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Psychothérapeutes et faiseurs de miracles
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- Des psychothérapie sectaires
Ces sectes qui prétendent guérir
(lexpress.frl
- 18 juin 1998)
Bibliographie-témoignage:
«Le mouvement du Graal ne m'a pas sauvé la vie»
(lepost.fr
- 13 octobre 2009) "Avec
l’histoire d'Evelyne, j’ai compris que n’importe lequel
d'entre nous peut tomber dans une secte, à la
faveur d’un chaos personnel (la perte de son emploi,
une rupture amoureuse, une maladie, etc.). Voilà
ce qu’Evelyne et moi souhaitons que les lecteurs retiennent:
ce ne
sont pas des «dingues» qui tombent là-dedans
mais des gens ordinaires «normaux», comme
vous et moi."
Video:
Guérisseurs, magnétiseurs sont-ils tous
des charlatans ? (Le
Droit de savoir - TF1 -1997)
Video: Les dérapages criminels de la
biologie totale (Le
Droit de savoir - TF1 -1997)
Kinésiologie
et dérives sectaires
(JO
- 4 juillet
2006)
Rebirth,
Renaissance, psychothérapie de groupe,
kinésiologie:
De
nombreux
praticiens de santé sont branchés sur le sectaire (journal-lamarseillaise.com
- 2 mai 2008)
ECK (Energo Chromo
Kinese) fondée par le docteur Patrick Véret
propose un traitement sans aucun fondement scientifique
(Académie de médecine
- 5 mai 1992)
Les mécanismes de
la manipulation pseudo-thérapeutique
Entretien
avec Sarah Chiche auteur de «L'emprise» un roman qui raconte l'histoire d’une jeune femme
asservie à un psy-gourou (madame.lefigaro.fr
- 7 avril 2010)
La
psychothérapie et ses dérives
Entretien
avec Sarah Chiche auteur de «L'emprise» un roman qui raconte l'histoire d’une jeune femme
asservie à un psy-gourou (madame.lefigaro.fr
- 7 avril 2010)
(France)
Un tiers des psychothérapeutes viennent
des milieux sectaires" (europe1.fr - 19 mai 2009)
ADFI-Provence: "La Miviludes
a mis l'accent à juste titre sur les psychothérapies"
(laprovence.com
- 19 mai 2009)
Parfois accusée d'inefficacité, la
psychanalyse passe le banc d'essai
(AP
- 10 septembre 2008)
Etude empirique à long terme sur la psychothérapie psychanalytique
(FNS
- Fond national suisse de la recherche
scientifique - 9 septembre 2008)
USA-Canada
(1950-1963): Des
expériences criminelles
de "déprogrammation"
cérébrale
Lobbying
et “thérapeutes” tendent à prendre la place des traditionnels gourous
(metrofrance.com
- 25 janvier 2007
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Les
nouveaux visages des
sectes
- http://ledauphine.com/index.jspz?article=22578
- 7 mai 2008
- [Texte
intégral]
-
- La
thématique du "développement personnel"
est au coeur d'une montée
- en
puissance de pratiques particulièrement inquiétantes...
-
Sur
l'inépuisable marché de l'obscurantisme, les sectes
conquièrent des parts tous les jours. De l'église de
Scientologie aux micro-associations locales, toutes
surfent sur les mouvements en vogue. La thématique du
"développement personnel" est ainsi au coeur
d'une montée en puissance de pratiques particulièrement
inquiétantes inspirées pour la plupart du courant New
Age. Selon nos informations, des dizaines d'associations
suspectées de dérives sectaires par les pouvoirs publics
sont créées chaque année en Rhône-Alpes, et cela en
toute légalité...
"Nous
sommes confrontés à un développement exponentiel des
micro-structures qui exploitent les domaines de la thérapie
individuelle pour prendre le contrôle de personnes en
souffrance ou tout simplement mal dans leur peau",
confirme Isabelle Ferrari, de l'ADFI (Association de
défense des familles et de l'individu victimes de sectes)Savoie-Isère.
Des
drames familiaux
Le
développement de pratiques fumeuses, à mi-chemin
entre charlatanisme et escroquerie, pourrait prêter
à sourire si ces activités ne faisaient pas exploser
chaque jour des familles entières. Car le processus
de déso- cialisation des victimes est soigneusement rodé
: en s'appuyant sur des méthodes connues - hypnose,
sophrologie, psychothérapie - et d'autres plus obscures
(psychogénéalogie, décodage biologique des êtres vivants
(sic), massages énergétiques, gestalthérapie, cristallothérapie,
etc.), certains thérapeutes auto-proclamés instaurent
une relation de domination amicale très forte avec les
"patients" et suivent deux objectifs majeurs: les convaincre que leurs difficultés proviennent de
leur entourage et de traumatismes infligés dans le passé.
