidais d'aller plus loin avec Sai Baba pour clarifier la situation.

Le 4 Décembre 1996, j'étais invité à un nouvel entretien privé avec Sai Baba. Ce vieux bonhomme lubrique saisit à nouveau cette occasion pour m'embrasser sur la bouche et me caresser les fesses. Je compris alors clairement qu'il y avait quelque chose d'anormal.

Le 28 Décembre, j'avais un autre entretien avec Sai Baba au cours duquel il matérialisa pour moi une bague en or, qui d'ailleurs n'épousait pas bien le diamètre de mon doigt, malgré qu'il ait soufflé dessus. Dans son cabinet privé, il m'embrassa à nouveau sur la bouche, mais cette fois, doutant de sa divinité, je résistais, il gargouilla "n'aie pas peur".

Je rétorquais: "Mais je n'ai pas peur". Puis il me fit ce chantage: "C'est une chance pour toi aujourd'hui car beaucoup attendent des mois pour me rencontrer et n'y arrivent pas". Ceci me stupéfia, car il était évident que tous ces gens n'attendaient pas à l'ashram de Puttaparthi pour se faire embrasser sur la bouche.

Ensuite son humeur changea totalement, je pris peur. II me commanda d'enlever mon pantalon. Il ouvrit la fermeture éclair de ma braguette et entra sa main droite dans mon slip. Le divin Sa! Baba me masturbait.

II espérait une érection, mais en vain, car il est bien difficile d'être exité par un vieux bonhomme de 70 ans. J'étais complètement dégoûté.

II eut l'impudence d'ajouter "elle est vraiment faiblarde, ne disperse donc pas ton énergie". C'est alors qu'en le regardant je réalisais soudain quel individu il était en réalité.  Aussitôt il me congédia de son cabinet.

De retour en Allemagne, j'entrepris d'intenses recherches sur internet. Je tombais alors sur un article de Jed GEYERHAHN qui avait trouvé quelqu'un ayant eu des expériences semblables aux miennes. Comme j'avais laissé des bagages à Puttaparthi, j'y suis retourné fin octobre 1999 pour les récupérer, muni de 2 pages que j'avais trouvées sur internet afin d'en parler avec quelques amis que j'avais sur place.

Malheureusement une femme fut mise en possession des documents et les porta au poste de police de Puttaparthi. Suite à cela j'ai été interrogé plusieurs fois par la police qui me confisqua mon passeport (Sai Baba est un notable à Puttaparthi).

Le 30 octobre 2 personnes que je connaissais vinrent me prévenir que je courrais un grave danger et que je devais partir immédiatement. Je me suis donc enfuis à Delhi, et me suis rendu à l'ambassade d'Allemagne. J'y obtint un document de voyage après leur avoir raconté tout ce qui m'était arrivé.

L'officier de l'ambassade décida qu'il fallait envoyer une note de protestation au gouvernement indien. Ils m'expliquèrent qu'un tel acte est illégal, et que ce n'était pas la première fois que des cas similaires venaient à leur connaissance.

J'espère que ce cauchemar va cesser, et que tous ceux qui s'intéressent à Sai Baba dans le monde sauront qu'il est le Maître de déception.

Jens et Gurprit SETHI (Munich Allemagne) - Septembre 2000.


TEMOIGNAGE DE CONNY LARSEN (EX-ACTEUR SUEDOIS)

Ce témoignage n'est pas rapporté par NEXUS, mais par le GEMPPI

Ceci est mon témoignage.

Entre 1979 et 1983, Sai Baba a abusé sexuellement de moi à chacune des entrevues que j'ai eu avec lui.

Je suis allé à Puttaparthi de nombreuses fois avec des amis. Nous considérions tous Sai Baba comme l'Avatar, l'incarnation de Dieu. Nous gobions toute cette histoire au point que moi même j'en étais arrivé à m'abandonner aveuglément entre les mains de Sai Baba qui en profita pour commettre sur ma personne des abus sexuels tels que devoir le masturber ou lui faire des fellations.

A ce sujet, il m'expliquait que ces pratiques étaient "divines" et servaient à mon accomplissement spirituel, et que j'étais un élu appelé à une haute destinée. Tout se passait dans son cabinet d'entretien privé derrière un rideau.

