J’ai
lu les Mémoires du «révérend» Sun Myung Moon

- http://www.agoravox.fr/...
- 1 août 2011
- [Texte
intégral]
Tant
par curiosité que par souci de connaître,
j’ai pris la peine de lire les mémoires du «révérend»
Moon publiées chez Jean Picollec. Titré
Ma Vie au service de la paix, le livre raconte les péripéties
à travers le monde du célèbre Coréen,
considéré comme un gourou en France, avec
une importante partie historique touchant à l’occupation
japonaise puis à la séparation des deux
Corées.
Ce
qui m’a frappé, en premier lieu, c’est que ce
livre est facile à lire, poignant quand il parle
de l’enfance du «chef» religieux, et instructif
historiquement et sociologiquement. Pas forcément
d'accord avec les idées du fondateur de
l’Eglise de l’unification, qui émaillent le livre
par bribes, je reste impressionné par l’obsession
universaliste du jeune Coréen traumatisé
par le drame que vit son pays.
Obsession
qui le conduit à faire le tour du monde pour
inviter les responsables et les élites à
«revenir vers Dieu», seul moyen, selon lui,
d’instaurer une paix durable: «Seules les personnes
profondément religieuses sont capables de se
dresser contre l’injustice et le mal dans le monde et
de mettre en pratique un amour véritable. Quand
la connaissance et l'expérience des responsables
politiques se conjugueront à la sagesse des représentants
religieux, le monde pourra trouver la voie de la paix
véritable».
Assertion
encore à vérifier :-)...
Son
credo: la condition de la paix sur la Terre est la réunification
préalable des deux Corées. Toute son existence
fut un combat dans ce sens.
Six
fois en prison
Après
avoir été jeté six fois en prison,
dans les geôles japonaise, nord-coréenne
et même nord-américaine, et plusieurs fois
torturé, il fonde en 1954 l’Eglise de l’Unification
(http://www.familyfed.org/
), aujourd’hui établie dans 185 pays ! Ce n’est
donc pas un phénomène marginal que l’on
peut balayer d’un revers de main…
Moon
a créé de nombreuses entreprises, associations
et organisations: contre le communiste, pour la famille
(«une famille en paix constitue la base du royaume
de Dieu»), pour la paix (notamment la Fédération
pour la paix universelle et son appel à transcender
les idéologies et les religions) et la culture
(équipes sportives, orchestres symphoniques,
compagnies de ballet, etc).
Cet
homme énergique (à 91 ans, père
de quatorze enfants dont un fils désormais à
la tête de son Eglise, il n’a pas abandonné
sa «mission») a vu plusieurs fois la mort
de près. Il a rencontré plusieurs présidents
des Etats-Unis ainsi que des leaders communistes comme
Mikhaïl Gorbatchev ou le dictateur nord-coréen
Kim-Il-Sung. Sa rencontre avec ce dernier est un des
sommets surréalistes du livre (qui en compte
un certain nombre).
"L'argent
n'a pour moi aucune importance"
Sun
Myung Moon affirme, contrairement aux accusations souvent
portées contre lui, qu’il est totalement désintéressé,
financièrement parlant: «Les gens disent
que je suis l’une des personnes les plus riches du monde,
mais ils ne savent pas de quoi ils parlent. J’ai travaillé
dur toute ma vie, mais je ne possède même
pas une maison à moi. (…) L’argent n’a pour moi
aucune importance. S’il n’est pas utilisé pour
la cause de l’humanité ou pour mon voisin qui
se meurt dans la pauvreté, il ne représente
rien de plus qu’un morceau de papier.»
Bien
que le chiffre d’affaires de toutes ses organisations
se chiffre en centaines de millions de dollars, le «révérend»
a le souci de l’économie. Une anecdote: «Je
ne porte de cravate qu’à l’occasion d’offices
religieux ou d’événements particuliers.
J’imagine parfois combien d’argent part en cravates
dans les sociétés occidentales. Si tous
les hommes cessaient d’acheter des cravates et utilisaient
ce qu’elles coûtent pour aider des voisins qui
souffrent de la faim, le monde serait un peu meilleur».
Des
"messages particuliers" de Jésus
C’est
à l’âge de seize ans que Moon dit avoir
reçu une «mission spéciale»
directement de Dieu: «sauver l’humanité
de la souffrance et apporter de la joie à Dieu».
Élevé dans la foi catholique, le jeune
Coréen entama des conversations avec son Créateur,
Jésus lui apparaissant périodiquement
pour lui communiquer des «messages particuliers»,
en réponses précises à ses interrogations.
