- Quand
la Scientologie surfe sur la vague high-tech
-
- Par
Charlotte Menegaux

- Note pour
les lecteurs:
-
- Nous avons enlevé
les passages de cet article qui ressemblaient à
de la propagande scientologue... Aussi nous nous demandons
pourquoi des journalistes continuent
à reproduire cette
affirmation comme quoi la secte de scientologie
serait reconnue comme église aux USA alors
qu'en réalité elle n'a obtenu qu'un
statut d'association caritative à but non
lucratif...
Centre Info-sectes
Application
iPhone, multiplication de blogs et sites plus ou
moins transparents, réseaux sociaux... La
Scientologie et plusieurs mouvements sectaires trouvent
dans les nouvelles technologies des moyens efficaces
d'étendre leur influence et de recruter de
nouveaux adeptes.
«Le
glossaire le plus complet des termes de Scientologie
est désormais disponible». Non, vous
n'êtes pas sur le site de l'église
de la Scientologie, mais sur l'Apple store. Ce glossaire,
le «Scientology Terms Pocket Book» est
une application (en anglais) pour l'iPhone vendue
0,79€, qui propose de décrypter la doctrine
scientologue. Entre autres définitions, on
trouve que celle-ci «enseigne que nous sommes
des êtres spirituels immortels». (http://itunes.apple.com/fr/app/scientology-terms-pocket-book/id359189376?mt=8)
Mais
la présence en ligne du mouvement va bien
au-delà de ces seuls sites, selon la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte
contre les dérives sectaires (Miviludes)
qui pointe du doigt «ces sites où les
scientologues sont plus ou moins transparents».
Exemple: celui de la «Commission
des citoyens pour les droits de l'Homme»,
censé dénoncer «les abus de
la psychiatrie». Le
combat acharné des scientologues contre les
psychotropes et les internements est de notoriété
publique, mais sur
la page d'accueil de la CCDH, il n'est fait nulle
part mention de la maison-mère, à
savoir l'église de Scientologie.
(...)
Les
moteurs de recherche (*)
Autre
méthode très rodée: le travail
sur le référencement. «L'un
des objectifs des mouvements sectaires est d'être
bien situé dans les moteurs de recherche»
explique Henri-Pierre Debord, conseiller à
la Miviludes.
«Pour ce faire, ils
détournent bien souvent des noms qui ont
un sens commun, pour en faire un territoire protégé,
comme 'confiance en soi', 'réagir face à
son stress' ou 'assurer son contrôle mental'»
précise-t-il.
Ainsi les scientologues ont-ils
par exemple investi le terrain de la lutte contre
la drogue: quand on tape «drogue» dans
Google, le site dédié au sujet par
la secte, «Non
à la drogue, oui à la vie»,
sort dans les dix premiers résultats.
E-fishing,
la pêche aux nouvelles recrues
La
Scientologie est également très
active sur les réseaux sociaux,
même si elle assure n'avoir pas de stratégie
particulière dans ce domaine. Le blogueur
Yann Savidan raconte comment «la
Scientologie recrute sur Twitter»
(http://www.yann-savidan.com/2009/05/la-scientologie-recrute-sur-twitter.html.)
Il relate son refus d'accepter l'église parisienne
parmi ses «followers», c'est-à-dire
dans son réseau Twitter, alors que celle-ci
était venue le solliciter. «J'ai suffisamment
étudié le rapport Vivien
(NDLR: le rapport de référence sur
le sujet, publié en 1985 http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp) pour ne pas assurer
la promotion de Ron Hubbard et encore moins pour
avoir les fidèles du gourou dans mes followers»
tacle Yann savidan.
Sur
le blog «Camille d'essayage», (http://www.camilledessayage.com/blog/2009/08/04/une-fille-agacee/)
la blo- gueuse explique être tombée
sur une bannière
publicitaire pour la Scientologie à la fin
d'un quiz
en apparence anodin «Quel personnage de Princess
blog êtes-vous ?» sur Facebook: «Placer
une publicité pour une secte (disons le clairement)
sous un quiz, c'est bien pensé, ça
c'est sûr.
