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- L'Eglise catholique suisse
en pleine polémique pour
des
affaires de prêtres pédophiles

RAPPEL
DES FAITS
Le
père J. A., un capucin envoyé en France en 1989 après
le viol répété d'un enfant à Fribourg à la fin des années
1970, a été retrouvé début janvier à Delémont (JU).
Depuis, il a avoué avoir récidivé à plusieurs reprises
en Romandie et en France. Au courant de ses agissements
depuis 1989 au moins, l'Evêché de Lausanne, Genève,
Fribourg et Neuchâtel a étouffé l'affaire et ne l'a
jamais livré à la justice. Ces dernières semaines, l'Evêché
s'est empêtré dans ses justifications, au point d'être
taxé de mensonge par la presse.
En Suisse les autorités de l'Eglise catholique ont annoncé à
la télévision romande (dimanche 20 janvier 2008) vouloir juger elle-même les prêtres pédophiles qui lui
seront signalés par les victimes et un
abbé s'est présenté comme étant la personne de l'Eglise catholique
capable d'évaluer la crédibilité des affaires dénoncées !
Les pédophiles doivent être dénoncés de suite à la
justice et ce n'est pas à vous de faire une enquête et de vous substituer à
la justice. Nos lois ne vous y autorisent aucunement et il n'est pas
question de vous donner la possibilité de noyer le poisson. L'Eglise catholique se doit de ne pas agir comme les sectes victimaires.
Centre info-sectes
21
janvier 2008
Un
abbé embarassé ...
Après
avoir affirmé dans son intervention télévisée (TSR le
20
janvier 2008) qu'il n'y a aucune prescription
en matière de pédophilie dans son eglise, l'abbé
Nicolas Betticher en charge des affaires de pédophilie
a admis à la une semaoine plus tard (TSR le 26 janvier
2008) qu'une fin de
non recevoir
a bien été adressée à une victime d'un prêtre pédophile
pour motif de prescription !
Cette
nouvelle victime a témoigné de son calvaire vécu
à l'âge
de 8 ans (TSR le 26 janvier 2008).
Au
lieu de retirer ses propos M. Betticher a préféré manipuler
les télespectateurs
en prétendant qu'il parlait uniquement sur la base des
évangiles lorsqu'il affirmait qu'il n'y avait pas prescription
!
Cette
explication
n'est pas acceptable- L'Eglise
n'a pas à juger elle-mêmes de tels abus
et elle doit
rendre maintenant des comptes devant la justice.
De
plus cet abbé visiblement semble peu capable de gérer de tels
drames. Pour
preuve le fait que la victime est venue exprimer sa colère à la télévision
au monde entier
!
Nous
lui proposons de changer de métier ou du moins de responsabilité
au sein de son Eglise.
A moins d'un miracle.
Bien
entendu.
- Centre Info-sectes,
27 janvier 2008
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Deux
nouveaux témoignages contre des prêtres pédophiles
(Le Matin - 26 janvier 2008)
Prêtres
pédophiles
(L'Hebdo
- 17 janvier 2008)
Prêtre pédophile: Betticher admet la responsabilité de l'Eglise
(romandie.com
- 20 janvier 2008)
Prêtre pédophile: l'Eglise suisse admet une "complicité"
(www.la-croix.com
- 20 janvier 2008)
Nicolas
Betticher: «Le mot «complicité» me fait mal, mais c'est vrai» (Le Matin Dimanche
- 19 janvier 2008)
L'Eglise et sa responsabilité-
Editorial d'Ariane Dayer
(Le
Matin - 16 janvier 2008)
Le prêtre pédophile abusait de son neveu
(Le Matin
Online - 16 janvier 2008)
L'Eglise
ne les dénonce pas. Pourquoi ?
(Le Matin
Online - 16/01/2008)
Prêtre interrogé
(Le
Matin - 14 janvier 2008)
Le capucin abuseur a récidivé en France
(Le
Matin - 11 janvier 2008)
Les écarts sexuels reprochés au prêtre
qui s'est suicidé à Neuchâtel le 3 février étaient
plus graves que ce qu'a laissé croire l'évêque Bernard
Genoud
(L'Hebdo
-
13 mars 2008)
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PRÊTRE
PÉDOPHILE
- L'Hebdo
- 17 janvier 2008)
- [Texte
intégral]
Fin
2007, la revue catholique française Golias dénonçait
les agissements de dignitaires de l'Evêché de Genève,
Lausanne. Fribourg et Neuchâtel.
Son
auteur parlait d'un homme qui, enfant. avait été victime
d'abus sexuels de la part d'un père capucin. La presse
française et suisse a retrouvé ce capucin, J.A., un
Suisse qui a vécu à Lyon dans un couvent avant de revenir
au pays. Lundi, l'homme a été entendu par la police
jurassienne. Même si les faits qu'il a commis en Suisse
sont prescrits, la justice française pourrait bien le
rattraper.
J.A.
a avoué deux nouveaux cas, dont l'un remonte à quelque
dix ans. Et comme en France la prescription ne court
qu'à compter de la majorité (elle est de dix ou vingt
ans selon la gravité des faits), le capucin risque bien
de rendre des comptes.
Si
ce Suisse refuse d'être livré à la France, il ne sera
pas extradé - loi oblige. Le procureur général de Lyon
pourrait alors demander qu'il soit jugé en Suisse.
A
la tête des capucins suisses, Ephrem Bucher en est convaincu:
«Il est temps que l'Eglise agisse ouvertement et qu'elle
convainque les coupables d'aller se présenter à la justice».
Et s'ils ne se laissaient pas convaincre ?
«Il
faut les forcer !» L'église catholique commencerait-elle
enfin à prendre ses responsabilités dans les lamentables
affaires de pédophilie qui la concernent?
sp
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| Prêtre pédophile: l'Eglise suisse admet une "complicité"
- http://www.la-croix.com/
- 20 janvier 2008
- [Texte
intégral]
Un responsable de l'Eglise catholique suisse a admis dimanche une
"complicité" dans l'affaire du prêtre accusé d'actes pédophiles en Suisse et en
France, que la hiérarchie religieuse a omis de dénoncer.
"Le mot complicité me fait mal pour l'Eglise que j'aime, mais c'est vrai", a
déclaré le père Nicolas Betticher, porte-parole de l'évéché de Lausanne, Genève,
Fribourg et Neuchâtel, dans une interview à l'hebdomadaire Le Matin
Dimanche.
Le parquet de Grenoble a ouvert mercredi une information judiciaire
concernant les agissements du prêtre, qui a confirmé à la police suisse s'être
livré à des attouchements sur un mineur, en 1992, dans la région de
Grenoble.
Le capucin, aujourd'hui âgé de 67 ans, avait déjà été impliqué dans d'autres
affaires de pédophilie en Suisse, mais sa hiérarchie l'avait envoyé en France de
1989 à 2005, sans alerter la justice des deux pays.
"Il est évident que la procédure n'a pas été faite correctement à l'époque.
Sinon, il n'y aurait peut-être pas eu de récidive", a reconnu le père Betticher.
"On a mal agi en envoyant ce prêtre en France".
