Prévention contre les charlatans et les sectes

France : Vers une nouvelle commission pour lutter contre la multiplication des charlatans et pseudo-psycho- thérapeutes qui promettent la guérison en profitant de la détresse de leurs patients (Lepoint.fr - 29 février 2008)

Vers une nouvelle commission d'enquête parlementaire sur les sectes

29/02/2008- Le Point.fr - Par Charlotte Chaffanjon
[Texte intégral]

Jacques Myard, député-maire UMP de Maisons-Laffite © JEAN AYISSI / AFP

Invité vendredi matin de Preuves à l’appui , l’émission diffusée sur LCI en partenariat avec Le Point , le député- maire communiste de Montreuil, Jean-Pierre Brard, a annoncé que son collègue Jacques Myard avait demandé officiellement la création d’une commission parlementaire sur les sectes. Le député-maire UMP de Maisons-Laffitte explique au point.fr le sens de sa démarche. Nous publions en exclusivité sa proposition qui est désormais sur le bureau de Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale.

Pourquoi voulez-vous créer une nouvelle commission parlementaire sur les sectes ?

Jacques Myard : Il y a aujourd’hui en France une multiplication de charlatans et de psychothérapeutes à la petite semaine qui promettent à de pauvres gens dépressifs la guérison. En fait, ces gens-là appartiennent à des sectes et les escroquent. J’ai donc officiellement signé vendredi ma demande de création d’une commission parlementaire sur les aspects paramédicaux et médicaux des dérives sectaires. Elle est en possession de Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, qui doit la soumettre au bureau de l’Assemblée nationale.

Sur quoi porteraient les travaux de cette commission ?

Jacques Myard : Je veux que la commission fasse le point sur ces médecines qui abusent nos concitoyens. Il faut qu’un décret d’application interdise une bonne fois pour toutes ce genre de pratique. Pour avoir participé à trois commissions parlementaires sur les sectes depuis 1995 - sur les sectes en général, sur le thème du financement des sectes et sur le thème de l’enfance volée et les mineurs victimes de sectes -, je sais que les avancées sont possibles. Il faut poursuivre le combat.

Comment avez-vous accueilli les propos que l’hebdomadaire VSD prête à Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, qui aurait qualifié les sectes de "non-problème" ?

Jacques Myard : La question est délicate, puisque Emmanuelle mignon a démenti ces propos. Mais, quoi qu’il en soit, on ne peut que constater qu’il y a aujourd’hui un réel et fort danger de dérive sectaire en France. À partir de là, on ne peut pas en faire un non-problème !

Êtes-vous d’accord avec Nicolas Sarkozy lorsqu’il déclare que ce n’est pas à lui "de dire si la Scientologie est une secte" ? (voir notre article du 21 février )

Jacques Myard : Je suis d’accord avec cette déclaration du président de la République, car personne ne peut définir ce qu’est une secte. Nous devons, en revanche, apprécier quelles sont les dérives sectaires qui tombent sous le coup de la loi. Et là, les critères sont connus : enfermement d’enfants, non-assistance à personne en danger, captation d’héritage... À ce titre, la Scientologie et les témoins de Jéhovah sont clairement coupables de dérives sectaires. Les témoins de Jéhovah enferment des enfants, la Scientologie harcèle les gens qui veulent s’en sortir... Rien que pour cela, on peut les soupçonner d’être des sectes.

Sarkozy : "Ce n'est pas à moi de dire si la Scientologie est une secte"

21/02/2008 - Le Point.fr - Par Jamila Aridj
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Nicolas Sarkozy est monté au créneau pour venir en aide à sa directrice de cabinet Emmanuelle Mignon © NICHOLAS ROBERTS/AFP

Pour tenter de mettre un terme à la polémique née des propos de sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon (voir notre article) , le président Nicolas Sarkozy a prôné jeudi "la plus grande fermeté" vis-à-vis des sectes . En marge d'une visite sur l'ancien site de Metaleurop, à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), le chef de l'État est venu au secours de sa collaboratrice : "Elle a elle-même contesté ces propos", a-t-il entamé en préambule.

Avant de s'employer à déminer le terrain. "Ce n'est pas à moi de dire si la Scientologie est une secte. Il y a une commission" pour cela, mais "je n'ai jamais eu la moindre faiblesse avec eux [ndlr : les scientologues] quand j'étais ministre de l'Intérieur", a précisé le président de la République. En 2004, déjà, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Économie, avait essuyé de vives critiques en recevant, à Bercy, l'acteur Tom Cruise, adepte de la Scientologie.

"Ce qu'il faut, c'est obtenir des résultats ici comme ailleurs"

Interrogé sur les rumeurs de réforme de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), le chef de l'État a affirmé : "Qu'elle fasse son travail, qu'elle soit sévère avec toutes les activités sectaires qui abusent de la faiblesse de pauvres gens. Et puis voilà ! On n'a pas à changer des structures tous les six mois. Ce qu'il faut, c'est obtenir des résultats ici comme ailleurs", a-t-il ajouté.

Une position défendue par François Fillon qui a réaffirmé jeudi que la France continuerait à conduire la même politique en matière de sectes, souhaitant un "renforcement des moyens" de la Miviludes. Un changement de cap pour certains, alors que l'Élysée prévoyait de recentrer le travail de l'organisation interministérielle sur les "mou- vements dangereux" - qui se sont rendus coupables d'infractions pénales - au détriment de la prévention et de la vigilance constante sur les agissements sectaires