Témoignage d'une ex-employée de scientologie

membre de l'Eglise de scientologie de Lausanne de 1987 à 1993

1ère partie

L'Eglise de scientologie de Lausanne s'est jouée de moi

2ème partie
 
La scientologie et son patron David Miscavige sont méprisants
 
Un surprenant noviciat: Le «EPF»
 
David Miscavige, le grand patron de la scientologie, est un homme méprisant
 
Les horaires de la Sea Organisation de scientologie
 
Des comportements étranges
 
L'esclavage existe en scientologie - Une punition qui viole les droits de l'Homme
 
Des prisonniers dans les caves de la scientologie
 
Les scientologues sont-ils des voleurs et des maniaques ?
 
Pour échapper aux scientologues j’ai sauté sur la première occasion
Témoignage d'une ex-employée de la scientologie
membre de l'Eglise de scientologie de Lausanne de 1987 à 1993
 
1ère partie
 
HARCÈLEMENT CONTRAINTES ET CONFISCATION DU COURRIER
 
L'Eglise de scientologie de Lausanne s'est jouée de moi
 
Quand je suis entrée dans l'église de scientologie, je sortais d'une grave opération, je n'étais pas très bien dans ma peau, je suis allée me promener dans un parc à Lausanne, j'ai vu un tas de livres avec un volcan dessus, je pensais que c'était des livres de Arunth Tazief et je me suis approchée. Une personne m'a pris par le bras et m'a proposé d'aller parler dans un café. Je n'ai pas pu approcher les livres et je n'avais pas vu qu'il ne s'agissait pas d'un livre de Aroun Tazief.
 
Mon erreur a été d'acheter un livre, je n'avais pas d'argent sur moi, j'ai signé un chèque. Dans la discussion, la personne a réussi à me soustraire des informations me concernant. Du fait que je signais un chèque, cela montrait que j'étais libre de mes mouvements, que je disposais d'un propre compte.
 
Par la suite, ils m'ont relancé, environ 4 semaines plus tard, ils m'ont demandé si j'avais lu le livre, j'ai répondu que j'étais déçue du fait que cela ne parlait pas de Aroun Tazief. Ils m'ont dit "mais venez, on va en parler". J'ai reçu des lettres. Ensuite, je suis allée voir, je me suis inscrite à un cours, je pensais qu'ensuite ils me laisseraient tranquille. J'ai fait un premier cours dont le sujet était "les hauts et les bas". Ce cours m'a aidée, m'a redonné confiance en moi-même, je me suis rendu compte que je pouvais encore fait des choses. Je ne me suis pas arrêtée à ce moment-là.
Des scientologues à l'enterrement de mon mari ...
 
Mon mari est tombé malade, il avait un cancer du poumon, je l'ai soigné moi-même à la maison, cette période a été très dure. A ce moment-là, toutefois, je n'avais pas le temps d'aller à l'église de scientologie, je n'ai pas été relancée durant cette période, toutefois à l'enterrement de mon mari, deux personnes de la scientologie étaient présentes. Deux jours après, quand ma famille est partie, ils sont revenus et m'ont dit d'aller à l'église de scientologie. J'y suis allée et j'ai fait des cours.
 
Le prix des cours est progressif. J'ai dû payer 60 (40euros) ou 80 francs le premier cours. Ensuite, pour les suivants, le prix est passé à 120 francs, puis 200 francs, puis 700 francs. Je m'étais fixée des limites du fait que j'avais un fils en études. Quand j'ai dit que j'étais limitée, on m'a dit que je pourrais devenir membre du personnel. Dans l'église, je m'occupais du fichier central, c'est-à-dire, du dossier de chaque personne qui a un contact avec la scientologie, soit les cours suivis, les factures, etc.
Prise dans l'engrenage
 
J'aurais pu sortir de l'église à tout moment, mais je ne me rendais plus compte que j'étais prise dans l'engrenage. On m'a proposé d'aller à Los Angeles, je ne voulais pas, mais on a réussi à me convaincre. Quand je suis arrivée à Los Angeles, j'ai tout de suite vu que cela ne me plaisait pas et j'ai voulu repartir. On m'a dit que du fait que j'avais fait le voyage, je devais au moins rester trois semaines. J'ai donc fait un cours. Le but de la scientologie était que j'intègre leur organisation maritime.
 