Le responsable épiscopal a souligné qu'il y avait à l'époque "une omerta
épouvantable" envers les actes de pédophilie, y compris "dans les clubs de foot,
dans les écoles". "Mais pour un prêtre, c'est beaucoup plus grave, il doit être
au dessus de tout soupçon", a-t-il admis.
Le prêtre capucin, revenu en Suisse en 2005, vit actuellement au couvent de
Montcroix à Delémont, dans le nord-ouest du pays.
La presse helvétique a révélé la semaine dernière qu'il avait été responsable
de colonies de vacances dans les années 1980.
GENEVE, 20 jan 2008 (AFP)
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Prêtre pédophile: Betticher admet la responsabilité de l'Eglise
- http://www.romandie.com
- 20 janvier 2008
- [Texte
intégral]
Pour la première fois, un membre de la hiérarchie catholique
reconnaît la responsabilité de l'Eglise dans l'affaire du prêtre pédophile qui a
sévi en Suisse romande à la fin des années 80. Nicolas Betticher, official de
l'Evêché de Lausanne, Genève et Fribourg, parle même de "complicité".
L'Evêché sait depuis 1989 au moins que le prêtre capucin a violé au moins un
enfant, mais n'a jamais dénoncé ces agissements à la justice civile. L'Eglise a
préféré déplacer l'abuseur en France, où il est à nouveau passé à l'acte.
"Il est évident que la procédure n'a pas été faite correctement à l'époque.
Sinon, il n'y aurait peut-être pas eu de récidive", admet Nicolas Betticher dans
une interview publiée par "Le Matin dimanche".
Les choses ont changé depuis, assure Nicolas Betticher. "Nous avons désormais
une procédure très stricte. Dès que l'official est informé de soupçons, il doit
immédiatement mener une enquête ecclésiale. Si les faits sont avérés, il
demandera au prêtre de se dénoncer. Si ce dernier refuse, il le fera
lui-même".
Le prêtre capucin, revenu en Suisse en 2005, vit actuellement au couvent de
Montcroix à Delémont. Il a été interrogé le 14 janvier dernier par la police
cantonale jurassienne sur demande de la justice française.
Le prêtre, âgé de 67 ans, a à cette occasion reconnu s'être livré à des
attouchements sexuels sur un mineur en 1992 dans la région de Grenoble (F). La
victime était son neveu de 12 ans, a indiqué la justice française, qui se
réserve le droit de lancer un mandat d'arrêt international. (ats / 20 janvier
2008) |
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Curé
pédophile : l'Eglise admet sa complicité

De
combien d'enfants le capucin a-t-il abusé ? L'affaire,
révélée il y a quelques semaines par la presse, n'en
finit pas de bouleverser la Suisse romande. Et de secouer
l'Eglise catholique accusée aujourd'hui d'une grave
faute, le silence. Pour la première fois, le porte-parole
de Mgr Genoud. l'abbé Nicolas Betticher, en charge
de ce grave dossier, utilise des mots que personne n'avait
encore employés.
«Le
mot complicité me fait mal pour l'Eglise que j'aime,
dit-il, mais c'est vrai. Il est évident que la procédure
n'a pas été faite correctement à l'époque. Sinon, il
n'y aurait peut-être pas eu de récidive.»
Nicolas
Betticher promet des changements. Tout en tentant de
justifier le silence de son Eglise.
Nicolas
Betticher: «Le mot «complicité» me fait mal, mais c'est vrai»
- Nicolas
Betticher n'utilise pas la langue de bois.
- Il répond
sans ambages aux terribles accusations qui se
portent sur l'Eglise
Alors que l'affaire du capucin pédophile secoue la Suisse romande, Nicolas
Betticher admet enfin la responsabilité de l'Eglise, qui a couvert ce prêtre. Le
nouvel official de Fribourg demande pardon aux victimes et promet des
changements. Il tente de justifier le silence de l'EgliseLes actes d'un prêtre pédophile et le silence de l'Eglise bouleversent la
Suisse romande. On évoque même depuis hier des cas de suicide liés à cette
affaire. Que diriez-vous aux victimes si vous les aviez en face de vous
aujourd'hui? L'Eglise devrait demander pardon...
J'admettrais que
l'Eglise est aussi responsable de leur malheur, si elles me le disent. Je
partagerais leur souffrance ... et oui, je leur demanderais pardon. Pour
l'institution, pour l'Eglise, pour le prêtre. Cela ne leur permettra pas de
guérir. Mais elles seront au moins reconnues comme des victimes.
Admettez-vous que l'Eglise s'est rendue complice de récidive en ne
dénonçant pas ce prêtre ?
Le mot complicité me fait mal pour l'Eglise que
j'aime, mais c'est vrai. Il est évident que la procédure n'a pas été faite
correctement à l'époque. Sinon, il n'y aurait peut-être pas eu de récidive.
Toutefois, le risque zéro n'existe pas. Mais il doit y avoir tolérance zéro.
Pourquoi n'avez-vous jamais dénoncé ce prêtre à la justice? L'Evêché sait
depuis 1989 que cet homme a violé au moins un enfant! Vous estimez-vous
au-dessus de la justice civile ?
Non, pas du tout. Mon Dieu, jamais! C'est
épouvantable de penser cela. On a mal agi en envoyant ce prêtre en France. Mais
fallait-il alerter la justice à son retour en 2005? On nous certifiait alors
qu'il avait suivi une thérapie et était surveillé de près. De plus, les faits
étaient prescrits, et la victime elle-même ne voulait pas de dénonciation. Par
respect pour elle, nous ne l'avons pas fait.
Cela signifie que vous ne dénoncez pas tous les cas à la justice, malgré
les promesses faites par Mgr Genoud en 2002 ...
Dès que l'official, un
poste que j'occupe depuis le 1er janvier, est informé de soupçons, il doit
immédiatement faire une enquête ecclésiale. Si les faits s'avèrent, il demandera
au prêtre de se dénoncer. Si ce dernier refuse, il le fera lui-même.
Mais vous ne l'avez pas fait pour ce prêtre.
Je ne veux pas parler
pour mes prédécesseurs officiaux. Nous avons désormais une procédure très
stricte.
Un ancien collègue de ce prêtre affirme avoir averti les autorités
ecclésiastiques en 1986. L'abuseur n'a été déplacé en France qu'en 1989.
Pourquoi ce silence de trois ans?
Je n'en ai aucune idée. Je n'ai pas
retrouvé de dossier. Mgr Genoud n'était pas évêque. Je n'étais pas là. Dès lors,
je constate que ça s'est passé d'une manière inacceptable. A l'époque, il y
avait une omerta épouvantable. Dans les clubs de foot, dans les écoles, on
agissait de la même manière. Mais pour un prêtre, c'est beaucoup plus grave: il
doit être au-dessus de tout soupçon.
L'Evêché est accusé par la presse de ne pas avoir annoncé le retour en
Suisse du capucin abuseur en 2005, et d'avoir assuré ces dernières semaines que
ce dernier était étroitement surveillé, alors que cela n'était pas le cas. Vous
êtes donc des menteurs ?