Le cas dit "des faux souvenirs induits", détaillé
dans le dernier rapport de la Miviludes (Mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires),
est terrifiant: "Le syndrome du faux souvenir
est le fait de praticiens ramenant systématiquement
toutes les difficultés de la personne à des souvenirs
occultés souvent depuis la prime enfance, de maltraitances
tels l'abus sexuel (viol, inceste) dans l'entourage
familial", détaille le rapport de la Miviludes.
"Nous nous trouvons régulièrement confrontés à
des personnes dont le conjoint a annoncé solennellement
au cours d'une réunion de famille qu'il avait été violé
par ses parents. Son psychothérapeute auto-proclamé
l'avait convaincu de rompre définitivement avec son
milieu familial", explique-t-on à l'ADFI.
Familles
laminées du jour au lendemain, enfants confiés à la
DDASS, suicides de parents accusés à tort et parfois
placés en garde à vue : la sinistre mécanique sectaire
produit son lot de désespoir. Selon un autre spécialiste
rhônalpin des dérives sectaires, l'objectif principal
des gourous est bien entendu financier. De fausses psychothérapies
coûteuses en stages de développement personnel dirigés
par des "coachs" plutôt intéressés, de séances
"anti-stress" en stages de formation fantaisistes,
le patient y laisse ses revenus, ses économies et, à
l'occasion, celles de ses proches: jamais sans doute,
"l'accomplissement de soi" n'a fait autant
de dégâts !
De
curieux cours de rattrapage
"Des
micro-structures organisées en associations ont investi
les secteurs de la santé, de l'éducation et de la formation.
Elles sont parfois des émanations de grandes sectes
et elles gangrènent littéralement le milieu associatif.
Elles mettent à profit liberté d'association et d'expression
pour se constituer en entité organisée; dans un second
temps, elles orientent leur action sur le domaine très
à la mode de l'accomplissement de soi pour parvenir
à leur but, qui est la prise de contrôle psychologique
et financière", résume un très bon connaisseur
du phénomène.
Le
phénomène est à ce point alarmant que des responsables
de l'éducation nationale mettent régulièrement en garde
les parents d'élèves, comme cela s'est produit à Voiron
(Isère) récemment, contre un organisme proposant des
sessions de rattrapage à l'adresse des élèves en difficulté,
et qui était en fait une "filiale" de secte
très connue.
Plus
largement, le secteur de la formation est devenu ces
dernières années un vecteur de prosélytisme privilégié: certaines grandes administrations et de très honorables
sociétés privées proposent régulièrement et en toute
bonne foi à leurs salariés des stages organisés par
des prestataires dont les véritables objectifs sont
sujets à caution. Denis
MASLIAH
Lire
aussi: "Le retour à l'obscurantisme"
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Le
retour à l'obscurantisme
- http://www.ledauphine.com
- 3 mai 2008
- [Texte
intégral]
Le
docteur Didier Legeais, président du syndicat des médecins
de l'Isère, répond à nos questions.
Les
médecines parallèles et les prétendues thérapies basées
sur des sciences occultes n'ont jamais eu autant de
succès qu'aujourd'hui. Comment expliquez-vous ce phénomène
?
-
Une certaine partie de nos concitoyens sont sensibles
aux thèses extravagantes des charlatans parce qu'ils
ont cessé de se référer aux sciences
pour se réfugier dans la croyance, dans la communication.
D'une certaine façon, il s'agit d'un retour
à l'obscurantisme: le
monde médical est galvaudé parce que certains ont le
sentiment de "savoir".
Aujourd'hui, tout le
monde pense être médecin... En fait, il existe deux
cas de figure: le médecin s'orientant sur des dérives
sectaires dans le cadre de sa pratique, et la personne
qui exerce sans être diplômée. Dans le premier cas,
l'Ordre des médecins fait une enquête et statue dans
le cadre du non-respect du code de déontologie. Dans
le second, une plainte est déposée pour exercice illégal
de la médecine.
Comment
les faux soignants s'y prennent-ils pour capter leurs
patients?
