Le
professeur Louis Jolyon West, de l'UCLA, a appelé
la profession psychiatrique à une contre-offensive
pour lutter contre la campagne menée depuis des
décennies par l'église de Scientologie
pour convaincre le public que la "Psychiatrie tue"
et que les psychiatres sont les "bouchers du cerveau".
"Le
moment est venu pour nous de répliquer, car la
Scientologie est un danger publique", dit West.
"Il n'est plus possible de continuer à l'ignorer",
et il ajoute qu'il a demandé à l'American
Psychological Association de préparer un rapport
officiel en réunissant une "task force"
contre la Scientologie.
Selon
John Hochman, professeur assistant de clinique à
l'UCLA et membre du Bureau éditorial du "Cultic
Studies Journal", les psychiatres ne sont pas conscients
des problèmes qu'engendre la Scientologie pour
les gens souffrant de détresse émotionnelle.
Comme
toutes les autres sectes, la Scientologie prétend
pouvoir tout guérir et fait une quantité
de vagues promesses, mais ne révèle en
rien le but caché. de son action qui est d'attirer
la personne à la Scientologie.
Se
présentant rarement sous son véritable
nom, la Scientologie a créé en 1969 une
organisation d'avant-garde appelée "The
Citizen Commission on Human Rights" - CCHR - (Commission
civique des Droits de l'Homme) dans le but déclaré:
"d'enquêter et de dénoncer les violations
psychiatriques", selon Sanford Block, directeur
Ntional de la Commission. Et comme le dit Donald Stockman,
Directeur exécutif du Patent State Hospital,
cible favorite de leurs "enquêtes",
le titre "Commission Civique", donne à
leur organisation une allure plus officielle que celui
d'église de Scientologie.
Le
CHCR diffusa des informations qui amenèrent les
autorités à enquêter sur le décès
d'un malade de Patent State Hospital. Le Département
d'état de la Santé Mentale determina que
sa mort résultait d'une rare réaction
d'intolérance aux tranquilisants; le Coroner
local indiqua toutefois qu'à l'origine du décès
il fallait relever la température extrême
d'une vague de chaleur s'ajoutant à la toxicité
du médicament anti-psychotique qu'est le lithium.
Finalement le Département infligea une amende
à l'hôpital pour n'avoir pas réglé
correctement la climatisation et imparfaitement surveillé
l'administration du médicament psychotrope. En
Mai,le District Attorney du Comté de San Bernardino
ouvrit une information pénale concernant ce décès.
L'accusation
Selon
le directeur des relations publiques du CCHR, "l'industrie
psychiatrique fait fausse-route; ce qu'ils (les psychiatres)
font est destructif; ils se servent des affections mentales
et de la stupidité du peuple pour amasser d'énormes
sommes d'argent."
Il
prétend que la plupart des gens éprouvant
des problèmes mentaux souffrent en réalité
de déficits physiques non reconnus, et que les
psychiatres, mus par leur intérêt égoïste,
ont fait obstacle aux tentatives d'élucider ces
causes.
Block,directeur
du CCHR ajoute que les psychiâtres ne sont capables
ni de diagnostiquer, ni de prévoir,ni de traiter
la violence, et que les autorités hospitalières
doivent être tenues pour responsables des meurtres
ou des viols commis par les patients au décours
de leur sortie, particulièrement dans le cas
de criminels qui auraient échappé à
la prison en simulant la folie.
Block
affirme de plus que les malades du Patent Hospital ne
reçoivent aucun traitement à visée
thérapeutique, mais des drogues les rendant agressifs
et violents.
La
défense
Stockman,
du Patent Hospital, réplique que les patients
ne prennent pas de médicament psychotropes et
de tranquillisants parce que l'hôpital voudrait
les "droguer". Il ajoute que n'importe qui
peut présenter une réaction d'intolérance,
même à l'aspirine, et c'est pourquoi l'hôpital
surveille avec soin l'administration des remèdes.
A
la vérité, les médicaments n'engendrent
aucune violence, et quant leur prescription est corecte,
sont remarquablement efficaces et sûrs, dit le
Dr.Daniel Auerbach, médecin chef assistant au
Veterans Administration Medical Center de Sepulveda
(Californie), et professeur associée de clinique
à l'UCLA.
L'idée
que la psychiatrie s'est organisée pour soumettre
des gens bien portants à des médicaments
détraquant l'esprit n'est évidemment pas
vraie. S'il a bien existé à une certaine
période un combat entre la psychiatrie et la
Scientologie, un assaut global contre la psychiatrie
est dépourvu de fondement.
Le
Dr.Carole Lieberman, psychiâtre à Los Angeles
et professeur assistante à l'UCLA, dit que si
la Scientologie a une telle hostilité contre
la psychiatrie, c'est que son "église"
attire les personnes vulnérables, souffrant de
leur solitude, qui sont souvent d'anciens malades mentaux
pour qui les rapports avec les psychiatres avaient été
négatifs.
Répliquant
à ce qu'elle a retenu de l'accusation d'O'Brien
selon laquelle les psychiatres sont capables de
causer les maladies mentales elle remarque que l'on
pourrait tout aussi bien prétendre que les médecins
qui traitent les cancers sont responsables de la maladie.
Il est évident explique-t-elle que les gens ont
plus tendance à accuser les drogues ou les psychiatres
à l'origine de leurs problèmes que de
s'en prendre à leur détérioration
mentale. Et, elle conclue en notant que bien des individus
violents sont calmés par les médicaments.
Le
CCHR prétend qu'il va publier des résumés
d'articles de journaux scientifiques démontrant
les effets néfastes de la médication anti-psychotique,
mais le Dr. Paul Fink, président du Département
psychiatrique du Centre Médical Albert Einstein
affirme qu'aucune preuve scientifique n'est apportée
d'un usage inadéquat des médicaments,
ajoutant que les Scientologistes n'ont aucune compétence
réelle en psychiatrie.
"Les
Scientologistes ferment les yeux devant toute vérité.
Ils s'efforcent par le moyen de toutes sortes de préjugés
de disqualifier la psychiatrie pour créer une
redoutable barrière devant les gens influencés
par l'ignorance."
The
Cult Observer Nov./Déc. 1989