Eh
oui, qui va potentiellement vouloir répondre
à un quiz ? Pourquoi pas une personne peu
sûre d'elle, en proie aux doutes, s'interrogeant,
ne sachant pas trop où elle en est ? Vos
résultats de quiz ne vous satisfont pas ?
Eh bien allez, venez chez nous !»
Aucune
étude de la Miviludes n'existe encore sur
l'utilisation des réseaux sociaux par les
mouvements sectaires. Mais pour la Mission, il existe
clairement une volonté d'occuper l'espace.
Et ce, avec une finalité évidente,
selon Henri-Pierre Debord: «Ce que j'appellerais
l'e-fishing, ou la pêche aux nouvelles recrues».
Une
«pêche» facilitée par la
quantité de données disponibles via
Facebook par exemple. «Les sectes sont frian-
des
de données personnelles et sur Facebook,
une partie de ces données est immédiatement
disponible». Il suffit en effet de consulter
la liste des statuts d'une personne pour en connaître
l'humeur et la disposition d'esprit.
«La
difficulté de vivre est un terreau favorable,
et ceux qui manifestent publiquement leur désarroi
s'exposent à être démarchés
par des mouvements sectaires» insiste le spécialiste.
Dès
2009, la Miviludes avait consacré un chapitre
de son rapport 2008 à l'amplification du
risque de dérives sec- taires avec Internet:
«L'organisation à caractère
sectaire peut grâce à Internet approcher
les futurs 'adeptes consommateurs' de façon
appropriée, presque individualisée,
décuplant ainsi l'impact de la «phase
de séduction» était-il écrit
à la page 41. (http://www.miviludes.gouv.fr/IMG/pdf/Miviludes_Rapport_2008.pdf)
La
Miviludes attire donc l'attention des internautes
sur les échanges qu'ils peuvent avoir ou
des groupes qu'ils risquent de rejoindre sur des
sujets comme «la santé, le coaching,
le développement personnel, mais aussi l'engagement
humanitaire ou les débats contestataires»
.
Guerre
virtuelle
Comment
faire face à l'intrusion grandissante et
à la réactivité des sectes
dans les réseaux Internet ? En utilisant
les mêmes moyens qu'eux. «Nous développons
aussi notre veille par ce biais» explique
Henri-Pierre Debord. En effet, là où
certains mouvements sectaires se contentaient de
distribuer des tracts dans la rue, le web leur offre
une vitrine d'exception.
Même
son de cloche à l'Unadfi (Union nationale
des associations de défense des familles
et de l'individu victimes de sectes). Si les deux
structures regrettent de ne disposer que «de
petites équipes de quelques personnes qui
font ce qu'elles peuvent pour assurer une veille
efficace», elles se disent «en état
d'alerte permanent sur le web».
L'Unadfi
(http://www.unadfi.org/)
compte notamment sur ses bénévoles,
dont certains sont inscrits à des newsletters
de mouvements sectaires pour être informés.
Et il faut ratisser large. Car la prolifération
des grands mouvements connus n'est pas la seule
inquiétude de l'association, qui surveille
aussi de très près «le dévelop-
pement rapide des sites de micro-mouvements de thérapeutes
ou pseudo-gourous qui vous promettent monts et merveilles
et qui n'existeraient probablement même pas
sans Internet».
Les
Anonymous versus la Scientologie (*)
- Une
«tâche immense» selon la documentaliste
de l'Unadfi, qui souligne par ailleurs le travail
acharné de la résis- tance aux mouvements
sectaires sur Internet. Les plus radicaux ont concentré
leur énergie sur la Scientologie: ils se
font appeler «les Anonymous». Ce groupe,
qui ne donne aucun détail sur l'identité
de ses membres, mène une guerre virtuelle
sans merci contre les scientologues. Il investit
massivement les forums et alerte sur les dangers
de la secte. (http://www.anti-scientologie.ch/anonymous.htm)
-
- (...)
Source:
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/
- 26 avril 2010
(*)
Titres ajoutés