-
Ils n'emploient jamais le verbe "soigner":
ils "aident"! En revanche, ils tentent systématiquement
de trouver une caution médicale indirecte, en prétendant
par exemple que l'hôpital local leur envoie des patients
ou que telle épouse de médecin est une patiente de longue
date. D'autres prétendent être en relation directe avec
"les médecins de l'au-delà"...
Les
psychothérapeutes autoproclamés représentent un danger
important de dérive sectaire. Qu'en pensez-vous?
-
N'importe qui peut effectivement se revendiquer psychothérapeute.
La psychologie ne relève pas de la médecine et nous
n'avons, nous médecins, aucune prise directe sur ce
phénomène. Ces personnes ne nuisent donc pas à la médecine
mais à leurs patients! Les
seuls "psys" à être médecins sont les
psychiatres, il est
bon de le rappeler.
Quels
conseils donnez-vous aux familles et aux personnes victimes?
-
Avant de se tourner vers des solutions extravagantes,
il est important
de demander un avis médical.
D'en prendre
un deuxième s'il le faut.
Lorsque
l'on est victime d'un charlatan,
il faut signaler systématiquement les dérives à la justice
ou à l'ordre des médecins.
Le gros problème, c'est que les victimes hésitent à
porter plainte car elles ressentent un très fort sentiment
de culpabilité: celui d'avoir cru, pendant des années
parfois, à des fadaises. Certains cas sont parfois tragiques:
lorsque des "naturopathes" font croire à des
gens atteints d'un cancer qu'ils vont guérir par un
seul traitement à base de plantes, je peux vous dire
que le résultat est dramatique. Et quand ces patients
se tournent de nouveau vers la médecine, il est trop
tard... Propos
recueillis par Denis MASLIAH
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"Fragile, on est une proie idéale"
- Metro,
4 avril 2008 par Alexandra Bogaert
- [Texte intégral
-
- Claude Delpech, présidente et fondatrice de l'AFSI, Association Faux Souvenirs
Induits,
- créée en juillet 2005 pour venir en aide aux familles et aux patients
abusés:
Comment entre-t-on en
contact avec ces psychothérapeutes aux pratiques déviantes ?
Par
le bouche-à-oreille, par Internet, lors de stages professionnels de «développement personnel», payés par l'entreprise ou par l’Etat, dans le cadre
du 1% reversés pour la formation professionnelle. Ou alors, plus simplement, on
a mal au genou, on va chez le kiné et on tombe sur quelqu’un qui ne veut pas
soigner notre mal physique mais notre âme.
Quelles sont les techniques de manipulation
employées ?
L’hypnose, la sophrologie, la psychogénéalogie,
l’analyse des rêves, les images, les massages énergétiques… Le psycho- thérapeute
suggère par ses questions un scénario que s’approprie son patient. Ce sont les
faux souvenirs induits, mais les victimes sont persuadées de les avoir
réellement vécus.
Se fait-on piéger
quand on est équilibré ?
Non. Il faut être dans un état de
fragilité : quand on a un souci, qu’on se pose des questions sur sa vie
amoureuse, qu’on est influençable, on est une proie idéale. Le travail de
séduction et de destruction en est facilité. A l'association, 73% des victimes
sont des femmes trentenaires et diplômées, qui occupent des fonctions de cadre.
Quel intérêt un psychothérapeute
trouve-t-il à inciter son patient à réinventer sa vie ?
En plus
d’un intérêt pécuniaire évident - car les séances coûtent cher -, il jouit de
sentir son emprise sur une autre personne, de la libérer de sa supposée
souffrance, de la
soumettre. Pour que son influence soit totale, il faut que sa
victime rompe avec sa famille. Bien sûr, le psychothérapeute dit que c’est pour
son bien, que ça va guérir ses traumatismes, liés à son enfance.
Comment cela se passe-t-il quand
d’anciennes victimes reprennent contact avec leur famille ?
Il y a
plusieurs cas. Avant tout, si certains enfants reviennent, ils sont peu
nombreux. A l’AFSI, on ne compte qu'une dizaine de cas de retours en arrière sur
les quelque 200 familles que compte l’association. Ces repentis sont cassés.
Leur manipulation a parfois duré presque dix ans et le retour est difficile. Les
souffrances causées ont été énormes.
Par exemple, un père contre qui sa fille
avait porté plainte et qui avait été blanchi, n’a pas voulu reprendre contact
avec elle. D’autres victimes, qui n’ont jamais porté plainte contre leurs
parents, ne veulent plus aborder le sujet.
