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Gothique
- Satanique - Vampirique
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- Bulles 79
- [Texte
intégral]
- Nous sommes souvent interrogés sur le Mouvement Gothique qui
peut prêter
- en apparences à certaines confusions avec le satanisme (voir
BULLES n° 76).
-
- Nous tentons ici de marquer la différence.
-
- Le monde gothique peut être
défini comme un mouvement underground très riche ayant un style musical, des
activités artistiques, une esthétique vestimentaire et un état d'esprit. Ils
aiment les balades dans des lieux secrets et obscurs ayant une atmosphère sombre
comme les cimetières, les soirées dans les catacombes et ils sont fascinés par
l’inquiétant, l'étrange, le fantastique, le mysticisme et les tourments de
l'esprit. Disciples de Baudelaire, les gothiques ont un goût certain pour la
représentation du spleen et les thèmes morbides, pour la mise en scène de la
souffrance et la dramatisation des sentiments.
-
- Il existe des associations,
des sites lnternet avec des forums de discussions, des fanzines, des magazines,
des boutiques et des disquaires spécialisés ainsi que des lieux où l'on se
retrouve entre gothiques : boites de nuit, concerts, soirées, bars,
festivals.
-
- Le mouvement gothique
célèbre l'art sous toutes ses formes : la poésie avec Baudelaire, Oscar Wilde, Sade,
Lautreamont ; la littérature romantique tels que l'œuvre d'Edgar Alan Poe,
Frankenstein de Mary Shelley, Dracula de Bram Stoker ; le cinéma avec Fritz
Lang "Nosferatu", David Lynch avec "Eraserhead" et la peinture tels que les
œuvres de Dali et Klimt.
-
- D'un point de vue général,
la culture gothique s’inspire largement du romantisme. Les romantiques, à la fin
du XVIIIe siècle, s'insurgent contre le rationalisme et le matérialisme ambiants, ils
proclament la supériorité du sentiment et de la passion sur la logique
froide et impersonnelle et affirment la primauté de l'individu sur le collectif.
-
- Ils puisent
plutôt
leur
inspiration dans l'Antiquité, le Moyen-Age et aussi la légende du vampire. Mais il s’agit
d'un vampirisme très allégorique où la relation amoureuse est vécue comme très
angoissante, déchirante et fatale.
-
- Passionnés de musique, les
gothiques ont leur style musical où ces influences se retrouvent Les thèmes
abordés dans les textes ont une portée symbolique relative aux problèmes
existentiels. Rythmes lourds, ambiance sombre et lugubre, chants plaintifs, les
textes sont troublants et profonds. On chante l'amour et les blessures de l’âme,
l'existence et ses mystères. Voix graves d'outre-tombe, mélodies romantiques, on
murmure ses émotions, son profond pessimisme, ses passions, son désespoir, sa
mélancolie et on hurle ses souffrances amoureuses, la séparation, la solitude,
l'angoisse et la mort. Ces voix ténébreuses rappellent l'humeur noire qui vient
du plus profond de soi.
-
- La musique gothique traduit
les préoccupations de l’âme et ses passions. Elle sait créer une ambiance
mystérieuse et inquiétante. Issu du punk, c’est dans le début des années 80 que
le mouvement gothique a pris de l'ampleur avec surtout des groupes anglais tels
que Virgin Prunes, influencé par l'œuvre d’Antonin Artaud.
-
- L'esthétique du corps est
avant tout une esthétique du macabre. Style froid et déroutant, extravagant et
provocant, l’apparence est sévère et sophistiquée. Les gothiques sont très
sensibles à l'élégance et à ce que l'image dégage. Leurs tenues sont plutôt
raffinées et élaborées. Il existe plusieurs styles vestimentaires : "le
néo-romantisme" avec des vêtements noirs médiévaux en velours et en dentelles,
redingote, "sorcières" aux pieds ... et le style "fétichiste ou cyber punk" avec
des vêtements en latex et en cuir. Si les gothiques s'habillent tout en noir
c'est que cette couleur évoque l’être dans sa dimension la plus sombre et
profonde.
