Prévention contre les dérives sectaires

Suisse: Ouverture d'un Centre d'information intercantonal sur les croyances (24Heures - 31 octobre 2001)

Présentation du guide: «Vos droits face aux dérives sectaires» (24Heures - 31 octobre 2001)

Audio: En Suisse quel est l'appareil légal pour stopper les abus de la scientologie ? (TSR - mai 2009)

Suisse:
 
Ouverture d'un Centre d'information
intercantonal sur les croyances

Traquer les dérives sectaires

Source: 24Heures - 31 octobre 2001 - Michel Rime (Genève)
[Texte intégral]
 
 
Me François Bellanger, professeur à l'Université de Genève
et président du conseil de fondation.

«Le centre s'adressera dans son travail d'information et d'explication, à un large public. Il ne prendra pas position pour ou contre tel mouvement, il ne sera pas un organe de combat. Nous visons l'info qui favorise la tolérance»

Le nouveau lieu ne fera pas dans l'aide aux victimes, mais récoltera et diffusera dans le public ce qu'il faut savoir sur les activités des groupements à caractère spirituel, religieux ou ésotérique.

Les drames répétés de l'Ordre du Temple solaire, au milieu des années 90 ont servi de détonateur. Ne parvenant pas à répondre, en ces tragiques circonstances, à la question: que fait la police ? le conseiller d'État genevois Gérard Ramseyer a mis en branle au sein de son département un vaste chantier. Cinq ans plus tard, après audit d'experts, colloque et différents projets de lois toujours en attente, un centre d'information va s'ouvrir au bout du lac à l'aube de l'an prochain.

Ce centre intercantonal sur les croyances et sur les activités des groupements à caractère spirituel, religieux ou ésotérique (CIC) a obtenu le soutien des cantons de Vaud, du Valais et du Tessin.

Deux employés à 80%

Il emploiera deux personnes à 80% afin de réunir et diffuser «de manière indépendante et neutre» des informations sur la nature, les croyances et les activités des sectes, gourous et autres détenteurs de vérité profonde. Me François Bellanger, professeur à l'Université de Genève et président du Conseil de fondation du CIC, précise: «L'accent est mis sur la prévention. Si l'Observatoire des religions en Suisse de l'Université de Lausanne se charge de l'étude de ces mouvements, le CIC s'adressera dans son travail d'information et d'explication à un large public. Il ne prendra pas position pour ou contre tel mouvement, il ne sera pas un organe de combat.

Nous visons l'info qui favorise la tolérance. On ne peut d'ailleurs pas définir une secte ! Notre but est de donner les moyens aux gens de poser les bonnes questions.»

«Sur le droit fil du rasoir»

La maxime du CIC claque au vent: «Chacun est libre de croire ou ne pas croire». Et Gérard Ramseyer de remar- quer: «On est sur le droit fil du rasoir, car on touche aux libertés de croyance, de culte et d'association. Notre approche se veut extrêmement prudente et nuancée.»

Avec un budget annuel de 260'000 francs (200'000 de Genève, 40'000 de Vaud et deux fois 10'000 du Valais et du Tessin), le CIC se lance pour une période de trois ans. Le Conseil de fondation comprend des représentants des cantons de Genève, Vaud et Valais, un théologien, le professeur lausannois Roland Campiche, une historienne des religions tessinoise et un spécialiste de l'aide aux victimes en cas de catastrophe. Et si Berne devait décider de la création d'un centre national sur la question ? La voilure genevoise serait adaptée.

Suivez le guide

En librairie dès aujourd'hui, un guide (1): Vos droits face aux dérives sectaires. Il permet d'identifier les actes illicites que «s'autorisent» certains mouvements et conseille les démarches à entreprendre sur les plans adminis- tratifs, civil ou pénal. Facile d'accès, il commence par passer en revue les points permettant d'identifier les dérives sectaires.

Aide aux victimes: on y répond à des questions comme: «Mon conjoint peut-il m'engager financièrement dans son groupe sectaire ?» ou «Mon enfant mineur a conclu un contrat avec un groupe sectaire. Puis-je m'y opposer ?»

Tout un chapitre est consacré au travail de l'adepte pour un groupemenr: bénévolat, salaire. AVS, deuxième pilier, cotisations à l'assurance accidents, tout y est.

Les dérive sont enfin mises en face du droit pénal. Extorsion, chantage, menace, séquestration, enlèvement, contrainte sexuelle, atteinte à la santé, usage abusif d'un titre médical, les cas de figure sont illustrés par des exemples parlants.

(1) «Vos droits face aux dérives sectaires»
De François Bellanger, Marc Montini, Emmanuelle Pasquier. Editions Tricorne (120 pages)
 

ÉCLAIRAGE

par Michel Pont

La prudence extrême des Vaudois

Ce n'est pas un hasard si. ce centre d'information ouvre ses portes à Genève. Depuis longtemps, ce canton, comme d'ailleurs la France, se préoccupe de l'activisme des mouvements sectaires.

Une vi gilancequi contraste avec la nonchalance avec la noncœlancevaudoise. On rétorquera que les Vaudois financent une partie du dispositif et qu'ils disposent au sein de l'Université d'un observatoire des religions.Mais, dans 1es faits, les pouvoirs publics vaudois ont toujours fait preuve de la plus rande retenue dans le domaine, au nom de la liberté religieuse.

Une prudence qui s'apparente à une forme de lâcheté. L'exemple le plus significatif est sans doute le Centre de désintoxication Narconon des Plan-sur-Bex , dirigé par des scientologues et dont méthodes thérapeuthiques sont directement inspirées par les thèses de Ron Hubbard.

L'an dernier, le député Jean-Louis cornuz a tenté de remettre en cause le soutien du canton à Narconon, qui subventionne le traitement de certains patients. Sans succès, le canton campe sur ses positions. (Narconon ne reçoiT plus de subvention du canton et a cessé ses activités. Note du Centre Info-sectes - mars 2008)

A Genève en revanche, Narconon n'a jamais otenu d'autorisation, les autorités genevoises jugeant qu'il n'était pas possible d'assismiler le centre à une institution thérapeutique.

Le CIC Voici l'adresse du CIC sur la toile: http://www.cic-info.ch

Quel est l'appareil légal pour stopper les abus de la scientologie ?
 

Audio: Analyse de la scientologie par Me François Bellanger, professeur de droit
et président du Centre Intercantonal d'information sur les croyances (CIC),
et Jean-François Mayer, historien des religions. (TSR - Faut pas croire - mai 2009