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OTS (Ordre du Temple Solaire)
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| Michel Tabachnik se décrit
comme trop crédule
- AFP,
24
octobre 2006
- [Texte intégral]
GRENOBLE - Le chef d'orchestre franco-suisse Michel
Tabachnik, poursuivi après la mort de 16 adeptes de l'Ordre du temple solaire
(OTS) en 1995, s'est décrit comme une personne trop crédule, aveuglée par son
goût pour l'ésotérisme, lors de la première journée de son procès en appel.
Devant la cour d'appel de Grenoble, M. Tabachnik, 61 ans, poursuivi pour
"association de malfaiteurs" parce que ses écrits sont suspectés d'avoir
placé les futures victimes "dans une dynamique mortifère", s'est
présenté mardi comme un homme passionné par l'ésotérisme et l'histoire des
templiers (ordre supprimé par le roi Philippe le Bel en 1314).
Il a affirmé avoir cru sans problème à des manifestations surnaturelles mises
en scène par celui qui allait devenir le chef de la secte, un ex-bijoutier, Jo
Di Mambro.
La structure, qui sera le berceau de l'OTS, est la "Golden way
foundation", créée en 1978 à Genève et dont Di Mambro a été le premier
président. Michel Tabachnik le remplacera de 1981 à 1984.
"J'ai participé à cette aventure de façon idéaliste, la fondation avait
pour objectif le bien des hommes, on utilisait l'art, on organisait des
conférences, on a invité l'astrophysicien Hubert Reeves, le musicien
Xenakis...", explique le chef d'orchestre, qui louera un studio dans les
locaux de la fondation jusqu'à leur vente en 1984.
La fondation devient vite un lieu de cérémonies. Le président de la cour,
Jean-Yves Chauvin, presse Michel Tabachnik d'expliquer ce que sont "la
consécration de la grande loge blanche universelle", "le conclave des maîtres
cosmiques" ou "le dernier rituel traditionnel de l'ordre des
poissons".
D'une voix calme, M. Tabachnik explique la tradition ésotérique où l'on fait
couramment allusion aux temples égyptiens, aux dieux Isis et Osiris, à tout un
symbolisme qui utilise aussi bien des rituels religieux que francs-maçons.
Au cours de cérémonies, des maîtres apparaissent et délivrent des messages.
Le Saint-Graal apparaît une dizaine de fois. "Ça paraît idiot, mais j'y ai
cru, je n'étais pas le seul, le bras droit du prince Rainier est venu et a
assisté au miracle, j'ai appris que ces apparitions étaient des tricheries après
le drame suisse en 1994", explique-t-il.
Jo Di Mambro organise une cérémonie où il explique qu'il va féconder sa
maîtresse, Dominique Bellaton, sans contact sexuel mais par imposition de son
épée sur sa gorge.
"On a voulu y croire et ça m'a ébranlé quand j'ai compris qu'il nous
avait menés en bateau", affirme M. Tabachnik.
Peu avant les drames suisses -23 personnes découvertes mortes le 4 octobre
1994 et 25 autres corps retrouvés le lendemain-, Di Mambro se brouille avec le
musicien : "il a fait des rituels contre moi, il a dit que mon fils était
l'incarnation du noir" (antéchrist), ajoute-t-il.
La fondation, dissoute en 1990, reçoit beaucoup d'argent de riches donateurs,
dont Di Mambro profitera largement. "Je gagnais ma vie, je faisais des dons,
je n'ai jamais vu de malversations, de tricherie", explique le chef
d'orchestre.
Le 22 décembre 1995, dans une forêt du Vercors, les corps calcinés de 16
personnes, tuées par balles, avaient été retrouvés sur un bûcher. L'enquête a
conclu qu'il n'y avait pas eu d'intervention extérieure.
En première instance en 2001, M. Tabachnik avait été relaxé au bénéfice du
doute mais le parquet avait fait appel.
Le procès en appel, qui doit durer deux semaines, se poursuit mercredi par
l'audition d'experts. |
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- D'anciens membres de l'OTS prennent la défense
- de Michel Tabachnik
-
- AFP : 26 octobre 2006 - Compte rendu par
Jacques Guillon
- [Texte
intégral]
GRENOBLE - Plusieurs anciens membres de l'Ordre du temple
solaire (OTS) ont pris la défense jeudi, devant la cour d'appel de Grenoble,
du chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik, poursuivi après la
"tuerie-suicide" en 1995 de 16 adeptes de la secte dans une forêt du
Vercors.
Le chef d'orchestre, accusé d'avoir entraîné par ses écrits les membres de
la secte dans une logique suicidaire, et relaxé, faute de preuve, en
première instance, "n'est pas coupable car les gens qui se sont donné la
mort étaient tous très consentants", a déclaré Louis Faucon, 76 ans, membre
important de la secte jusqu'en 1995 car il avait le grade de "cape dorée".
