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Reconnu coupable d'agression sexuelle en
2006 Un Ancien purgera sa peine dans la
communauté
par
Sylvain Daignault

Edition
du 24 novembre 2007
Reconnu
coupable en décembre 2006 d'agressions sexuelles sur une personne mineure
survenues entre 1985 et 1992, Marcel Simonin, 67 ans, qui était un Ancien au
sein des Témoins de Jéhovah de Châteauguay au moment de ces crimes, a été
condamné à une peine de neuf mois de prison, peine qu'il purgera dans la
communauté.
- Marcel Simonin purgera sa peine dans la communauté.
- (Photo d'archives)
Simonin a reçu sa sentence mercredi dernier au palais de
justice de Valleyfield. Au moment des premières agressions, la victime, une
jeune fille, n'avait que onze ans.
C'est à la salle du Royaume des
Témoins de Jéhovah de Châteauguay que la mère de la jeune victime avait
rencontré l'individu qui occupait alors le rôle d'Ancien, c'est-à-dire qu'il
prenait la parole lors des assemblées. Il enseignait les préceptes de vie et
supportait spirituellement les membres de la congrégation.
Après avoir
réussi à gagner la confiance de cette femme et celle de sa fille, celui-ci s'est
par la suite adonné à des contacts intimes avec l'adolescente, des contacts
allant des simples attouchements au rapport sexuel complet.
Durant ces
huit années, les agressions se sont produites à plusieurs endroits, notamment
chez l'individu, dans sa voiture, au domicile de la jeune fille et à la salle du
Royaume des Témoins de Jéhovah à Châteauguay.
Dans son jugement, la juge
Linda Despots, de la Chambre criminelle et pénale, note que la victime avait
déposé une plainte alors qu'elle avait 16 ou 17 ans mais qu'elle a par la suite
retiré cette plainte "se sentant sous la pression de la communauté et la menace
d'en être expulsée".
C'est un autre Ancien, dans la région de Québec où
la mère et la plaignante étaient déménagées, qui l'a convain- cue d'écrire une
lettre aux autorités de la congrégation des Témoins de Jéhovah concernant ce
qu'elle avait vécu avec l'accusé.
Suite à la réception de cette lettre,
Simonin a téléphoné à sa victime pour s'excuser des gestes posés après en avoir
reconnu la véracité. La plaignante lui aurait alors pardonné.
Mais quand,
en 2003, la jeune fille revoit l'accusé lors d'une assemblée des Témoins de
Jéhovah au Stade Olym- pique de Montréal, sa présence ravive ses blessures et lui
fait revivre cette culpabilité vécue pendant les années où elle a été victime
d'attouchements. S'en suivent alors des années difficiles pour la jeune fille où
elle fait trois tentatives de suicide et entreprend un suivi psychologique.
En 2005, afin de continuer sa démarche thérapeutique et se libérer, la
jeune fille décide à nouveau de déposer une plainte contre l'accusé.
Estimant que la crédibilité de l'accusé - qui a toujours nié s'être
adonné aux actes reprochés - était affectée pour plusieurs raisons, le Tribunal
a déclaré Marcel Simonin coupable d'agression sexuelle en vertu des articles
246.1(1)a), 271(1)a) et 153(1)a) du Code criminel.
Avant 1996, une
personne reconnue coupable d'une infraction criminelle et condamnée à une peine
d'emprison- nement de moins de deux ans devait purger sa peine en détention dans
une prison. Aujourd'hui, une personne condamnée à une peine d'emprisonnement de
moins de deux ans peut purger cette peine au sein de la collectivité si le
tribunal considère qu'une ordonnance d'emprisonnement avec sursis est
appropriée.
Le Soleil a tenté en vain jeudi dernier de rejoindre la Salle
du Royaume des Témoins de Jéhovah de Châteauguay pour obtenir des commentaires.
Officiellement, les Témoins de Jéhovah s'opposent à la pédophilie.
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