Evidemment ces pratiques sexuelles me répugnaient, je n'en voulais pas, mais à chaque fois il insistait tant en y ajoutant des explications spirituelles appropriées que je finissais par céder, de crainte de perdre mon salut.

J'étais devenu très intime avec lui pendant toutes ces années de 1979 à 1983. Mais lorsqu'un jour je lui présentais ma petite amie afin qu'il nous marient, il devint furieux et nous demanda d'y renoncer. II nous sépara totalement ensuite. La pauvre devrait désormais vivre à Puttaparthi, sous restriction comme si elle avait été prisonnière de la secte de Sai Baba.

Après Juin 1999, j'ai rencontré beaucoup de garçons avec qui j'ai parlé et qui m'ont confié leur déception, car ils avaient eux aussi subi les mêmes agressions sexuelles de Sai Baba en privé. Le dernier cas d'abus sexuel dont j'ai eu connaissance est celui d'un ami suédois de 21 ans à l'époque des faits.

Des articles ont été écrit à ce sujet, mais l'organisation de Sai Baba les a réfuté, même si d'autres garçons sont venus confirmer ce témoignage.

J'ai maintenant 52 ans, et je dirige depuis 20 ans l'institut "KARNAN" en Suède  J'ai personnellement beaucoup oeuvré pour faire cesser les abus sexuels sur les jeunes garçons dans l'organisation Sai Baba, car j'en ai beaucoup souffert moi même.

Mais c'est difficile, car les adeptes pensent qu"il est divin et qu'il "sait très bien ce qu'il fart" , comme s'il s'agissait là de pratiques spirituelles et mystérieuses accessibles ou compréhensibles qu'à des personnes ayant un niveau surhumain de conscience.

Aucun des adeptes de la secte ne nous a jamais demandé comment nous nous sentons ou se sont intéressés aux dommages et souffrances morales que nous avons subi.

Je me tiens donc prêt à venir témoigner devant les médias ou devant les tribunaux. Je considère avoir été trompé, escroqué par les hauts dirigeants de l'organisation de Sai Baba, qui je le sais, savaient ce qu'il en est.

Pour ma collaboration je ne souhaite rien d'autre en retour que la plus grande organisation pédophile du monde soit dévoilée et mise hors d'état de nuire.

Conny LARSON (Suède) - Septembre 2000

La mort du célèbre gourou indien Sai Baba

Par Marie-France Calle

http://blog.lefigaro.fr/ - 24 avril 2011
[Texte intégral]
 
 
Sathya Sai Baba

"Sathya Sai Baba n'est plus avec nous physiquement. Il a quitté son enveloppe charnelle ce matin à 7 heures 40 en raison d'une défaillance cardiaque et respiratoire". C'est ainsi qu'un responsable du grand hôpital de Puttaparthi a annoncé la mort du plus célébre gourou de ce siècle en Inde. Les forces de l'ordre sont sur les dents, redoutant des débordements: des milliers de dévots priaient depuis plusieurs jours dans la petite ville d'Andra Pradesh, espérant encore un miracle.

"Sai Ram ! Sai Ram ! " Ils sont des milliers, venus de tous les horizons; d'Inde, mais aussi du reste de l'Asie, d'Europe, d'Afrique, d'Amérique. Leurs incantations déchirent l'air brûlant de Puttaparthi, petite ville de l'Andra Pradesh où se meurt Sathya Sai Baba, leur gourou, le «dieu vivant» le plus célèbre d'Inde. Et bien au-delà: il aurait jusqu'à 100 millions d'adeptes dans le monde. Ils prient pour retarder son «départ», espèrent encore, se lamentent. Celui que l'on nomme aussi « Bhagwan » n'avait-il pas prédit qu'il vivrait jusqu'à 96 ans ? Il n'en a même pas 85 ! Mais il est hospitalisé depuis le 28 mars pour défaillance cardiaque. Son souffle ne tient plus qu'à quelques électrodes.