-
- Tout en rappelant les
profondeurs abyssales, c’est-à-dire l'introspection, le noir est la couleur du
renoncement à la vanité de ce monde. Il représente la perte sans espoir et
marque la mélancolie, le pessimisme et l’affliction. De même, le maquillage est
très prononcé : teint pâle, fards à paupières sombres, rouge à lèvres et vernis
à ongles noirs. Enfin, toutes sortes de bijoux sont souvent portés : la croix du
christ, des bagues et des pendentifs représentant des symboles très
significatifs comme, par exemple, le corbeau, souvent porté en boucle d’oreille
ou en broche, symbole de l'isolement volontaire et de la solitude, et le
squelette de la mort.
-
- Une harmonie entre
l'esthétique du corps et les préoccupations de l'âme s'impose au gothique,
soucieux qu'il est d'être cohérent et d'être fidèle à soi-même. L'image du
corps, le paraître, l’apparence doivent être en adéquation avec l'être. Car
l'image permet l'expression de soi. Ainsi, tout l’être est gothique. Si la
musique et le vêtement ont tant d’importance c’est qu’ils permettent
d'extérioriser et d’exprimer d’une façon théâtrale et dramatique les blessures
de son âme, ses sentiments les plus profonds et ses angoisses face à la vie, à
l'amour et à la mort.
-
- Grâce à la
mise en scène et à la mise en avant des affects, les gothiques trouvent un moyen
d'apaiser et de contenir leur désillusion, leur angoisse et leurs émotions.
-
- Dans un questionnement
permanent par rapport à l’existence, ils tentent de transformer leur difficulté
de vivre : leur tristesse devient belle et ainsi acceptable, elle devient
accessible et représentable, elle apporte même du plaisir. Le gothique recherche
la fantaisie, l'originalité et la provocation. Il aime se montrer, s'exposer et
attirer le regard de l'autre sans crainte de son jugement. Aussi exprime-t-il un
rejet par rapport à l'uniformité, aux conventions, à la domination de la norme
et affirme son opposition.
-
- Le gothique
revendique sa différence et son indépendance : il
conçoit la vie autrement et valorise la liberté individuelle. Profondément
désenchanté et déçu, il se désole. Il est consterné face à l’hypocrisie générale
des hommes entre eux et par rapport au malaise de notre société. Il prend alors
de la distance afin de se dégager d’un système qu’il pense aliénant,
désespérant, cruel dans lequel il ne se retrouve pas.
-
- Il faut éviter toute vision
réductrice du mouvement ainsi que la confusion souvent entretenue avec le satanisme et, parfois même, avec les groupes sectaires. Malgré leur goût prononcé pour
le morbide et le macabre, les gothiques sont insérés dans la société.
-
- Ces jeunes adultes
investissent à leur façon le monde qui les entoure et savent prendre du plaisir
en ayant certaines activités culturelles et en festoyant avec leurs amis. Mais,
comme dans tous milieux, il peut y avoir des personnes déviantes ayant des
comportements pathologiques. Ainsi, lorsqu’un individu s'isole totalement, il
n’a plus de relations avec le monde extérieur, se désintéresse de tout, n'a plus
de plaisir et commet des actes qui le mettent en danger tels que
automutilations, prise de drogue, tentatives de suicide, l’on se trouve face à
quelqu'un en grande souffrance psychologique ayant besoin d’être aidé.
-
- Enfin il faut savoir que le
mouvement gothique n'est pas un mouvement politique. De même, il n’est pas
rattaché à un système de croyance religieuse spécifique. Mais, être gothique
n'exclut pas le fait que certains puissent être politisés ou
croyants.
-
- Delphine Guerard
- Psychologue ADFI Paris. 2003
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- Le mariage de la «Jihad 666» et de la «Jihad 88» :
- est-ce la faute des
jeunes gothiques ?