"Mon ex-épouse Mercedes (morte dans le Vercors), j'ai essayé de la retenir,
mais c'était peine perdue, les gens du Vercors n'ont pas supporté que les
autres membres de la secte soient partis rejoindre le bon dieu sans eux",
a-t-il dit en faisant allusion aux suicides collectifs des membres de la
secte découverts en octobre 1994 en Suisse à Cheiry (22 morts) et à
Granges-sur-Salvan (25 morts). Ancien moniteur d'équitation, il a reconnu
avoir lu les textes de Tabachnik : "je n'ai rien compris mais je suis sûr que
Michel Tabachnik (qui avait animé une réunion en évoquant un transit sur
Sirius peu avant le drame, NDLR) ignorait ce qui se préparait".
Une autre ancienne adepte, Liliane Chantry, 48 ans, professeur de musique, a
estimé que dans ses interventions de 1995, Michel Tabachnik "nous demandait
de continuer personnellement notre travail spirituel, il n'y avait pas
l'idée de suicide".
"Le seul responsable du groupe, c'est Jo Di Mambro et c'est injuste que
Michel Tabachnik soit là devant la justice", a ajouté cette femme qui avoue
avoir été subjuguée par le gourou de la secte Di Mambro, mort en Suisse avec
les adeptes.
Un autre adepte, ancien adjudant dans l'armée, Jean-Martin Rihl, explique
aussi, comme les deux autres, qu'il a assisté à des cérémonies truquées avec
des voix, des apparitions, et qu'il y a cru. Louis Faucon y croit encore :
"Je n'ai pas la preuve que cela était truqué, les catholiques ont les anges,
pourquoi ne pourrait-on pas avoir les +maîtres cachés+".
Avant ces témoignages, le commandant Gilbert Houvenaghel de la police
judiciaire avait estimé que Tabachnik avait "survécu au drame (du Vercors)
car il avait une mission secrète", sans donner de précision.
"A Avignon (peu avant le drame, ndlr), Michel Tabachnik, seul, habillé d'une
cape noire, annonce de façon ésotérique le transit vers Sirius, et on
voudrait me faire croire que celui qui donne les cours ne sait pas ce que
c'est que le transit", s'est exclamé le policier.
"Michel Tabachnik n'est pas un mauvais bougre, mais c'était un convaincu, un
type qui y croyait et qui, quand il a appris ce qui s'est passé, était
dépassé par l'ampleur du massacre", a ajouté le directeur de l'enquête, en
reconnaissant toutefois qu'on ne pouvait l'accuser "de véritable
assassinat".
Il a également rejeté les différentes théories tournant autour du drame,
comme une intervention de la mafia ou de trafiquants d'armes.
Le procès, initialement prévu pour se dérouler jusqu'au 3 novembre, devrait
s'achever le 31 octobre, selon la cour.
Entre octobre 1994 et décembre 1995, des "tueries-suicides" de membres de
l'OTS ont fait au total 68 morts en Suisse, en France et au Canada. |
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«Il existe encore des
adeptes de l'OTS dans le monde»
- Le
Parisien, 26 octobre 2006 par Gilles Carle
- [Texte intégral]
Massacre du Temple solaire
Grenoble (Isère) - Hier, devant la Cour d'appel de
Grenoble qui juge Michel Tabachnik pour « participation à une association de
malfaiteurs », l'horreur de la tuerie du Vercors a été évoquée par le
médecin légiste. En pleine nuit, les seize adeptes de l'OTS se sont retrouvés
dans une clairière de la forêt de Saint-Pierre- de-Chérennes. Drogués, quatorze
d'entre eux, dont trois enfants, se placent alors en cercle, la tête recouverte
d'un sac plastique. L'architecte André Friedly et le policier Jean-Pierre
Lardanchet commencent à les abattre à bout portant, mais les mères, dans un
sursaut, se rebellent, refusant que l'on tue leurs petits. Elles sont violemment
frappées, comme Ute Verona que l'on retrouvera la mâchoire fracturée, ou comme
Marie-France Lardanchet, le crâne brisé, sans doute tuée par son propre mari.
Pour comprendre comment des mots peuvent faire des morts, l'entrée en scène
du docteur Abgrall était donc très attendue hier après-midi. Dix ans après la
rédaction de son rapport sur la secte, l'expert psychiatre persiste et signe.
Pour lui, il s'agit bien d'un suicide collectif. Les adeptes ont été préparés
psychologi- quement durant des années par les enseignements pseudo-ésotériques du
chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik.
L'expert vivement
critiqué par la défense
Selon le docteur Abgrall, dans «les Archées», le texte rédigé par
l'accusé, «il faut comprendre en filigrane que l'Homme peut s'unir au
cosmos en transmutant, c'est-à-dire en détruisant son enveloppe corporelle par
l'énergie du feu. Je pense qu'il existe aujourd'hui encore des adeptes de l'OTS
dans le monde, qui communiquent entre eux et qui sont toujours convaincus de
l'utilité de ces suicides collectifs». Et de conclure : «Certains
éléments du dossier nous échapperont jusqu'à la fin des jours, sauf si un
repenti parle.»
