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TÉMOIGNAGES
Les
extra-terrestres sont parmi nous
Le
clonage et les «enfants indigo»

C’est justement cette perte de repères qui permet de comprendre mieux de
quelle manière des doctrines, qui semblent parfaitement farfelues au commun des
mortels, peuvent parvenir à faire le plein d’adeptes.
Dans la rubrique société
du quotidien “Libération” du mercredi 4 février dernier, Colette
récapitule l’aventure de Dominique Saint-Hilaire, ex-membre des “raéliens”, à
qui le “prophète” réclame 30'000 euros pour diffamation après qu’elle a dénoncé
ce qu’elle appelle une “escroquerie” sur une chaîne de télévision canadienne.
C'est au moment de l’affaire du clonage annoncé par Raël, et sa demande de
nouveaux fonds, que l’enseignante a définitivement largué les amarres après
treize ans de bons et loyaux services au “messie cosmoplanétaire”.
Curieusement,
elle confie à la journaliste que la doctrine ufologique (liée à l’intervention
d’extra-terrestres) professée par son ex-gourou ne lui semble toujours “pas
ridicule”. Mais avant tout, et comme c’est souvent le cas, c’est à une femme
blessée que s’était attaquée la secte.
A l’époque où le contact se fait, elle
est divorcée et vit “seule avec ses trois dont un handicapé”. Tout de même, on
est endroit de se demander comment des gens ayant fait des études supérieures
peuvent-elles en arriver à adhérer à des concepts aussi délirants ? La faiblesse
du moment n’est la seule raison qu’on peut invoquer pour comprendre une telle
perte de contact avec le réel.
Les
«enfants indigo»
Un autre exemple, également mâtiné de rencontres
du troisième type, celui des “enfants indigo”, dénoncé par l'Adfi et repris par
“Sud-Ouest le 18 décembre dernier sous la plume d’Hélène Rouquette-Valeins:
“Nancy Ann, qui a lancé ce terme d’”enfant indigo’, assure les reconnaître
‘grâce à l’aura bleue qui les entoure’. Des enfants présentés comme
’surhumains’, ‘mal adaptés à la vie terrestre’. Ils ressemblent aux enfants que
les pédiatres qualifient d’hyperactifs.
C’est en 1991 que Lee Caroll a créé et
développé le réseau Kryeon, syncrétisme apocalyptique qui reprend les thématique
de magnétisme d’hypnose, de développement personnel, etc. (…) L’une des
thérapeutes qui se présente comme praticienne en énergétique, assure avoir
rencontré des enfants indigo mais aussi ‘dorés’ et ‘arc-en-ciel’”.
Payer ou recruter
Témoignage
de Françoise infirmière (Sukio-Mahikari)

Le témoignage de Françoise, infirmière, est particulièrement
caractéristique des moyens de recrutement utilisés au sein du milieu soignant.
Travaillant, il y a quelques années dans un service de personnes âgées, elle
traverse une période particulièrement difficile sur le plan sentimental. Au sein
de son service, c’est une aide- soignante qui lui “tend la main”. “Je ne savais
pas qu’elle faisait partie d’une secte” raconte-t-elle “Et là, j’ai mis un pied
dans l’engrenage”.
A Amiens, Françoise est donc présentée à un groupe: Sukio
Mahikari. Elle commence
à suivre des formations à Amiens puis à Paris. “Comme je n'avais pas beaucoup
d’argent, j’étais autorisée à suivre le parcours à condition de devenir
recruteuse de nouveaux membres.” Poursuit-elle. Une pratique manifestement
utilisée par de nombreux groupes sectaires.
“Je suis restée un an comme
‘observatrice’, puis un an comme ‘initiée’. Le groupe était très sympa mais on
met l'hameçon, on te culpabilise et tu t’engages encore un peu plus. Quand je
posais des questions, on me disait de ne pas en parler devant tout le monde et
j’obtenais toujours les mêmes réponse : en gros, je n’étais pas assez évoluée
pour comprendre ! Pas assez élevée spirituellement.”
Françoise a su néanmoins
garder les pieds sur terre: “Je continuais à lire d’autres choses. Quand je
suis devenue ‘initiée’, j’ai trouvé que les réunions n’étaient pas aussi
intéressantes que promis et j’ai fini par quitter le groupe. On m’a rappelée
plusieurs fois, mais comme je n’avais pas beaucoup d’argent, je n’étais pas
tellement intéres- sante.” Se souvient-elle.
Par la suite, son frère qui est
homéopathe lui parle de l’Adfi (Association de défense de la famille et de
l’individu) dont elle devient membre actif pendant plusieurs années pour aider
les personnes victimes de sectes.
Non dépourvue d’humour, elle raconte aussi
comment, dans un mouvement de curiosité, elle a démonté une prétendue médaille
miraculeuse qui lui avait été remise très cérémonieusement par son groupe. “Elle
était censée rouiller si on faisait des erreurs. En fait, c’était du plastique
!”.
Françoise
s’en est donc sortie sans dommage. Ce n'est pas le cas de
tout le monde, loin s’en faut. Son ancienne amie aide-soignante a également
quitté Sukio Mahikari mais ne s’en remet toujours pas.
Toutes les sectes s’intéressent à la
santé
Témoignage
de Roger