J'ai fait les trois premiers cours, c'était des cours comme à l'école, mais où on travaille seul, avec des livres, des écouteurs, il s'agit d'un travail personnel. Il y a toutefois quelqu'un dans la salle si on a besoin d'aide. Quand j'ai commencé ces cours, mon dossier personnel avait été transmis au "staff" là où on logeait. J'ai proposé ensuite d'aller rechercher moi-même mon dossier, je l'ai obtenu et je suis partie. J'ai pris mes affaires et j'ai demandé à un chauffeur de taxi de me conduire le plus proche d'un aéroport. Le chauffeur était un russe blanc qui avait dû fuir la Russie. Il m'a dit qu'il trouvait que mon départ ressemblait à une fuite. Je lui ai expliqué ce qui m'arrivait.
L'enfer du travail scientologue à Los Angeles
 
Les deux dernières semaines passées à Los Angeles, on ne m'a presque jamais laissé seule, je n'étais pas libre de mes mouvements. Si on me surveillait, c'est parce que je représentais de l'argent, j'étais veuve et libre. L'église de scientologie a essayé de me reprendre à plusieurs reprises, toutefois je n'ai jamais été satisfaite de ces séances de réhabilitation. En plus de suivre les cours, je devais faire des nettoyages, servir le personnel à la cafétéria, nettoyer les cuisines, etc. La journée commençait à 6 h 30 et se terminait à minuit. Je ne savais pas que je devrais faire ça. Je partais pour faire des cours. Cette situation m'a fait paniquer.
Los Angeles mon courrier a été confisqué
 
J'ai essayé d'écrire à mes enfants mais je n'obtenais pas de réponse, toutefois, en rentrant en Suisse, j'ai constaté que mes enfants avaient uniquement reçu les lettres que j'avais postées en-dehors du bâtiment de l'église de scientologie. Les lettres que j'avais postées dans le bâtiment n'ont jamais été envoyées.
 
Le but de faire les cours à Los Angeles était que je devienne missionnaire en revenant à l'église de Lausanne me permettant de donner des cours et d'avoir des fonctions plus importantes dans l'église de Lausanne et surtout d'être payée par l'église de Los Angeles et pas de Lausanne.
 
A Los Angeles, il y avait plein de gens avec le même statut que moi. Il y a les gens qui supportent car ils savent où ils vont ou alors il y a les gens comme moi qui se rendent compte qu'ils ne veulent pas ça et se sauvent. Je me rappelle d'une jeune personne âgée de 16 ans peut-être qui devait faire la Sea Org (organisation maritime) et qui ne le souhaitait pas, qui était obligée du fait que ses parents faisaient partie de la scientologie.
Billlet aller-retour : Lausanne Copenhague
 
En rentrant en Suisse, après deux mois à Los Angeles, je suis allée chez mon fils, j'y suis restée deux semaines. Il fallait que je récupère mon logement du fait que je l'avais prêté à des scientologues qui n'avaient pas payé les loyers. Quand je suis revenue en Suisse, l'église est revenue me chercher, elle voulait que j'aille à Copenhague. Au début, je faisais encore confiance à l'église de Lausanne, je n'avais pas compris qu'ils se jouaient de moi, je suis donc allée à Copenhague, pour une restimulation, soit enlever toutes les pensées négatives. On m'a dit que je devais aller voir le chef de la sécurité, à ce moment-là je n'avais rien à payer.
 
Le premier jour, en arrivant, la fille de la réception m'a dit que je devais laisser mon sac vers elle, elle m'a dit que je devais attendre du fait que le chef n'était pas là. Elle m'a dit que je pouvais en attendant aller donner un coup de main à la cafétéria. Quand je suis retournée vers la réceptionniste, j'ai demandé si le chef était là, elle m'a dit qu'il venait de partir. J'ai dit que je voulais mon sac, elle ne voulait pas me le donner. D'autres personnes sont arrivées et j'ai crié, j'ai pu reprendre mon sac et je suis rentrée. En fait, j'ai fait un aller-retour.
Fuir les scientologues
 
Ensuite, au retour à mon domicile, j'étais sans cesse appelée, toutes les heures le téléphone sonnait.
 