Interrogé par le président, Michel Tabachnik proteste aussitôt : «Je
suis un idéaliste du bien. Je n'ai jamais prôné la rédemption par la mort» «C'est peut-être plus subtil que cela», lâche dans un sourire le président
de la cour d'appel. Puis, soudain, l'ambiance devient électrique, les avocats de
certaines parties civiles accusant l'expert de ne pas être objectif.
« Depuis le début, lance un avocat, vous êtes convaincu qu'il s'agit bien
d'un suicide collectif » L'expert psychiatre hausse alors le ton : «Depuis onze ans, vous me traînez dans la boue, j'en ai assez. J'ai fait
honnêtement mon travail d'expert.»
Le président de la cour met fin à cet
incident et reprend le fil de l'audience. Aujourd'hui, la cour va entendre le
policier qui a enquêté sur l'affaire et certains anciens adeptes.
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Le cinéaste Yves Boisset dénonce une affaire
politico-mafieuse
- AFP,
26
octobre 2006
- [Texte intégral]
Le cinéaste Yves
Boisset a affirmé vendredi devant la cour d'appel de Grenoble que les enquêteurs
travaillant sur l'Ordre du temple solaire (OTS) et la "tuerie-suicide"
en 1995 de 16 adeptes de cette secte dans une forêt du Vercors avaient négligé
le côté "politico-mafieux" de l'affaire.
"La police a
négligé les relations de Jo Di Mambro, le chef de la secte, avec le personnel
politique du département du Var et ses relations avec Jean-Louis Fargette
(ancien parrain de Toulon tué en Italie en 1993) qui avait acheté avec Di Mambro
un terrain militaire", a déclaré M. Boisset lors du procès du chef
d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik.
Auteur d'un film
intitulé "les mystères sanglants de l'OTS" et diffusé sur France 2, il
a ajouté que "l'ombre de Charles Pasqua traînait sur cette affaire" et
que l'ancien ministre de l'Intérieur avait refusé toute interview, sans donner
d'autres précisions.
M. Boisset, témoin
cité par les parties civiles, a évoqué aussi des trafics d'armes entre le Canada
et l'Angola. Mais lorsqu'on lui demande si Michel Tabachnik, qui est le seul
prévenu dans le procès, a été mêlé à ces trafics, il répond
non.
"Tout au long
de mes six mois d'enquête, j'ai vu souvent apparaître le nom de Michel
Tabachnik, mais jamais dans les affaires mafieuses du Var ou du Canada",
a-t-il déclaré.
Michel Tabachnik,
accusé d'avoir entraîné par ses écrits les membres de la secte dans une logique
suicidaire, et relaxé, faute de preuve, en première instance, esquisse alors un
large sourire.
Plus tôt, un ancien
membre de l'OTS, Claude le Doth, enseignant de 45 ans, avait affirmé que les
membres de la secte "s'interrogaient sur la position de Tabachnik dans la
hiérarchie de l'OTS, car il donnait l'impression d'être
important".
Mais, selon lui, le
chef d'orchestre n'est pas responsable du drame du Vercors car les gens
"étaient fanatisés et regrettaient de ne pas être morts en Suisse l'année
précédente". "Il a une responsabilité morale dans la crédulité des adeptes, mais
pas dans les suicides", a-t-il dit.
Le procès de M.
Tabachnik, qui s'est ouvert mardi, se poursuivra lundi avec de nouveaux
témoignages et surtout les plaidoiries des parties civiles. La journée de mardi
sera consacrée au réquisitoire et à la défense, l'arrêt devant être mis en
délibéré.
Les quatre jours de
débats n'ont pas permis d'avoir des éléments nouveaux sur le rôle exact du chef
d'orchestre dans l'organigramme de l'OTS. Tous les témoins, experts, anciens
adeptes et policiers, se sont accordés pour dire que les textes écrits par M.
Tabachnik étaient incompréhensibles, ce qui compliquera la tâche de
l'accusation.
Entre octobre
1994 et décembre 1995, des "tueries-suicides" de membres de l'OTS ont
fait au total 68 morts en Suisse, en France et au Canada. |
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- Un avocat dénonce la responsabilité morale
de
Tabachnik dans la tuerie
AFP 30
octobre 2006 par Jacques Guillon
[Texte intégral]
GRENOBLE - L'avocat d'une association anti-secte, Jean-Michel
Pesenti, a dénoncé, lundi devant la cour d'appel de Grenoble, la responsabilité
morale du chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik dans la
"tuerie-suicide" en 1995 de 16 adeptes de l'Ordre du temple solaire
(OTS) dans une forêt du Vercors. Me Pesenti, qui défend
les intérêts de l'Union nationale des associations pour la
défense des familles et de l'individu (UNADFI), a rappelé ses écrits au
prévenu accusé d'avoir entraîné par ses textes (archées) les membres de la secte
dans une logique suicidaire, et relaxé, faute de preuves, en première instance:
"le feu alchimique sacré va permettre à l'homme de s'approcher de la vérité
à travers un voyage cosmique et trans-temporel vers Sirius".