Les groupes sectaires dont la “spécialité” n’est pas la santé y ont
néanmoins créé des domaines d’application. Un ancien fondateur
dirigeant d’une antenne de scientologie en France, raconte: “C’est un système
basé sur une sorte d’imitation freudienne qui prétend tout guérir, y compris le
cancer.
On considère, en scientologie, que la plupart des maladies sont
d’origine psychosomatiques. Ce sont des ‘chasseurs d’ambulances’. On les
retrouve sur tous les lieux de catastrophes comme Toulouse ou le World Trade
Center. Ils pratiquent aussi des sortes de procédures de guérisons contre
l’asthme et les allergies.
Dans un autre domaine, aux Etats-Unis, on fait
maintenant signer aux adeptes un formulaire dans lequel ils déclarent refuser
d’être soignés par toute technique ou médicament psychiatrique. Ce document
permet à la secte d’aller éventuellement les récupérer tout à fait légalement
dans les hôpitaux afin de leur faire suivre une ‘procédure d’introspection’;
C’est mortel !” Commente-t-il.
Vet
ex-employé de la scientologie est resté huit ans dans les hautes
sphères de la scientologie française. C’est, entre autres, l'augmentation énorme
des frais demandés aux membres pour payer les cours qui l’ont amené à se
révolter contre ses condisciples. Son épouse dirigeait également l’antenne de
Lyon.
Lorsqu’il a commencé à prendre ses distances avec la secte, ses cadres on
fait pression sur elle pour qu’elle démarre une procédure de divorce. C’est la
goutte d'eau qui a fait déborder le vase: ils ont alors, tous deux, quitté
définitivement l’organisation et fourni tous les documents qu’ils possédaient à
la police, le justice et la presse. Ces huit dernières années, le harcèlement
n’a jamais cessé. “Je crois que je suis l’homme le plus attaqué en justice de
France” termine-t-il."
Voyages astraux et pensées magiques
Témoignage
d'Eric Bresson (médecine énergétique
et Kinésiologie)

Eric Bresson, quant à lui, a fait les frais des ravages provoqués par
certains mouvements et les médecins qui les promeuvent. Un jour, sa femme
consulte un médecin de Rueil Malmaison. Sur sa plaque est inscrite l’expression
“médecin énergétique”.Durant les week-ends, le praticien organise des stages
intitulés “Incarnation et auto-gué- rison” et son titre de médecin est bien
stipulé sur les tracts qu’elle distribue afin de recruter ses stagiaires.
Docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux, (XY) pratique la médecine
énergétique-émotionnelle dans son cabinet depuis bientôt dix ans. (…) Depuis
1995, elle suit l’enseignement de bioénergétique taoïste de Juan Li, principal
collaborateur de Mantak Chia. (…)
Les stages qu’elle anime permettent à chacun
de prendre sa santé en charge.” Y lit-on encore, pour le moins médusé. “Ma femme
est tombée là-dedans il y a plus de dix ans sur les conseils de ce médecin”
raconte Eric Bresson. “Je me suis battu, mais je n’ai pas gagné; elle m’a
quitté en m’ayant diabolisé. Après quelques temps, elle m’a expliqué que ses
‘voyages astraux’ lui avaient fait comprendre qu’elle s’était mariée avec moi
pour régler nos comptes de vies antérieures” déplore-t-il avec douleur,
abandonné par sa femme qui a réussi à récupérer leurs trois enfants après avoir
affirmé devant la justice qu’elle avait quitté le mouvement de kinésiologie dans
lequel elle s’était engagée.
La kinésiologie est justement l’un des mouvements
étudiés par Jean-Marie Abgrall dans son livre “Les charlatans de la santé”
(éditions Documents Payot). Le grand spécialiste des sectes y écrit entre autres: “Une des récentes ‘découvertes’ de la kinésiologie est que la mémoire ne se
cantonne pas uniquement dans le cerveau mais se situe aussi, plus ou moins, dans
chaque cellule de notre corps et plus particulièrement dans les muscles, les
chaînes musculaires ou les fascias, selon des schémas psychologiques précis et
inconscients. (…)
Partant d’un exposé anatomo-physiologique correct sur
l’existence des hémisphères cérébraux, on passe à une interprétation aberrante
du rôle respectif des deux ‘cerveaux’. (…) Toute la suite du raisonnement est
ainsi détournée du réel et réinterprétée en vue de la pratique kinésiologique.”
Bouleversé et révolté par une telle situation, Eric Bresson attaque le médecin
qu’il considère comme responsable des dérives de son épouse devant le tribunal
de grande instance de Nanterre. En première instance, le médecin est condamné à
trois mois d’interdiction d’exercice mais elle parvient à faire annuler la
sanction en appel, défendue par un avocat que le plaignant qualifie de
“spécialisé dans la défense des sectes”.
Refus de
soin
Témoignage
de Christine* - L'Église du Christ

