Prévention contre les sectes en France

L'ADFI dénonce les dérives sectaires à Rennes

Rennes face aux dérives sectaires (rennes-infhonet.fr - 26 août 2008)

La propagande de «Solidarité et Progrès» interdite à Rennes (rennes-infhonet.fr - 26 août 2008)

Un syndicat de police condamne les jugements de valeur portés par Mme MIGNON

Le Syndicat National des Officiers de Police (SNOP-majoritaire), condamne les jugements de valeur portés par Mme MIGNON, Directrice de cabinet du Président de la République (communiqué de presse du SNOP - février 2008)

Rennes face aux dérives sectaires

par Sabrina KHENFER

source: http://www.rennes-infhonet.fr - 26 août 2008
[Article intégral]

RETRO. Chaque mercredi, cet été, nous vous proposons de revivre les articles les plus marquants de cette année 2007-2008. En février dernier, nous nous étions penchés sur les mouvements sectaires à Rennes. La ville est plutôt active en matière de dérives sectaires. Autant dire que l'ADFI, association pour la défense de la famille et de l'individu, a du pain sur la planche, en témoigne la montagne de dossiers qui trône dans ses armoires.

Créée en 1974 à Rennes, l'ADFI, association à portée nationale, doit son existence à la secte Moon, autrement appelée «Eglise de l'unification». «Elle est née de la famille Champollion, dont un square porte le nom à Rennes. Guy et Claire, des Rennais, l'ont créée pour tenter de sortir leur fils de chez Moon. Ils sont morts sans y arriver et le fils appartient toujours au mouvement.» Deux ans après la création de l'association, un jeune mooniste s'immolait par le feu et depuis plus de trente ans, des bénévoles se succèdent pour venir en aide aux familles ou aux victimes de ce type de mouvement.

Une histoire rennaise chargée

Et le moins que l'on puisse dire c'est que Rennes et ses environs ne sont pas les derniers, depuis 30 ans, en matière d'histoires à faire froid dans le dos. Dans les années 80 par exemple, l'ADFI dénonçait déjà la dangerosité du tristement célèbre Ordre du temple solaire. «Luc Jouret (ndlr: le fondateur de l' Ordre du temple solaire) donnait des conférences à Rennes. Une femme est venue nous voir pour tenter de sortir sa nièce de l'Ordre. Nous avons prévenu les autorités qui nous ont dit qu'il s'agissait d'un mouvement sans importance ...» Dix ans plus tard, la France tremblait devant les images des suicides collectifs à la télévision, au nombre desquels figurait la jeune femme.

«Dans les années 70, il y a eu l'affaire SAPITEX. Ce magasin, route de Lorient, fabriquait des vêtements de pluie. Mais à cause de ses difficultés financières, l'entreprise devait être rachetée. » Parmi la liste des racheteurs ? La Méditation transcendantale, qui, sous couvert d'un faux nom, préconisait pour les employés vingt minutes de méditation tous les matins. «Un syndicat d'ouvriers est allé voir le nouveau Maire, Edmond Hervé, pour lui expliquer qu'ils refusaient d'être sous l'emprise d'une secte, même s'ils devaient perdre leur travail. Le Maire est descendu défiler avec eux dans la rue, en tête de cortège, avec son écharpe.» Résultat, la Méditation est partie, l'entreprise a dû fermer, mais les ouvriers se sont félicités de cette victoire.

Bien-être, développement personnel ... un terreau favorable

Les histoires, depuis cette époque, sont nombreuses dans les environs et l'association a pu assister à une véritable transformation dans la forme prise par cette menace. «Dans les années 70, nous étions plutôt dans le monde du rêve, de la liberté, on voulait changer le monde. Il y a eu plusieurs cas d'étudiants qui se sont laissés «piéger», sur le campus de Beaulieu par exemple, situé en pleine nature, un peu esseulé.»

Aujourd'hui, à en croire l'ADFI, ce genre de dérive frappe davantage le monde du bien-être, du développement personnel. «Elles répondent plus à un mal-être, un stress, à un besoin de développer toujours plus ses capacités...» Chant, musique, danse, sophrologie, yoga ... le secteur loisir et bien-être serait visiblement très infiltré, bien que la majorité de ces associations, précise l'ADFI, semblent tout à fait claires.