Chez moi, le téléphone sonnait de jour comme de nuit, c'était du harcèlement téléphonique. Ils sont même allés parler chez mes voisins en leur demandant si j'avais un bon contact avec eux, si je n'étais pas un peu bizarre. Je sais que c'est la scientologie qui est allée chez mes voisins car j'ai demandé comment ils étaient habillés. Les scientologues sont toujours habillés en bleu foncé ou en noir, une chemise bleu clair et portant un sigle accroché à la cravate représentant sur fond d'un cercle argenté ou doré la mappemonde avec une maxime écrite dans la partie dorée. Mes voisins savaient que j'avais loué ma maison à des scientologues et savaient les reconnaître.
 
Le propriétaire de la maison que je louais me connaissait et m'a fait confiance, je n'ai pas perdu le bail, il m'a toutefois dit qu'il ne voulait plus voir de scientologues.
 
Ma propre maison, je l'avais mise au nom de mes enfants lors du décès de mon mari. Je ne voulais plus avoir le souci de la maison et aussi éviter des pressions de la part des scientologues. J'avais promis à mon mari que la maison resterait aux enfants.
 
Finalement; je suis partie une année en France chez des amis pour pouvoir me séparer de l'église et pour qu'on ne me retrouve pas. J'étais dans la région de Digne/Provence. Je revenais environ tous les deux mois en Suisse. En partant en France, j'ai réussi à me défaire de l'église de scientologie.
 
Toutefois, pour que cesse le harcèlement et avant de partir en France, j'ai dû demander d'une part à mon médecin de me faire un certificat demandant à la scientologie d'arrêter les harcèlements téléphoniques qui me mettaient dans un état dépressif, et d'autre part à mon avocat à Lausanne d'écrire également dans ce sens à la scientologie.
L'Eglise de Lausanne s'est jouée de moi
 
J'ai été déçue de constater que l'église de Lausanne avait joué avec moi. Je me suis rendu compte que pour que l'église de Lausanne monte en grade, elle était obligée de prêter du personne à la Sea Org. Je ne m'étais pas rendu compte que j'ai été désignée pour aller à la Sea Org et qu'on mettait quelqu'un d'autre à ma place à Lausanne.
 
Quand j'ai dit que je ne voulais pas aller à la Sea Org, j'ai été l'objet d'un harcèlement.
 
J'ai tout essayé pour ne pas aller à Los Angeles. Je suis allée à Berne pour obtenir Je visa, j'y ai rencontré une personne que je connaissais, je ne pouvais pas lui dire que je ne voulais pas de visa car je n'étais pas seule en allant à Berne, j'étais accompagnée d'une personne de la scientologie.
 
Quand je parle de harcèlement, c'est en fait qu'on ne me lâchait pas, on essayait de me montrer tous les points positifs pour y aller.
Je ne voulais pas contracter un prêt mais ils m'ont forcé la main
 
D'après mes calculs, ce que j'ai dépensé pour l'église de scientologie représente environ 120'000 francs (75'000 euros), dont un emprunt de 40'000 francs (25'000 euros). C'est par le biais de l'Eglise de scientologie que j'ai pu faire l'emprunt, dans un village de Suisse allemande par l'intermédiaire d'une fiduciaire. Je ne voulais pas contracter un prêt mais ils m'ont forcé la main. Une personne de la scientologie m'accompagnait, je n'ai pas touché le chèque, quand j'ai eu signé, c'est la personne de la scientologie qui a tout de suite pris le chèque.
J'avais peur
 
Je dois dire que j'avais peur à l'époque, j'avais entendu dire que des personnes avaient eu des problèmes, que cela ne s'était pas bien passé, mais on n'avait pas de faits précis, c'était une pression qui circulait dans l'église même.
 
Quand on fait un cours, on ne le termine jamais à satisfaction, il faut toujours faire un autre cours pour apprendre tout ce qu'on voudrait apprendre.
 
Automatiquement, si vous faites un cours de scientologie, vous êtes considéré comme membre de la scientologie, une manière de faire qui fausse la statistique du nombre réel de scientologues dans le monde.
 
Il est coutumier que l'Eglise de scientologie dénigre les gens, cela fait partie de ce qu'ils appellent la propagande noire. Ils disaient que quelqu'un qui a quitté la scientologie est quelqu'un de négatif, qui est contre la scientologie. Moi-même, je suis une personne suppressive du fait que j'ai écrit mon livre. Cela veut dire que je suis une personne à qui les scientologues peuvent faire du mal. J'ai su ce que cela voulait dire au moment où j'ai été membre du personnel.
 