*le
prénom a été changé
Le 29 janvier dernier, le “Quotidien du médecin” se faisait l’écho des
inquiétudes de la Miviludes (Mission intermi- nistérielle de vigilance et de lutte
contre les dérives sectaires) concernant l’augmentation des refus de vaccination
ou de transfusion sanguine ou de refus de soins classiques. Des situations
auxquelles les infirmières se trouvent également confrontées de plus en plus
souvent.
“I love you !” Cette phrase résonne à chaque étage d’un célèbre centre
de congrès de Paris qui reçoit la réunion annuelle des jeunes adhérents de
l'Eglise du Christ.
Christine (son prénom a été changé), infirmière vacataire
embauchée par le centre de conférences n’en croit ni ses yeux, ni ses oreilles.
“Je me suis demandée si je ne divaguais pas.” S’étonne-t-elle encore. “Le
premier jour, je n’ai pas arrêté ! Ils arrivaient tous par groupes pour des
malaises, genre pseudo-hystériques, des crises spasmophilie. Mais le lendemain,
surprise: personne, mais vraiment personne n’est passé à l’infirmerie de toute
la matinée.
Dans l’après-midi, plusieurs personnes sont venues me voir pour des
troubles variés. Tous voulaient des médica- ments à prendre plus tard. Or, étant
responsable des substances que je donnais, j’ai systématiquement refusé de
délivrer quoi que ce soit, même une aspirine, si le patient ne le prenait pas
devant moi. Aucun n’a accepté. Ils sont donc repartis les mains vides. En fait,
j’ai rapidement compris qu’ils venaient prendre des médicaments pour d'autres
personnes.”
Chatouillée par la curiosité, Christine quitte son infirmerie et
commence à faire le détective dans le centre. Il lui faut pas longtemps pour
confirmer ses doute: les dirigeants de la secte ont mis en place leur propre
centre de soins dans les loges et lui envoient des faux malades afin d’obtenir
les médicaments qui leur manquent. On ne voulait manifestement pas qu’elle
puisse constater le nombre de personnes qui faisaient des malaises de type
émotionnel. Cette notion de secret ne l’étonne pas plus que ça: elle
s’intéresse depuis longtemps aux phénomènes sectaires.
Tout se complique,
cependant, quand l’équipe de sécurité lui amène une petite-fille de trois ans
accompagnée de ses parents, adeptes des Enfants du Christ. “Elle hurlait sans
discontinuer depuis cinq heures du matin et on ne pouvait pas toucher son bras
gauche sans que ses cris redoublent. Tombée de la banquette du train durant son
voyage pour venir à Paris, je commençais à suspecter une fracture. A peine
avions-nous envisagé d’appeler la brigade de pompiers pour un transfert à
l’hôpital, qu’un médecin de la secte est apparu. Il immédiatement tenté de
prendre la direction des opérations et m’a ordonné de poser un pansement
alcoolisé et de laisser l’enfant se reposer dans leur pièce de soins.
Heureusement que l’équipe de sécurité était avec moi pour faire face à la
situation !” se souvient-elle. “J’ai refusé de poser le pansement et de laisser
l’enfant s’en aller. Devant mon insistance et celle des agents de sécurité, les
parents ont fini par accepter le passage à l’hôpital. Heureusement, car elle
avait vraiment une ‘belle’ fracture qu'aucune prière n’aurait pu réparer !”
Le siècle de
l’alchimie
Les
fausses promesses d'Yvonne Trubert (IVI - Invitation
à la vie)