Bien sûr que non. Il faudrait être fou pour
mentir dans un tel dossier. Nous n'avons pas annoncé à la victime que le prêtre
était de retour pour ne pas rouvrir ses blessures. Pour le reste, on nous avait
certifiés que l'homme en question, qui est un capucin et non pas un prêtre
séculier, était sous contrôle. Lorsque nous avons su qu'il était revenu en
Suisse en 2005, nous l'avons dénoncé auprès des instances ecclésiales locales
(Bâle). Par la suite, j'ai lu dans les journaux des informations sur sa liberté
de mouvement différentes de celles reçues des Capucins.
Les responsables seraient donc ses supérieurs capucins
?
Evidemment.
Quand je lis qu'il y a eu récidive en France, cela me choque profondément. Je ne
veux pas juger. Je cherche à comprendre, mais c'est difficile, voire impossible.
Reste que ce qui s'est passé dans cette affaire est tout aussi grave au niveau
des Capucins de Fribourg, de France, de Delémont, qu'au niveau de l'Evêché. On
n'a pas fait les choses correctement. Cela doit changer dorénavant.
Comment ?
J'aimerais m'adresser à la Suisse romande entière. Je
demande à tous les fidèles et les citoyens: si vous avez des informations, sur
les cas d'abus connus ou sur d'autres, faites-le nous savoir. Les demandes
seront traitées confidentiellement. Dites aux victimes qu'elles peuvent venir se
confier, à l'évêque comme à moi. L'Eglise ne connaît pas de prescription. Et
toute enquête permet de faire la vérité, à charge ou à décharge.
Mais où vous atteindre
?
Nous avons une Hotline. C'est le 079 432 85
43, le numéro de l'évêque. Si vous tombez sur la combox, laissez un message.
Vous n'avez pas peur de crouler sous les appels?!?
Et quand bien
même ? S'il faut cela ...
Des victimes disent qu'il leur est difficile de passer par l'Evêché pour
se confier. Ne devriez-vous pas plutôt financer une cellule (faite de psys etc.)
indépendante ?
Cela peut se faire, si on nous le demande. En l'état, Mgr
Genoud a choisi cette voie qui atteste de son souci d'être au service de tous.
Comment vivez-vous ces accusations
?
En 2002 on était le seul Evêché
de Suisse à prendre les choses en mains! Quand je lis aujourd'hui qu'on nous
traite de menteurs, cela m'attriste.
Ce qui est triste, c'est surtout l'absence de réaction de la part d'autres
Evêchés suisses ...
Je ne veux pas parler pour les autres diocèses.
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«Les prêtres doivent dénoncer»
Qu'allez-vous faire pour que cela ne se reproduise pas? Vous évoquez la
présence de «pères spirituels» qui accompagnent les séminaristes. Cela semble
léger!
Les pères spirituels veillent sur les séminaristes durant sept ans. Ils
peuvent déceler d'éventuelles pathologies ou fragilités psychoaffectives.
Ensuite, ils approfondissent à l'aide de spécialistes. Si le séminariste refuse
ou présente des troubles évidents, il ne deviendra pas prêtre.
Depuis que cela a été mis en place en 2002, avez-vous détecté des
candidats «fragiles»?
Oui, mais je ne sais pas combien.
Ne pensez-vous pas que certains pédophiles deviennent prêtre justement
pour refouler leurs pulsions?
Tout est possible. Mais attention à ne pas faire d'amalgame entre vocation et
pathologie.
Un «père spirituel» est-il tenu de dénoncer les cas problématiques?
Oui, comme n'importe quel ecclésiastique qui a des soupçons. Après, il y a le
secret de la confession. Imaginons qu'un agent pastoral a des pulsions
pédophiles et en parle en confession. Le prêtre ne pourra pas dénoncer la
personne directement. Mais il doit tout mettre en place pour que ça sorte. Il ne
pourra pas lâcher l'affaire. Sinon il devient complice, et c'est inacceptable.
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Nicolas Betticher, official du diocèse de Lausanne, Genève Fribourg et
Neuchâtel, livre la marche à suivre qui sera désormais appliquée par l'Evêché en
cas d'abus sexuel par des hommes d'Eglise
La procédure
«Lorsqu'un cas est dénoncé, l'agent pastoral est cité à comparaître,
confidentiellement. Les victimes sont entendues. Si les faits sont avérés, on
encadre la victime, humainement, spirituellement, et éventuellement
financièrement. Parallèlement, le ministre est déchargé immédiatement de son
ministère par prudence. Une enquête canonique est ouverte. J'exigerai de la
personne qu'elle se dénonce à la justice civile. Si elle ne le fais pas, je le
ferai moi-même. Nous n'avons pas les moyens d'effectuer une véritable enquête.
J'ai donc besoin de l'appui du bras séculier. La question qui se pose : dois-je
impliquer la victime dans cette dénonciation si elle ne veut pas d'une procédure
civile? Je peux le faire sans citer son nom. Ce sera ensuite à la police de
remonter, le cas échéant, jusqu'à la victime. »
Les punitions
« Le but de la peine est la réparation du tort moral. On demandera au prêtre
qui le peut de payer les frais de traitement et de thérapie. Autre peine: la
suspension de ministère. Parallèlement, obligation d'une thérapie. Tant qu'il
n'y a pas deux certificats médicaux de psychiatres affirmant que la pathologie
est gérée, il n'y a pas de nouveau ministère . Ensuite, il y aura peut-être un
travail spécialisé sans contact avec les enfants, dans les EMS et autres, avec
un contrôle psychiatrique tous les six mois. Si le prêtre ne veut pas ça, il
n'aura pas de ministère et devra donc trouver un autre travail.» | |
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L'Eglise et sa responsabilité
Editorial
d'Ariane Dayer (Le Matin)
- Source
: Le Matin -
16 janvier 2008
- [Texte
intégral]
Insoutenable. L'image d'un homme qui utilise sa supériorité d'adulte, sa
posture de modèle de foi, de détenteur du mystère, tout l'impact de l'Eglise
catholique sur notre culture et notre inconscient pour commettre des abus sur
les enfants. Un prêtre, dans notre éducation, ça ne se contredit pas. C'est
celui qui sait, pas celui qui viole. Puis qui récidive. Et récidive encore.
Les dernières révélations sur l'affaire du prêtre pédophile réfugié à
Delémont paralysent d'horreur. L'Eglise avait, soit, indemnisé l'une des
victimes. Mais elle a simplement transféré le coupable ailleurs. Il a
recommencé. Elle ne l'a jamais dénoncé à la justice. Elle n'est pas punissable,
mais, pour une part, elle est responsable.
Depuis 2002, l'Eglise catholique s'est donné une règle: tout prêtre soupçonné
d'acte de pédophilie doit être dénoncé à sa hiérarchie. Mais pas forcément
ailleurs. On gère ça entre soi. Comme si l'institution était hors du monde,
comme si elle avait droit à un statut à part. Comme si - et c'est inadmissible -
ces coupables-là l'étaient un peu moins que les autres.
Un cas d'abus, ce n'est pas un obscur point d'exégèse à débattre deux
siècles, enfermé dans un conclave entre spécialistes du droit canon. C'est
simplement un acte hors la loi. L'Eglise n'a pas à s'exclure des règles civiles
là-dessus. Si elle avait contribué à faire arrêter cet homme, il aurait
peut-être évité ne serait-ce qu'un cas de récidive. C'est peu, c'est énorme.
