«CIEL MON MARDI» : LES SECTES

"CIEL MON MARDI" une émission de Christophe Dechavanne

"Est-ce que l'on en fait assez pour combattre les sectes ?

 

Christophe Dechavanne

1ère partie

 Vidéo 1 (durée 30 min - 141 MB)

Première partie (durée 30 min - 141 MB) : Dechavanne reçoit Jean-Luc Barbier (ex-scientologue président de l'association AVDS d'aide aux victimes de la dianétique et de la scientologie) - Catherine Picard (présidente du groupe d'étude sur les sectes de l'Assemblée nationale française) - Michel Gilbert (privé de ses enfants par la secte Sri Ram Chandra Mission) ainsi qu'un psychologue rageur se disant victime de la persécution de l'Etat français ! - (TF1 - 6 février 2001) - 141 MB

Mme Picard : "La liste des sectes n'est qu'une liste indicative. Ellle est basée sur de nombreux critères précis. Comme par exemple :

    Les adeptes ont-ils un accès libre au mouvement ?
     
    Les adeptes peuvent-t-il sortir du mouvement ?
     
    Quels sont les coûts financiers ?
     
    Quelle liberté a un adepte pour participer à la vie civile (votations) ?
     
    Existe-t-il des captations financières ?"
 

TÉMOIGNAGE

Un musicien raconte ses dix ans dans la secte de Ron Hubbard

L'enfer vécu chez les scientologues

 

Jean-Luc Barbier
photo Jean-Marc Birraux
(jazz festival de Nîmes)
 
"Nous voulons éviter à d'autres les souffrances dont nous avons été victimes"
Jean-Luc Barbier - Président de l'Association d'aide aux victimes de la scientologie (AVDS)
 
De passage à Montpellier,
Jean-Luc Barbier évoque ses dix années
de ruine, morale, financière et physique.

Le Barbier de Genève faisait dans le jazz. Dans les années 80, le saxophoniste Jean-Luc Barbier jouait dans un quartet qui écumait les festivals de renom : Montreux notamment, mais également Nîmes. A l'époque, des musiciens, dont l'incontournable pianiste Chick Corea font partie du cercle musical de Jean­Luc Barbier. Mais celui-ci ignore qu'ils vont devenir ses pires ennemis.

«Ce sont ces amis qui m'ont proposé de me soumettre à un test de personnalité, que j'ai accepté. J'ai découvert, trop tard, qu'ils étaient des adeptes de l'Eglise de Scientologie» raconte Jean-Luc Barbier, de passage à Montpellier, où il se trouve en vacances.

Le saxophoniste ne s'est toujours pas remîs de ce "couac" qui a brisé sa carrière de musicien. Il a tiré les enseignements de cette fausse note, en étant désormais un interlocuteur privilégié de l'Association de défense de l'individu (ADFI) qui milite contre les sectes. «Car l'Eglise de Scientologie est bel et bien cataloguée comme telle, dans le rapport parlementaire pondu par les députés français», insiste Jean-Luc Barbier.

Agé de 48 ans, marié et père de quatre enfants, ce musicien suisse n'a pas la prétention de régler des comptes. «Mon souci, c'est de prévenir ceux et celles qui tombent dans le piège de la scientologie, à travers mon expérience douloureuse» explique-t-il. «Et mon but, c'est de les aider à sortir de cette galère» ajoute-t-il.

Jean-Luc Barbier est bien placé pour parler de galère. Les dix années passées au sein de l'Eglise de Scientologie l'ont ruiné moralement, financièrement et physiquement.

«Quand j'ai accepté des avantages accordés par mes amis, je ne me doutais pas que je venais d'adhérer à une secte. Pour m'endoctriner, ils me faisaient miroiter beaucoup de choses, fai- saient venir du monde à mes concerts, m'aidaient à coller des affiches et me promettaient de pouvoir ouvrir un cabinet de dianéticien. Puis, ils m'ont proposé d'acheter une franchise d'un peintre scientologue, la méthode Aimé VENEL, et d'ouvrir des ateliers de dessin-peinture à Lausanne, à Genève et à Zurich» se souvient Jean-Luc Barbier. Jusqu'au jour où on lui demande d'adhérer à l'association des entrepreneurs scientologues (WISE) et de verser des royalties. Il refuse net. «Alors, on m'a interdit de poursuivre les cours de scientologie, que j'avais achetés, et on a exigé de mes employés et amis scientologues qu'ils cessent de me parler.».

L'ex-scientologue malgré lui soutient avoir été victime des agissements des membres de la secte qui ont profité de sa détresse psychique pour lui vendre des cours à des prix élevés, provoquant son endettement.

Le musicien se retrouve alors dans une spirale infernale. «Le maître de l'Eglise de la Sciento- logie, Ron Hubbard, me faisait prescrire une thérapie qui n'avait rien à voir avec les cours de musique. On m'obligeait à consommer à fortes doses de puissants médicaments. Psychique- ment; cela me rendait faible. En fait, c'était de la purification» révèle Jean-Luc Barbier, qui parvient à se remettre de cette thérapie de secte.

