| Les
sirènes de la pub
Elle est partout: dans la rue, dans les journaux,
à la télé, au cinéma ... Belle, inventive ou rébarbative,
la pub n'a qu'un but : vendre. Et pour cela, elle ne
manque pas d'arguments !
PAR SYLVIE REDON-CLAUZARD,
SVJ novembre 2003
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Photo
Hélène Crabeil
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Publicis-Conseils
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| En publicité, tout est bon pour se faire remarquer.
Ainsi, pour la sortie en DVD du dessin animé Le Roi
Lion, cette smart (à g.) se voit affublée d'une étrange
crinière.
On a aussi vu à la télé une drôle de pub avec des
humains à tête de fleur (à d.). Sans que rien n'indique
quel produit elle vend. ce n'est qu'à la 2e série de spots de cette campagne qu'on
a su que c'était pour la Twingo. L'attention du spectateur
dont la curiosité avait été titillée par la 1ère série de pub était alors captée.
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VOUS êtes tombé dedans quand vous étiez petit
! Dans
quoi ? Dans la publicité, bien sûr. De votre premier
dessin animé à votre premier magazine ou première séance
de cinéma, vous avez grandi avec. Difficile d'y échapper,
elle est partout. Plutôt agréable quand le spot est
amusant ou surprenant, et particulièrement ennuyeuse
quand elle interrompt un film pour vanter les mérites
d'un camembert ou d'une bombe de désodorisant pour les
toilettes. Mais la pub ne se contente pas d'être divertissante
ou ennuyeuse. Elle est surtout manipulatrice puisque
son but, elle ne s'en cache même pas, est de vous persuader
de faire confiance à un produit et de l'acheter.
Pour cela, tous les moyens sont bons. Vous faire
une démonstration scientifique de l'efficacité du produit,
vous montrer que les stars se l'arrachent, vous prendre
par les sentiments, vous laisser entendre que cette
marque partage les mêmes valeurs que vous, etc.
Mais
la première étape de ce manège est d'attirer l'attention d'un spectateur blasé
et inondé d'images publicitaires. Pour sortir du lot,
une pub doit donc être originale : elle doit surprendre,
faire sourire, provoquer, choquer, ou encore flatter
les yeux par une esthétique à couper le souffle.
«OMO
est là, crapoto basta» ! «Basta les mégabeurks,flashi
les coloris !» En 1990, les publicités de lessives,
toutes aussi ennuyeuses les unes que les autres, tiennent
à peu près le même discours. Et voilà que des singes
débarquent dans le petit écran pour vanter les mérites
de la lessive OMO avec ces phrases en langage inventé.
Elles viennent remplacer l'ancien slogan beaucoup plus
triste : «OMO est là, la saleté s'en va.» Résultat:
la marque, qui était en perte de vitesse, voit aussitôt
ses ventes décoller.
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Les
pubs pour les lessives, c'est souvent mégabeurk,
mais avec OMO et ses singes, c'est touti
rigolo, y totali mimi. Résultat : Bibi conquis,
OMO dans le Caddie ®
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Photo
UNILEVER
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BOURRAGE DE CRÂNE
Accrocher notre attention est donc une part importante
du travail des publicitaires. ensuite ils doivent nous convaincre,
nous influencer. Pour cela, plusieurs techniques
et, parmi elles, le matraquage. Lorsque vous avez envie d'un soda, vous pensez à quoi
en premier ? Au Coca ! (Si vous aimez le Coca, bien sûr.)
Pas forcément parce que c'est votre soda préféré, mais
parce que Coca est la première marque qui vous vient à l'esprit.
Peut-être une autre boisson vous aurait tenté, mais
vous n'y avez pas pensé. Vous êtes en quelque sorte
conditionné : l'omniprésence des publicités pour CocaCola, leur
fréquence à la télé, dans les journaux, ou associées
à des événements sportifs ou culturels, font que lorsqu'on vous
dit«
soda» vous pensez « Coca».
Pour arriver à ce
résultat, Coca-Cola a dépensé,
en 2002, plus de 49
millions d'euros en publicité pour la France. Sans compter les
opérations
de sponsoring : la marque
est notamment associée
aux coupes du monde de football et de rugby ainsi qu'au Tour de
France.
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Photo
Clément Choulot
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Coca-cola est partout
:
spots publicitaires, sponsoring
d'événements sportifs ou culturels, ou autocollants
distribués gratis ... Voilà comment une baraque à crêpes
devient une pub coca ambulante.