Cessons de tolérer l'existence de deux mondes séparés: le nôtre et celui des
hommes de Dieu. Le seul qui doit être respecté est celui des enfances dévastées.
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L'Eglise ne les dénonce pas. Pourquoi ?
Nicolas Betticher: «C'est aux victimes de
décider»
- Vincent Donzé -
16/01/2008
Le Matin Online
- [Texte
intégral]
Photo :
Bist/Danièle Ludwig
Le prêtre J. A.
est en résidence chez les capucins de Delémont depuis deux ans. C'est là qu'il a
avoué un abus sexuel à un journaliste français, ce qui a lancé toute
l'affaire.
Les aveux du capucin abuseur inquiètent les fidèles. Mais selon le
porte-parole de Mgr Bernard Genoud, l'Eglise catholique n'est pas un repaire de
pervers
«Les pédophiles sont plus
nombreux chez les gens mariés», assène l'abbé Nicolas Betticher, après les aveux
d'un prêtre pédophile réfugié chez les capucins de Delémont. L'évêché de
Fribourg veut rassurer ses fidèles: «Le célibat est une vocation, la pédophilie
est une maladie: aucun lien ne les relie.» Mais le parcours du capucin J. A.
inquiète les catholiques pratiquants, comme le démocrate-chrétien Pierre Kohler
(lire encadré). Pourquoi ce prêtre a-t-il été déplacé sans être dénoncé, après
avoir commis des abus à Fribourg et à Lully (FR)? C'était en 1989 et, trois ans
plus tard, il abusait de son neveu de 12 ans, près de Grenoble.
«Le célibat est une
vocation, la pédophilie est une maladie: aucun lien ne les relie»
Nicolas
Betticher, porte-parole de l'évêché de Fribourg
«C'est à la victime de
décider si son abuseur doit être poursuivi», explique Nicolas Betticher. Le
clergé veut respecter la sphère privée. «Le but n'est pas de dénoncer, mais de
faire la vérité», poursuit le porte-parole. Les délits contre l'intégrité
corporelle sont poursuivis d'office, mais encore faut-il qu'ils parviennent aux
oreilles d'un juge. «Au contraire d'un policier assermenté, un simple
ecclésiastique n'est pas tenu par la loi de dénoncer une contrainte sexuelle»,
précise le juge d'instruction jurassien Jean Crevoisier.
Mais que fait le clergé pour
neutraliser les prêtres pédophiles? Nicolas Betticher insiste: «Le voeu de
chasteté n'est pas un facteur déclencheur.» Soit. Mais comment détecter une
déviance chez un séminariste? «Nous avons déjà fait appel à un gynécologue pour
les former à la gestion de la sexualité», rapporte Nicolas
Betticher.
Détecter «la fragilité d'un
candidat au sacerdoce», c'est la tâche des pères spirituels. Chaque séminariste
en a un, qui lui sert de confident. «Les doutes sont vérifiés par un médecin. Si
son rapport révèle une pathologie, l'ordi- nation n'a pas lieu: un prêtre doit
servir d'exemple», poursuit Nicolas Betticher.
Une théorie inappliquée en
1989: les abus du Père J. A. étaient connus lorsqu'il a été transféré de Lully à
Grenoble par l'évêché de Mgr Pierre Mamie. Pourquoi le diocèse de Grenoble
a-t-il accueilli un prêtre pédophile? «Il avait suivi une thérapie», plaide son
porte- parole, Stéphane Debusschere. Aucun reproche n'est adressé au clergé
suisse. «Ce prêtre était apprécié de façon unanime dans l'Isère, où personne n'a
jamais éprouvé le moindre soupçon.»
Pareille désinvolture ne
semble plus d'actualité: «Quand un religieux se déplace, nous cherchons à savoir
pourquoi», assure Stéphane Debusschere. En clair: «Dans le doute, nous disons
non merci.» A Grenoble, l'évêque Guy de Kerimel apportera son concours à la
procureure Martine Valdes-Boulouque. Stéphane Debusschere, constate toutefois
que le neveu du Père J. A. a été abusé au domicile du capucin: «Il ne s'est rien
passé dans le ministère, ce qui ne l'excuse pas.»
Les protagonistes de 1989
sont tous décédés, tant à l'évêché que chez les capucins. Après le témoignage du
servant de messe abusé à la cathédrale de Fribourg, une enquête interne a été
ordonnée à Grenoble en 2002. «Aucun élément précis n'a permis de saisir le
parquet», note Stéphane Debusschere.
C'est parce que ses
ministères lui ont été retirés que les capucins ont envoyé le Père J. A. du côté
de Lyon en 2003, sans le dénoncer. Et comme il n'a effectué que des tâches
administratives pendant deux ans, avant son déplacement à Delémont, sa présence
n'a pas été signalée à l'archevêché de Lyon. «L'Eglise ne l'a pas caché. Couvrir
un pédophile est hors de propos: c'est un crime, un délit», soutient Stéphane
Debusschere. Sa conclusion: «C'est bien triste, mais ça va se
tasser.»
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2002, une année qui a secoué l'Eglise catholique
En Suisse
Le témoignage télévisé du
servant de messe abusé à Fribourg secoue l'évêché suisse en 2002. Personne ne
s'inscrit au séminaire et la Conférence des évêques suisses prend des mesures
contre les abus sexuels. «Jadis, on pensait que le fait de «sermonner» un
pédophile, de lui demander une thérapie et de le déplacer serait un
«électrochoc» suffisant pour corriger ses déviances», déclare Mgr Bernard
Genoud. L'évêque de Fribourg ajoute: «Je ferai tout pour que le prêtre pédophile
qui a commis des actes répréhensibles graves se dénonce à la justice et, au pire
des cas, j'agirai moi-même.» La même année, les abus du curé de Walenstadt (SG)
incitent Mgr Genoud à ouvrir pour les curés une hotline, toujours
disponible.
Dans le monde
Un énorme scandale secoue
l'évêché américain: 3000 prêtres sur 42 000 sont accusés de pédophilie. Cinq ans
plus tard, la réputation et les finances de cette Eglise sont minées. Les
indemnités lui ont coûté 3 milliards de dollars. En Irlande aussi, l'archevêque
s'excuse pour «l'horreur» des agressions commises depuis 1940 sur 15 000
enfants.
Les victimes réclament plus
d'un milliard d'euros. Un an plus tôt, le Vatican avait anticipé: Jean-Paul II
chargeait le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, d'établir des normes
plus sévères contre la pédophilie. Et en 2006, lors d'une visite en Irlande,
Benoît XVI condamnera publiquement ces «crimes
horribles». |
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«Nous leur confions nos enfants»
Ancien conseiller national,
le démocrate-chrétien Pierre Kohler réagit en catholique pratiquant et en père
de famille.
«Un prêtre pédophile doit
être poursuivi et l'Eglise ne doit rien cacher. Ma fille de 12 ans prépare sa
confirmation et mon fils de 7 ans entre au catéchisme: sont-ils en sécurité?
Comme je suis devenu un homme au foyer, c'est moi qui prépare aussi la catéchèse
des parents pour mon fils et ma foi est remise en cause. Si l'Eglise ne remet
pas de l'ordre, je ne continuerai pas. Lorsqu'elle se tait, elle devient
complice d'un crime odieux.
