Prévention contre les sectes dans les lycées
- Le journal du Pays Basque - 05/06/2010
- [Texte intégral]

«Il faut vraiment être tebé (bête)
pour tomber dans le piège et croire à
des trucs pareils». Voilà le premier commentaire
lancé par un élève de terminale
lors de l'intervention de l'ADFI (Association de Défense
des Familles et de l'Individu) jeudi dernier au Lycée
St-Thomas d'Aquin.
Jeunes et insouciants, ces ados ne se rendent pas
forcément compte du danger que représentent
les sectes. Pour eux, tomber dans l'engrenage d'un mouvement
sectaire n'arrive qu'aux «faibles» et «malades
mentaux». Se sentant au-dessus de tout cela, ils
sont persuadés d'être capables de détecter
et reconnaître les méthodes qu'utilisent
les sectes. Or, à l'âge fatidique d'entrée
en université, ces jeunes d'environ 18 ans représentent
la population la plus à risque et la proie la
plus facile pour les sectes. En effet l'éloignement
de la famille, la nouveauté, peuvent les rendre
plus fragiles et vulnérables. L'ADFI a donc souhaité
prévenir ces jeunes, les informer et les mettre
en garde. Vigilance, prudence et méfiance ont
été les maîtres mots de la rencontre.
Techniques de manipulation
Dans un premier temps, il est important de définir
ce qu'est une secte. Selon l'ADFI, c'est «un groupe
dans lequel on pratique une manipulation mentale, ce
qui entraîne endoctrinement, contrôle de
la pensée, viol psychique et destruction de la
personne sur le plan physique, intellectuel, relationnel
et social.» Tout au long de l'intervention, l'association
a mis l'accent sur les méthodes employées
par les sectes.
Profitant souvent d'un moment de faiblesse
de la part de l'individu, les sectes arrivent subtilement
à manipuler. Fins psychologues et spécialistes
de la communication les gourous savent employer les
bons mots. Ils séduisent et sur-valorisent l'individu
pour le mettre en confiance.
Peu à peu l'esprit
critique et la personnalité sont anesthésiés.
La modification des habitudes alimentaires et du vocabulaire,
la création d'un état de fatigue, la rupture
avec la famille et les amis, les exigences financières
sont autant de moyens qu'utilisent les sectes pour contrôler
au mieux leurs adhérents. Les sectes parviennent
à réaliser un véritable «lavage
de cerveau», et à introduire de nouvelles
valeurs et croyances dans l'esprit de leurs adeptes.
Créées en France en 1975 par des parents
dont les enfants ont été embrigadés
par une secte, les ADFI sont également des lieux
d'écoute et de conseils pour les victimes et
leurs familles. Il existe aujourd'hui pas moins de 29
ADFI dans l'Hexagone regroupées et coordonnées
par l'UNADFI (Union pour la Défense des Familles
et des Individus). Elles défendent les victimes,
les aident à se réinsérer dans
la société, à retrouver du travail,
à se reconstruire psychologiquement. Des permanences
sont organisées plusieurs fois par mois à
Saint-Jean-de-Luz et à Biarritz.
Reconnue d'utilité publique, agréée
par les Ministères de la Jeunesse et des Sports,
mais aussi de l'Education Nationale, l'ADFI
est également
membre associé de l'UNAF.
Paola SANTOS