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Mais voilà, envahir tous les espaces publicitaires
coûte cher : le prix moyen d'un spot publicitaire de
30 secondes est de 9'650 € ... par passage ! Il atteint
plus de 70'000 € pour un passage à 20h30 avant un match
de Coupe d'Europe de foot. Et toutes les marques n'ont
pas les moyens financiers de faire du matraquage. Elles
ne manquent toutefois pas de solutions pour nous convaincre
que leur produit est le meilleur, qu'il est plus efficace
...
bref, qu'il nous le faut.
Par exemple, les publicités
dites «traditionnelles» laissent une large place aux
démonstrations, à l'énumération des qualités du produit.
Leur argumentation passe par les images et surtout par
le texte.
Or les publicitaires sont de vrais champions quand
il s'agit de jouer sur et avec les mots. Des mots qui
ne sont pas choisis uniquement pour ce qu'ils veulent
dire mais aussi pour ce qu'on leur associe. Par exemple,
on ne communique pas de la même façon sur les apports
énergétiques d'un yaourt Sveltesse ou Taillefine et
sur ceux d'une cuillère de Nutella ou des biscuits Prince
Petit Dej'. En effet, pour informer sur la quantité
d'énergie qu'un aliment va apporter au corps, on peut
parler d'«énergie» ou de «calorie ». C'est lamême chose
:
la calorie étant une unité de mesure de l'énergie.
Mais si les publicitaires veulent nous vendre un produitnallégé, ils nous serviront
«du faible en
calorie», de l'«hypocalorique», du « 0% de matières
grasses». Car, dans notre tête, «calorie» est associé
à «grossir», à «gras ». Par contre, si c'est un produit
très riche qu'ils veulent nous faire acheter, ils le présenteront
comme «énergétique», «source d'énergie». Ils pourraient faire
l'inverse, mais ça n'aurait certainement pas le même
effet sur les ventes ...
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Photos
Clément Choulot
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À chaque produit alimentaire son vocabulaire publicitaire!
Les yaourts allégés sont dits «hypocaloriques», les biscuits, «énergétiques».
Pourtant, «calorique» et «énergétique» sont synonymes.Les
publicitaires pourraient donc dire des yaourts 0 % qu'ils
sont «à faible valeur énergétique» et des biscuits
qu'ils sont «caloriques».
On se demande bien pourquoi ils ne le font pas
..
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LA SCIENCE, GAGE DE SÉRIEUX
En général, le vocabulaire publicitaire se limite
aux 3'000 mots les plus courants de la langue française,
histoire d'être compris de tous. Mais la pub n'hésite
pas à parsemer son discours de termes scientifiques
compliqués. Dans quel but ? Donner le sentiment que
le produit est de haute technicité ou que celui qui vante
ses mérites est un expert. Les crèmes antirides se vendent
grâce à des liposomes, du prorétinol actif, (les composés
actifs ont plus la cote en publicité que les composés
passifs : le « bifidus passif» ce ne serait pas très
vendeur comme concept !), des enzymes et des coenzymes,
des ingrédients biomimétiques ... Qui sait ce qu'est
un liposome, ou un coenzyme ? Sûrement pas la majorité
des consommateurs.
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Photo
Clément Choulot
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Les
marque de cosmétiques n'hésitent pas à donner
à leur produit des noms scientifiques compliqués.
Çà fait sérieux
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Pour renforcer l'argumentaire, rien de tel qu'un
petit comparatif avant-après, quelques chiffres sur
les résultats, un graphique, et parfois même une petite
expérience de chimie. Quand une marque veut montrer
que son savon est doux pour la peau, elle parle de son pH neutre, autrement
dit, ni acide ni basique. Et sort un petit bout de papier pH, ce papier jaune qui
change de couleur en fonction de l'acidité du produit
dans lequel il est trempé. Que voit-on dans cette publicité
?
Le papier pH ne change pas de couleur au contact du
savon mouillé. Seul hic : dans la réalité, avec un produit
neutre, le papier devient vert ! S'il reste jaune, c'est
que le produit est acide. Peut-être le changement de
couleur du papier aurait-il fait mauvaise impression
auprès du
spectateur, en insinuant que ce savon provoque des réactions
chimiques. En tout cas, la pub a arrangé la science à sa
sauce.
Autre technique pour appuyer une démonstration
: utiliser une célébrité.