«Je pense par exemple à Sahaja Yoga, qui est un mouvement à dérive sectaire reconnu et auquel nous avons eu affaire, ici, à Rennes. Et le pire est qu'ils exposaient l'année dernière au salon du Bien-être, à Saint-Jacques.» On lui doit, ici dans la région rennaise, l'affaire du petit Yoann, entraîné dans ce mouvement par ses parents, début des années 90. «Il avait été envoyé dans un ashram en Inde. Ses grands-parents ont essayé de le récupérer, ils ont gagné devant un tribunal, mais le jugement n'a jamais été appliqué et ils ne l'ont revu qu'épisodiquement.» On estime qu'aujourd'hui, en France, environ 70 000 enfants seraient confrontés à l'influence d'une secte.

Autre mouvement présent à Rennes et reconnu comme sectaire par le rapport parlementaire de 1996, la FBU, Fraternité blanche universelle. Tout un programme... «Ils vendent notamment des ouvrages de son leader, Mikhaël Ivanhov, sur le développement personnel et la relaxation.»

Etudiants, méfiance !

En dehors de ce secteur bien-être et développement personnel, les étudiants, dont la solitude, la curiosité parfois, sont récupérées au compte de ces mouvements, sont également des cibles privilégiées. C'est le cas de ce groupe, (ndlr : dont nous ne pouvons pas révéler le nom pour des raisons juridiques. En effet, ils n'ont pas encore été reconnus comme ayant des activités à caractère séctaire. Cependant des grosses présomptions pèsent sur eux) «... et qui use de méthodes très musclées d'endoctrinement. On les voit beaucoup sur les campus rennais, à la sortie des métros. Ils sont faciles à reconnaître, ils sont là avec un chevalet.»

L'Eglise de la scientologie aurait également élu domicile sur les campus et autres lieux publics, proposant du soutien scolaire, des tests de personnalité... «... ou d'augmenter de 10% vos capacités intellectuelles. C'est toujours attrayant à l'approche des examens...»

En une année, l'ADFI fait face à plus d'une cinquantaine de mouvements de ce genre sur Rennes et ses environs.

Éviter ou soigner le mal

Mais alors, comment reconnaître un mouvement à caractère sectaire quand on en croise un ? «L'association, le groupe... appelle par exemple à reverser un certain pourcentage de votre salaire, vous rend de moins en moins disponible, vous pousse à un rejet de vos proches. Le plus souvent ce genre de mouvement prétend détenir la vérité, connaître le sens de la vie et organise des stages, des conférences payantes.» Mais plus que tout, conseille l'ADFI, posez-vous des questions lorsque l'organisme annonce d'entrée de jeu: «Attention, nous ne sommes pas une secte !»

Parfois, malheureusement, le mal est fait et c'est là que l'ADFI intervient. L'écoute est la première solution qu'elle apporte, notamment aux familles de victimes. «Lorsqu'il y a un doute, il faut garder un maximum de documents, de tracts, d'adresses, de numéros de téléphone ... Ça peut nous interpeller. Si ça se passe dans la forêt de Paimpont par exemple, ce n'est pas la scientologie ! Là on est plutôt dans le domaine de l'ésotérisme.» Mais surtout, l'association conseille de ne jamais couper le contact, de toujours garder un échange avec la victime, aussi difficile que cela puisse paraître.

Quant à la loi et bien, pas grand chose à faire si la victime est majeure, malheureusement. Votre époux décide tout à coup de devenir végétalien ? C'est son choix. De stopper son traitement médical ? C'est son choix.

Ainsi, ce genre de dérive peut frapper n'importe qui, n'importe quand : «Il y en a pour tous les goûts !» Le stress au travail, dans les études, la volonté de faire toujours mieux dans son entreprise, toujours plus vite... «A Rennes et dans beaucoup de petits villages tout autour il se passe des choses», explique l'ADFI, qui conseille tout de même de ne pas tomber dans la psychose. «Allez assister à des conférences, c'est très bien. Écoutez, mais si des choses vous interpellent, allez chercher d'autres réponses ailleurs. Il faut toujours rester acteur et pas consommateur.»