L'aspect spirituel et sa
notion de pardon n'empêchent pas le volet civil et pénal.
L'Eglise ne doit pas devenir
un sanctuaire pour les pédophiles. Elle est à l'image de la société: je sais que
99,9% des ecclésiastiques ne posent aucun problème, mais les abuseurs doivent
être dénoncés et sévèrement punis. Que ce soit un capucin ou un pasteur ne
change rien à la morale: nous leur confions nos enfants.» | |
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Le prêtre pédophile abusait de son neveu
- Vincent Donzé - 16/01/2008
Le Matin
- [Texte
intégral]
DR
- Le capucin a non seulement abusé de son neveu à Grenoble, mais il avoue
- aussi
des attouchements commis il y a plus de vingt ans à Lully (FR)
Le prêtre pédophile qui a trouvé refuge chez les capucins de Delémont n'a pas
avoué un abus supplémentaire, mais deux! Interrogé pendant deux heures par la
police jurassienne, il a détaillé l'aveu succinct confié à un journaliste
français: c'est à Grenoble qu'il a abusé de son neveu de 12 ans à son domicile,
en 1992. Mais ce multirécidiviste de 67 ans a aussi avoué des attouchements
commis entre 1985 et 1986, alors qu'il était animateur pour la jeunesse à la
paroisse de Lully (FR). Des caresses et des fellations, comme à son habitude,
mais pas de viol, selon sa déposition.
Cédée à un particulier, la cure de Lully n'existe plus dans l'unité pastorale
Saint-Laurent, mais le Père Jean Richoz se souvient de J. A. «Je connais ce
personnage. C'est lointain, mais je n'ai jamais eu vent d'un abus», affirme le
curé de Cugy (FR). Le petit paroissien n'a jamais dénoncé son abuseur, ce qui
ébranle le porte-parole de l'évêque de Fribourg, Nicolas Betticher: «C'est
affreux! Nous voulons aider les victimes humainement et financièrement, mais
celles qui ont une famille ne veulent pas toujours se faire connaître.»
Avant son transfert à Lully, le Père J. A. était déjà un abuseur: quand ce
capucin établi au couvent de Fribourg officiait à la cathédrale Saint-Jean, il a
violé un servant de messe entre 1968 et 1972. Lorsque Mgr Pierre Mamie a été mis
au parfum, en 1989, le prêtre a été envoyé à Grenoble, où il a abusé de son
neveu. Et treize ans plus tard, son successeur, Mgr Bernard Genoud, a versé 100
000 francs d'indemnité à l'ancien servant de messe venu témoigner à «Temps
présent». La justice ignore si le clergé connaissait les abus du prêtre plus
tôt, mais au contraire d'un policier assermenté, un simple ecclésiastique n'est
pas tenu de dénoncer une contrainte sexuelle: «Savoir et se taire, c'est
répréhensible moralement, mais pas pénalement», résume le juge d'instruction
Jean Crevoisier.
Instruction en France
?
En Suisse, le Père J. A. bénéficiera de la
prescription de quinze ans. Il reste en liberté et la justice fribourgeoise
devra certainement refermer le dossier. «Le prêtre a expliqué le mode
opératoire. Nous avons l'auteur, mais pas la victime», regrette Jean Crevoisier,
qui a ordonné l'audition du prêtre à la demande du procureur lyonnais. Mais, en
France, une instruction peut être ouverte: une loi entrée en vigueur dans
l'intervalle étend la prescription à dix ans après la majorité d'une victime, si
le suspect exerçait une autorité.
La procureure de Grenoble, Martine Valdes-Boulouque, décidera si un mandat
d'arrêt international doit être lancé: «La prescription intervient en 2008. Il
ne nous reste que quelques mois», calcule le procureur général de Lyon,
Jean-Olivier Viout, qui lui a transmis le dossier. Quelques mois pour retrouver
le neveu abusé, établir si le prêtre en avait la garde et vérifier s'il n'y a
pas eu viol. «Il n'a avoué que des attouchements», précise Jean-Olivier Viout.

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| L'Eglise
ne les dénonce pas. Pourquoi ?
Nicolas Betticher: «C'est aux victimes de décider»
- Vincent Donzé
- 16/01/2008
Le Matin
Online
- [Texte
intégral]
Photo : Bist/Danièle Ludwig
Le prêtre J. A. est en
résidence chez les capucins de Delémont depuis deux ans. C'est là qu'il a avoué
un abus sexuel à un journaliste français, ce qui a lancé toute l'affaire.
- Les aveux du capucin abuseur inquiètent les fidèles. Mais selon le
porte-parole de
- Mgr Bernard Genoud, l'Eglise catholique n'est pas un repaire de
pervers
«Les pédophiles sont plus nombreux chez les gens mariés», assène l'abbé
Nicolas Betticher, après les aveux d'un prêtre pédophile réfugié chez les
capucins de Delémont. L'évêché de Fribourg veut rassurer ses fidèles: «Le
célibat est une vocation, la pédophilie est une maladie: aucun lien ne les
relie.» Mais le parcours du capucin J. A. inquiète les catholiques pratiquants,
comme le démocrate-chrétien Pierre Kohler (lire encadré). Pourquoi ce prêtre
a-t-il été déplacé sans être dénoncé, après avoir commis des abus à Fribourg et
à Lully (FR)? C'était en 1989 et, trois ans plus tard, il abusait de son neveu
de 12 ans, près de Grenoble.
«Le célibat est une vocation, la pédophilie est une maladie: aucun lien ne
les relie» Nicolas Betticher, porte-parole de l'évêché de Fribourg
«C'est à la victime de décider si son abuseur
doit être poursuivi», explique Nicolas Betticher. Le clergé veut respecter la
sphère privée. «Le but n'est pas de dénoncer, mais de faire la vérité», poursuit
le porte-parole. Les délits contre l'intégrité corporelle sont poursuivis
d'office, mais encore faut-il qu'ils parviennent aux oreilles d'un juge. «Au
contraire d'un policier assermenté, un simple ecclésiastique n'est pas tenu par
la loi de dénoncer une contrainte sexuelle», précise le juge d'instruction
jurassien Jean Crevoisier.
Mais que fait le clergé pour neutraliser les prêtres
pédophiles? Nicolas Betticher insiste: «Le voeu de chasteté n'est pas un facteur
déclencheur.» Soit. Mais comment détecter une déviance chez un séminariste?
«Nous avons déjà fait appel à un gynécologue pour les former à la gestion de la
sexualité», rapporte Nicolas Betticher.
Détecter «la fragilité d'un candidat au sacerdoce», c'est la tâche des pères
spirituels. Chaque séminariste en a un, qui lui sert de confident. «Les doutes
sont vérifiés par un médecin. Si son rapport révèle une pathologie, l'ordi-
nation
n'a pas lieu: un prêtre doit servir d'exemple», poursuit Nicolas Betticher.