"Vos archées sont hermétiques, le
propre de la philosophie hermétique, c'est de ne pas être accessible aux
non-initiés. Vos adeptes, qui avaient suivi 6 années d'enseignement,
comprenaient parfaitement vos propos et toutes les victimes avaient compris les
archées", a-t-il dit.
"Vous aviez en charge
l'enseignement au sein de l'OTS, et dans une secte, celui qui enseigne la
doctrine est celui qui a le pouvoir", a ajouté l'avocat en rappelant les
déclarations changeantes du musicien à mesure de l'avancée de l'enquête.
"Vos déclarations évoluent au fur et à mesure que les enquêteurs vous
mettent le nez dans votre caca", a-t-il déclaré en ajoutant que M.
Tabachnik, malgré ses dénégations, avait reçu de l'argent de l'OTS par le biais
d'une société écran.
Me Alain Leclerc, qui défend plusieurs
familles parties civiles, a dénoncé de son côté le fait que "l'instruction
n'était pas allée au bout de sa logique, et qu'il fallait rechercher les
+maîtres de Zurich+ (les chefs supposés de l'OTS jamais identifiés, NDLR) pour
comprendre cet assassinat maquillé en suicide".
Avant l'intervention des avocats des
parties civiles, quatre parents de victimes sont venus dire à la barre qu'ils ne
croyaient pas à une "tuerie-suicide" mais à l'intervention d'un commando
extérieur.
Le fils du champion de ski Jean
Vuarnet, Alain Vuarnet, qui a perdu sa mère et son frère, est persuadé que les
16 victimes du Vercors ont été tuées par un commando. Il a "dénoncé les
négligences du juge d'instruction Luc Fontaine" et "le travail de la
police, des experts incendie, de l'expert psychiatre", en évoquant comme
piste l'action possible de "membres de la CIA ou des réseaux Foccart".
"Avec cette instruction et cette
enquête peu fiable, comment allez-vous juger ?",
a-t-il demandé à la cour.
Selon le médecin légiste Eric Baccard,
les 14 premiers membres de la secte, drogués après avoir absorbé des
médicaments, s'étaient disposés en cercle, les pieds à l'intérieur du cercle, la
tête couverte d'un sac en plastique. Deux chefs du groupe, l'architecte André
Friedli et le policier Jean-Pierre Lardanchet, munis chacun d'un pistolet 22
long rifle, les avaient abattus, avaient mis le feu au bûcher et s'étaient jetés
dans le feu.
Le procès s'achève mardi avec le réquisitoire de l'avocat
général et la plaidoirie de la défense. L'arrêt de la cour sera mis en
délibéré.
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Aucune peine requise contre Michel Tabachnik
Le parquet général de Grenoble a abandonné
implicitement l'accusation contre le chef d'orchestre franco-suisse Michel
Tabachnik, jugé en appel dans le dossier visant la mort de 74 adeptes de la
secte de l'Ordre du Temple solaire (OTS) de 1994 à 1997.
Dans un réquisitoire de deux heures et demie, l'avocat général Jean-Pierre
Mélendez a estimé que le prévenu, seul personne jamais poursuivie dans une
affaire qui avait fait grand bruit, n'était pas un membre important de la
secte.
"Michel Tabachnik n'appartient même pas à l'OTS, il le dit et nous
n'avons même pas la preuve du contraire", a-t-il estimé. Selon lui, le
musicien se consacrait principalement à ses activités professionnelles et ne
venait que les week-ends dans les réunions de la secte.
Le 25 juin 2001, en première instance, le tribunal correctionnel de Grenoble
avait relaxé Michel Tabachnik, contre l'avis du parquet qui a provoqué le procès
en appel.
Cette fois, sans requérir explicitement une relaxe, le représentant de
l'accusation n'a demandé aucune peine, s'en remettant à la cour après un exposé
favorable au prévenu.
"Je ne vous demanderai pas de choisir, car vous êtes tenu de le faire,
juger c'est choisir. Je me suis évertué à vous proposer quelques pistes, sans en
privilégier une", a conclu Jean-Pierre Mélendez.
L'arrêt devait être mis en délibéré dans la soirée après les plaidoiries de
la défense.
Poursuivi pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de
commettre des assassinats", le chef d'orchestre se voit reprocher d'avoir
incité les adeptes de la secte à se suicider ou à accepter une mise à mort, par
ses écrits ou ses discours.
FRANCE, SUISSE, CANADA
Les massacres de l'OTS ont eu lieu dans trois pays : cinq morts le 30
septembre 1994 à Morin Heights, au Canada, 48 morts les 3 et 4 octobre 1994 à
Cheiry et Salvan, en Suisse, 16 morts le 16 décembre 1995 en France, dans le
Vercors, à Saint-Pierre-de-Chérennes, et enfin cinq morts le 22 mars 1997 à
Saint-Casimir, au Canada.