En scientologie, il ne faut pas parler de soi-même à quelqu'un hors de la scientologie. De ce fait, les gens ne savent plus rien les uns des autres. Normalement, en travaillant dans la scientologie, on n'est pas censé parler.
 
Les employés sont payés par semaine sur le bénéfice fait par l'organisation durant la semaine. Pour les personnes qui font de l'administratif, elles sont moins payées car elle ne font pas entrer de l'argent. Le salaire est payé en fonction de statistiques. La moyenne de mon salaire par semaine était entre 27 et 50 francs. Le plus que j'ai été une fois payée, c'était 220 francs environ.
 
Officiellement, la scientologie n'est pas censée faire de la médecine. Toutefois, ils font de l'acupuncture au doigt, ils appellent cela "touch". Dans les auditions, à mon avis, il font de la psychologique hypnotique. Ils vous font fixer le mur, il y a un compte à rebours, ensuite ils vous posent des questions qui vous poussent à répondre. J'ai moi-même suivi cette méthode. En faisant ces auditions, ils apprennent beaucoup de choses sur les personnes. Je n'ai pas pu récupérer mon dossier en partant.
 
La scientologie dit que son but est d'aider les gens mais à mon avis, son but est de s'enrichir.
 
Vu de l'intérieur, il y a beaucoup de personnes dont on ne sait pas ce qu'elles font ou ont fait. C'est mal organisé.
Des méthodes qui laissent des traces
 
Parfois, je reçois des téléphones où j'ai des doutes. Je reste en alerte par rapport à la scientologie. Parfois, je reçois des téléphones qui sont des erreurs.
 
A titre personnel, je suis ressorti grandie de cette expérience, j'ai l'impression d'avoir appris à me méfier de certaines choses, auparavant j'étais très naïve, je ne pensais pas que la scientologie cela pouvait être ça.
 
Ce qui m'a fait le plus mal, c'est de voir les jeunes qui n'ont rien, on leur enlève leur famille, leurs amis, leurs envies. Pour faire partie du personnel, il faut quitter sa famille, ou alors que la famille suive. En scientologie, il ne faut pas parler de soi­même à quelqu'un hors de la scientologie.
 
J'aimerais qu'on puisse mieux protéger les jeunes de la scientologie. Toutefois, pour les adultes, il est difficile de leur dire de ne pas y aller. Ce que je peux dire, c'est ce que j'ai vécu.
 
En conclusion, je dois dire que j'ai l'impression que le jour où j'ai mis le doigt dans l'engrenage, j'ai perdu le contrôle et j'ai fait une bêtise. Au début, mon mari me disait que j'allais mieux mais peu après mes enfants m'ont dit que je n'allais pas bien du tout, j'ai sûrement dû changer de langage avec eux. J'ai essayé de demander à mes enfants de m'expliquer maintenant comment j'étais mais aujourd'hui, mes enfants ne veulent plus parler de ça.
 
J'ai écrit un livre : "Enfer et secte - Ma vie au coeur de la scientologie".Tout ce que j'ai écrit est ce que j'ai vécu. J'ai raconté mon histoire sous forme de conte.
 
Jo - septembre 2004
 
2ème partie du témoignage de Jo
Témoignage d'une ex-employée de la scientologie
membre de l'Eglise de scientologie de Lausanne de 1987 à 1993
 
2ème partie
 
Un surprenant noviciat : le EPF
 
En 1991, alors que j'étais employée de l'Eglise de scientologie et que je venais de perdre mon mari, j’ai été contrainte d’aller travailler aux USA à Los Angeles pour le centre mondial de la scientologie. Il s'agissait de payer par mon travail une dette concernant la venue d’une missionnaire américaine à Lausanne.
 
A aucun moment la durée de mon séjour ne m’a été communiquée et aux USA je me suis sentie ligotée attendant le moment où je pourrais m’enfuir. Aucun salaire ne m'a été versé. Bénéficiant d'une rente de veuve j'ai été accusée d'être une employée riche.
 