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Sectes, mensonges et faux souvenirs
- Metro
- Mis à jour 03-04-2008 - Alexandra Bogaert
- [Texte
intégral]
-
Les psychothérapeutes impliqués dans des affaires de faux souvenirs
sont médecins (10%), psychologues (10%), kinésithérapeutes (16%). Les 64%
restants sont d’origine diverse … et indéfinie.
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Selon le rapport annuel sur les
dérives sectaires, qui sort jeudi, une nouvelle technique d’endoctrinement fait
des ravages: faire croire aux victimes qu’elles ont refoulé d’anciens
traumatismes.
Comment peut-on, de bonne foi, se dire
victime d’abus sexuels nés de sa seule imagination et accuser ses parents,
innocents ? La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les
dérives sectaires (Miviludes) s'est penchée sur cette question. Elle rend ce
matin au Premier ministre son rapport annuel.
Ce document de 200 pages
s’intéresse principalement au phénomène des faux souvenirs induits, décrit
ainsi: «falsification ou détournement de la mémoire réelle ou imaginée par des
praticiens incompétents ou poursuivant des objectifs d'asser- vissement des
personnes leur accordant leur confiance». Les praticiens incriminés sont les
psychothérapeutes qui, en France, n’ont pas besoin d’attester de diplôme
spécifique pour visser leur plaque.
Suggestions insidieuses
Plus de la moitié des 10 à 15 000
psychothérapeutes recensés ont reçu une formation initiale insuffisante, voire
pas de formation du tout. Si tous ne sont pas des charlatans, c’est dans leurs
rangs que l’on recense le plus de dérives dange- reuses. Notamment chez ceux qui,
en s’appuyant sur une théorie développée aux Etats-Unis dans les années 60,
ramènent toutes les difficultés d’un adulte à un traumatisme qu’il aurait subi
dans l’enfance. Pour ces «psy», il s’agit, via diverses techniques de
suggestion insidieuse, de faire surgir ces souvenirs enfouis pour guérir le
malaise. Des personnes de 30 ou 40 ans – majoritairement des femmes - en viennent
à accuser a poste-
riori leurs parents des pires sévices. Certaines portent
même plainte contre leurs géniteurs pour ces abus fantasmés. La rupture
familiale est consommée, poussant parfois les parents au suicide. |
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- "Marie s’inventait de faux souvenirs"
- Metro
- 03-04-2008 - Alexandra Bogaert
- [Texte
intégral]
Une mère accusée avec son mari à
torts par leur fille d’abus sexuel témoigne
Pour Françoise*, 58 ans, ses deux filles, «c’est toute [sa] vie». Pourtant, Marie*, la cadette, lui a fait vivre pendant
près de deux ans un «véritable enfer». En 2005, Marie*, 30 ans à l’époque,
tombe enceinte. Sa situation sociale n’est pas stable. «Elle venait de
déménager avec son ami – qu’elle connaissait depuis peu - loin de chez nous»,
raconte Françoise. Lors d’un examen de grossesse, une sage-femme qui trouve
Marie fragile lui donne l’adresse d’une psychologie diplômée, qui pratique aussi
la psychothérapie. «C’est là que l’enfer a commencé», relate Françoise.
La famille est «très soudée» et les contacts entre Marie et ses
parents réguliers. D’où la surprise de Françoise quand elle reçoit, quelques
jours avant Noël 2005, une lettre de sa fille. Les propos tenus sont «horribles». «Elle y écrivait que, grâce à sa psychologue, elle avait compris qu’elle
avait toujours été maltraitée, mal aimée, que plus jamais elle ne serait notre
victime et que si on voulait voir son bébé, il faudrait qu’un juge aux affaires
familiales (JAF) nous y autorise. On était abasourdi.»
Revues
porno
Mais ce n’est pas tout. Dans un autre courrier, adressé aux frères
et sœurs de Françoise, Marie écrit que - toujours grâce à sa psychologue - elle se
souvient avoir subi des sévices physiques, moraux et sexuels. «Attouchements,
viols ? Mes frères et sœurs lui ont posé la question. Marie a hésité puis
répondu que des revues porno étaient cachées dans ses jouets.»