Les victimes - dont les deux gourous Luc Jouret et Joseph di Mambro -
s'étaient pour la plupart laissées tuer par des personnes qui s'étaient
elles-mêmes suicidées ensuite.
Il est établi que Michel Tabachnik a participé durant près de vingt ans à la
vie de la secte par ses écrits, les "Archées", et les enseignements
qu'il dispensait. En cape et tenue rituelle, il animait des cérémonies où il
"interprétait" de faux messages des "maîtres cosmiques".
L'accusation considérait initialement qu'il avait conditionné les adeptes à
accepter la mort que les deux "gourous" présentaient comme un
"transit" vers l'étoile Sirius.
Deux discours tenus à Avignon devant des adeptes de la secte, en juillet et
septembre 1994, lui étaient particulièrement reprochés car il y annonçait la fin
de l'OTS.
L'avocat général a jugé que cette participation n'était pas active et estimé
que les "Archées" ou les discours étaient si hermétiques qu'on ne pouvait y voir
un appel au suicide.
"Ici, devant nous, on n'a pas l'OTS, mais un homme", a-t-il dit. Ses
discours ont pu enflammer les disciples, mais involontairement : "il a la
maîtrise de ses mots, mais son public n'est pas au diapason. Ce qu'il comprend
peut l'entraîner vers la gouffre".
La motivation réelle du prévenu pour ses travaux dans l'OTS pourrait avoir
été l'appât du gain, un "besoin de considération" et un attrait pour
l'aspect sulfureux du groupe. "Il jouissait de cette dimension
mystérieuse", a estimé l'avocat général.
L'avocat du musicien, Me Francis Szpiner, dénonce depuis le début une
"accusation de délit d'opinion". Les associations anti-sectes estiment
que le dossier prouve que la législation actuelle est trop réduite pour empêcher
les agissements des théoriciens des sectes.
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Michel Tabachnik sera fixé sur son sort le 20
décembre
- AFP 31
octobre 2006 par Jacques Guillon
- [Texte intégral]
GRENOBLE - Le chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik, poursuivi
devant la cour d'appel de Grenoble pour sa responsabilité morale dans la
"tuerie-suicide" de 16 membres de l'Ordre du temple solaire (OTS) dans
le Vercors en 1995, sera fixé sur son sort le 20 décembre, 11 ans après
le drame.
"Je suis innocent", a dit une dernière fois à la barre le musicien,
à l'issue de 6 jours de procès au cours desquels aucun élément nouveau n'est
apparu depuis sa comparution en première instance en 2001.
M. Tabachnik, 61 ans, poursuivi pour "association de malfaiteurs",
est accusé d'avoir placé, par ses écrits, les victimes "dans une dynamique
mortifère". Il avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Grenoble,
faute de preuves, alors que le parquet avait requis 5 ans de
prison.
Mardi, l'avocat général Jean-Pierre Melendez n'a demandé ni la
condamnation ni la relaxe de M. Tabachnik, ne se prononçant pas explicitement
sur sa culpabilité ou son innocence aux termes d'un réquisitoire qui a laissé le
public et la presse pantois.
Pendant 2h30, M. Melendez a parlé des religions et de l'ésotérisme, évoquant
l'Egypte, le Coran, la tradition hindoue ou le mythe d'Osiris. Il s'est demandé
si "Michel Tabachnik est plus rosicrucien que rose-croix" et a
affirmé: "la dialectique ésotérique/exotérique avec un schéma kabbalistique
de Michel Tabachnik est intéressante". M. Melendez a ajouté: "Michel
Tabachnik aime faire des conférences. C'est une intelligence très au-dessus des
membres de la fondation Golden Way (structure à l'origine de la création de
l'OTS)... Cela ne l'empêche pas de se livrer avec la meute à des séances
d'incantation des maîtres, avec une mise en scène qui laisse songeur". Afin
d'impressionner les adeptes, les chefs de la secte avaient recours à des
trucages lors de cérémonies pour faire croire qu'ils communiquaient avec des
"maîtres".
L'avocat d'une association anti-secte, Jean-Michel Pesenti, s'est déclaré
surpris par ce réquisitoire. "On était un peu sur Sirius, un peu en Perse,
un peu en Egypte, c'était très étonnant", a affirmé Me Pesenti qui défend
les intérêts de l'Union nationale des associations pour la défense des familles
et de l'individu (Unadfi). "C'est un réquisitoire sans réquisitions,
c'est une première, la montagne n'accouche pas d'une souris, mais de rien",
a estimé un autre avocat des parties civiles, Me Alain Leclerc.
L'avocat de M. Tabachnik, Me Francis Szpiner, a rappelé que tous les adeptes
venus témoigner à la barre avaient reconnu "soit qu'ils ne lisaient pas les
textes de M. Tabachnik, soit qu'ils n'y comprenaient rien", et que la justice
suisse l'avait mis hors de cause pour les massacres commis en 1994 en Suisse.
