-
- Le raja de Suisse
Félix Kägi
CAMPAGNE
L’Institut Maharishi veut former des centaines de personnes afin qu’elles
forment un groupe pionnier dont l'objectif sera pour le moins ambitieux,
puisqu’il devra notamment promouvoir la paix mondiale. Coût des cours : 25'000 francs. (11'000
euros)
Il y a trois semaines, le raja Félix Kägi suggérait de raser Genève et de
reconstruire la ville selon la vieille tradition hindoue. Aujourd'hui, cet
adepte de la méditation transcendantale veut trouver, en quelques jours
seulement, des centaines de gens souhaitant suivre un programme d'une année
pour faire de la Suisse un pays invincible.
«La paix dans le monde ne peut pas attendre. C'est pourquoi nous devons
aller vite.» Installé au Lausanne Palace depuis quelques jours, Félix
Kägi n'y va pas par quatre chemins quand il s'agit de définir son objectif. Dans sa traditionnelle tenue blanche, couronne et collier
dorés, celui qui se nomme raja de Suisse accueille les personnes
intéressées à «rendre la Suisse invincible». Celles-ci ont été invitées
à grands coups de publicité dans la presse et sur les murs de la ville,
à s'annoncer entre le 27 et le 31 décembre auprès de l'Institut Maharishi.
Car c'est le nouvel objectif du raja et de ses adeptes du mouvement de
méditation transcendantale dirigé sur le plan mondial par Maharishi
Mahesh Yogi, le yogi superstar connu pour avoir été le gourou des Beatles.
Un groupe pionnier
Après avoir présenté il y a peu son projet de reconstruction totale de
Genève, Félix Kägi veut former sans tarder 300 jeunes gens pour qu'ils
forment «un groupe pionnier de la paix mondiale et promoteur de l'invincibilité pour chaque pays». Cela avec l'aide d'autres adeptes.
Mais en quoi consistent exactement ces douze mois de formation, aux
résultats pour le moins ambitieux? Félix Kägi : «Les participants seront
formés à la science et à la technologie de la loi naturelle totale, la
constitution de l'univers, qui gouverne la diversité infinie de
l'univers avec un ordre parfait. C'est-à-dire apprendre à se maîtriser
en profondeur pour ensuite promouvoir cette paix intérieure au monde qui
les entoure. Puis, ils se verront proposer un rôle de direction dans le
service administratif du Pays mondial de la paix.»
Pas de bousculade
Et bien qu'à première vue la démarche puisse paraître assez peu évidente,
Félix Kägi assure pour sa part que chacun débute au niveau qui lui convient.
Reste que dans les faits, on ne se bouscule guère au portillon. «Comme ce
que nous proposons est nouveau, il faudra un peu de temps, reconnaît Félix
Kägi. Au final, l'idéal serait d'avoir 300 personnes. Cela représente la
proportion de la population suisse que nous estimons suffisante pour créer
une influence sur la qualité de vie de la société.»
Considéré comme une secte
Il faut savoir que ce mouvement qui revendique 3,5 millions d'adeptes
dans le monde, dont 25'000 en Suisse et 4'000 à 5'000 en Suisse romande,
est officiellement considéré comme une secte par les autorités
françaises. Mais cela ne semble pas être un sérieux handicap pour Félix
Kägi : «Quelle est la définition d'une secte ? Les gens mettent une
étiquette sur ce qu'ils ne connaissent pas. Ce qu'ils doivent se
demander, c'est si le monde est vraiment heureux à ce jour en suivant
des courants qui se disent dominants.»
© Edipresse Publications SA, tous droits de reproduction et de diffusion
réservés.