Né le 23 novembre 1926 dans une famille de pauvres agriculteurs à Puttaparthi, qui n'était encore qu'un village, celui qui s'appelait alors Sathya Narayana Raju se fait remarquer dès sa plus tendre enfance pour sa grande intelligence. Le petit garçon accomplit même des miracles, faisant apparaître de la nourriture, et notamment des friandises. Il chante et danse à la perfection. Persuadés d'avoir un enfant «possédé» , ses parents le conduisent chez un exorciste, comme cela se fait encore aujourd'hui dans les campagnes reculées en Inde. Pas de quoi ébranler la foi de Sathya. À quatorze ans, il déclare sans ciller être la réincarnation de Sai Baba de Shirdi, un saint de l'hindouisme mort en 1918. Un personnage toujours vénéré par les hindous, mais aussi les musulmans et les chrétiens. En Inde, son portrait trône sur le tableau de bord des taxis et autres véhicules. Au coeur de New Delhi, le temple de Sai Baba de Shirdi est très fréquenté, surtout le jeudi.

«Il ne pèse plus que 32 kg»

Le «nouveau» Sai Baba fait vite recette avec son mantr: «Aimer tout le monde; servir tout le monde; aider toujours; ne jamais blesser» . À l'image du saint homme dont il dit être l'incarnation, il se veut oecuménique : aucun de ses fidèles n'est contraint de renoncer à sa religion. Visionnaire, et bien que prévoyant de ne quitter ce monde qu'à 96 ans, «Bhagwan» a toujours expliqué qu'il y aurait une période de transition de huit ans entre sa mort et l'avènement de son successeur, en 2030. Ce nouvel avatar viendrait de Gunaparthi, un village du Karnataka. La transition sera-t-elle plus longue ?

Aux bulletins de santé très alarmistes de la fin du mois de mars, avaient pourtant succédé des rumeurs de «prochain rétablissement». Les prières s'étaient alors faites un peu plus sourdes à Puttaparthi, ne franchissant plus guère l'enceinte de Prashanti Nilayam (littéralement «havre de paix suprême»), le principal ashram de Sai Baba, qui en possède trois en Inde. Puis les médecins ont parlé d' «état critique mais stable». Jeudi soir enfin, ils ont prononcé les mots tant redoutés: « Sathya Sai Baba est dans un état très critique. Les organes vitaux ne répondent que très faiblement au traitement. Le foie ne fonctionne plus, le coeur et les reins se détériorent et il est sous respiration artificielle. Il ne pèse plus que 32 kg.» Un ministre du gouvernement régional renchérissait: «La santé de Baba s'aggrave d'heure en heure. Tous les efforts des médecins restent sans résultat.»

Alors, les pèlerins ont repris le chemin de Puttaparthi. Hier, ils étaient près de 10.000. Un cauchemar pour les autorités régionales qui redoutent les débordements d'une foule aux émotions exacerbées. «Il faut comprendre l'agitation des fidèles. Selon certaines rumeurs, Bhagwan a quitté son enveloppe charnelle il y a quelques jours déjà et les docteurs s'acharnent juste à maintenir ce corps en vie à l'aide de machines», lance K. Narayana, un dévot qui campe depuis plusieurs jours à proximité de l'hôpital où repose Sai Baba. Peut-être n'a-t-il pas tort ...

Dès jeudi, la municipalité a donné ordre de fermer les magasins et tous les établissements publics à Puttaparthi. Mille policiers ont investi la ville et un millier d'autres attendent dans les villages avoisinants, prêts à intervenir. «Nous devons à tout prix tenter de canaliser l'énorme foule qui ne manquera pas de se presser ici et éviter des débordements qui pourraient dégénérer en violences» , explique un officier de police.

L'aéroport (un cadeau de Sai Baba) et la gare ont été placés sous très haute sécurité car, au-delà des fidèles anonymes, commencent à affluer les «VVIP» . Des «gens importants» , Sai Baba en compte beaucoup au nombre de ses disciples. Dont l'ancien président A. P. J. Abdul Kalam; l'ex-premier ministre Atal Behari Vajpayee; la star du cricket Sachin Tendulkar ... Presque tout le monde le respecte. Manmohan Singh, le chef du gouvernement de Delhi, et Pratibha Patil, la présidente, se sont rendus en novembre dernier à une invitation du gourou pour lui rendre hommage.

Soins gratuits pour tous

Pour autant, Sathya Sai Baba reste un personnage controversé. D'aucuns ramènent à la prestidigitation les miracles qu'il affirme accomplir. Dans les années 1970, des rationalistes, en Inde et à l'étranger, ont mis le gourou au défi de faire la preuve qu'il n'était pas un charlatan. Sai Baba a refusé de relever le gant, ce qui lui a valu le désamour de quelques fidèles.