"Les écrits de M. Tabachnik sont un galimatias ésotérique. Sanctionner les
élucubrations de Michel Tabachnik, ce serait sanctionner un délit
d'opinion", a déclaré son avocat en réclamant une nouvelle relaxe.
Le 22 décembre 1995, dans une forêt du Vercors, les corps calcinés de 16
personnes avaient été découverts sur un bûcher, tuées par balles, et quatre
armes retrouvées sur place. Trois enfants d'adeptes se trouvaient parmi les
victimes, ainsi qu'Edith et Patrick Vuarnet, l'épouse et le fils cadet de
l'ancien champion de ski Jean Vuarnet.
Entre octobre 1994 et décembre 1995, des "tueries suicides" de
membres de l'OTS avaient fait au total 68 morts en Suisse, en France et au
Canada, dont le gourou de la secte Jo Di Mambro. |
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TEMPLE SOLAIRE
/ Michel Tabachnik vers une relaxe
- L'Express
- 1 novembre 2006
- [Texte
intégral]
- Michel Tabachnik a estimé hier n'être «qu'un bouc émissaire»
- dans cette
affaire qui représente pour lui «onze années de calvaire»
-
Le parquet de Grenoble estime que le chef d'orchestre
franco-suisse n'était pas
un membre important de la secte. L'accusation devrait
tomber. Jugement le 20 décembre
Le parquet général de Grenoble a abandonné implicitement hier
l'accusation contre Michel Tabachnik. Le chef d'orchestre franco-suisse, qui s'est dit
soulagé, est jugé en appel dans le cadre de la mort de 74 adeptes de la secte de l'Ordre du Temple
solaire (OTS) de 1994 à 1997. Dans son réquisitoire, l'avocat général Jean-Pierre Mélendez a estimé que le
prévenu, seule personne jamais poursuivie dans une affaire qui avait fait grand
bruit, n'était pas un membre important de la secte.
«Michel Tabachnik n'appartient même pas à l'OTS, il le dit et nous n'avons
même pas la preuve du contraire», a-t-il estimé. Selon lui, le musicien ne
venait que les week-ends dans les réunions de la secte.
Me Francis Szpiner, avocat du chef d'orchestre qui dénonce un «délit
d'opinion», a ensuite plaidé sa relaxe. La cour a mis son arrêt en délibéré au
20 décembre. S'exprimant lors du journal de la Télévision suisse romande (TSR), Michel
Tabachnik s'est dit soulagé, parlant de «onze années de calvaire». Le chef
d'orchestre a déclaré qu'il n'avait rien à se reprocher. Les véritables
responsables ne sont plus vivants, «je n'ai été qu'un bouc émissaire», a-t-il
ajouté. Le 25 juin 2001, en première instance, le Tribunal correctionnel de
Grenoble avait relaxé Michel Tabachnik, contre l'avis du parquet qui avait
demandé cinq ans de prison ferme. Ce dernier avait fait appel.
Poursuivi pour «participation à une association de malfaiteurs en vue de
commettre des assassinats», le chef d'orchestre se voyait reprocher d'avoir
incité les adeptes de la secte à se suicider ou à
accepter une mise à mort, par ses écrits ou ses discours.
Les massacres de l'OTS ont eu lieu dans trois pays
: cinq morts le 30
septembre 1994 à Morin Heights, au Canada, 48 morts les 3 et 4 octobre 1994 à
Cheiry et Salvan, en Suisse, 16 morts le 16
décembre 1995 en France, dans le Vercors, à Saint-Pierre-de-Chérennes, et enfin
cinq morts le 22 mars 1997 à Saint-Casimir, au Canada.
Les victimes - dont les deux gourous Luc Jouret et Joseph di Mambro -
s'étaient pour la plupart laissé tuer par des personnes qui s'étaient
elles-mêmes suicidées ensuite. Il est établi que Michel Tabachnik a participé
durant près de vingt ans à la vie de la secte par ses écrits, les
«Archées», et les enseignements qu'il dispensait. Deux discours tenus à Avignon
devant des adeptes de la secte, en juillet et
septembre 1994, lui étaient particulièrement reprochés car il y annonçait la fin
de l'OTS.
L'avocat général a jugé que cette participation n'était pas active et estimé
que les «Archées», ou les discours, étaient si hermétiques qu'on ne pouvait y
voir un appel au suicide.
La motivation réelle du prévenu pour ses travaux dans l'OTS pourrait avoir
été l'appât du gain, un «besoin de considération» et un attrait pour l'aspect
sulfureux du groupe.
Les associations antisectes estiment, elles, que le dossier prouve que la
législation actuelle ne permet pas d'empêcher les agissements des théoriciens
des sectes. / ats |
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- Commentaires de Jean-Pierre Jougla
- concernant
le Procès de Grenoble de Michel Tabachnik
- Courriel 14 novembre 2006
- [Texte intégral]
Le procès de Michel Tabachnik qui vient de se
dérouler devant la cour d’appel de Grenoble durant une semaine, 12 ans après les
premiers massacres et 9 ans après les derniers, et dont le délibéré doit être
vidé le 20 décembre, a été hors norme depuis le début de l’enquête.