Dénoncé au fisc, victime de pressions ...

Lorsqu'il décide de quitter ce monde sectaire, la musique n'est plus la même. Jean-Luc Barbier dénonce haut et fort les pratiques des scientologues. Et il est expulsé de l'Eglise, non sans quelques obstacles de taille : dénonciations au fisc, menaces physiques, appels téléphoniques anonymes, pression sur des proches, multiplication de procès.

Des intimidations présumées, toujours niées par les hauts responsables de l'Eglise de Sciento- logie. «J'ai intenté des poursuites pour escroquerie, extorsion de fonds et usure» affirme Jean-Luc Barbier qui, après s'être accordé quelques jours de farniente à Montpellier, va regagner la Suisse.

Jean-Marc AUBERT
 
(Source : Midi-Libre - 11 août 1999 - texte intégral)

"CIEL MON MARDI" une émission de Christophe Dechavanne

"Est-ce que l'on en fait assez pour combattre les sectes ?

1ère et 2ème partie

 

dessin revue Bulles (ADFI-1996)

 Vidéo 2 (durée 1h17 - 335 MB)

Première partie (présentation voir ci-dessus) et deuxième partie (335 MB - 1h17) : Dechavanne reçoit (voir à partir de 32:10 min sur la vidéo 2) M. Georges Fenech (Substitut général de la Cour d'appel de Lyon; président du Syndicat indépendant des magistrats) - Xavier Laugaudin (président de l'association "Attention Enfants") ainsi que le journaliste Xavier Lardeur, auteur du livre "Les sectes dans les entreprises."

George Fenech, un magistrat courageux
luttant contre les dérives sectaires

Quelques propos du magistrat George Fenech à l'émission de Christophe Dechavanne :

    "La France est en pointe contre les dérives sectaires. Ce qui compte c'est à partir de quand on enfreint l'ordre républicain.
     
    La justice, à mon avis, a été un peu lente à réagir face à un phénomène qui nous a dépassé. Nous ne comprenions pas ce phénomène et comment le combattre avec les textes de lois existants.
     
    Les parquets doivent réagir plus rapidement.
     
    Il n'y a aucune sphère de pouvoir qui ne soit préservée de l'infiltration.
     
    Il y a insuffisance de conscience de la dangerosité de certaines sectes.
     
    On touche du doigt ici, ce soir, la violence déjà verbale, ... inouïe. Imaginez la violencesur des mineurs, sur des personnes vulnérables, qui ne sont pas sur un plateau de  télévision, qui sont dans une structure totalitaire, fermée à l'abri des regards, ce qu'ils peuvent endurer. Au moins ces témoignages ont le mérite de montrer à quel point on peut arriver à des débordements."
     

UN JUGE PARLE

Extrait du livre de George Fenech : "MAIN BASSE SUR LA JUSTICE",
éditions J.C. Lattès, isbn 2-7096-1773-0

M. Georges FENECH a été juge d'instruction du long procès contre la scientologie à Lyon (1989-1997). Il a été président de l'association Professionnelle des Magistrats, auteur du livre "Main Basse sur la Justice" dont est tiré ce passage.

Le fléau des sectes. (pages 266 à 268 de"Main Basse sur la Justice")

Les juges se retrouvent seuls face au terrorisme, its le sont aussi face à ce nouveau fléau, au moins en amplitude, que représentent les sectes Ayant eu moi-même a instruire le dossier de "l'Eglise de scientologie", j'ai pu éprouver toutes les difficultés de cette tâche.

Juillet 1990.

Des dizaines d'adeptes repentis de la scientologie viennent me trouver, réclamant de la Justice l'écoute qui leur fait défaut ailleurs. Pris de vertige, je découvre les arcanes d'un monde secret avec ses codes, son langage, ses rites. J'interroge autour de moi et vois les portes se refermer une à une.

Au conseil de l'Ordre des Médecins, l'on est peu enclin à se prononcer sur d'éventuels exercices illégaux de la médecine; au bureau des cultes du ministère de l'Intérieur, l'on me fait comprendre que d'éventuelles mesures pourraient être prises, mais après que la Justice se sera prononcée.

Sage prudence des uns et des autres : rien, en effet, ne me sera épargné; les policiers du S.R.P.J. de Lyon accusés de hold-up ; l'expert-psychiatre Jean-Marie Abgrall, traîné devant toutes les juridictions de France et deNavarre [Pour ces faits, leurs responsables seront condamnés le 11 octobre 1996 par le tribunal correctionnel de Toulon à des peines allant jusqu'à 18 mois d'emprisonnement avec sursis et 50'000 FF d'amende.] ; moi-même gratifié de deux procès en Suisse, d'une trentaine de plaintes pour atteinte à la liberté ainsi que violation du secret de l'instruction tant à Lyon qu'à Paris, avec, en prime, une requête en suspicion légitime devant la chambre criminelle de la cour de Cassation, sans compter la surveillance attentive d'un ancien membre des "gendarmes de l'Elysée" reconverti comme détective privé ou les milliers de recommandations arrivées sur mon télécopieur m'intimant de cesser mon oeuvre "inquisitoriale".