Débute
alors pour Françoise et son mari une longue quête pour savoir qui est cette psy
qui semble « avoir enlevé le cerveau » de leur fille. Mais Marie, qui assiste à
une séance par semaine, ne répond plus aux mails ni au téléphone. Désemparée,
Françoise demande un droit de visite de sa petite-fille auprès du JAF. «Mais la
psychologue a écrit au juge pour nous refuser tout droit de visite. Et lui a
suivi son avis !» Cette démarche n’est toutefois pas été totalement vaine: «J’avais enfin le nom et l’adresse de la psychologue, et j’ai immédiatement porté
plainte contre elle.» Une plainte classée sans suite, pour délit insuffisamment
caractérisé.
Douleur et trou noir
Françoise, son mari et sa
fille aînée sont au 36e dessous. «Les anti-dépresseurs m’ont fait prendre dix
kilos, je m'éva- nouissais au moindre effort. Si ma fille aînée ne m’avait pas
prise en charge, j’aurais fait une bêtise.» N’y tenant plus, un beau jour, elle
traverse la France pour affronter sa fille… qui appelle la police. «C’était
terrible. Mais ça m’a permis d'expliquer ma situation aux policiers, qui ont
aussi entendu la psy. J’ai alors appris qu’elle demandait à Marie de tenir un
journal intime dans lequel Marie s’inventait de faux souvenirs. Elle était
manipulée.» Et ? «Rien, constat d’impuissance totale.»
Au bout d’un an et
demi de démarches, Françoise se résout à louer un appartement dans le Jura, à
côté de chez sa fille, «pour voir [sa] petite-fille grandir, de loin». Pas la
peine. Un mois avant la signature du bail, coup de fil de Marie. Elle autorise
ses parents à voir son enfant. Sa psychologue ayant arrêté les séances de
psychothérapie peu de temps avant, elle n’est plus sous influence. La famille se
recompose. «Mais Marie est dans le déni. Cette période si horrible pour nous,
où elle nous a fait tant de mal, elle semble l’avoir occultée. C’est le trou
noir, comme si cette coupure et toutes ces souffrances n’avaient jamais existé.» * les prénoms ont été modifiés
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Les psychothérapeutes de nouveau épinglés par la MIVILUDES
«Les dérives sectaires sont plus nombreuses dans le
domaine de la santé, des thérapies alternatives et du dévelop- pement personnel,
que dans le cadre à proprement parler spirituel et religieux.» Dans son 5e rapport annuel, publié ce jeudi, la Mission interministérielle de vigilance et
de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) se penche sur les
psychothérapies déviantes et notamment celles qui pratiquent «le faux souvenir
induit».
En clair, un(e) thérapeute suggère à son patient qu'il a pu être
victime d'agression(s) sexuelle(s) ou de maltraitance dans son enfance. Peuvent
s'ensuivre, selon la Miviludes, «des divisions et ruptures familiales,
l'apparition de maladies et en particulier de dépressions nerveuses, des
suicides, et l’ouverture de procédures policières et judiciaires avec le risque
de condamnation d’innocents.»
«Les familles ne se mettent à
parler que maintenant»
Si la Mission ne dispose d'aucun chiffre
sur le nombre de victimes en France, elle cite le travail de l'association
Alerte aux faux souvenirs induits (Afsi), qui a relevé 200 affaires sérieuses de ce type depuis
sa création en juillet 2005. «Je reste persuadée qu'il y a des milliers de cas,
mais les familles ne se mettent à parler que maintenant, affirme à 20minutes.fr
sa présidente, Claude Delpeche. En France, on a dix ans de retard sur ce
phénomène par rapport aux Etats-Unis.»
Selon Michel Meignant, le
président de la Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse (FF2P ), ces déviances restent au
contraire «marginales. Je préside des commissions de déontologie
depuis trente ans et je n'ai jamais vu d'affaires comme cela au sein de la
FF2P». Selon lui, «la suggestion n'a pas sa place dans la
psychothérapie, qui travaille sur les sentiments et les émotions, mais elle peut
avoir cours en revanche chez certains psychiatres».
La
moitié des psychothérapeutes ni médecins ni psychologues
Le
rapport de la Miviludes a en tout cas de quoi relancer le débat sur
l'encadrement des psychothérapeutes par par une autorité indépendante. La
Mission rappelle que sur les 10 à 15.000 psychothérapeutes répertoriés par la
FF2P, environ la moitié ne sont ni médecins ni psychologues mais issus de
formations diverses (travailleurs sociaux, professions paramédi- cales et
autres). «Ce constat, s’il ne doit pas aboutir à la conclusion hâtive que la
moitié au moins des psychothé- rapeutes aurait des pratiques charlatanesques et
dangereuses, est néanmoins un facteur de risque aggravé dans ce secteur de
prestations où l’appellation “psychothérapeute” n’est pas encore encadrée dans
l’attente du dispositif réglementaire prévu à l’article 52 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique
de santé publique», écrit la Miviludes.