Les parties civiles personnes physiques, bien qu’appelantes de la décision de
relaxe, ont sollicité de façon paradoxale la relaxe du prévenu au motif que sa
condamnation aurait été une façon d’occulter une vérité qui aurait relevé d’une
dimension crapuleuse ou du «secret d’ état», dimension qui à l’issue
de ce procès atypique est vidée de toute consistance et est clairement apparue,
en l’état du dossier et des auditions de témoins, comme ne relevant plus que du
fantasme entretenu.
Seule l’UNADFI partie civile a développé, aux côtés
du ministère public, la thèse de la responsabilité de M. Tabachnik dans la
participation à une association de malfaiteurs par le biais de l’endoctrinement
des adeptes au moyen de ses écrits et par le biais d’une participation
matérielle et concrète au fonctionnement de la nébuleuse OTS.
C’est la même thèse que l’avocat général a soutenue en reprochant à M.
Tabachnik d’avoir dévoyé par son enseignement et l’élaboration de certains
rituels de l’OTS, la «tradition de l’ésotérisme», se comportant dès
lors comme un véritable gourou. Durant un réquisitoire qui pour sa dernière
partie a pu sembler relever par moment davantage de l’ésotérisme comparé que
d’un réquisitoire classique, le ministère public a bâti son accusation sur un
distinguo assez hermétique entre la notion de «cérémonie» et celle de
«rituel», celle d'ésotérisme et d’exotérisme, la faute d’un Tabachnik
présenté par lui comme «cupide et assoiffé de considération» étant
dès lors à ses yeux d’avoir fait vivre aux adeptes des cérémonies qui les
plaçaient dans une relation de «soumission» due à l’irrationnel des
mises en scène.
L’avocat général a démontré l’existence d’une résolution d’agir en
commun, au moins entre Jo Di Mambro et M. Tabachnik. Pour lui, M.
Tabachnik a participé à l’envoûtement des adeptes et il n’était pas dupe. Cette
participation s’est manifestée dans ses écrits et lors des conférences
d’Avignon.
Les buts de cette entente ont résidé dans l’enseignement d’une
théorie énergétique
Aux yeux de l’avocat général qui s’est inscrit dans l’analyse de l’expert
judiciaire Abgrall, M. Tabachnik a « prêté la main, dès l’ épiphanie 91 à un
projet criminel qui arrive à maturité en 94, projet dans lequel le transit
remplace l’initiation suprême. La notion de transit est sous entendue depuis 90;
elle est contenue dans les textes fondateurs ».
Dès l’origine l’enseignement de l’OTS pouvait conduire à un rituel de
sacrifice par le feu.
Et l’avocat général d’accuser le prévenu qui tout au long des débats s’était
borné à nier toute participation allant même jusqu’à soutenir que son
enseignement n’avait pas de sens : «M. Tabachnik ne se présente jamais de
face ; il dit souvent «j’ai été naïf». J’essaierai de montrer, Mr Tabachnik
que vous ne l’êtes pas».
L’intention coupable implique que M. Tabachnik se soit
intégré à ce groupe en connaissance de cause, avec une volonté d’apporter une
aide efficace aux buts qu’il s’était assigné.
Cela suppose que M. Tabachnik savait, même de façon vague, les buts et le
caractère répréhensible de l’association de malfaiteurs et l’avocat général
s’est appuyé pour démontrer l’intention coupable sur des témoignages d’anciens
adeptes.
Mais, et c’est ce qui a le plus dérouté les journalistes présents, il s’est
également appuyé sur une analyse qui lui est propre de la personnalité de M.
Tabachnik lequel, reprenant l’héritage de la bibliothèque paternelle est devenu
«un kabbaliste imprégné de l’exigence du secret et alternant en permanence
le voilé et le dévoilé, l'ésotérique et l’exotérique». Pour l’avocat
général, le profil ésotérique du prévenu l’inscrit dans la logique de la
Rose-Croix entendue comme modèle d’une démarche individualiste qui le dissociait
de la vie du groupe OTS et qui l’a amené à imposer un projet propre de
transmutation ainsi qu’à annoncer la fin du cycle templier ce qui était la
meilleure façon d’inscrire les adeptes dans une structure occulte. Et pour
l’avocat général, Tabachnik est coupable d’avoir, en trahissant la Tradition
ésotérique, créé des rituels, alors qu’ils devaient rester par essence hérités
(donc immuables), ce qui revenait à inscrire les adeptes dans un cérémonial et
un enseignement personnels qui les soumettait sans leur laisser la liberté de
l’interprétation.
Pour l’avocat général, dès lors qu’on considère la dimension intellectuelle
et culturelle du prévenu (chef d'orchestre qui était, dit-il, comme tous les
musiciens asservi au réel), son intention coupable est encore plus manifeste
puisqu’il était motivé par le profit matériel et le désir de soumettre.