Mais c'est surtout l'immense empire qu'il a bâti grâce aux dons de riches adeptes du monde entier qui éveille les soupçons. Et la «succession matérielle» du saint homme inquiète encore plus que sa «succession spirituelle». Il l'aurait d'ailleurs moins bien préparée. Ou, en tout cas, de manière beaucoup moins transparente.

Sai Baba est à la tête d'une immense fortune, qui représente des milliards d'euros. On ne connaît aucun héritier en titre à ce célibataire qui a rompu avec sa famille à l'exception de l'un de ses frères et d'un neveu. Pour l'heure, l'empire composé de plusieurs universités, maisons d'édition, associations pour le développement de la condition des femmes ou encore hôpitaux, est géré par le Sathya Sai Central Trust (SSCT).

Sai Baba a commencé par faire de Puttaparthi, son village natal, une petite ville moderne. Outre l'aéroport, il y a construit un super-hôpital, celui-là même où il agonise en ce moment. Il l'a aussi dotée d'une université, d'un musée, d'un planétarium, de deux stades. Sans compter, bien sûr, l'ashram. Puis il a étendu ses projets charitables à d'autres régions. À Bangalore, l'hôpital qui porte son nom est d'un modernisme impressionnant. «Tout le monde peut venir s'y faire soigner gratuitement» , confiait récemment un homme d'affaires à Bangalore. Le gourou indien a aussi financé des projets d'alimentation en eau potable dans 150 villages de l'Andra Pradesh et au Tamil Nadu voisin.

Les esprits tatillons font valoir que tout l'argent encaissé par Sai Baba et son Trust est exempté d'impôts. Les plus acharnés soulignent que personne ne sait exactement à combien s'élèvent les dons. Isaac Tigrett Burton, l'Américain qui a fondé la chaîne Hard Rock Café, aurait ainsi versé quelques milliards de dollars au saint homme pour lui permettre de construire, en 1991, l'hôpital dans lequel il est en train de mourir.
 

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Les dangers d'une manipulation de Saï Baba

Ayant observé pendant plusieurs semaines de nombreux adeptes européens et indiens de la secte Saï Baba au Sud de l'Inde, j'ai constaté que ces gens étaient persuadés qu'après avoir transmis une question écrite à Saï Baba ils en obtiedraient la réponse télépathiquement dans leur sommeil ! (Et oui un Dieu a des pouvoirs surnaturels ...)

Ainsi, chaque matin, persuadés d'avoir reçu le bon et unique conseil à suivre, certain(e)s adeptes prenaient parfois des résolutions radicales sans aucune possibilité de remise en question (quitter leur famille, changer de travail, divorcer, rester en Inde près de Saï Baba, etc)

Ceux qui avaient reçu LA réponse s'eclipsaient rapidement; les autres attendaient soit de pouvoir rencontrer le Maître (tous ne pourront le rencontrer), soit, patiemment, "LA réponse télépathique" scotchée dans leur chambre d'hôtel ...

Pour les adeptes, une telle réponse était impossible à mettre en doute. Ils se devaient tous de ne pas montrer la moindre hésitation au sujet de cette croyance et se devaient d'exécuter "LA réponse télépathique" sous peine d'être reconnu coupable d'une trahison suprême envers Saï Baba.

Dans la journée les adeptes patientaient dans une longue file d'attente dans l'espoir de pouvoir rencontrer leur «Dieu vivant» pour lui remettre leur question écrite sur un papier. Ce genre de rencontre avait lieu chaque année au début du printemps dans un parc très verdoyant situé en altitude et selon un rituel immuable.

Pour la plupart des indiens que j'ai rencontrés sur place Saï Baba n'est aucunement un Dieu mais "un escroc pour occidentaux mal dans leur peau". Toutefois, la plupart trouvaient positif le fait que Saï Baba aidait les pauvres avec son hôpital et qu'il amenait chaque année de plus en plus de clients étrangers et fortunés dans les hôtels de la région.

Ben voyons ... et pourquoi pas des écoles pour devenir un Dieu vivant ...

Jean-Luc Barbier
fondateur du Centre Info-sectes
24 avril 2011