A quoi s'ajouteront le concert de protestations des "apôtres " célèbres - la cantatrice Julia Migenes Johnson et le comédien Xavier Deluc feront le voyage de Lyon, ainsi que, semble-t'il, un sordide complot ourdi par un mystérieux agent F10 gravitant dans les sphères du pouvoir [Selon L'Evènement du Jeudi et Serge Faubert, Une secte au coeur de laRépublique, ed. Calmann-Uvy, 1993] . Au terme d'un véritable parcours du combattant, je finis tant bien que mal par clôturer mon instruction en juillet 1994.

Il faudra attendre encore deux années avant que l'affaire ne soit audiencée. Entretemps s'est déroulé, dans le Vercors, l'horrible drame de l'Ordre du Temple solaire, et le garde des Sceaux, Jacques Toubon, a dû adresser des instructions écrites au parquet. A ce rythme, un an de plus et la prescription aurait été acquise [Il est vrai que la magistrature lyonnaise était fort accaparée par les affaires Noir, Botton, Mouillot, Carignon ]

Le 8 octobre 1996, à l'issue de huit journées d'audience, l'un des avocats de la défense, maître Maisonneuve, déclare à la télévision "Je me demande si, dans cette affaire, le juge ne s'est pas substitué au législateur."

La remarque est grave

En un sens, it est inutile de se voiler la face : les pouvoirs publics n'ont jamais abordé de front le problème des sectes même si des hommes politiques tels que les députés A. Vivien en 1985 et A. Gest [dont le message d'encouragement, le 24 Janvier 1996, me fit un grand bien : qu'il en soit ici remercié] en 1995 ont su courageusement lever le voile à l' occasion de rapports remarquables.

Place Vendôme, la volonté d'agir n'est pas apparue d'emblée, comme le souligne le rapport de la commission d' enquête accusant un certain retard dans la transmission même des informations [En date du 22 Décembre 1995]. Cette frilosité est d'autant moins compréhensible que les R.G. évaluent à 160'000 adeptes au moins occasionnels et 100'000 sympathisants le nombre de nos concitoyens mêlés aux groupes sectaires.

Comme le notait Claude Pernollet, le président de l'US.M., le 19 octobre 1996, après avoir analysé la crise de confiance qui règne dans le pays et le fait que les Français se tournent de plus en plus vers la Justice : "Notre pays, état de droit, ne doit pas devenir une société contentieuse pour autant, le front judiciaire n'est pas une panacée." Je m'accorde avec sa pensée. Elle fait d'ailleurs, pour moi, écho au point de vue de M. Vivien selon lequel "Il ne faut pas créer de législation particulière au risque de faire apparaître les sectes pour des martyrs. L'arsenal dont nous disposons est tout à fait suffisant. Ne suffit-il pas de l'appliquer [le Figaro, 24 Avril 1992],"

Les sectes sont bien un fléau et la réponse à celui-ci ne peut être simplement judiciaire; il y faut aussi une volonté sociétale politique.

     

Un psychothérapeute hyper-nerveux

Christian Cotten est le psychosociologue, psychothérapeute présent dans cette émission. Il est secrétaire général du parti Politique de Vie.

Dans la salle est également présent Joël Labruyère, président d'Omnium des Libertés, une association dont but affiché est de "défendre les individus victimes de discriminations en raison de leurs choix spirituels, religieux ou thérapeutiques". L'Omnium cherche à rassurer le public avec des clauses sur le respect des droits de l'homme, sur le libre-arbitre, sur l'hygiène et la sécurité ... Cela part d'une bonne intention mais, dans la pratique cette association défend en filigrane des sectes dangeureuses, et qui précisément, ne respectent pas ces clauses. On peut citer en particulier la Scientologie, une des sectes qui bafoue le plus les droits de l'homme, et dont Omnium bénéficie d'un soutien financier et logistique non négligeable.

Le psychologue et son comparse ont la ferme intention de "faire la fête" [sic] à tous ceux qui contribuent à la lutte contre les sectes. Attitude intimidante, agressivité verbale et gestuelle ... Ils réussissent à se faire remarquer par une continuelle arrogance.

En fin de débat, un collègue de l'animateur Christophe Dechavanne résume le comportement du psychologue :

"Il avait peut-être quelque chose d'intéressant à nous dire ce soir. On n'a pas pu l'entendre ... Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il ne sait pas se respecter lui-même pour qu'on puisse le respecter. Parfois dans les sectes, il y a des suicides collectifs. Il a réalisé pour nous ce soir un suicide individuel et il va rejoindre demain la secte de ceux qui se sont définitivement grillés à la télévision."