Cet article, voté à
l'initiative du président (UMP) de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, avait
créé un registre national des psychothérapeutes.
Mais le gouvernement n'a jamais
publié le décret précisant dans quelles condi- tions pouvaient être inscrits sur
ce registre ceux qui ne sont ni médecins, ni psychologues, ni psychanalystes. «On ne peut pas supprimer comme ça, d’un coup de crayon, toute
une profession», confiait Jacques-Alain Miller, directeur du
département de psychanalyse de Paris VIII, à 20minutes.fr |
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Ces gourous qui utilisent la manipulation mentale
Le phénomène des «faux souvenirs induits» se répand en
France
Un phénomène aux mille visages réclamant la plus grande attention: tel est
le portrait que brosse la Mission interminis- térielle de
vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) du mouvement des
sectes en France.
Dans son rapport 2007 rendu public jeudi un mois après
les réserves émises sur son action par la directrice de cabinet de Nicolas
Sarkozy, Emmanuelle Mignon l'organisme met ainsi l'accent sur le développement
de nouvelles méthodes employées par certaines mouvances afin de gagner quelques
adeptes de plus: lobbying déguisé au cœur même des entreprises, multiplication
de pseudo-thérapies visant à «l'accomplissement de soi», ou encore
incursions douteuses dans le secteur de l'humanitaire. Comme l'avait révélé Le
Figaro (nos éditions du 16 février 2008), le satanisme subit par ailleurs une
radicalisation profonde: avec 92 cas de profanations recensés en onze mois sur
2007 et une communauté d'adeptes estimée à 25'000 personnes, cette dérive
demeure particulièrement préoccupante.
Quelques pages de ce rapport sont également consacrées au «syndrome des
faux souvenirs induits», phénomène reposant sur la manipulation mentale.
Par la voie de la suggestion, des thérapeutes parviennent à faire émerger dans
la mémoire de leurs patients le «souvenir» d'expériences douloureuses, liées le
plus souvent à leurs parents. En résultent des accusations d'abus
(attouchements, viols, mauvais traitements…) «totalement infondées», comme en
témoigne Claude Delpech, présidente de l'association Alerte faux souvenirs
induits, elle-même accusée à tort de maltraitance par sa fille de 36 ans. Si le
temps de la prescription rend impossible nombre de poursuites judiciaires la
plupart des patients ont 35-40 ans , quelques affaires se retrouvent devant les
tribunaux. Ainsi, une quarantaine de dossiers seraient actuellement instruits en
France.
Drames familiaux
Depuis huit ans, Annick et Christian sont ainsi coupés de leurs trois fils.
Un jour, ceux-ci ont débarqué au domicile parental, accusant leur père d'être
«un pédophile» et leur mère d'avoir été «complice» d'abus sur
ses enfants. Tous mariés et pères de famille, «ils nous reprochaient de les
avoir rendus malheureux», raconte Annick, qui ne se souvient d'«aucun signe
avant-coureur». «L'un de nous avait parlé de la méthode de programmation
neurolinguistique qu'il suivait chez un thérapeute», se souvient-elle.
Fin février, le président de l'Assemblée Bernard Accoyer avait réclamé
que le décret sur l'encadrement du titre de psychothérapeute entre enfin en
application. Le texte n'est toujours pas ficelé. |
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Dérives sanitaires, sectaires et thérapeutiques
Entretien d'Hélène Delmotte avec Jean-Michel Roulet, président de
la MIVILUDES
La mission interministérielle de vigilance et de lutte
contre les dérives sectaires (Miviludes) a remis le 2 avril son rapport annuel
au Premier ministre. La santé, un champ très prisé par les mouvements sectaires,
fait l’objet de nombreuses mises en garde.
- Pourquoi la santé occupe-t-elle une telle
place dans le rapport 2007 ?
- Nos concitoyens sont extrêmement
sensibles à leur santé et la définition qu’ils en donnent va bien au-delà du
soin et du traitement des pathologies pour englober le bien-être. Ils peuvent
donc être tentés par des prestataires de service, des gourous, qui vont insister
sur le fait qu’il est impossible d’être bien dans son corps sans traiter les
maladies de l’âme.