Une
théorie inappliquée en 1989: les abus du Père J. A. étaient connus lorsqu'il a
été transféré de Lully à Grenoble par l'évêché de Mgr Pierre Mamie. Pourquoi le
diocèse de Grenoble a-t-il accueilli un prêtre pédophile? «Il avait suivi une
thérapie», plaide son porte- parole, Stéphane Debusschere. Aucun reproche n'est
adressé au clergé suisse. «Ce prêtre était apprécié de façon unanime dans
l'Isère, où personne n'a jamais éprouvé le moindre soupçon.»
Pareille désinvolture ne semble plus d'actualité:
«Quand un religieux se déplace, nous cherchons à savoir pourquoi», assure
Stéphane Debusschere. En clair: «Dans le doute, nous disons non merci.» A
Grenoble, l'évêque Guy de Kerimel apportera son concours à la procureure Martine
Valdes-Boulouque. Stéphane Debusschere, constate toutefois que le neveu du Père
J. A. a été abusé au domicile du capucin: «Il ne s'est rien passé dans le
ministère, ce qui ne l'excuse pas.»
Les protagonistes de 1989 sont tous décédés, tant à l'évêché que chez les
capucins. Après le témoignage du servant de messe abusé à la cathédrale de
Fribourg, une enquête interne a été ordonnée à Grenoble en 2002. «Aucun élément
précis n'a permis de saisir le parquet», note Stéphane Debusschere.
C'est parce
que ses ministères lui ont été retirés que les capucins ont envoyé le Père J. A.
du côté de Lyon en 2003, sans le dénoncer. Et comme il n'a effectué que des
tâches administratives pendant deux ans, avant son déplacement à Delémont, sa
présence n'a pas été signalée à l'archevêché de Lyon. «L'Eglise ne l'a pas
caché. Couvrir un pédophile est hors de propos: c'est un crime, un délit»,
soutient Stéphane Debusschere. Sa conclusion: «C'est bien triste, mais ça va se
tasser.»
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2002, une année qui a secoué l'Eglise catholique
En Suisse
Le témoignage télévisé du servant de messe abusé à Fribourg
secoue l'évêché suisse en 2002. Personne ne s'inscrit au séminaire et la
Conférence des évêques suisses prend des mesures contre les abus sexuels.
«Jadis, on pensait que le fait de «sermonner» un pédophile, de lui demander une
thérapie et de le déplacer serait un «électrochoc» suffisant pour corriger ses
déviances», déclare Mgr Bernard Genoud. L'évêque de Fribourg ajoute: «Je ferai
tout pour que le prêtre pédophile qui a commis des actes répréhensibles graves
se dénonce à la justice et, au pire des cas, j'agirai moi-même.» La même année,
les abus du curé de Walenstadt (SG) incitent Mgr Genoud à ouvrir pour les curés
une hotline, toujours disponible.
Dans le monde
Un énorme scandale secoue l'évêché américain: 3000
prêtres sur 42 000 sont accusés de pédophilie. Cinq ans plus tard, la réputation
et les finances de cette Eglise sont minées. Les indemnités lui ont coûté 3
milliards de dollars. En Irlande aussi, l'archevêque s'excuse pour «l'horreur»
des agressions commises depuis 1940 sur 15 000 enfants.
Les victimes réclament
plus d'un milliard d'euros. Un an plus tôt, le Vatican avait anticipé: Jean-Paul
II chargeait le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI, d'établir des
normes plus sévères contre la pédophilie. Et en 2006, lors d'une visite en
Irlande, Benoît XVI condamnera publiquement ces «crimes horribles».
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«Nous leur confions nos enfants»
Ancien conseiller national, le démocrate-chrétien Pierre Kohler réagit en
catholique pratiquant et en père de famille.
«Un prêtre pédophile doit être poursuivi et l'Eglise ne doit rien cacher. Ma
fille de 12 ans prépare sa confirmation et mon fils de 7 ans entre au
catéchisme: sont-ils en sécurité? Comme je suis devenu un homme au foyer, c'est
moi qui prépare aussi la catéchèse des parents pour mon fils et ma foi est
remise en cause. Si l'Eglise ne remet pas de l'ordre, je ne continuerai pas.
Lorsqu'elle se tait, elle devient complice d'un crime odieux.
L'aspect spirituel
et sa notion de pardon n'empêchent pas le volet civil et pénal.
L'Eglise ne doit
pas devenir un sanctuaire pour les pédophiles. Elle est à l'image de la société:
je sais que 99,9% des ecclésiastiques ne posent aucun problème, mais les
abuseurs doivent être dénoncés et sévèrement punis. Que ce soit un capucin ou un
pasteur ne change rien à la morale: nous leur confions nos enfants.»
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Prêtre interrogé
- Vincent Donzé
- 14 /01/2008
Le Matin
- [Texte
intégral]

photo
Darrin vanselow - BIST
Le prêtre pédophile est
réfugié depuis deux ans chez les capucins de Delémont. Mis au vert à Zurich pour
éviter la tourmente médiatique, il n'a pas pu se soustraire longtemps à
l'interrogatoire de la police.
- Le père abuseur qui avait admis une récidive a été questionné par les
enquêteurs jurassiens.
- Les paroissiens français expriment leur écoeurement
«Quand je pense qu'en 1989 j'avais 9 ans, j'aurais pu faire partie des
victimes. J'espère que la lumière sera faite», écrit une paroissienne lyonnaise,
après la récidive avouée par le prêtre pédophile réfugié depuis deux ans chez
les capucins de Delémont («Le Matin» de vendredi dernier). Faire toute la
lumière, c'est la tâche du procureur de Lyon, Jean-Olivier Viout, qui a demandé
l'audition «détaillée» du Père J. A. Sa demande est parvenue jeudi dernier sur
le bureau du procureur jurassien Yves Maître. Mis au vert à Zurich pour éviter
la tourmente médiatique, le prêtre n'était pas au couvent de la Fraternité de
Delémont vendredi. Mais il n'a pas pu se soustraire longtemps à l'interrogatoire
de la police.
Le procès-verbal de l'audition sera transmis au procureur de Lyon, qui
décidera de l'ouverture d'une procédure pénale. Coupable de viols répétés alors
qu'il était employé par le diocèse de Fribourg, le capucin pédophile a été
déplacé à Grenoble, puis à Lyon entre 1989 et 2005. C'est là qu'il a continué à
sévir «une fois», selon son propre aveu, tandis que l'évêque de Fribourg Mgr
Bernard Genoud versait 100 000 francs d'indemnité à un ancien servant de messe
violé entre 1968 et 1972.
La «compassion» du diocèse
Avant le transfert du prêtre pédophile
de Grenoble à Lyon, en 2003, une enquête canonique n'a révélé «aucun élément qui
permette de saisir la justice». Mais l'évêque de Grenoble Guy de Kerimel veut en
avoir le coeur net: «Comme tout homme, un prêtre doit répondre de ses actes
devant la justice.» Si la récidive a été commise dans l'Isère, le procureur de
Lyon transmettra le dossier à son homologue de Grenoble. Les éventuelles
victimes sont assurées de la «compassion» et de la «solidarité» de ce diocèse.
Mais à Delémont, le responsable des capucins romands Marie-Bernard Farine refuse
désormais de s'exprimer.