Il se sentit alors «capable de voir clairement
la voie qu’il [lui] fallait suivre durant [sa] vie:
"Je sauverai coûte que coûte notre
peuple et apporterai la paix de Dieu sur cette terre"».
S’en
est suivi la création d’un immense mouvement
aux multiples ramifications dont certaines frayent aujourd’hui
avec les plus hautes instances internationales.
Au
delà du procès fait en France contre ce
mouvement pour «dérive sectaire»,
et dans lequel je ne rentre pas vu le parti pris national
contre les minorités spirituelles, je souhaiterais
quand même relever un point qui m’a gêné
à la lecture de l'ouvrage.
Une
conception machiste du mariage
Le
prophète a une conception plutôt machiste
de l’amour marital et du rôle de la femme. Ainsi,
parlant à sa future épouse, il la prévient
qu’elle devra accepter la «vie différente
» de leur couple: «Ne fais rien, même
de banal, sans en discuter d'abord avec moi et obéis
à tout ce que je te demanderai».
Il
lui demanda également, «dans le but de
commencer sa mission publique et de développer
sa propre concentration, (…) de pratiquer une vie d’ascèse
pendant trois ans. Concrètement, elle ne pourrait
voir sa mère ni ses proches pendant trois ans.
(…) Malgré son jeune âge, mon épouse
devait être mise à rude épreuve;
c’était important. Parce qu’elle devait atteindre
le niveau d’amour maternel de Dieu, je la reprenais
pour le moindre propos déplacé. (...)
Je disais parfois quelque chose en passant, sans y attacher
d´importance. Elle devait pourtant sajuster à
chacun de mes propos; je suis donc certain qu'elle en
souffrait beaucoup».
Plus
loin: «La société aura beau changer,
la famille saura rester saine et paisible si la mère
a le cœur de se sacrifier et de servir».
Qu’en
est-il du statut actuel de la femme dans les familles
moonistes dont plus de deux millions ont été
unies et bénies depuis 1960 par le révérend
et son épouse ? Espérons qu’il a évolué
depuis…
Sans
doute l’engagement tranché, voire le manichéisme,
de S. M. Moon ont-il été souvent aussi
sa force. Et qui peut prétendre peser la balance
bénéfices/risques de son enseignement
et des actions qu’il a engagées en de nombreux
coins de la planète ?
L’énormité
de la tâche, d’ailleurs, a fini par faire naître
en lui un brin de modestie: «Il est épuisant
de cheminer vers un monde de paix, au sein duquel les
religions et les races seront unies. Maintes fois, j’ai
été rejeté, mes propres compétences
n’ayant pas été suffisantes, mais je n’ai
jamais mis cette mission de côté»…
Le
Royaume de Dieu sur Terre prévu par Moon pour
le 13 janvier 2013
Dans
une allocution prononcée à Genève
cette année 2011 dans le cadre d’une Tournée
mondiale, le "révérend" Sun
Myung Moon explique qu’il ne nous reste plus que 600
jours avant l’établissement du royaume de Dieu
sur Terre:
«Mesdames
et Messieurs, nous vivons un temps historique de grande
transition cosmique. Il est temps qu’une grande révolution
change l’histoire pour unir les mondes spirituel et
physique et créer le royaume idéal que
Dieu espère depuis l'aube des temps. Nous ne
pouvons plus différer ni prolonger l’accomplissement
de Son désir. J’ai déjà proclamé
que le 13 janvier 2013 sera le «jour de la Fondation
[du Royaume]». Ce jour marquera le commencement
effectif et l’origine du Royaume de Dieu, qu’en coréen
nous appelons Cheonilguk.
Or, il nous reste moins de deux ans pour y parvenir.
Il est donc temps maintenant pour tous d’obéir
humblement au décret du Ciel. Une échéance
inéluctable nous est offerte aujourd’hui. Conduits
par les Vrais Parents [Moon et son épouse] qui
mènent la providence sur cette terre comme les
représentants substantiels de Dieu, le Roi des
rois, nous devons nous donner à fond dans les
trois années à venir. C’est une question
de vie ou de mort.»
Une
date qui suit de peu la prophétie Maya qui parle
du 21 décembre 2012...
>>
Source: jlml.fr - http://www.jlml.fr/index.asp?cat_id=9&subcat_id=29&doc_id=376
>>
Voir aussi l'interview: Jean Picollec: «Pourquoi
j’ai choisi d’éditer les mémoires du révérend
Moon»