-
- Courriel,
18 mars 2005
par Paul Ariès
- [Texte
intégral]
-
- La Mission
Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les dérives sectaires
(MIVILUDES) vient tout juste de rendre public son rapport 2004 qui inquiète à
juste titre les militants anti-sectes. Le gouvernement choisit à travers ce
rapport de mettre en avant le phénomène satano-gothique.
-
- Nous sommes bien placés
pour savoir que le satanisme représente un véritable danger puisque nous lui
avons consacré un ouvrage fin 2004 (satanisme et
vampyrisme, le livre noir, Editions Golias). Le satano-gothime n'est
cependant pas le seul danger et sans doute pas davantage le principal. Je crains
que le gouvernement n'ait choisi de parler du satano-gothisme pour nous faire
oublier qu'il a capitulé face aux grandes sectes américaines sous la pression
notamment des Etats-Unis.
-
- L'objectif de l'ancienne
Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS) dirigée par Alain
Vivien était (à tort ou à raison) d'avancer vers la dissolution de la
scientologie. Est-ce toujours l'objectif ? On peut en douter à voir de quelle
manière le rapport fait son possible pour ignorer cette secte. Cette
capitulation honteuse de la France dans la lutte anti-sectes vient confirmer les
craintes antérieures. Monsieur Raffarin ne se félicitait-il pas dans une lettre
au Président de la MIVILUDES que les pouvoirs publics aient cessé de stigmatiser
certaines sectes (lettre n° 04647 du 1er avril 2004)
-
- Il est à craindre que les
jeunes gothiques ne fassent aujourd'hui les frais de cette démission politique
non assumée : le gouvernement n'ose pas dire à l'opinion publique ni aux
parlementaires unanimes pour poursuivre la lutte anti-sectes que l'heure n'est
plus à défendre nos valeurs face à ces groupes. De la même façon que le
gouvernement américain a totalement baissé la garde depuis le 11 septembre face
aux mouvements néo-nazis et aux diverses « églises » qui propagent la haine
raciale, le gouvernement français a choisi également de regarder ailleurs que du
côté des grandes sectes. Ce revirement de la politique française anti-sectes est
dangereux car il conduit à sous-estimer gravement le danger sectaire (ce qui lui
vaut la colère des associations anti-sectes) et débouche sur une lecture
complètement erronée du phénomène sectaire qui ne peut que nous désarmer.
-
- Les satanistes ne sont pas
un cancer sur un corps sain mais les métastases d'une société malade. Notre
bonne société a pour ainsi dire les satanistes qu'elle mérite ou mieux encore
qu'elle enfante. Pourquoi est-il de bon ton de porter un tee-shirt à l'effigie
Marylin Manson et non plus du Che ? Le danger ne tient pas dans le caractère
outrancier des propos ou des tenues des jeunes gothiques mais dans le
rapprochement entre les partisans de la « Jihad 666 » («guerre sainte
satanique») et ceux de la «Jihad 88» («guerre sainte néo-nazie» : le « h » de
Heil Hitler est la 8e lettre de l'alphabet).
-
- Le succès sur Internet, sur
les objets scolaires de nos enfants ou lors de profanations du mot d'ordre «
Rahowa » («guerre sainte raciale») ou de la signature «14 mots» (qui signifie
«nous devons assurer l'existence de notre race et un futur aux enfants blancs» )
mérite beaucoup plus de vigilance que la confusion trop facile entre satanisme
folklorique, gothisme et satano-nazisme. Méfions nous de ne pas trop fantasmer
sur les propres fantasmes de ces néo-nazis d'un nouveau genre. On peut rire de
ce que le Temple de Set (fondé par Michaël Aquino, alors lieutenant-colonel de
l'armée américaine spécialiste de la guerre psychologique et toujours auteur de
travaux qui font autorité)organise des pélerinages au Château du Wewelsburg, ce
haut-lieu du nazisme où les dignitaires SS organisaient des rituels noirs mais
son idéologie anti-égalitaire et anti-humaniste progresse. On peut s'amuser de
ce que l'ensemble de la mouvance joue Himmler contre Hitler mais les thèses
extrémistes pro-américaines progressent avec des slogans simples « Heil Satan !
Heil Amerika !».