Après l'aveu obtenu par la Tribune de Lyon, les abus du capucin catholique
ont été répercutés par Libération. «Le comportement de ces membres du clergé est
odieux», clame un lecteur, qui en appelle au président français, «ouvertement
catholique». Et les paroissiens d'exprimer leur écoeurement: «J. est le prêtre
qui m'a initié à la foi. Il venait régulièrement chez nous. Ce drame retourne
toute ma famille», confie une catholique. «J'avais un groupe d'aumônerie depuis
l'an passé et cette nouvelle ne m'encourage pas à continuer à suivre ces jeunes.
Je ne sais plus où se trouve ma foi», écrit un paroissien conduit à la
confirmation par le prêtre pédophile.
- «Une seule fois»
-
- Extraits du dialogue entre le prêtre pédophile et le journaliste de la
Tribune de Lyon Fabrice Arfi le 4 janvier dernier:
-
- «(...) Vous savez, je suis dans la repentance. C'est suffisamment dur comme
cela pour moi, j'ai des proches, de la famille ...
-
- Vous avez des victimes aussi! Avez-vous continué à sévir en France?
- Oui, une fois.
-
- Où ?
- Je ne veux pas vous le dire.
-
- N'avez-vous pas le sentiment d'avoir été protégé par l'Eglise
?
- Oui, vous pouvez appeler cela ainsi, si vous le voulez. Merci d'être venu. Je
ne veux plus parler de tout ça.»?
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Le capucin abuseur a récidivé en France
- Vincent Donzé
- 11/01/2008
Le Matin
- [Texte
intégral]
photo
Darrin vanselow - BIST
- Le journaliste de la
«Tribune de Lyon» a retrouvé le père pédophile
- au couvent des capucins de
Delémont, où il vit depuis deux ans.
-
- Déplacé en France après avoir admis le viol répété d'un servant de messe, le
Père J.
- A. est de retour en Suisse. Il avoue avoir récidivé
La justice française demande l'audition d'un prêtre suisse pédophile. Après
avoir spontanément avoué un abus sexuel à un journaliste français, le Père J. A.
(67 ans) ne réside provisoirement plus chez les capucins de Delémont, où il vit
discrètement depuis deux ans. «Il est en vacances, mais il garde sa chambre»,
rapporte le responsable des capucins romands, Marie-Bernard Farine. Le prêtre
coupable de viols répétés alors qu'il était employé par le diocèse de Fribourg a
été déplacé à Grenoble puis à Lyon entre 1989 et 2005. C'est là qu'il a sévi
«une fois», selon son propre aveu. Après l'avoir localisé à Delémont, le
journaliste français Fabrice Arfi a rencontré le père abuseur vendredi dernier
chez les capucins.
J. A. y bénéficiait-il de la liberté de ses mouvements? «Aucun ministère ne
lui a été confié: ni lecture ni services publics, assure Marie-Bernard Farine.
Nos conditions sont très strictes: il est surveillé, encadré, soigné et ne peut
pas sortir n'importe comment.» «J'étais surpris de le rencontrer si facilement»,
rétorque l'enquêteur de la Tribune de Lyon. Au diocèse de Fribourg, l'abbé
Nicolas Betticher précise: «Il n'a jamais été condamné et personne ne peut le
séquestrer.»
Pas de plainte
L'aveu du Père J. A. a fait réagir le diocèse de
Grenoble. L'évêque avoue sa consternation et rappelle que «l'Eglise condamne
sans réserve les actes de pédophilie». Aucune plainte n'ayant été déposée, Mgr
Guy de Kerimel estime qu'«il appartiendra à la justice de chercher la vérité» et
son diocèse «lui apportera son concours».
Le procureur lyonnais Jean-Olivier Viout a demandé l'audition «détaillée» du
prêtre pédophile. «Nous voulons savoir où les faits se sont produits, quand et
dans quelles circonstances exactes.» Sa requête a été transmise à la
magistrature jurassienne. Réaction de Frère Marie-Bernard Farine: «L'Eglise ne
connaît pas la prescription. S'ils veulent le coffrer, qu'ils le coffrent.»
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Prêtres abuseurs
: nouveaux témoignages
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L'Evêché de Fribourg
- Charly Rappo /arkive.ch |
- Le Matin Dimanche
- 26 janvier 2008 - Camille Krafft
- [Texte
intégral]
Deux nouveaux récits de victimes de prêtres pédophiles accablent l'Evêché de
Fribourg et le fonc- tionnement de la justice canonique. Stéphanie* a été abusée
par un prêtre à l'âge de 8 ans. Après avoir été victime d'une erreur judiciaire
reconnue par l'Eglise, la procédure canonique qu'elle avait entreprise s'est
heurtée à la prescription. L'Evêché a par la suite tenté de la faire taire
Six ans de procédure, 1500 pages écrites, 10 classeurs remplis de paperasse.
Et une «souffrance totale». Voilà ce que Stéphanie*, 44 ans aujourd'hui, a
enduré pour avoir dénoncé en 1998 à l'Evêché de Fribourg le prêtre qui a abusé
d'elle lors de cours privés de catéchisme à l'âge de 8 ans.
Six années d'enfer, et puis le coup de grâce, assené en 2003 par Joseph
Ratzinger en personne, alors cardinal: la justice canonique ne peut plus rien,
les faits sont désormais prescrits. Rentrez chez vous, au revoir, merci. Victime
reconnue d'une erreur judiciaire commise par l'Eglise - le prêtre qui a abusé
d'elle a été acquitté en 2002 - Stéphanie reçoit les excuses de l'Evêché: le
procès aurait dû être repris à zéro. Tous les professionnels qu'elle a
rencontrés confirment qu'elle a été abusée, mais il est trop tard.
Pour rattraper l'horrible cafouillage dont elle a été l'objet, Mgr Genoud lui
propose un dédommagement de 50'000 francs contre l'assurance qu'elle
n'entreprendra pas d'autre démarche, ni devant une instance canonique ni devant
une instance laïque - les faits étant de toute manière prescrits pour cette
dernière depuis longtemps. Une première convention demandait en outre qu'elle
«s'abstienne de tout commentaire à une tierce personne» au sujet de cette
affaire. Soit à la presse. Stéphanie refuse de signer ce dernier point, qui sera
supprimé du contrat final.
Si elle veut parler aujourd'hui, c'est que Stéphanie bouillonne. Lorsqu'elle
lit dans les colonnes du «Matin Diman- che» les propos de l'official du diocèse
Nicolas Betticher qui affirme que «l'Eglise ne connaît pas de prescription»,
elle saute au plafond. «Ces affirmations sont en complète contradiction avec les
normes législatives du Vatican», lâche cette belle femme énergique, qui devient
fragile comme du cristal dès qu'on évoque le double outrage dont elle a été
victime. Abusée, puis trompée. «Je veux que l'Evêché fasse preuve d'une
transparence totale. Sinon, il donne de faux espoirs aux victimes.»
Et effectivement, comme Stéphanie en a fait la douloureuse expérience, le
droit canonique connaît une prescrip- tion de dix ans. Pour les cas de pédophilie,
la prescription entre en vigueur le jour du 18e anniversaire de la victime. Ces
normes législatives ont été créées par un motu proprio de Jean-Paul II en 2001.