Je devais loger à une dizaine de km d’Hollywood Boulevard (le siège de la scientologie) dans un dortoir avec trente autres personnes. Nous avions des lits superposés, car notre chambre, qui était celle d'un ancien hôpital, était prévue pour un grand maximum de 12 patients ... Il y régnait un désordre impossible et aucune place pour ranger mes affaires, sinon sous mon lit. 
 
Ayant commencé un cours payé de ma poche à l'Eglise de Lausanne, je pensais pouvoir le terminer dans mes heures libres, mais cela ne m'a jamais été possible. De suite il m'a été imposé un programme de sécurité (Le EPF - Le projet Force des biens) où - 7 jours sur 7 - 24 h sur 24 - je devais faire des nettoyages et diverses tâches pour le poste qui me serait attribué. Je n'avais aucun moment de repos ni la possibilité de prendre du recul.
 
Les corvées de nettoyage étaient éprouvantes, tellement il y avait de  crasse dans les chambres et les immenses couloirs de cet hôpital. Un superviseur a même craché dans mes mains au moment ou j'ai montré du dégoût lorsque j'ai tenté de changer l'eau de nettoyage avant d'avoir fini mon travail. Pour lui un membre de la sea-org (les  membres de l'organisation supérieure de scientologie) ne doit jamais montrer ni ses émotions ni ses sentiments.
 
Je n'étais jamais laissée seule, nos corvées se faisaient par groupe de 5-7 personnes
 
Je devais aider au service des repas pour les autres employés. Je n'étais pas venue pour cela, vu mon âge. J'avais 50 ans et j'estimais ne pas devoir être astreinte à cela.
 
Le soir lorsque je revenais au dortoir le bus était bondé. Il y avait deux navettes pour les employés et ceux qui ne trouvaient pas de place devaient rentrer à pied .
 
Dans chaque chambre il y avait des mouchards. Il fallait faire attention à ce que je disais ! Une dame, originaire de Russie, m'a même avoué qu'elle aurait mieux fait de rester chez elle. «C'était moins pénible là-bas» m'a-t-elle dit !
David Miscavige, le grand patron de la scientologie, est un homme méprisant
 
Dès mon arrivée, j'ai été au contact de David Miscavige, le grand chef de la sea-organisation et de l'Eglise de scientologie. J'ai pu constater à plusieurs reprises qu'il était exagérément imbu de lui-même et qu'il tenait à nous montrer qu'il avait tous les droits.
 
En voici quelques exemples :
 
- Dans un ascenseur bondé d'employés David Miscavige n'a aucunement hésité à s'en prendre à une jeune femme!
 
- David Miscavige avec des gestes véhéments s'en est même pris à la fille de Ron Hubbard. Cela s'est passé devant un parterre de tous les principaux responsables de la sea-organisation. David Miscavige en rabrouant ainsi publiquement la fille d'Hubbard voulait nous montrer qu'il était son seul successeur.
 
- David Miscavige, présent parfois dans le bus qui nous ramenait au dortoir, m’a ordonné sur un ton autoritaire : «Lève-toi !– Laisse ta place !». J’étais fatiguée et plus âgée que lui. J'ai refusé et il est devenu furieux . A ses côtés se trouvait Guillaume Lesèvre un autre dirigeant de la scientologie qui, sans doute voyant la maladresse de son chef, s’est interposé et m’a autorisée à rester assise. S’asseyant à côté de moi il m’a demandé ce que je faisais là. Il m’avait rencontrée peu de temps auparavant lors d’une visite à l’Eglise de scientologie de Lausanne au moment où, d’une simple mission, l’organisation est devenue une Eglise. Mais pour échapper aux griffes des scientologues, je ne pouvais que lui répondre que tout allait bien. (Il faut savoir que la moindre critique ou hésitation est vue comme un signe de trahison qui de suite est rapportée à la police interne de la scientologie. Ndlr)
 
David Miscavige ne m'a plus adressé la parole. J’ai senti alors que c'était un homme qui avait du mépris envers ses employés.
 
