- Dérives
sectaires: un nouveau guide pratique pour les
collectivités
- http://www.lagazette-sante-social.com
- 27 juin 2008
- [Texte
intégral]
Le
guide «Les collectivités territoriales face aux dérives
sectaires»
La
mission de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires (Miviludes) publie le 24 juin un guide intitulé
«Les collectivités territoriales face aux dérives sectaires»
en collaboration avec l’association des maires de France
(AMF).
Formation,
protection des mineurs, prise en charge de publics vulnérables
représentent autant de cibles pour les organisations
sectaires. «Les collectivités locales s’apparentent
à une terre de mission pour ces mouvements car elles
disposent de moyens financiers conséquents pour faire
face à des attributions aujourd’hui considérables»,
explique Jean-Michel Roulet, président de la Miviludes.
La
santé, des témoignages toujours préoccupants
En
matière de communication de documents administratifs,
les auteurs du guide appellent à la vigilance, notamment
dans le champ de la psychiatrie. Cette discipline fait
en effet l’objet depuis plusieurs années d’attaques
en règle par l’Eglise de la Scientologie.
Le
guide relève par exemple que «l’association filiale
de la Scientologie, la Commission des citoyens pour
les droits de l’homme (…) sollicite la communication
des registres des visites d’internements psychiatriques,
le règlement intérieur des centres hospitaliers spécialisés
(CHS), les demandes d’habilitations préfectorales, le
budget et les comptes financiers des établissements.
Dans ce domaine précis, le danger est de communiquer
l’identité des personnels et des patients des CHS, qui
se trouvent ainsi fragilisés». Si ces données sont couvertes
par le secret médical et donc non communicables, «les
scientologues, explique Jean-Michel Roulet, réussissent
parfois à les obtenir, en faisant signer les demandes
par les médecins par exemple. Ils vont ensuite voir
les patients ou leurs familles pour tenter de les éloigner
de la psychiatrie. Rappelez-vous qu’à New York, des
membres de l’Eglise de Scientologie écartaient les psychologues
intervenant auprès des victimes après les attentats
du 11 septembre 2001».
D’autre
part, si la loi du 4 mars 2002, dite loi Kouchner, permet
à la personne malade de refuser des soins, il importe
là encore de s’assurer que les patients ne sont pas
sous l’emprise d’un mouvement sectaire. «Des refus de
transfusions sanguine sont encore souvent dictés par
des pressions exercées par des militants prosélytes
qui font le siège des chambres des patients», poursuit
le président de la Miviludes.
Conseils
et exemple jurisprudentiels
Ce
guide recense de nombreuses jurisprudences afin d’alerter
les lecteurs sur les erreurs à ne pas commettre : aucune
décision officielle de refus ne devra par exemple être
motivé par l’appartenance à une secte dans la mesure
où la liberté de croyance amènera quasi systématiquement
le juge à rejeter cet argument.
En
revanche, repousser une demande d’adoption en mettant
en avant le risque que fait courir à un enfant une famille
qui affiche clairement son opposition à une transfusion
sanguine sera jugé recevable. Conseils pratiques «pour
tester le comportement d’un groupe qui inquiète» ou
pour effectuer un signalement complètent cet outil précieux
pour tenter de mettre un terme à des agissements sectaires
de plus en plus nombreux et diversifiés.