Chacun attendait, au terme de ce réquisitoire inhabituel, une demande de
condamnation que l’avocat général n’a pas chiffrée mais a présentée comme devant
être la nécessaire sanction de l’erreur dont il a «donné des pistes en
livrant la complexité de ce dossier», M. Tabachnik ayant fourni aux
adeptes (qualifiés par l’avocat général de «menu fretin» privé de la
liberté d’interprétation) les éléments de la partition qui les a «asservis
au réel». L’intention coupable de M. Tabachnik résidant pour l’accusation
dans sa position d’intellectuel et de chef d’orchestre qui était «le seul à
ne pas recourir à la mimésis».
Ces propos étaient de nature à dérouter par leur hermétisme apparent, mais
ils recouvraient en réalité une volonté d’entrer en voie de condamnation en
soutenant l’accusation, le parquet ayant bel et bien relevé appel de la décision
de première instance. |
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Procès en appel de l'OTS
: Tabachnik relaxé pour la deuxième fois
- GRENOBLE, 20 décembre 2006 (AFP)
- [Texte
intégral]
La cour d'appel de Grenoble a relaxé
mercredi le chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik, poursuivi
pour "association de malfaiteurs" après la "tuerie-suicide" de 16
membres de l'Ordre du temple solaire (OTS) dans le Vercors en 1995.
M. Tabachnik était accusé d'avoir placé, par ses écrits, les futures
victimes "dans une dynamique mortifère".
Bien que ce soit le parquet qui ait fait appel de la relaxe prononcée en
première instance, l'avocat général Jean-Pierre Melendez n'avait demandé
ni la condamnation ni la relaxe de Michel Tabachnik, ne se prononçant
pas explicitement sur sa culpabilité ou son innocence.
En première instance en 2001, devant le tribunal correctionnel de
Grenoble, le parquet avait requis 5 ans de prison.
L'avocat du chef d'orchestre, Me Francis Szpiner, avait demandé la relaxe
de son client, expliquant que "les écrits de M. Tabachnik (étaient) un
galimatias ésotérique". "Sanctionner les élucubrations de Michel
Tabachnik, ce serait sanctionner un délit d'opinion", avait-il souligné.
Le 22 décembre 1995, dans une forêt du Vercors, les corps calcinés de 16
personnes avaient été découverts sur un bûcher, tuées par balles, et
quatre armes retrouvées sur place. Trois enfants d'adeptes se trouvaient
parmi les victimes, ainsi qu'Edith et Patrick Vuarnet, l'épouse et le
fils cadet de l'ancien champion de ski Jean Vuarnet.
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Communiqué de presse de Jean-Pierre Brard
[Texte intégral]
COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Jean-Pierre BRARD
- LA LUMIERE NE SERA
PAS FAITE SUR LE
MASSACRE DE L' ORDRE DU
TEMPLE SOLAIRE
La cour d'appel de Grenoble
vient de relaxer le seul poursuivi dans le procès de l'Ordre du temple solaire,
le chef d'orchestre franco-suisse, Michel Tabachnik. Le réquisitoire de l'avocat
général, aussi irrésolu et imprécis qu'étrange, laissait augurer cette issue.
L'avocat général reconnaissait
pourtant que Michel Tabachnik, en alimentant d'écrits mortifères les victimes de
la «tuerie-suicide» de 1995, «a participé à cet envoûtement facile et il
n'était pas dupe».
Au lendemain de la sortie du
rapport de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes pointant
notamment les négligences ou complaisances de certains services de l'Etat, il
est regrettable que la manipulation mentale et les violences psychologiques
soient encore trop souvent sous-estimées par la justice.
Quant aux circonstances du
massacre du Vercors, elles ne sont pas davantage éclaircies à l'issue de ce
procès. Les expertises effectuées sur les corps de
l'épouse et de l'un des fils de l'ex-champion de ski Jean Vuarnet confirment la
présence de doses élevées de phosphore et laissent donc supposer l'action de
personnes extérieures au groupe des victimes.
Comme le demandent les familles,
il faut rouvrir l'enquête et désigner un nouveau juge d'instruction. Des moyens
plus importants doivent être alloués aux investigateurs, notamment pour explorer
les volets financiers et mafieux de l'OTS.
Cette décision de justice ne
clôt pas le dossier OTS. Elle ne fait qu'alourdir le sentiment d'opacité et
d'impunité qui règne dans cette affaire.
- Jean-Pierre BRARD
est député de la Seine-Saint-Denis et maire de Montreuil
- Vice-Président du
groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée nationale
- Membre du conseil
d'orientation de la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre
les Dérives Sectaires (MIVILUDES)
- Il a été Vice-président de la commission
d'enquête parlementaire sur les sectes (1995) et rapporteur de la commission
d'enquête sur les sectes et l'argent (1999).
- Il est Secrétaire de la
commission d'enquête sur l'influence des sectes sur les mineurs.
Contact presse
: Gaylord LE
CHEQUER Attaché
parlementaire
Tél : 01 48 70 69
90 |
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