D’autres doctrines délirantes font froid dans le dos. Parmi elles, celle
qui est professée par Ivi (Invitation à la vie) qui est plus spécifiquement axée
sur la santé. Sur le site de la secte, on peut lire en gras : “La
liberté de guérir étant laissée à chaque individu, sa guérison totale lui
appartient et ne peut se produire que lorsque l’âme l’a choisi.” Autrement dit:
si vous ne guérissez pas, c’est que vous ne le voulez pas vraiment, que votre
âme n’est pas assez élevée. “Il n’y a pas de maladie inguérissable” annonce Ivi.
Dans le bulletin Bulles, édité par l’Unadfi, on trouve les citations suivantes,
attribuée à Yvonne Trubert, la fondatrice et gourou de l’organisation: “Le
cancer: “Dramatique pour les médecins, il est simple pour vous : vous saurez
guérir un cancer … La leucémie ? Par les soins que vous saurez faire, on arrive
totalement à irriguer (?) et à détruire la maladie. Les métastases s’envoleront
(sic) sous vos doigts. Ce que je peux vous dire, c’est qu’elles disparaîtront.
(…) Tous les cancers, cancers des os, cancers des glandes (?), cancer du poumon,
tous les cancers se guérissent.”
Elle aurait également affirmé: “Vous arriverez
non seulement à alléger les souffrances des ces paralysés mais aussi à redonner
une activité aux jambes et aux bras.” Dans son livre “Homme nouveau – Nouvelle
médecine”, page 91: “Maintenant, de cette époque branchée sur chimie, biochimie
et physique qu’a été le XXème siècle, nous passons au siècle de l’alchimie,
c’est à dire de la transformation possible de toute matière par la seule énergie
de l'amour.”
L’énergie du
désespoir
Il n’y a pas de formation sérieuse gratuite

Les professionnels de santé constituent des cibles de choix.
Les groupes dits “guérisseurs” sont de plus en plus nombreux et
recrutent préférentiellement parmi les médecins, en proie à des interrogations
profondes liées à ce que le rapport parlementaire sur les sectes présente comme
une recherche due aux “échecs de la médecine allopathique classique”. “Ils
cherchent donc des voies nouvelles dans les médecines parallèles que l’on voit
fleurir : médecines qui nous viennent de la Chine ou de l’Inde, en particulier
les médecines énergétiques.
Dans ce contexte, le médecin peut être amené à
rencontrer un confrère qui apparient déjà à la secte et qui lui dira: ‘J’ai
trouvé la réponse à ton problème; nous sommes un groupe en train d’étudier les
théories énergétiques, viens et tu verras !’ Le nouvel arrivant a ainsi la
caution de ses confrères, qui est quand même importante, j’allais dire sur le
plan scientifique. Il entre donc dans la secte, il y découvre un groupe
accueillant, sympathique et un gourou qui n’est pas un imbécile.” Y lit-on. Des
arguments qui fonctionnent également avec les soignants qui témoignent souvent
souffrir d’une trop grande frustration face à un “manque d’ouverture de [leur]
univers professionnel à tout ce qui est psychologique”. Une souffrance dont les
groupes sectaires savent profiter.
Infirmière anesthésiste et directrice
d’Equilibre santé, une école de sophrologie parfaitement reconnue, Mariama
Guillard a suivi énormément de stages de toutes sortes, axés principalement sur
le massage et la relaxation au long de son parcours professionnel. Lors d’une
conférence qu’elle a donnée, organisée par le CHU de Nantes et dont le thème
était “le stress des soignants”, elle s’est fait aborder par une femme
promouvant une méthode de développement personnel.
“Durant le déjeuner, j’avais
déjà remarqué qu’elle jouait des coudes pour essayer de s’approcher de moi”
raconte-t-elle. “Elle disait organiser des séminaires gratuits. Le concept était
alléchant: cette formation était censée vous permettre de devenir formateur de
la méthode; donner un nouveau métier, en somme. De très nombreux soignants sont
en état de burn out et sensibles à ce genre de message” commente-t-elle encore.
Pour elle, le seul moyen d’échapper à des stages bidons, ou même dangereux, est
de “garder les yeux toujours bien ouverts et refuser systématiquement toute
formation gratuite.”
“Il n’y a pas de formation sérieuse gratuite ! Le but est
d’accrocher les gens pour leur faire payer beaucoup plus par la suite.”
Insiste-t-elle.
L’enfer est pavé
de bonnes intentions
Comment
faire perdre à un individu son autonomie psychique et physique