Quand la publicité nous montre
qu'un grand sportif comme Guy Forget mange des biscottes
Heudebert pour garder la forme, elle veut nous dire
que pour nous, les sportifs du dimanche, manger ces
biscottes sera forcément bénéfique. De même, si Milla
Jovovich utilise des colorations capillaires L'OréaI
alors qu'elle est mannequin et que, de ce fait, elle ne peut pas se permettre d'avoir
les cheveux abîmés par une mauvaise couleur, alors on
peut les utiliser sans crainte. Reste une question :
Guy Forget mange-t-il réellement des biscottes au petit
déjeuner ? Et Milla, se colore-telle les cheveux toute seule dans sa baignoire avec
des produits achetés au supermarché ou confie-t-elle
plutôt sa tête à son coiffeur ?
Les célébrités qui apparaissent dans les publicités
ne sont pas seulement là pour apporter une caution au
discours. Parfois elles sont utilisées pour leur potentiel
séducteur, pour leur charisme. Si vous trouvez Zizou
sympathique, un peu de cette sympathie sera transmise
aux produits dont il fait la promotion. En effet, toutes les publicités
ne sont pas basées sur une démonstration
des performances du produit,
toutes ne veulent pas vous faire raisonner sur ses avantages. Elles sont même
de plus en plus nombreuses à viser un autre but:
rendre la marque ou le produit agréable et sympathique
à nos yeux.
Une technique judicieuse quand on sait
que la plupart de nos achats ne sont pas basés sur une
analyse rationnelle des propriétés du produit mais
plutôt sur de l'affectif. Hormis les stars, les personnes
qui véhiculent beaucoup l'émotion sont les bébés etles
enfants.
Des bébés pour vendre des couches, mais aussi des
lessives, de l'eau ou du fromage. Quant aux enfants,
qui ne craque pas devant le petit garçon tout barbouillé
de dessert ChocoSui's et son «Tu pousses le bouchon
un peu trop loin, Maurice» ?
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Les
pubs ne veulent plus avoir l'air de vendre
un produit. elles vendent des valeurs, un
état d'esprit dans lequel doit se reconnaître
le spectateur.
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Quand elles n'essaient pas de nous attendrir, les
publicités tentent subtilement de faire copain-copain
avec nous. Elles veulent nous faire croire qu'elles
sont sur la même longueur d'onde que nous et qu'elles
partagent soit le même humour, soit les mêmes valeurs,
ou encore les mêmes références à la culture médiatique
(films, séries télé, pubs ...).
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Cette
publicité Levi's s'inspire du film Tigre
et Dragon. Ceux
qui ont aimé le film apprécient que la pub
y fasse référence. Ils auront l'impression
que la marque partage la même culture qu'eux,
donc qu'elle leur correspond
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Par exemple, la campagne
Levi's où l'on voit un jeune homme et une jeune femme courir, traverser les murs et monter
aux arbres est directement inspirée du film Tigre et
Dragon. Celle pour les céréales Fitness de Nestlé où
une jeune femme consigne ses nouvelles résolutions dans
son journal fait référence au film ou au livre Le Journal
de BridgetJones. Pour que ça marche, il faut que le
public du film de référence soit le même que celui que
ciblent les publicitaires. Les jeunes pour Levi's, les femmes de
2030 ans pour les Fitness.
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| «vous venez de faire l'acquisition d'un homme...
Pour sa santé, il a besoin de beaucoup de vitamines.
s'il rechigne à les prendre, donnez-lui son Joker. Sa
teneur est garantie en vitamine de fruits frais. Votre
homme bien nourri, en pleine forme, vous apportera de grandes joies
... ».
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Photos
: ECKES GRANINI FRANCE
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- Joker pastiche les
publicités d'aliments pour chien. En ne se prenant pas
au sérieux, elle attire votre sympathie.
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Pour vous séduire, la pub est prête à se moquer d'elle-même,
à se parodier. Les shampoings Le Petit Marseillais pastichent
les pubs pour cosmétiques qui utilisent un discours
scientifique.
On y voit un chercheur dans son laboratoire en train de déclamer
avec un débit hallucinant : «Pour vos cheveux fragilisés,
notre laboratoire a mis au point un shampoing magique
à base de mégaprotamines et de vitamine B4S6Z132 de
...