-
- L'Ordre des Neuf Angles
peut également amuser la galerie avec son fameux «Guide du sacrifice humain»
mais il organise de véritables « messes noires » en l'honneur de Mein Kampf. La
sympathique Eglise de Satan ne joue pas seulement à nous faire peur lorsqu'elle
diffuse son programme politique « pentagonal » qui revendique, entre autres
choses, la fin de l'égalité, le rétablissement de la peine de mort, le
renforcement de l'appareil répressif, la fin des aides sociales, des
discriminations positives en faveur des plus forts, la sélection génétique des
meilleurs, etc. Cette vision du monde se retrouve au sein des organisations
françaises comme l'Ordre Guillaume et la Fédération sataniste de France qui
propose par exemple le retour au système des corporations.
-
- Prenons garde car si un
lycéen ne peut plus défendre impunément des thèses néo-nazies, il lui suffit de
prendre le masque du satanisme pour pouvoir propager la haine des faibles et le
culte des forts. Faut-il s'étonner que les mouvances sataniques cèdent ainsi
avec facilité aux vieux démons lorsqu'on sait comment notre bonne société
s'accommode très bien d'une violation de ses valeurs ? Sait-on assez que la
Bible satanique (vendue à six millions d'exemplaires) écrite par Anton LaVey,
est simplement un plagiat des oeuvres de la philosophe-romancière Ayn Rand bien
connue pour être la « gourelle » de la contre-révolution conservatrice qui
balaie depuis plus de vingt ans le monde ?
-
- Cessons de diaboliser les
jeunes gothiques et osons leur dire franchement que s'ils veulent vraiment
mépriser le faible, il n'est pas besoin de rentrer dans une secte, notre bonne
société fait cela très bien. Paul Ariès, professeur de science politique et
management est l'auteur de «satanisme et vampyrisme, le
livre-noir», Editions Golias, 2004

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- Satanisme et vampyrisme* de Paul
Ariès
LE LIVRE
NOIR

- Éditions Golias
2004
- ISBN :
2-914475-63-2
- *écrit volontairement avec
un "y"
-
- Ouvrage qui est le fruit
d'une enquête de plus de douze ans dont six dans le cadre d'une convention
conclue avec le Ministère des Affaires sociales. Il porte à la connaissance du
grand public des informations disponibles depuis 1994 "au sein de l'appareil
d'Etat" puisqu'à cette époque, Paul Ariès était l'auteur d'un rapport de mission
sur le satanisme. Jusqu'à la parution du présent ouvrage, il avait choisi de
taire certaines informations pour préserver des enquêtes en cours.
-
- Le satanisme qui séduit les
jeunes et qui inquiète les pouvoirs publics est aussi l'héritier de toute une
tradition de "satanisme symbolique"qui vise à "choquer pour faire tomber les
masques" de la société. Il prend de nouveaux visages en flirtant avec le
"vampyrisme ou certaines sexualités marginales". Non seulement il cohabite avec
des pensées "extrémistes religieuses ou politiques" mais il est désormais passé
du domaine religieux au domaine politique. Paul Ariès a enquêté dans cet univers
d'ombres" où la manipulation côtoie les rumeurs.
-
- Paul Ariès a essayé d'en
comprendre "l'essentiel". Il en conclut que les diverses ex-pressions du
satanisme moderne "tendent à s'unifier comme si le satanisme devait, lui aussi
se mondialiser et se globaliser". Internet y joue un rôle de premier plan et
l'on constate que ce courant n'est plus l'apanage du monde occidental mais
touche maintenant les mondes musulman et asiatique !
-
- L'auteur se penche sur le
phénomène des jeunes qui se disent satanistes et qui,
dans leur ensemble, sont "tout sauf des satanistes". Ils se tournent vers ce courant à
défaut d'autre perspective.
-
- Paul Ariès y voit là une
"philosophie du désespoir" et un "nihilisme du pauvre" ! Le danger vient que la
société accepte qu'une partie de ses jeunes s'endoctrine ainsi.