Le psychisme agit sur le corps. La preuve, nos émotions induisent toutes
sortes de réactions que nous connaissons bien : les larmes lorsque nous sommes
tristes, un excès de transpiration en cas d’angoisse, des tremblements lorsque
nous avons très peur, etc.
Il est clair que lorsque l’on est amoureux ou très
heureux, on est plus en forme que lorsqu’on subit un deuil ou une dépression. Il
existe, également, des guérisons inexpliquées validées par de collèges de
spécialistes d’aucun partis pris. Celles constatées à Lourdes en sont la preuve.
Nul doute qu’il en existe parfois dans les sectes. D’ailleurs les théories de
nombreuses d’entre elles partent de ces concepts simples et justes.
L’emprise
sectaire s’installe peu à peu, au fil d’étapes soigneusement formalisées
destinées à créer une véritable dépendance psychologique. “Il faut dégager les
procédés spécifiques des sectes qui visent à aliéner l’individu.
Différents
selon les groupes sectaires et destinés à régenter l’activité psychique et
l’activité physique, ces procédés se situent à plusieurs niveaux: cognitif,
comportemental et affectif. Et, les conséquences de ces procédés sont graves sur
le plan psychique, physique, intellectuel, relationnel, social et financier. (…)
Véritables fabriques d’aliénation (…) grâce à certains procédés, le groupe
sectaire amène l’individu à rompre avec son milieu culturel, familial, social et
économique ou tout au moins, à limiter au maximum les contacts avec l’extérieur.
Aussi, l’individu perd son autonomie psychique et physique: convaincu et ayant
perdu le sens de la réalité et un esprit critique, il ne peut plus se détacher
du groupe et ne décode le monde que selon la logique de la secte” écrivait la
psychologue Delphine Guérard en 2001.
Une nouvelle
famille
Attirer le client
à tout prix pour l'isoler des réalités
du monde

Sur le site de l’Adfi, on trouve des précisions sur les manipulations
pratiquée : “Pour obtenir, sans contraintes visibles, une adhésion et une
participation active des sujets, le groupe sectaire utilise des masques
séduisants, en s’appuyant sur les aspirations des personnes susceptibles d’être
intéressées.
Ainsi, comme vitrines très alléchantes, seront proposés des
programmes de développement personnel, des activités humanitaires, écologiques,
commerciales, culturelles et éducatives, des médecines alternatives. Toujours
dans le but d’attirer le ‘client’, les groupes sectaires pourront faire de
larges emprunts aux diverses religions et psychothérapies.”
Cette étape passée,
le groupe s’applique à détruire la personnalité du nouvel adepte pour l’amener à
en reconstruire une autre, isolée des réalités du monde et conforme aux
doctrines de la secte. La destruction se fait au moyen “des effets de groupe, la
mobilisation des émotions, l’isolement et les ruptures, l’encouragement à
évoquer le passé, les séances de confession et d’autocritiques, la
culpabilisation, la modification des niveaux de vigilance, l’obéissance aux
consignes, etc.”
Afin de renforcer son influence sur l’individu, les cadres de
la secte mettent de nouvelles techniques en branle pour créer une véritable
dépendance durable: “Le groupe apparaît comme un univers de remplacement où
l’on trouve identité, relations, activités, idéal, affectivité, explications,
certitudes, autorité, projets.
Ainsi, ayant un nouveau cadre de vie, l’adepte va
progressivement s’isoler des réalités du monde extérieur et considérer le monde
profane comme suspect, voire dangereux.”
Massages
dangereux
Le
monde des «Chakras»

Pour mesurer l’engouement actuel pour toutes les doctrines liées à
l’énergie, un test simple : aller sur un moteur de recherche Internet et taper
“chakras”. D’apparence tout à fait inoffensive, ces mouvements font florès. Le
premier contact se fait souvent via des salons de massage branchés, très en
vogue et d’aspect parfaitement classique.
Sur le site de l’Unadfi (http://www.unadfi.com/bulles/bulles76/bulles764.htm), on trouve néanmoins la confirmation que de nombreux
mouvements d’inspiration exotique sont d’autant plus dangereux qu’ils sont
encore plus insidieux dans leur mode de recrutement
Laure de Montalembert
- Infirmière Magazine - mars
2004
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