Le lendemain j'ai eu droit à un contrôle de sécurité. On voulait savoir, entre autres, comment cela se faisait-il que je connaissais un dirigeant de la scientologie.
Les horaires de la «Sea Organisation» de scientologie
 

Du  lundi au dimanche

05h30

Lever

06h05

Appel - nettoyage de la vaisselle - aide au service du petit-déjeuner

06h30

Repas (20 minutes au maximum)

07h00 - 12h00

Corvées de nettoyage

12h00

Appel - nettoyage de la vaisselle - aide au service du déjeuner

12h30

Repas (20 minutes au maximum)

13h00 - 18h00

Cours imposés (dans un local situé à côté des dortoirs)

18h05

Appel - nettoyage de la vaisselle - aide au service du souper

18h30

Repas (20 minutes au maximum)

19h00

Départ en bus pour Hollywood bvd

19h30 - 22h30

Corvée pour le poste imposé - transport d'ordres écrits et de nombreux documents  - tri de paperasses - etc.  

22h35 (23h00)

Attente du bus - (un bus toujours en retard)

23h (23h30)

Appel - bilan de la journée à rendre (statistiques)

23h00 - 23h30 

Débarbouillage - Attente pour se laver (3 douches disponibles pour une centaine d'employés !)

24h00

Extinction des feux - début des ronflements et de la chaleur - PAS DE CLIMATISATION - LE VENTILATEUR EN PANNE ...

 

Seul 3h00 de libre le samedi après-midi nous étaient accordées.

Il fallait se précipiter pour nettoyer ses habits et entretenir sa chambre si l'on ne voulait être très mal considéré.

Aucun salaire ne m'a été versé pour mon travail

Des comportements étranges
 
On devait toujours courir dans nos déplacements. Lorsqu'une employé(e) n'avait pas fait correctement son devoir, il devait se mettre face aux autres en présence du supérieur, confesser sa faute et reconnaître qu'il avait mal fait son travail. Si d'aventure il recommençait je ne le revoyais plus jamais. Que lui était-il advenu?  Je me suis demandée s'il n'était pas considéré comme inapte et rejeté du groupe. Cette peur nous poussait à faire parfaitement ce qui nous était demandé.
 
Au Celebrity Center de Los Angeles, alors en rénovation, un étrange test a été fait sur ma personne. Un scientologue est venu prétendre que le piano installé dans le hall d’entrée, un piano que je savais mécanique, était joué par l’esprit de Ron Hubbard ... était-ce pour évaluer mon niveau de naïveté ? Je me demande encore ce qui me serait arrivé si j’avais accordé du crédit à ses propos ... Les scientologues m’auraient-ils demandé de faire n’importe quoi  ... ?
 
J'étais chargée de nettoyer l'appartement d'un des 7 principaux cadres supérieurs (Watchdog comittee). La scientologie avait construit un mur à 40 cm de l'entrée pour masquer la totalité de la porte. Il fallait que je me glisse d'un côté ou de l'autre des deux ouvertures pour y pénétrer. Un homme fort n'aurait pu le faire. Fallait-il protéger d'une attaque terroriste ce directeur ? De quoi et de qui avait-il peur ?
Esclave et punition en scientologie  : une violation des droits de l'Homme
 
J'ai découvert qu'une jeune femme de 14 ans, fille d'un haut dirigeant scientologue, avait à son service une esclave d'origine mexicaine âgée de 10-11 ans. Cette gamine devait faire tout ce que sa maîtresse lui demandait et cela 24 h sur 24.
 
Elles étaient constamment ensembles et dormaient dans une même petite chambre, l'esclave se couchant à même le sol au pied du lit de sa maîtresse.
 
Ayant voulu s'enfuir cette esclave a été punie par le chef de l'EPF. Elle a dû rester assise, les yeux fermés face à un soleil de plomb. Elle devait garder également le dos bien droit et rester toute la journée sans boire. Elle était constamment surveillée et menacée d'être attachée si elle faisait le moindre mouvement ou ouvrait les yeux !
 
En la voyant le soir on aurait dit une fleur fânée. Ne voulant pas être responsable de sa mort, je me suis précipitée pour lui apporter un verre d'eau qu'elle a bu avidement. Voulant remplir un deuxième verre d'eau, à cet instant, j'ai été arrêtée violemment par un responsable du noviciat qui m'a arraché le verre des mains et m'a ordonné d'aller chez le bossum (le chef des membres de la sea organisation effectuant le noviciat).
 