Lorsque nous mettons en cause certaines pratiques, leurs
adeptes invoquent la clause de conscience nous reprochant de reconnaître la
seule médecine allopathique. Comme dans le domaine de la liberté de croyance,
certains essaient de nous entraîner sur un terrain qui n’est pas le nôtre.
Dans
le domaine de la santé, il ne s’agit pas de dénoncer des excès thérapeutiques
mais bien des dérives sectaires. Les thérapeutes contre lesquels nous mettons en
garde sont ceux qui vont exercer une emprise sur leurs patients, les amener à
abandonner leur traitement, et progressivement les éloigner de leur médecin
généraliste et de leur milieu familial. Le plus souvent, ces comportements
s’accompagneront d’exigences financières considérables avec dans certains cas
des abus sexuels.
A Lisieux, une gourelle formait des couples et imposait des
relations sexuelles. Les victimes ont obéi parce qu’elles avaient
progressivement perdu leur esprit critique. Le violeur ne voulait pas forcément
en arriver à une telle extrémité. Dans ce type d’affaire, la victime peut être
victime et bourreau. Le seul responsable est le gourou.
- Vous abordez également la technique des
«Faux souvenirs induits». Est-ce un phénomène nouveau?
- C’est
effectivement la première fois que nous développons cette question bien connue
aux Etats-Unis depuis vingt ans. Cette technique, actuellement en plein
développement dans notre pays, est dévastatrice. Le théra- peute ou prétendu tel
va en effet insinuer un inceste dans l’esprit d’une personne. Par la persuasion
de l’emprise, la victime fragilisée va le croire et ce faux souvenir va faire
son chemin. L’idée de rechercher dans le passé des explications au présent n’est
pas nouvelle mais la technique des faux souvenirs induits est très perverse car
elle touche à ce qu’il y a de plus tabou et de plus honteux dans notre société.
La personne qui va se croire victime d'inceste va évidemment s’éloigner de sa
famille, dont chacun des membres sera accusé d’être ou responsable ou complice.
Tous les cas que nous avons suivis ont entraîné une destruction de la famille.
- Dans le même ordre d’idées, où en est le
décret sur la compétence des psychothérapeutes ?
-
Il y a eu
plusieurs étapes à l’époque où Xavier Bertrand était ministre de la Santé. Le
gouvernement avait clairement affiché une volonté de concertation. Mais le
Ministère s’est vite retrouvé confronté aux intérêts contradictoires de deux
catégories de thérapeutes: les diplômés de l’université titulaires de diplômes
récents et les praticiens autoproclamés depuis plusieurs années qui demandaient
l’application la clause du grand-père selon laquelle cinq ans d’expérience
valident un titre professionnel. Or la durée d’exercice n’est pas un critère
suffisant. Il faut prendre en considération les diplômes antérieurs et les
compétences professionnelles. Une formation a été proposée dont les propositions
de durée ont varié considérablement de part et d’autre. Ce décret n'est
finalement pas sorti sous une forme qui aurait pu être néfaste. Le Président
Accoyer, à l’origine de l’amendement demandant de meilleures garanties pour
l’exercice de psychothérapies et actuel Président de l’Assemblée nationale,
possède aujourd’hui davantage de pouvoir pour imposer son point de vue aux
membres du gouvernement. La sortie de ce décret devrait être une affaire de
semaines. - De longs développements sont également
consacrés dans le rapport 2007 aux stupéfiants…
- Nous évoquons ce
sujet depuis trois ans. Nous avons obtenu le classement au tableau C des
stupéfiants de l'aya- huasca, une plante possédant un
risque létal réel et de l’Iboga, un produit hallucinogène qui peut avoir un rôle
déstructurant pouvant conduire au suicide.
Depuis, les chamans utilisent le
Datura qu’il n’est pas nécessaire d'importer. Il s’agit d’une mauvaise herbe qui
pousse dans nos contrées or ce produit est également extrêmement dangereux et
ses principes actifs ne possèdent aucune qualité thérapeutique.
- Le rapport présente également un
état d’avancement des propositions du rapport d’enquête parlementaire
«L’enfance volée: les mineurs victimes de sectes» de décembre 2006. Quelles
conclusions tirez-vous ?
- Rappelons que
ce rapport clôturait les travaux de la 3ème Commission d’enquête parlementaire
sur les dérives sectaires, présidée par M. Georges Fenech et dont le rapporteur
était M. Philippe Vuilque. Un an après, il est apparu utile de faire le
point sur la mise en œuvre de leurs recommandations. Il reste encore beaucoup de
travail, en matière de renforcement des contrôles scolaires ou d’accès des
grands-parents à la justice.