* Toutes les organisations citées ici ont été reconnues à dérive sectaire par la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes de 1996.

La propagande de «Solidarité et Progrès» interdite
à l'université de Rennes
 
Quelques réactions des lecteurs à l'article «Rennes face aux dérives sectaires»
 
[Extraits]

mercredi 27 février / Bruno a écrit: suicides ?

C'est vrai que la justice s'est prononcée sur certaines affaires citées, mais enfin comment peut-on encore parler de "suicides" quand les adeptes dont vous parlez avaient plus de 20 impacts de balles dans le corps ...? La presse doit rester sérieuse et proche de la Vérité, même si elles ne sont pas toutes bonnes à dire !


mardi 26 février / Jean-Marie Goat a écrit: Solidarité et progrès

Dans cet article fort bien écrit, vous ne citez pas une organisation très présente à Rennes, à la sortie du métro, sur les campus, sur les marchés, devant les Champs Libres. L'embrigadement que subit les jeunes qui "militent" pour Solidarité et progrès est patent, vous pouvez d'ailleurs lire des témoignages d'anciens adeptes sur le site internet de l'ADFI. Classé par Le Monde comme mouvement politique d'extrême droite lors des dernières législatives (où leurs six candidats ont réuni un total de 630 voix, quel succès !), ils se présentent aux cantonales sur un canton rennais et viennent d'intervenir auprès de Ouest-France pour être classé divers gauche.

Nous devons lutter contre cette duperie et refuser leur présence sur l'espace public avec leurs tables et leurs pancartes.

Comment d'ailleurs ont-ils l'autorisation de poser une table sur un marché ou dans la rue ?

De plus, j'espère une certaine vigilance citoyenne. Si vous voyez des personnes arrêtées par ces malheureux jeunes, prévenez-les de la dangerosité de ce mouvement.

Refusons la banalisation de Solidarité et progrès !


mardi 26 février / Huelga a écrit: S&P / Solidarité et progrès

Il me semble que cet article vise quand même clairement Solidarité & Progrès même s'ils ne peuvent les citer car eux-ci sont très procéduriers et on déjà gagné plusieurs procès en diffamation, ce que je ne comprends d'ailleurs pas puisque nombre d'organismes très sérieux ont alerté à leur sujet (lire notamment le très bon dossier du site prévensectes). Quant à leur prétention à se faire classer à gauche, c'est dans la droite ligne de leur tradition rouge-brun, parfaitement incarnée par le Parti Ouvrier Européen que dirigeait avant leur chef français, cheminade.


mardi 26 février / Yann a écrit: S&P

Concernant Solidarité & Progrès, j'ai échangé avec un des "jeunes militants" sur un marché, je lui ai d'abord demandé de m'expliquer leur démarche. Ce que j'ai retenu c'est qu'ils militent contre les emprunts de l'Etat auprès des banques privées. Puis je lui ai dit franchement que j'avais lu des choses compromettantes sur Internet, "ah oui, que nous sommes une secte ?" "oui, voilà. qu'est-ce que vous répondez à ça ?" et là il y eut un blanc assez pesant, je l'ai relancé "rien ? vous n'avez rien à répondre ?" "non, que voulez-vous, si on dérange c'est bon signe et au moins on parle de nous". En fait leur défense est de dire qu'en s'attaquant au pouvoir financier ils dérangent trop et ce serait pour ça qu'on essayerait de les démolir. Je vous laisse juges.


mercredi 27 février / Greg a écrit: S&P bis

Pour continuer sur S&P, j'ai été moi aussi abordé par un de leur membre à la sortie de la station st Anne alors que je lisais leurs panneaux. Le type m'a au début demandé ce que je pensais du fait que facebook et myspace était des "camps de concentration mentaux". IL n'a pas vraiment apprécié mon désaccord et à réagit violemment. Encore plus quand il a remarqué que je tenais un "direct soir". Il m'a traité de mouton etc ...

