La
secte de Raël perd son procès contre un journal suisse
Le
quotidien suisse La Liberté a gagné le procès pour "tort
moral" que lui avait intenté la secte raélienne,
a annoncé jeudi le journal.
Le
mouvement raélien s'était offusqué d'un article publié
en 2005 par ce quotidien de Fribourg qui soulignait
le message de soumission féminine promue par la secte
et rappelait les positions raéliennes sur le clonage
et ses relents d'eugénisme.
Le
Tribunal civil de l'Est vaudois a estimé que chacune
de ces dérives idéologiques est effectivement prouvée
par la littérature raélienne. La secte a été condamnée
à payer 6'080 (bien lire: 6'080) francs de dépens (3'700
euros)
"La
nécessité d'informer le public par voie de presse n'est
pas en soi illicite ou répond à un intérêt prépondérant.
Celui-ci passe avant le droit à l'honneur de la secte
ou de ses membres", souligne le jugement cité par
le journal.
Le
mouvement raélien ainsi que deux de ses adeptes cités
dans l'article avaient porté plainte contre La Liberté,
réclamant chacun 15.000 francs (9.000 euros) de dommages
et intérêts.
Le
"guide national" pour la Suisse du mouvement
raélien, M. Philippe Chabloz, a annoncé à l'agence de
presse suisse ATS son intention de recourir contre la
décision "inadmissible" du tribunal.
Le
tribunal fédéral suisse avait déjà donné raison en 1998
au quotidien La Liberté contre les Raéliens qui reprochaient
au journal de lui avoir refusé un droit de réponse suite
à un article qui exposait que la secte "prône théoriquement
dans ses écrits la pédophilie et l'inceste".
La
secte n'est pas la bienvenue en Suisse, même si elle
dispose d'un siège mondial à Genève : le canton du Valais
(sud-ouest) a refusé en février une autorisation de
séjour au Français Claude Vorilhon, alias Raël.
Le
service de l'état civil et des étrangers du canton avait
indiqué redouter des troubles à l'ordre public du fait
de la présence du gourou de la secte.
Notant
que Raël "prône la liberté sexuelle absolue (...)
de nature à provoquer des dérives sexuelles à l'égard
d'enfants mineurs", le canton a jugé de sa responsabilité
de "prendre toute mesure de nature à ne pas favoriser
la propagation de messages contraires à l'ordre public
suisse et à la protection de la morale au sens de la
Convention européenne des droits de l'Homme".
Le
canton avait également rappelé que la secte prône le
clonage, une pratique interdite en Suisse.
©AFP
/ 16 août 2007
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