Elles n'exis- taient pas en 1998, au moment où la Romande a dénoncé les faits.
Selon ces directives, en cas d'abus sexuels sur mineurs par des prêtres,
l'évêque est tenu de transmettre le dossier à la Congrégation pour la doctrine
de la foi, au Vatican. Les procès sont ensuite menés dans des tribunaux secrets.
Les sanctions les plus classiques sont la réduction d'un prêtre à l'état laïc ou
l'interdiction de célébrer les sacrements.
L'Evêché de Fribourg ment-il donc lorsqu'il assure aux victimes que l'Eglise
ne connaît pas de prescription? «Je pensais à la prescription morale, précise
aujourd'hui Nicolas Betticher. Selon l'Evangile, une victime reste une victime.
Même s'il y a prescription, nous les accompagnerons et les soutiendrons.»
D'accord. Mais si les faits sont prescrits, le prêtre abuseur ne pourra pas être
puni, et sera susceptible de récidiver ? «L'évêque doit tout de même faire preuve
de prudence, assure Nicolas Betticher. Il doit vérifier que tout est en ordre.»
Reste que «les victimes seront entendues, mais elles ne seront jamais reconnues
dans leur statut de victimes», conclut Stéphanie.
Outre l'incroyable erreur judiciaire dont elle a été la victime, et qui est
le fait de l'ancien official contre qui l'Evêché a porté plainte, le bilan pour
celle qui demandait justice est catastrophique. Le prêtre qui a abusé d'elle
aurait continué à officier pendant plusieurs années, ce que ne peut confirmer
l'Evêché. Il serait aujourd'hui «sous contrôle» dans un EMS. Et Stéphanie se
retrouve seule avec ses dix classeurs de paperasse, et une rage impuissante qui
remonte à chaque fois qu'elle entend parler d'un nouvel abus.
Pour Victor Simon, un médecin français spécialisé dans les abus sexuels qui a
suivi Stéphanie, le cas de la Romande est loin d'être unique. «Lorsqu'il y a un
procès canonique, c'est toujours du sabotage. L'Eglise qui se juge elle-même,
c'est impossible.»
D'autant plus lorsqu'elle le fait dans des tribunaux secrets. Le constat fait
écho à l'intervention du juge d'instruc- tion jurassien Jean Crevoisier, qui
rappelait cette semaine à l'Evêché de Fribourg que «la Suisse est un Etat laïc
et la poursuite des infractions appartient aux autorités laïques». Reste à
régler la question de la prescription au niveau laïc, remise en question ces
dernières semaines avec la mise au jour des actes de pédophilie au sein de
l'Eglise.
* prénom d'emprunt
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«Le prêtre qui a abusé de moi n'a jamais été inquiété»
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Il s'appelle Pierre Borcard et en a marre de garder la tête baissée. A 55
ans, celui qui a été abusé à l'âge de 10 ans par un séminariste lors de colonies
de vacances à Montricher (VD) veut témoigner à visage découvert pour dire sa
colère. L'abbé qui a fait venir à l'époque ce petit garçon «fasciné par les
curés» dans son sac de cou- chage pour abuser de lui a continué à officier dans le
diocèse après sa dénonciation, en 1998.
Il aurait donné la messe jusqu'en avril 2005, et aurait fini ses jours en EMS
un an plus tard. «On aurait dû le démettre de son ministère.
C'est une erreur»,
reconnaît aujourd'hui Nicolas Betticher. Une erreur qui glace d'autant plus que
Pierre pense qu'il n'a pas été la seule victime, déjà à l'époque: «D'autres
garçons allaient aussi avec le curé. Ils en riaient, je me suis dit que ça ne
devait pas être si grave. Alors j'ai étouffé ça durant plus de vingt ans.»
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Cette «erreur» n'en est qu'une parmi d'autres, dans une affaire qui a duré
six longues années. C'est en entendant à nouveau parler de son agresseur à l'âge
de 30 ans que Pierre réalise ce qu'il a enduré. Il dénoncera le cas à l'Evêché
en 1998. Son affaire, comme celle de Stéphanie, est prise en charge par l'ancien
official du diocèse. Ce dernier rencontrera la victime à plusieurs reprises, et
acceptera la demande d'ouverture d'un procès canonique. En 1999, Pierre répond à
un questionnaire détaillé. Ensuite, c'est le trou noir. Le nouvel official de
l'Evêché Nicolas Betticher, qui enquête sur ce cas, ne retrouve aucun dossier
autre que celui que la victime leur a envoyé après coup.
«A un moment donné, l'ancien official m'a demandé si je voulais de l'argent.
J'ai fait une estimation à 70'000 francs, soit 100 francs par mois depuis l'abus
environ», raconte Pierre. Quelque temps plus tard, la victime est reconvoquée
par l'ancien official. «Il m'a dit qu'il était désolé, que l'Evêché ne pouvait
pas me dédommager, parce que l'abbé était séminariste à l'époque des faits.» En
réalité, l'ancien official avait empoché la somme de 100'000 francs, obtenue de
l'Evêché pour la victime. «Nous nous en sommes rendu compte en 2004», précise
Nicolas Betticher. Pierre sera alors dédommagé «dans la précipitation et sans
explications», selon ses dires.
L'ancien official qui s'est occupé de Pierre devra comparaître prochainement
devant le Tribunal de la Sarine. Il est prévenu d'escroquerie, d'abus de
confiance, de faux dans les titres, et éventuellement de gestion déloyale.
Une fois de plus, la victime n'a pas pu obtenir justice. Pour trois des
quatre cas d'abus sexuels indemnisés à ce jour par l'Evêché de Fribourg - soit
une ancienne victime du capucin pédophile retrouvé à Delémont, Pierre et
Stéphanie - aucun agresseur n'a été inquiété. L'Evêché ne donne pas de détails
pour ce qui concerne l'abuseur d'une quatrième victime indemnisée, séminariste
au moment des faits. Quant à la cinquième victime reconnue, qui n'a jamais été
indemnisée, le prêtre qui a abusé d'elle a été réintégré à une autre paroisse
après une thérapie («Le Matin Dimanche» du 6 janvier).
Une enquête sur un sixième cas a été ouverte par Nicolas Betticher cette
semaine, suite à de nouvelles révélations. Inutile de dire qu'une intervention
publique de Mgr Genoud sur ce dossier est attendue avec impatience. «Il
s'adressera à tous les catholiques une fois le calme revenu», précise Nicolas
Betticher.
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Le vol de mon âme
Par
Stéphanie*, abusée par un prêtre à l'âge de 8 ans.
Par effraction il est entré dans ma maison
Par effraction il est entré dans mon corps
-
Il a violé ma demeure
Il a violé mon intérieur
Il a volé les objets de valeur
Il a volé mon coeur
-
Ma maison est restée déserte
Mon corps est resté inerte
Il est parti laissant ravage et destruction
Il est parti laissant souffrance et désolation
-
Dans mon être il a propagé la douleur
Dans mes yeux il a semé la terreur
Il ne restait plus que le silence et l'obscurité
Il ne restait plus que l'incompréhension et la culpabilité
-
Par effraction il avait tout pillé
Par effraction il avait tout saccagé
-
Et mon âme s'était envolée
-
*Prénom d'emprunt
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