Après documentation sur ce groupe, ce n'est pas très étonnant.

Ce qui m'inquiète c'est que ce discours alter peut attirer beaucoup d'étudiant sincères. Il faut en parler au maximum et les dénoncer le plus possible.


mercredi 27 février / Fabrice a écrit: solidarité et progrès

en effet, qui n'a pas, sur Rennes ,été démarché par ce mouvement qui nous interroge sur notre "volonté de changer le monde" , distribue leur journal "solidarité" (rien à voir avec Solidaires qui regroupe notamment les syndicats Sud).c'est quand ils te demandent avec insistance ton mail et/ou ton numéro de téléphone que tu doutes sur leur méthodes et tente d'approfondir avec eux leur grandes lignes politiques qu'ils présentent comme de gauche.ils te parlent donc de Larouche (USA) et de Cheminade qui m'avait tant fait sourire quand en 1995 je me demandais d'où sortait ce candidat à la présidentielle.après renseignements et lecture de témoignages, je les ai à +sieurs reprises abordés lorsqu'ils tractent aux abords des marchés.là, ils s'énervent vite quand on argumente sur leur mouvement, quand on prend le temps d'expliquer en direct à leurs public qui ils sont .Ils te demande si tu es de la police, des RG ... justement, que fait elle la police? ou pardon, peut elle faire quelque chose ?..


mercredi 27 février 08 / Attention a écrit: Soyons Clairs !

Pourquoi ne pas citer directemtn "Solidarité & Progrès" dans votre article? Ces personnes sont dangereuses et s'en sont déjà prises à plusieurs personnes, dont moi-même, qui refusaient d'entrer dans leur "jeu". Ne croyez pas que le discours alter-mondialiste et humaniste affiché sur leurs petits chevalets soit la réalité de ce qu'ils pensent et faites des recherches sur leur fameux Larouche, sur J. Cheminade etc etc. Evitez-les, cela vous évitera bien des problèmes. A bon entendeur.


mercredi 27 février 08 / Doinel a écrit: Un non-problème !

... Dirait Emmanuelle Mignon !

Si la rédaction ne peut pas citer le nom du groupe qui sévit sur les campus, les lecteurs le peuvent !

"Solidarité et Progrès" a été interdit de présence sur le campus de Rennes 2 par son Président suite à des plainte d'étudiants pour escroquerie.

Ce groupe qui se présente comme politique, est issu d'une secte américaine, obeissant à un gourou, Larouche.

Fort heureusement, nombre d'étudiants sont informés et vigilants.

France: Le Syndicat National des Officiers de Police (SNOP-majoritaire), condamne les jugements de valeur portés par Mme MIGNON, Directrice de cabinet du Président de la République

Communiqué de presse du SNOP - février 2008

 

En réaction aux déclarations de Mme Emmanuelle MIGNON, Directrice de cabinet du Président de la République lors d’une interview donnée au Figaro le 21 février dernier à propos du rapport parlementaire sur les sectes réalisé en 1995 en partie, grâce aux travaux des Renseignements Généraux, le Syndicat National des Officiers de Police (SNOP-majoritaire), condamne les jugements de valeur portés par Mme MIGNON.

Elle a en effet déclaré que « la liste » des organisations ayant attiré l’attention du ministère de l’Intérieur et venant « des Renseignements Généraux a été retranscrite dans un rapport parlementaire sur les sectes sans vérification approfondie ».

Cette déclaration qui ne trouve aucun fondement, met considérablement en cause le travail de ces professionnels qui n’ont de cesse d’alerter les pouvoirs publics sur toutes les formes de menaces émergentes qui pèsent sur notre société.

Ils le font à partir d’éléments d’observations et d’analyse à chaque fois recoupés dans une durée de temps qui ne laisse pas de doute sur la fiabilité des informations données.

Contacts Presse:

Michel DJABIAN
Secrétaire Général Adjoint
06 87 29 97 21
 
Christophe DUMONT
Secrétaire Régional Ile De France
06 20 83 55 39