.» Et là, changement de décor, le calme d'une maison
ensoleillée, et une jeune fille très naturelle déclare
:
«Pour apporter force et vigueur aux cheveux fragilisés,
il y a aussi l'huile d'olive à l'extrait de raisin.»
Bien sûr, ni les mégaprotamines ni la vitamine B4S6Z132
n'existent. C'est une façon de dire au spectateur: «On
sait que vous en avez marre des pubs qui se prennent
au sérieux, qui essaient de vous vendre des salades
auxquelles vous ne comprenez rien.»
Parce que l'humour partagé es.t un bon moyen de créer
un lien affectif entre nous et la marque, on voit
fleurir des pubs kitsch, des pubs à prendre au second
degré, des pubs qui font sourire. Et, finalement, les
pubs deviennent de petits spectacles comme la campagne
«tournoi secret» de Nike pendant la Coupe du monde
de football 2002. Un minifilm en plusieurs épisodes
où s'affrontent, dans la cale d'un vieux bateau, plusieurs
équipes toutes composées de trois joueurs prestigieux. Le tout arbitré par un Cantona
en costard qui change les règles du jeu au gré de ses humeurs, sur une chanson d'Elvis
Presley remixée pour l'occasion. La version intégrale du spot ne fait pas moins de
180 secondes.
Dont à peine 10 où l'on voit le logo Nike, que ce soit
sur
un maillot, des crampons, ou en incrustation finale.
IL VOUS MANQUE
QUELQUE CHOSE !
Ce type de publicité illustre parfaitement les nouvelles
tendances en communication. Pour contrecarrer le fait
que les spectateurs connaissent déjà toutes les ficelles
habituelles, les pubs ne veulent plus avoir l'air de
vendre un produit. Elles vendent des valeurs, un état
d'esprit dans lequel doit se reconnaître le spectateur. Les slogans le prouvent
: «Just do it» chez Nike, «Affichez
le Vector, surpassezvous» chez Reebok ou encore« N'imitez
pas, innovez» chez Hugo Boss. Par ce moyen, la pub
joue sur les cordes sensibles de chacun. Sur le besoin
de se dépasser, de profiter de la vie ou encore sur
le droit à la différence. Elles nous valorisent : «Surpassez-vous,
on sait que vous en êtes capable.» En fait, elles nous
vendent des valeurs pour nous faire acheter des chaussures
ou un parfum.
- ©
Reebok
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À la place d'informations sur ses produits, un mot
d'ordre :
«surpassez-vous» !
La marque Reebok veut montrer
qu'elle partage les aspirations des sportifs pour se
donner une bonne imàge. Et grâce à cette image, ses
produits se vendent. Car lorsqu'on investit 150 € dans
des chaussures Reebok, c'est plus pour l'image de la
marque que pour la qualité des chaussures
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Mais le plus gros tour de force de la publicité
est ; de nous inventer des besoins. Et, pour y parvenir, elle n'hésite pas à renvoyer
une image de la société très éloignée de la réalité.
Si nous vivions dans le monde imaginé par la publicité,
nous ne serions entourés que de gens minces, musclés,
sans rides, sportifs et financièrement aisés. Et dans
cet univers publicitaire que l'on finit par confondre
avec le monde réel, même les filles très minces font
attention à leur ligne, et les filles encore très jeunes
utilisent des crèmes antirides. Un poids médicalement
normal et des rides d'expression à 40 ans sont devenus
inacceptables. C'est Claudia Schiffer, elle-même qui
le dit : «Avec Décontract'Rides, la chirurgie attendra.» Voilà qui sous-entend que de nos jours c'est crème
ou chirurgie, mais sûrement pas rides !
Non seulement ces publicités nous imposent insidieusement
leur vision de la société, mais elles tentent de nous
culpabiliser ou de nous faire ressentir de la frustration
tant qu'on n'achète pas leurs produits. Finalement,
avant de voir la pub, tout allait bien. Après l'avoir
vue, ça va toujours. Sauf que, dans votre esprit, est
en train de s'installer l'idée que sans ces chaussures,
ce DVD ou ce nouveau téléphone portable, il vous manque
quelque chose. Et qu'avec, vous vous sentiriez bien
mieux. Mais cela mis à part, vous l'avez vraiment trouvée
sympa, cette pub. Et si vous êtes convaincu que vous
n'êtes pas aussi facilement manipulable, n'oubliez pas
:
la meilleure manipulation, c'est celle dont on ne se
rend pas compte.
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