Le bossum m'a dit que j'étais beaucoup trop sensible et que je ne devais plus interférer dans les décisions des responsables scientologues.
Des prisonniers dans les caves de la scientologie
 
Nous devions chaque matin nettoyer un ancien hôpital d'au moins 13 étages, de couleur bleu, visible de tout Los Angeles. Ce bâtiment abritait des salles de cours, des dortoirs, ainsi qu'un énorme réfectoire qui servait 6'000 plateaux à chaque repas. Il y avait également de très nombreux étages en sous-sol.
 
Notre travail se faisait par groupe de 3 à 5 employées, réparties à chaque étage, et il y avait une compétition entre chaque équipe. Celle qui, en fin de semaine, avait pris trop de temps devait refaire leurs cours, sous prétexte de n'avoir pas compris le «jeu» de la «sea-organisation»; ce qui allongeait la durée du noviciat. Les cours qui généralement devaient être revisés étaient ceux concernant les règles de la scientologie : l'éthique de la scientologie.
 
Jamais nos équipes étaient envoyées dans les sous-sols, où se situaient les dortoirs pour la direction et l'ensemble du personnel masculin. Ces dortoirs contrairement à ceux des femmes, situés dans les étages supérieurs, n'avaient pas de fenêtre.
 
Au dernier étage des sous-sol régnait une chaleur épouvantable et, je l'apprendrai fortuitement par la suite, c'était là que se trouvait la prison de la scientologie, nommée par euphémisme «l'hôpital» ... Ce dernier sous-sol était donc destiné à enfermer ceux qui avaient commis des «péchés contre l'organisation», car selon la doctrine de Ron Hubbard "seuls les employés coupables de crimes ou de délits contre la scientologie tombent malades ..."
 
Un jour avec deux autres employées, j'ai dû remplacer les chargés du nettoyage des sous-sol. Avaient-ils fuit...? ou étaient-ils punis ? Nous devions nettoyer uniquement les escaliers de ses sous-sol avec l'interdiction absolue de pénétrer dans les pièces ou même les couloirs adjacents. Les portes donnant sur les couloirs étant entrouvertes, nous avons constaté une crasse absolument répugnante. Visiblement aucun entretien n'était effectué au-delà des escaliers ... Le tout était dans un état de saleté repoussante.
 
Soudain, nous avons entendu des cris et des appels «AU SECOURS». C'étaient deux voix d'homme qui criaient des protestations répétées. Nous nous sommes précipitées dans le couloir (interdit) pour leur venir en aide. Nous avons trouvé la porte de leur chambre fermée à clef. Il y a eu alors un bruit sourd qui nous a fait penser à la chute d'un corps car aussitôt le silence s'est installé.
 
Une femme, sans doute en réaction à notre tentative d'ouverture, a brusquement ouvert la porte et, furieuse, nous a demandé "Que faites-vous ici ?" Une d'entre nous parlant l'anglais lui a répondu : "Nous avons cru que quelqu'un s'était fait mal". Elle a semblé embarassée et nous a ordonné de déguerpir car nous n'avions rien à faire là, puis elle a refermé aussitôt la porte à clef.
 
J'ai aperçu, sur le plateau qu'elle tenait, 3 ou 4 seringues, un flacon qui semblait être du désinfectant, un verre avec un reste de liquide transparent, ainsi que du coton. Pour moi, qui suis infirmière, c'était du matériel pour une injection.
 
Suite à cet incident, nous avons dû nous présenter devant le bossum (le chef du noviciat). Après un interrogatoire, l'une après l'autre, il nous a signifié que les sous-sols nous étaient interdits d'accès; ajoutant qu'il ne comprenait pas pourquoi on nous y avaient envoyées. Il est vrai que je ne pouvais pas être en contact avec cette partie du bâtiment, car nos tâches se situaient dans les étages supérieurs ou à l'opposé. De plus, il n'était pas question pour nous de faire le tour du propriétaire, sans compter que je m'étais déjà perdue à plusieurs reprises dans ce gigantesque bâtiment.
 
Étant habituée aux ordres contradictoires des scientologues, je n'ai pas été surprise lorsque, vingt jours plus tard, un responsable du service de blanchisserie a donné l'ordre à mon équipe d'aller chercher exceptionnellement des draps à laver dans trois étages de ces mêmes sous-sol. Il nous a ordonné de ne pas nous attarder et de ne pas nous occuper de ce qui se passait. Nous devions uniquement ramasser RAPIDEMENT les draps déposés dans des grands sacs devant chaque chambre.
 
