Les
nouvelles stratégies des mouvements sectaires
- http://www.laprovence.com/
- 19 mai 2009
- [Texte
intégral

- Jacqueline
Burguière, présidente de l'ADFI
Provence (association de défense des
familles et de l'individu victimes de sectes),
- a
été confrontée à
10'000 cas dans la région en 24 ans.
Photo Sophie Spitéri
Jacqueline
Burguière, la présidente de l'ADFI Provence
(association de défense des familles et de l'individu
victimes de sectes) revient sur le rapport annuel sur
les sectes présenté ce matin par la Miviludes.
Dans
son rapport annuel
présenté au Premier ministre ce matin,
la Miviludes
(Mission interministérielle de vigilance et de
lutte contre les dérives sectaires) n'a pas établi
de liste des mouvements sectaires installés en
France comme avait pu le faire le groupe parlementaire
étudiant ce phénomène en 1994.
Elle a en revanche dressé un état des
lieux global des risques et des moyens permettant de
les limiter. Son président, Georges Fenech, a
notamment proposé d'établir une sorte
de répertoire
des pratiques sectaires,
en particulier concernant les "niches nouvelles"
que constituent certaines méthodes
de la psychothérapie.
Une
initiative que salue Jacqueline Burguière, la
présidente de l'ADFI Provence (association de
défense des familles et de l'individu victimes
de sectes).
-
Que retenez-vous de ce rapport ?
Jacqueline
Burguière: La Miviludes a mis l'accent à
juste titre sur les psychothérapies. En matière
de sectes, on n'a plus affaire à de grandes multinationales
mais à tout un tas de praticiens proposant des
médecines douces, du coaching, développant
l'idéologie du Nouvel âge ou promettant
le bien-être. C'est entré dans les moeurs
et c'est d'autant plus dangereux que l'aspiration au
bonheur est légitime. On est confronté
à un éclatement des mouve- ments sectaires.
-
Vous traitez donc plus de cas ?
J.B.:
"Non et c'est ce qui nous inquiète. Le nombre
de personnes venant vers nous a été en
nette progression pendant un certain nombre d'années
et est maintenant en régression. Seulement, cela
ne veut pas dire qu'il y a moins de victimes mais que
l'individualisme croissant les isole et que certains
se renseignent plutôt sur Internet, ce qui est
voué à l'échec.
-
La région est-elle particulièrement touchée
?
J.B.:
Les chiffres de 1995 nous plaçaient parmi celles
ayant les plus fortes densités, exception faite
des Alpes de Haute-Provence et des Hautes-Alpes. C'est
certainement toujours le cas.
-
La Miviludes n'a pas dressé de liste cette année,
ce n'est pas un outil efficace ?
J.B.:
Non, répertorier les sectes est impossible et
n'a pas d'intérêt. Après la parution
de la dernière liste, beaucoup de gens nous la
demandaient, je la donnais avec réserve parce
que cela ne protégeait personne. Une multitude
d'associations ou entreprises peuvent dépendre
d'un mouvement comme la scientologie, sans compter que
les sectes changent de nom, s'adaptent. L'essentiel
est qu'on les connaisse, qu'on puisse les définir,
pour mettre en garde le public.
Le
président de la Miviludes a évoqué
un "tournant dans l'attitude des pouvoirs publics",
ajoutant: "on passe vraiment à l'action",
c'est votre sentiment ?
J.B.:
La Miviludes fait du bon travail, en étant de
plus en plus active, on sent qu'il y a une vraie volonté,
mais sur le terrain ce n'est pas encore évident,
Il faut dire que les pouvoirs publics sont assez limités
puisque qu'il n'y a délit ni de secte ni de manipulation
mentale donc il n'y a pas de sanction. On ne peut s'en
remettre qu'à la prévention et les moyens
manquent.
Cela
fait 28 ans que j'étudie les sectes, 24 ans que
je suis sur le terrain, j'ai rencontré 10'000
cas sur la région et je peux vous dire que c'est
un phénomène qui peut toucher n'importe
qui. Dans l'esprit des gens, c'est tellement stupide
que ça ne peut concerner que des personnes stupides,
du coup personne n'est sur ses gardes."
ADFI
Provence,
www.unadfi.com

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