La
Scientologie mise en cause après le suicide
d'une adepte
- http://www.leparisien.fr/
- 26 septembre 2008
- [Texte
intégral]

- Gloria
Lopez s’est donné la mort au matin du
21 décembre 2006. Dans des lettres,
- cette
adepte de la Scientologie durant une dizaine
d’années explique qu’elle était
criblée de dettes.
LE
JOUR où elle a décidé d’en finir
avec la vie, au petit matin du 21 décembre 2006,
Gloria Lopez s’est postée sur une voie de chemin
de fer, toute proche de la gare de Colombes (Hauts-de-Seine),
où elle habitait. Le conducteur du train qui
l’a percutée n’a pas eu le temps de freiner pour
éviter le choc, mortel. A peine a-t-il pu voir
que cette femme, mère de famille de 47 ans d’origine
espagnole, se tenait debout, immobile, les bras écartés,
et que son visage affichait un large sourire.
Pendant
les années qui ont précédé
sa mort, Gloria Lopez, adepte de l’Eglise de scientologie
pendant une dizaine d'années, a tenu un journal
intime, une série de lettres qu’elle a toujours
conservées. Ce sont ces écrits que Mathilde
et Gwenn Le Berre, ses deux enfants, ont longuement
épluchés, espérant y trouver un
mot d’adieu ou une quelconque explication au terrible
geste de leur maman.
«Nous
n’avons pas compris, se souvient Mathilde. Notre mère
était profondément hostile au suicide.
Même si, au cours des semaines qui ont précédé
sa mort, nous avions bien ressenti que quelque chose
ne tournait pas rond.» Ils ont exhumé ses
papiers, et finalement compris l’origine de sa détresse.
Pour eux, aujourd’hui, cela ne fait aucun doute: la
Scientologie a une part de responsabilité dans
la mort de leur mère.
La
dernière lettre de Gloria résume l’impasse
dans laquelle elle se trouvait; elle l’a écrite
quelques semaines avant sa mort, et ses derniers mots
sont implacables: «J’avais
200'000 € de dettes et je voulais les rembourser. Bien
entendu, les dettes étaient pour la Scientologie.»
Gloria
Lopez s’était engagée auprès de
sa famille à acheter, avec l’argent d’un héritage,
un appartement à Paris : en quittant la Normandie,
où elle vivait près de ses enfants dont
son ex-mari avait la garde, elle se rapprochait ainsi
du Celebrity Centre, l’un des deux centres scientologues
de la capitale. Mais cet engagement, Gloria Lopez ne
l’a pas tenu: au contraire, elle a dilapidé une
partie de son capital pour financer sa progression au
sein de la Scientologie. Elle l’explique, dans un vocable
propre aux scientologues, dans sa dernière lettre:
«Une
première partie de l’argent m’a permis d’arriver
à clair 10 (NDLR : l’un des grades scientologues)
(…). Le lendemain, j’ai payé les niveaux
jusqu’à OT
VII
(un grade supérieur). Du coup, il me restait
très peu d’argent pour l'appartement. A un
moment donné, mon père a commencé
à s’impatienter, et je n’ai pas osé
lui dire qu’acheter un appart ne m’intéressait
pas et que plus de 100'000 € étaient déjà
partis en Scientologie pour le Pont, les travaux
de l’org idéale...»
«Pour
l’instant, je perds de l’argent...»
Plus
loin, cette ancienne secrétaire explique que
c’est lors d’un séjour au Danemark, à
Copenhague, que la culpabilité lui est devenue
insupportable:
«J’ai
la considération que c’est un cycle raté.
Pour l’instant, je perds de l’argent, au lieu d’en
gagner pour le Pont (je dois réunir de quoi
payer les frais quand je serai au Danemark et aux
USA pour les niveaux d’OT) (...). Malgré toutes
les choses que j’ai comprises, je ne m’améliore
pas, au travail je fais des erreurs.»
Au
total, Gloria Lopez aura dépensé près
de 300'000 € pour la Scientologie. Dans quelques jours,
Mathilde et Gwenn ont rendez-vous chez leur avocat,
et ils ont la ferme intention de porter plainte contre
cette organisation.
Les
renseignements généraux ont eux aussi
pris l’affaire au sérieux (voir ci-dessous).
Contactée hier soir, l’Eglise de scientologie
n’a souhaité faire aucun commentaire sur cette
affaire.
Le
Parisien
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