Il y avait 30 chambres environ à chaque étage, et les sacs étaient réunis sur 4-5 chariots à roulettes par étage. Parfois, pour récupérer le sac d'une chambrée, j'ai dû entrer dans la pièce. J'ai alors constaté qu'elle accueillait six à quinze employés et qu'elle n'avait aucune fenêtre !
 
Durant cette corvée, nous avons croisé deux scientologues. L'un d'entre eux nous a de suite demandé ce que nous faisions là et si nous savions que c'était la prison ici. Devant notre ignorance, son collègue a ajouté sur un ton persifleur : "Yes, it's the jail here" (Oui, c'est la prison ici)
 
Inquiète au sujet de telles affirmations, j'ai interrogé un membre suisse-allemand de la scientologie qui parlait français. Je lui ai demandé s'il savait ce qui se passait dans les sous-sol. Il m'a répondu : "Le mieux pour toi c'est de ne pas avoir d'yeux, ni d'oreilles lorsque tu vas dans les sous-sols".
 
Cherchant également à savoir se qui se tramait dans ces caves, une collègue a appris que Ron Hubbard lui-même, ainsi que Marie Sue Hubbard, y avaient été enfermés.
 
De tels propos étaient graves. Bien qu'ils tendaient d'une part à nous faire croire que la justice scientologue était la même pour tous, ils nous indiquaient clairement qu'une menace sérieuse pesait sur nos têtes au moindre écart.
Les scientologues sont-ils des voleurs et des maniaques ?
 
En scientologie, il est interdit de cacher son odeur personnelle (le parfum est interdit pour les employé(e)s) et ce n’est sans doute pas par hasard que mes crèmes pour la peau disparaissaient. La pauvreté de la nourriture destinée aux employés scientologues explique la disparition des plaques de chocolat que j’avais amenées depuis la Suisse ...
 
Ceux qui ont connu Ron Hubbard m'ont dit qu'il était sans cesse en train de se laver les mains. Par exemple il se lavait les mains chaque fois après avoir serré une main. Pour moi cette interdiction du parfum m'a confirmé que Ron Hubbard souffrait d’un TOC.
Pour échapper aux scientologues j’ai sauté sur la première occasion
 
Après un mois de ce régime on m'a désignée pour commencer un cours sur Hollywood Boulevard (au Flag bureau). Mon dossier d’étudiant n’étant pas arrivé j’ai proposé d’aller le chercher.
 
J’avais repéré un arrêt de taxis. Par chance, l’homme du taxi comprenait le français et a tout de suite compris que mon départ était une fuite. Il m’a proposé de me conduire chez ses parents, eux-mêmes des réfugiés «russes blancs» (Non communiste. Ndlr).
 
J’ai été accueillie chaleureusement comme un membre de la famille, logée, nourrie, avant de pouvoir, cinq jours plus tard reprendre un avion pour la Suisse.
 
Cet accueil m'a redonné confiance dans l'humain. Encore un grand merci à Dimitri et à sa famille, car sous le stress de ces évènements j’ai oublié de relever leur adresse.
 
Jo, 16 novembre 2005
 
Propos recueillis par www.anti-scientologie.ch
 
Jo a écrit un livre : "Enfer et secte - Ma vie au coeur de la scientologie"
 
«Tout ce que j'ai écrit est ce que j'ai vécu. J'ai raconté mon histoire sous forme de conte».
 
 Témoignage de JO - 1re partie
¨Enfer et Secte
Ma vie au coeur de la scientologie

Auteur : Jo

 
Editeur : Editions à la Carte
www.edcarte.ch
 
Collection : Religions et croyances
182 pages, ISBN: 2-7444-0182-X

Prix : SFr. 35.00 (24.60 Euros)

Une œuvre empreinte d'une vérité bouleversante, la force et le courage de témoigner à cœur ouvert, le fruit d'une palpitante expérience au sein d'une "église", d'une utopie.

EPF - Le projet Force des biens

L'EPF était comme une prison.

Il fallait que je m'adresse à tous les gens en leur disant "Sir"

On me laissait seulement quinze minutes pour manger

On ne me laissa quitter l'EPF que quand j'eus fait mes preuves

J'avais le cerveau complètement lavé pour bien obéir aux ordres

On me donnait 2,9 dollars par semaine pour ce travail

Témoignage de Tonya Burden