Suite à mon audition par cette Commission, j’ai été
poursuivi, comme d’autres responsables d’associations ou familles de victimes,
par les mouvements que j’ai dénoncés. C’est une instrumentalisation de la
justice qui permet à ces organisations d’écrire sur leur site que je suis mis en
examen … Début avril, l’Assemblée nationale examinera en première lecture une
proposition de loi sur la protection des personnes qui témoignent devant la
commission d'enquête parlementaire à l'initiative de M. Bernard Accoyer.
- A propos de justice, de nombreux arrêts
ne servent-ils pas de « caution » à certains mouvements sectaires ?
- La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) n’a pour le
moment pas été saisie par les victimes. Par ailleurs, la justice ne peut
qu’appliquer les textes et pour cela, elle doit réunir un élément légal, un
élément moral et un élément matériel. Il lui faut des faits avérés pour qu’il y
ait des poursuites. Mais s’arrêter au principe qu’il n’y a pas de victime parce
qu’il n’existe pas de condamnation est aussi erroné que de dire que les
mouvements qui ne troublent pas l’ordre public ne sont pas des sectes, car les
plus grands mouvements se gardent bien de se manifester publiquement. Enfin,
n'oublions pas que les organisations sectaires qui ont à la fois beaucoup
d’argent et de temps vont systématiquement devant les juridictions nationales et
internationales et qu’elles interprètent ensuite les arrêts selon des méthodes
parfois discutables !
La Scientologie prétend par exemple qu’un arrêt de la CEDH
a obligé la Russie à la reconnaître comme une religion alors que l’arrêt
reproche plus modestement à la ville de Moscou – qui n’est pas la Russie - de ne
pas avoir traité les demandes de la Scientologie aussi équitablement que celles
d’autres associations en termes de pièces à fournir et de délais…
- La Miviludes tire également la
sonnette d’alarme concernant le satanisme. Comment expliquer la progression de
ce phénomène qui met les adolescents en danger ?
- C’est un
problème que nous évoquons depuis deux ans. Nous avons d’ailleurs édité un guide
à l’usage des éducateurs et des familles. Il s’agit d’un phénomène en pleine
évolution, pas forcément parce qu’il y a davantage d'adeptes mais parce que nous
avons donné aux services les moyens d’identifier les actions sataniques. Un
cimetière profané ne relève pas forcément ou uniquement de l’antisémitisme.
Le
nombre de faits constatés a quasiment triplé passant en deux ans de 30 à 92, ce
qui signifie qu’il se commet en France un acte satanique un jour sur trois. Les
sites Internet sur le satanisme sont fréquemment consultés par des adolescents
qui s’inscrivent ensuite dans une démarche initiatique. Ils peuvent passer
progressivement du satanisme dit romantique au satanisme militant prosélyte et
actif et rejoindre des groupes organisés. Certains finissent par voler un crâne
dans un cimetière. Or nul ne se remet jamais d’une telle expérience.
- Olivier Bobineau, membre du groupe
«Sociétés religions et laïcités» prétend que le satanisme est «un non
problème» qui «ne représente aucun danger» (Le Monde, 18 mars 2008) ? Que lui
répondez-vous?
Je me suis trouvé dans
l’obligation de mettre fin à la collaboration d’Olivier
Bobineau qui travaillait à la Miviludes. Je ne m’attendais pas à ce qu’il nous
félicite…
- Pour reprendre le qualificatif de «non
problème», que pensez-vous de la polémique soulevée par la ministre de
l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et de la directrice de cabinet du président de
la République, Emmanuelle Mignon début 2008 (voir newsletter GSS des 11 et 25
février 2008) ?
- Ce type de polémique est contreproductif à
l’action de l’Etat, il peine inutilement les victimes et donne l’occasion aux
mouvements sectaires de redresser la tête. Il n’est pas raisonnable pour un
ministre de critiquer un fonctionnaire d’Etat qui est sous l’autorité du
Premier Ministre.
Ce qui a fait la force de notre engagement
dans la lutte contre les dérives sectaires, c’est le consensus qui s’est dégagé
sur les plans politique et administratif. Donner l'impression d’une faille,
c’est renforcer les mouvements sectaires… A l'occasion du dernier changement de
gouvernement, des lobbystes ont fait le siège des nouvelles équipes.
Il ne faut
donc pas être surpris des désordres dans la parole de l’Etat. |
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