Les
" vraies sectes " n'ont plus qu'à les cueillir ensuite !
-
- L'auteur déplore enfin que
les enseignants ne disposent pas d'éléments qui leur permettent de repérer les
jeunes en danger. Il appelle les pouvoirs publics à réagir … rapidement et
d'autant plus qu'il existe une véritable stratégie métaculturelle d'infiltration
en direction de la jeunesse de la part de certains mouvements
sataniques.
-
- L'auteur analyse sa
culture, portée par un commerce florissant, un environnement qui utilise
fréquemment des thèmes pseudo-sataniques et des pratiques particulières des plus
"anodines" (tatouages, piercings …) aux plus extrêmes (jeux vidéos
hyper-violents, jeux de rôle …). Il développe tout l'aspect de la musique
satanique, notamment du rock, et révèle qu'Aleister Crowley, gourou de la secte
de l'Ordre du Temple d'Orient a été "lancé" dans les milieux du rock anglais par
des groupes et des chanteurs tels que les Beatles, les Rolling Stones, David
Bowie et Sting !! Il s'attarde sur le (presque) mythe de l'américain Marilyn
Manson, personnage qui se livre à toutes les transgressions ainsi que sur le
rock satano-viking norvégien qui plonge dans le néo-nazisme.
-
- "Métastase d'une société
malade", le satanisme méritait bien cette étude approfondie. Mine
d'informations, de révélations, elle développe tous les aspects de ce courant,
fait le tour de tous les personnages qui lui sont liés et décrit plusieurs
dizaines de sectes. Voilà qui en fait un véritable ouvrage de
référence.
-
-
- Paul Ariès :
- Paul Ariès, politologue,
spécialiste reconnu de la question des sectes, a déjà publié Le retour du diable
(Editions Golias, 1997), sectes sataniques et extrême-droite ; Déni d'enfance ;
les fils de McDo ; La fin des mangeurs. Il est l'auteur de la notice
Scientologie dans l'encyclopédie Universalis.
-
- Courriel de Paul
Ariès :
- Le mariage de la « Jihad 666 » et de
la « Jihad 88 » : est-ce la faute des jeunes gothiques ?
(18 mars 2005)

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«The Satanic Bible» traduite en
français
- Le Parisien, 18 février
2006
- [Texte
intégral]
Ecrite par l'Americain Anton Szandor
LaVey en 1969, trois ans après la création officielle de l'Eglise de Satan à New
York, la « Bible satanique » est l'ouvrage fondateur du satanisme contemporain.
Parodiant la Bible, elle prend à rebours tous les préceptes du christianisme et
élève Satan au rang de Dieu. Anton Szandor LaVey propose ainsi neuf
«commandements»: la complaisance, non l'abstinence; l'existence matérielle, non
un rêve spirituel; l'hypocrisie, et non la sagesse sans détour; la vengeance :
il ne faut pas tendre l'autre joue.
S'appuyant sur les rituels
qu'il édictera en 1972 dans l'ouvrage «The Satanic Rituals», non traduit en
français à ce jour, l'auteur met en place une hiérarchie du type clergé avec un
Grand Prêtre, des prêtres et des grottos (cellules régionales). Passionne de
magie, amateur de femmes, ex-dompteur et organiste d'église, proche un temps de
Ron Hubbard, le fondateur de la Scientologie, Anton Szandor LaVey entendait se
positionner comme une force de provocation face au fort puritanisme de la
société américaine. Il avait a cet effet pris pour lieu de résidence la Black
House (la maison noire) à San Francisco, entièrement peinte en noir en
opposition parfaite avec la White House, la Maison-Blanche, siège du pouvoir
américain.
Reste que la traduction en
français de «The Satanic Bible», qui s'est déjà vendu a plus de 600'000
exemplaires dans le monde, révèle incontestablement un re-nouveau du satanisme
même si cette mouvance revêt aujourd'hui des visages très différents.
Sans LaVey, la majorité des
groupes sataniques n'existeraient pas
aujourd'hui.

