Sectes:
Rapport Miviludes 2007
- Actus
humanite http://www.humanite.fr
- 3 avril 2008
- [Texte
intégral]
Il
s’agit du 5ème rapport annuel de la Mission,
au coeur d’une polémique le mois dernier, après
les propos rapportés par la presse de l’ancienne
directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle
Mignon.
Les
faux souvenirs induits, la vente multi-niveaux, certaines
techniques de coaching en entreprise et le datura font
partie de la moisson de la Miviludes (Mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires)
dans son rapport 2007 publié jeudi.
Il
s’agit du 5ème rapport annuel de la Miviludes,
au coeur d’une polémique le mois dernier, après
les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy,
Emmanuelle Mignon, estimant qu’outre ce travail annuel,
"la Miviludes ne fait rien" et que les sectes
en France sont un "non problème".
Le
rapport fait également le point sur les techniques
de lobbying des sectes auprès des organismes
internationaux, à partir de l’exemple de l’OSCE
(Organisation pour la sécurité et la coopération
en Europe), et sur le phénomène du satanisme
qui concernerait de près ou de loin environ 25.000
personnes en France, dont 80% de moins de 21 ans.
Il
pointe aussi le néo-chamanisme et l’usage d’une
substance, le datura, plante courante aux fleurs très
parfumées et réputée toxique, qui
tend à remplacer l’iboga, inscrit au tableau
des stupéfiants.
"Les
sectes évoluent mais elles sont toujours là",
estime Jean-Michel Roulet, président de la Miviludes
qui souligne qu’à partir de 2000 elles se sont
"engouffrées" dans le domaine de l’accomplissement
de soi, les unes dans l’humanitaire, les autres dans
les techniques de "recherche de son moi profond".
Le
rapport 2007 consacre un chapitre à la "stratégie
d’influence de la mouvance sectaire à l’international",
notamment auprès de l’OSCE (Organisation pour
la sécurité et la coopération en
Europe) et particulièrement d’un de ses organismes,
le BIDDH (Bureau des institutions démocratiques
et des droits de l’homme). Plusieurs mouvements -la
Miviludes cite la Scientologie, les raéliens
et les Témoins de Jéhovah- viennent y
dénoncer la lutte contre les dérives sectaires
au nom des atteintes à la liberté religieuse.
Toutes les interventions étant publiées,
elles ont de ce fait une diffusion et une respectabilité
assurées.
Une
autre technique est de mettre en cause les acteurs de
la lutte contre les dérives sectaires, en visant
les personnes elles-mêmes ou en mettant en cause
le bien-fondé des subventions dont elles bénéficient.
Ce
rapport (téléchargeable en pdf ci-dessous)
a été remis mercredi au Premier ministre,
dont dépend la Miviludes.

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