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- France : Le satanisme,
marchepied de l'extrême droite
- [Texte
intégral]
-
- Des jeunes un peu paumés
en quête d'identité se laissent séduire par une forme de
folklore.
-
- Dans son rapport, la Miviludes s'attarde sur un
phénomène sectaire nouveau par l'importance de sa diffusion : le satanisme en
relation avec les mouvements d'extrême droite. A l'image des récentes
profanations de cimetières qui se sont échelonnées sur les six derniers mois.
Certaines profanations ont comporté, en effet, des symboles à la fois nazis et
satanistes.
-
- Idéologie. Le mouvement
sataniste actuel trouve, en tout cas, son origine dans «l'Eglise de Satan»
fondée le 30 avril (jour de la mort d'Hitler) 1966, par Anton LaVey, appelé le
Pape noir et auteur de la Bible satanique. Intervient une scission en 1995,
lorsque Michael Aquino crée une structure concurrente, le Temple de Seth. Tous
les deux s'inspirent néanmoins d'Aleister Crowley qui développa au début du XXe
siècle certains rites sanglants.
-
- Derrière le folklore
apparent du satanisme (messes noires, symboles, croix renversées...) se cache
une idéologie qui peut être dangereuse quand elle se politise. Pour Jean-Yves
Camus, politologue, «la violence du message antichrétien ne peut pas ne pas
déboucher sur un certain totalitarisme». Paul Ariès, qui vient de publier
Satanisme et vampirisme, le livre noir (1) un voyage de plusieurs années dans
les milieux satanistes , explique que les idées satanistes apparaissent comme
un véritable vivier pour l'extrême droite. Ainsi la «Constitution 35» ou le
«révisionnisme pentagonal» sont de vrais programmes politiques et prônent une
inégalité naturelle entre les hommes. A titre d'exemple, Ariès cite l'Ordre des
9 angles qui organisent des messes noires avec, sur l'autel, l'ouvrage Mein
Kampf, écrit par Hitler.
-
- La religion est utilisée
par les groupuscules d'extrême droite pour masquer leurs idées. «Un jeune ne
peut se dire néonazi mais il est bien vu de se dire sataniste.» Selon Paul
Ariès, il existe deux profils types de satanistes parmi les jeunes qu'il faut
distinguer des gothiques, même si le gothisme
(2) est une porte d'entrée privilégiée vers le satanisme : il y a
l'adepte de base, souvent un jeune paumé, sans prise sur sa vie ou celle des
autres et qui trouve une «béquille identitaire» dans le satanisme en souffrant
et faisant souffrir les autres. Plus minoritaire, on trouve aussi l'étudiant
d'un certain niveau intellectuel, qui remet en question l'éducation qu'il a
reçue et voit dans le satanisme un moyen de provocation.
-
- En tout cas, pour Paul
Ariès, il n'y a aucun doute : «Le développement du satanisme et son
rapprochement avec l'extrême droite sont liés à la crise des valeurs.» Et de
s'inquiéter de l'attitude des pouvoirs publics qui «pêchent dans leur approche
du phénomène, car elles ne se donnent pas les moyens de le
combattre».
- Vigilance.
-
- Il a été en partie entendu.
Car pour la Miviludes, il y a urgence à intervenir : ainsi
les parents se doivent d'être vigilants, car si un look gothique de leur enfant
ne signifie pas danger, il ne faut pas pour autant «nécessairement tout admettre
dans ce domaine, car cette attirance pour certaines pratiques peut être une voie
dangereuse pour les plus fragiles».
-
- Les dérives vers des
mouvements néonazis sont possibles. La Miviludes dénonce l'accès facile par
l'Internet aux sites satanistes, puis par divers liens vers des sites néonazis.
«Les groupuscules d'extrême droite exploitent le goût de certains jeunes pour
les références nordiques, viriles, pour les attirer dans une mouvance politique
d'extrême droite», note la Miviludes.
-
- Enfin, la musique est un
moyen d'accès privilégié. Au-delà du très populaire Marylin Manson, ancien
membre de l'Eglise de Satan, le vrai danger, selon la Miviludes, semble résider
dans le «Black Metal» scandinave où la musique est utilisée pour professer de
véritables idées néonazies, comme on l'entend dans les groupes Enduras,
Allerseelen, Scivias, ou Blood Axis.
-
-
- (1) Editions
Golias.
- (2) Le gothisme est au
départ une culture tournée vers le romantisme sombre.

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- Rapport
de la Miviludes - mars 2005
-
- L'Express.fr
avec AFP
- 22 mars
2005
-
- Un rapport s'alarme de la progression du
satanisme
- Le rapport
annuel de la Miviludes, présenté mardi par son président Jean-Louis Langlais,
s'alarme de la "progression sensible du satanisme" et souligne les risques de
dérive dans l'enseignement hors contrat.
- Jean-Louis
Langlais,
- président de
la Miviludes
- ©
AFP/Archives Georges Bendrihem
|
- "Si l'action des grands
mouvements sectaires se tasse, a souligné le président de la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires,
l'activité des petits groupes se diversifie".
"L'air du temps est propice
à des manifestations dont on ne sait si elles relèvent du charlatanisme ou des
dérives sectaires", a-t-il ajouté, soulignant la difficulté de cerner le
phénomène de "dérive sectaire".
Le rapport souligne "une progression
sensible des dérives satanistes en France qui ont pu se manifester dans un
certain nombre de profanations".
La mission met en garde contre "une
mouvance très présente sur le réseau internet et qui, pour recruter de nouveaux
adeptes, profite de la vague gothique, posture esthétique très +tendance+ en
faveur chez les adolescents".
Dominique Bitton, qui a conduit une étude
pour la Miviludes sur les sites gothiques de l'internet, a souligné les "liens
diffus" entre gothisme et satanisme, remarquant que "nombre de sites gothiques
ont des passerelles aboutissant à des sites beaucoup plus radicaux". M. Langlais
a néanmoins mis en garde contre les "risques d'amalgames" concernant la mouvance
gothique, soulignant qu'il convenait de n'être "ni trop alarmistes ni
naïfs".
La Miviludes, dont l'une des missions essentielles est "la
protection des mineurs", a également attiré l'attention sur le cas des "quelque
40.000 enfants scolarisés dans les établissements d'enseignement privés hors
contrat et ceux ayant choisi l'enseignement à distance".
"Ces formes
d'enseignement, lit-on dans le rapport qui ne cite aucun établissement, ne sont
pas à l'abri de dérives pédagogiques pouvant être parfois de nature
sectaire".
Le rapport met en garde aussi contre "la banalisation de
l'ésotérisme et de l'occultisme", perçue "dans le vocabulaire ambiant, la presse
grand public ou féminine, le développement des médecines qui se proclament
douces ou parallèles".
"Les conséquences d'une telle conception du monde
ne sont pas anodines", remarque la Miviludes, indiquant "quel prix a la vie, si
on peut en avoir à l'infini ? Qu'enseigner aux enfants, s'ils n'ont pas le bon
karma et que leur vie actuelle ne peut pas évoluer?"
La Miviludes dénonce
également les régimes "hygiénistes" parfois proposés dans des maisons de jeûne
"qui peuvent inquiéter lorsqu'ils concernent des enfants". Le rapport cite ainsi
le décès d'un bébé de 17 mois causé par un régime végétalien
inadéquat.
Parmi les autres évolutions récentes, le rapport met en
exergue le développement de microstructures comme le groupe Néo-Phare (secte
apocalyptique) dont le gourou Arnaud Mussy a été condamné à trois ans
d'emprisonnement avec sursis à Nantes mais aussi un "essaimage" de sectes plus
anciennes et plus connues comme les adeptes de Ron Hubbard (Scientologie) ou de
Moon.
Enfin la Miviludes note que nombre d'interrogations lui ont été
adressées sur certaines pratiques du monde de l'entreprise dans "un contexte qui
tient parfois d'une mise en état de sujétion".
-
RAPPORT 2004 de la MIVILUDES
Consultation en ligne :
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| Rapport 2004 au format
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